Le PQ et l’art de courir à sa perte

Huit mois après son arrivée au pouvoir, le Parti québécois est aussi impopulaire que le gouvernement libéral mal-aimé qu’il a remplacé. Selon les sondages sur les intentions de vote, le gouvernement de Pauline Marois a perdu des plumes à gauche comme à droite, au profit aussi bien de rivaux souverainistes, tel Québec solidaire, que du Parti libéral du Québec, son principal adversaire fédéraliste.

Pauline Marois
Photo : Mario Beauregard / PC

Ses propres militants sont souvent perplexes à l’égard de son objectif du déficit zéro, et certains se sentent carrément trahis par un régime d’austérité qu’ils voient comme un sérieux coup de barre vers la droite.

Des projets phares, comme celui d’une nouvelle charte de la langue française, suscitent davantage d’indifférence que d’engouement populaire. À la forte indignation de la communauté anglophone, le gouvernement Marois est bien en peine ces jours-ci d’opposer l’enthousiasme de la majorité francophone — laquelle se distingue plutôt par sa tiédeur.

La question de la langue n’est pas le seul sujet qui ne fait plus recette comme avant dans l’opinion québécoise. Même si le gouvernement de Stephen Harper bat des records d’impopularité au Québec, le PQ a de la difficulté à marquer des points sur son dos. Sur ce front, l’étiquette de la soi-disant gouvernance souverainiste nuit davantage au produit qu’autre chose.

À la faveur du débat sur la très contestée réforme fédérale de l’assurance-emploi, le mois dernier, Pauline Marois a nommé l’ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, à la tête d’une commission destinée à prendre le relais dans ce dossier.

Au cours du même mois, la publication de l’ouvrage de l’historien Frédéric Bastien sur les circonstances du rapatriement de la Constitution en 1982 a donné ce qui aurait pu être un nouveau souffle à un débat habituellement porteur pour le Parti québécois.

Pourtant, s’il faut en croire la maison CROP, qui a sondé l’électorat au cours de la même période, ce sont les libéraux, tous paliers confondus, qui sont en hausse au Québec. Dans un sondage publié par La Presse à la fin avril, le PQ ne pouvait plus compter que sur 25 % d’appuis — 13 points derrière les libéraux.

Dans les annales politiques récentes du Canada, on chercherait en vain un gouvernement minoritaire qui aurait, en si peu de temps, réussi à indisposer autant de tranches différentes de l’électorat — y compris dans les rangs de sa propre clientèle — que celui de Pauline Marois. S’il avait appliqué la même recette, Stephen Harper serait aujourd’hui à la retraite plutôt que premier ministre majoritaire, et le Parti conservateur vivoterait dans les limbes de l’opposition.

À tout prendre, le parcours qui s’apparente le plus à celui du PQ au cours de ses premiers mois au pouvoir à Québec est sans doute celui du gouvernement majoritaire de Bob Rae, en Ontario, au début des années 1990.

À l’époque, le NPD avait remporté une victoire-surprise, malgré son crédo gauchisant. Comme Pauline Marois, Bob Rae devait composer avec un milieu des affaires largement rébarbatif à son parti, et une base militante dont les aspirations ne collaient pas à la situation économique ambiante ou aux priorités d’une masse critique d’électeurs ontariens.

Comme le gouvernement du PQ, celui de Bob Rae a dû emprunter un parcours budgétaire auquel rien n’avait préparé ses membres ou sa clientèle traditionnelle. À l’époque, ce repositionnement s’était fait dans un certain désordre et dans un climat d’improvisation.

Il faut dire que le NPD ontarien n’avait jamais connu autre chose que l’opposition. Contrairement au PQ, qui a gouverné le Québec à plusieurs reprises depuis 1976, rien n’avait préparé le parti de Bob Rae aux réalités du pouvoir.

Toujours est-il que le gouvernement Rae ne s’est jamais remis de son mauvais départ, et cela, même s’il a disposé de cinq années pour redresser la situation. Quand il n’était pas en porte-à-faux avec la population, le gouvernement néo-démocrate l’était avec ses militants, et vice versa.

Dans la foulée de ce mandat, il a fallu une vingtaine d’années aux néo-démocrates de l’Ontario pour se refaire des forces. Et ils n’ont jamais repris le pouvoir à Queen’s Park. Un départ raté peut parfois coûter plus cher qu’une défaite électorale ou référendaire !

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Je suis d’accord avec votre analyse. Si depuis le 4 septembre, le PQ multiplie les bourdes, ils donnent l’impression d’un parti non aguerri aux rouages. Pourtant, madame Marois est en politique depuis assez longtemps pour être en mesure de gouverner et ne pas répéter les erreurs du passé. Elle manque totalement d’écoute, elle fonce droit devant comme si elle nous disait: Je la voulais la job, je l’ai sans égard aux circonstances et surtout, elle manifeste un esprit de vengeance et de pureté assez agacant, merci. Avec des sondages favorisant le PLQ, les gens semblent insensibles au discours péquiste mais le PQ fait de l’aveuglement volontaire comme le dit si bien Martine Ouellet. On ne retiendra pas grand chose du passage de madame Marois sauf, avoir accéder à la fonction de PM en tant que première femme, c’est tout. Son héritage, ma liste de mauvais coups est plus longue que celle des bons coups.

À vrai dire, on croirait que le PQ a promis n’importe quoi pour se faire élire sans penser aux conséquences de ses promesses.

