Le poids des déboires provinciaux du NPD

Voilà un sondage qui place le parti fédéral derrière le Parti libéral au Québec.

Semaine difficile pour le NPD de Thomas Mulcair. Après avoir vu les néo-démocrates de la Nouvelle-Écosse recevoir une raclée mardi, voilà qu’un sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette montre que le parti fédéral se fait devancer un peu plus par le Parti libéral au Québec.

La défaite du NPD néo-écossais a été cinglante. Le parti de Darrell Dexter n’a pas seulement perdu le pouvoir aux mains des libéraux, il a été relégué au troisième rang. Lui qui avait emporté 31 sièges en 2009 n’en a plus que sept. Ses appuis ont fondu. Son chef a perdu son siège.

Des facteurs locaux expliquent cette dégelée, mais on ferait erreur en n’y voyant qu’une affaire provinciale. Chaque défaite provinciale du NPD mine un des principaux argumentaires du chef fédéral. Thomas Mulcair ne cesse de citer en exemple la performance des gouvernements provinciaux néo-démocrates pour démontrer que son parti est capable de gouverner.

La déconfiture du parti néo-écossais lui enlève des munitions. Une perte qui s’ajoute à celle subie en mai en Colombie-Britannique. La défaite du NPD provinciale a  fait énormément mal car le parti d’Adrian Dix avait cette élection dans la poche, lui qui avait démarré la campagne avec 20 points d’avance.

Résultat, il ne reste plus qu’un seul gouvernement provincial néo-démocrate au Canada, celui du Manitoba, et ses appuis dans les sondages chancèlent à la suite d’une hausse de la taxe de vente. Il a la chance cependant d’avoir encore deux ans devant lui avant les prochaines élections.

Thomas Mulcair a été élu chef parce que ses partisans étaient persuadés qu’il était le seul candidat capable de consolider la percée faite au Québec en 2011, tout en élargissant ses appuis dans le reste du pays.

Il tient à peine le coup au Québec. Après avoir rétréci l’écart qui le séparait du Parti libéral de Justin Trudeau, il a vu le fossé se creuser à nouveau au début d’octobre. Selon Léger Marketing, les libéraux obtiendraient 33 % des appuis, deux points de moins qu’en août, mais le NPD aussi a reculé. D’un gros cinq points. Il se retrouve avec 26% des appuis, de telle sorte que le PLC a augmenté son avance de trois points. Chez les francophones, le vote se répartit en trois blocs à peu près égaux, avec 30 % d’appuis pour le NPD, 27 % pour le Bloc et 26 % pour les libéraux. Chez les non-francophones, les libéraux récoltent 58 % des intentions de vote.

À l’extérieur du Québec, M. Mulcair a encore plus de difficulté. Il n’arrive pas à véritablement percer. Depuis des mois, son parti piétine en troisième position dans les sondages alors que le PLC vogue en tête depuis l’arrivée de Justin Trudeau à sa tête.

Voilà qui pose problème pour M. Mulcair car c’est dans le reste du pays que son parti doit faire des gains pour espérer l’emporter en 2015. Le NPD n’a pas vécu de vague orange en 2011 à l’extérieur du Québec. Il n’y a augmenté sa mise que par sept sièges.

M. Mulcair dit ne pas s’inquiéter des défaites provinciales. Il dit en tirer les leçons nécessaires pour mieux préparer la campagne de 2015. C’est de bonne guerre. Il y a toutefois un autre secret qu’il devra percer, celui de l’effet Trudeau, qui fait son œuvre d’un bout à l’autre du pays.

Le chef du NPD a tout de même un gros atout dans son jeu. Au Parlement, c’est lui qui tient le haut du pavé face au chef libéral. Avec la reprise des travaux parlementaires mercredi, il pourra de nouveau mettre en valeur son expérience de parlementaire aguerri et faire face au premier ministre qu’il souhaite remplacer.

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1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

Faut-il vraiment s’étonner des déboires du NPD aux diverses élections ou dans la faveur populaire?

L’électorat canadien (du moins, en très grande partie) aimait Jack Layton, comme il a aimé jadis les Brian Mulroney et Pierre Trudeau, et ce, bien davantage que le programme du parti (qu’il n’a sans doute pas pris le temps de lire).