Je vois encore ces annonces durant la campagne électorale qui montraient des immenses camions chargés de minerai destiné aux »grosses méchantes compagnies » et quelques poussières qui représentaient la part du pauvre petit peuple. Visiblement, personne au PQ n’a fait ses devoirs et ils ont été obligés de ravaler très fort sur ce dossier.

Ils ont aussi promis de gouverner »autrement » et ont simplement répéter ce que le le PLQ faisait en nommant leurs amis / alliés à des postes qu’ils ont inventés pour la cause. Pitoyable, vraiment pitoyable.

A force de vouloir plaire à tout le monde, on fini par plaire à personne. C’est ce que le PQ a fait depuis son élection. Il ne se branche pas, il ne choisit pas son camps . Prenez Obama comme exemple , il a passé son temps avant sa première élection et pendant sa deuxième campagne électoral à déblatérer sur la classe des privilégiés, sur le capital, il a continuellement parlé pour la classe moyenne, les défavorisés , les immigrants illégaux. Son message a la population était clair, je suis pour la classe moyenne, je veux que les riches payent plus d’impôts, je veux que les défavorisés puisse avoir l’assurance santé. Une population n’est pas aussi »conne » que les politiciens veulent le croire. Le PQ renie ses origines sociaux démocrate, dans certain cas ils sont plus à droite que le PC canadien. Les journalistes qui renseignent le peuple ne font que tourner pour que le peuple puisse vraiment voir l’image du PQ, comme il l’ont fait avec le PLQ. Le peuple lui en appuyant le PLQ de nouveau ne fait que retourner a la messe après avoir appris qu’il y avait chez celui-ci des éléments corrompus, comme les catholiques le font avec leur religion. Un peuple qui a peur de s’affirmer ne mérite pas mieux.

Aucun parti politique au Québec n’est populaire. La classe politique québécoise tant municipale que coloniale et fédéro-impériale est d’une désolation telle que même des révoltes citoyennes n’arrivent pas à ébranler ses assises bien ancrées en nos institutions devenues médiocratiques.

Généralement (sauf rare exception) les analyses mécanico-politiques complaisantes, voire partisanes, de chroniqueur(e)s dans nos médias de masse désincarnés pratiquant allègrement la désinformation et la censure, servent très bien la médiocratie, qui plus est, par des analyses portées presque entièrement sur la tuyauterie des partis politiques plutôt que sur le développement de la pensée et de l’opinion politique.

Un peu plus de tonus, d’honnêteté intellectuelle, de courage et d’audace chez tous les chroniqueur(e)s, animateur(e)s journalistiques et scribouilleur(e)s politiques de notre industrie médiatique n’apporteraient-ils pas un peu de lustre et de secours à une démocratie
atteinte d’une nécrose de plus en plus envahissante depuis déjà trop de lustres ?

Le propos d’Angelika Sauer, de l’Université du Manitoba, à propos du très cour passage au poste de Première Ministre du Canada en 1993: « Elle n’aura réussis qu’a prouver 2 choses: 1-Une femme peu accéder au poste de Première Ministre. 2-Une femme aussi, peu être incompétente. » Reste à souhaiter que la prochaine fera mieux.

le PQ est plus revigoré d’idéologie que de pragmatisme politique. il joue souvent sur la fibre nationaliste au moment ou la préoccupation mondiale est la finance et l’économie.
l’improvisation dont a fait preuve le PQ depuis sa prise de pouvoir lui a été foudroyante politiquement. sa totale incompétence économique, sa gestion clientéliste des affaires, ses commissions et ses nominations controversées ne peuvent que le conduire droit au mur. c’est l’effet boomerang.
avec tous les atouts politique qui sont offerts à cette formation (entre autres, l’impopularité de Stephan Harper, l’assurance emploi, les allégations concernant le PLQ). il sombre de plus en plus dans les sondages.
à mon humble avis, le PQ tombera aux prochaines élections.

Le Parti québécois de Madame Marois est, et de loin, le PIRE gouvernement à avoir sévi au Québec depuis des lustres. Le PIRE!!!

Il multiplie les conneries et les erreurs de jugement à tel point que Harper passe pour un être judicieux et allumé. C’est dire…

Pour le bien-être du Québec, il faut stopper cette couillonnade le plus vite possible et élire des gens intelligents, sensés, perspicaces et lucides et seuls le Parti Libéral du Québec et la CAQ possèdent ces atouts.

L’hémorragie de jugeote et de discernement doit être jugulée OPC et le Québec doit sortir des griffes des syndicats et des groupes de pression qui nous gèrent actuellement à travers ce gouvernement fantoche.

Pas besoin du fédéral pour avoir l’air idiot hein? On fait ça tout seuls…en famille!

Morale de votre histoire: Continuons donc à le faire sous la domination de l’actuel et passéiste régime fédéralo-impérial rocanadian.

…et favoriser le retour au pouvoir de la coalition mafia-libérale. Bravo ! Philippe Couillard va être content. Au fait, comment va la santé de son bon ami le Docteur Porter ? Toujours moribond ?

Madame Hébert…Ah! que cela fait du bien de lire la réalité. Les journalistes sont en général tellement timides et peureux de parler contre l’idéologie séparatiste ayant la chienne de se faire intimider ou harceller par ceux çi. Leur technique fonctionne depuis des décennies mais la fin s’en vient.

Nous commençons à avoir hâte que les journalistes s’expriment avec la réalité des choses et parlent de conséquences d’un très mauvais gouvernement,. Ça suffit le pays des Merveilles! Le temps est venu pour que le peuple Québecois arrête de têter.

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