Le premier test de Kevin O’Leary en français sera à Montréal

Une étape cruciale pour ce candidat-vedette à la course à la direction du Parti conservateur du Canada. Fera-t-il oublier ses déclarations controversées sur la langue?

Le candidat conservateur et homme d'affaires Kevin O'Leary, le 18 janvier dernier, en route vers un studio de télévision à Toronto. Photo: Chris Young/Presse canadienne
Le candidat conservateur et homme d’affaires Kevin O’Leary, le 18 janvier dernier, en route vers un studio de télévision à Toronto. Photo: Chris Young / La Presse Canadienne

L’homme d’affaires, millionnaire et vedette de télé Kevin O’Leary subira bientôt son premier test en français, à Montréal, dans le cadre de la course à la direction du Parti conservateur du Canada. Une étape cruciale pour l’un des favoris, dont les déclarations controversées sur la langue de Molière ont beaucoup fait jaser ces derniers mois.

Le lundi 13 février prochain, une dizaine de candidats, sur les 14 toujours en lice, s’affronteront dans un débat bilingue à Montréal. Les organisateurs de la soirée avaient réservé une salle de 100 places au Holiday Inn de Pointe-Claire, en bordure de l’autoroute 40. Devant l’intérêt que suscite l’événement, notamment grâce à la présence confirmée de Kevin O’Leary, la capacité a été portée à 300 personnes, a appris L’actualité. Ce débat n’est pas organisé par les instances du parti, mais par deux associations locales de l’Ouest-de-l’île, Pierrefonds-Dollard et Lac-Saint-Louis.

Le débat sera bilingue. Les candidats présents pourront répondre aux questions dans la langue de leur choix. Le format permettra des échanges à trois candidats à chacun des segments. Chez les militants conservateurs consultés, on souligne qu’il sera difficile pour Kevin O’Leary de ne pas montrer ce dont il est capable en français, lui qui est né à Mont-Royal et a grandi à Montréal avant de déménager à Ottawa à l’âge de sept ans.

Kevin O’Leary a embauché un tuteur pour améliorer son français, lui qui le parle très peu, voire pas du tout. Dans son entourage, on affirme qu’il progresse constamment. O’Leary s’est attiré de nombreuses critiques chez les conservateurs du Québec, mais aussi à l’extérieur de la province, lorsqu’il a annoncé son intention de briguer la tête du parti au lendemain du seul débat entièrement en français de la course, le 17 janvier dernier. Plusieurs candidats — près de la moitié parlent français — et militants souhaitent que le prochain chef soit bilingue.

Millionnaire connu au Canada anglais pour ses participations à des émissions économiques à la CBC, mais également pour son rôle d’homme d’affaires à la langue bien pendue à Dragon’s Den, l’équivalent anglophone de Dans l’œil du dragon, à Radio-Canada, Kevin O’Leary est abonné aux déclarations-chocs. Il a notamment déjà proposé de vendre au plus offrant les sièges au Sénat pour financer l’institution.

Concernant le français, il a déjà affirmé ne pas avoir besoin de le parler. «Mon ADN est au Québec. Je sais comment le Québec fonctionne», a-t-il dit au magazine Maclean’s il y a quelques mois. Dans une autre entrevue, il a soutenu que les jeunes au Québec sont bilingues, ce qui le dispenserait de parler la langue de la vaste majorité des Québécois.

Mais une fois dans la course à la direction, il a changé de discours. «J’ai changé de position», a-t-il dit au Devoir en janvier. «Je vais essayer très fort. Parce que j’ai deux ans pour maîtriser suffisamment la langue pour débattre avec Justin Trudeau en 2019, en français et en anglais. Mais il y aurait trois langues qui seront débattues: l’anglais, le français, et les emplois.»

Au sein des différentes équipes de la course, les organisateurs s’entendent pour dire que Kevin O’Leary, en raison de sa notoriété, devient de facto l’un des favoris, même s’il est difficile de prédire comment les membres qui ont le droit de vote se comporteront en mai prochain. O’Leary s’ajoute à Maxime Bernier, Kellie Leitch et Andrew Scheer parmi les meneurs présumés.

D’ailleurs, le plus récent rapport d’Élections Canada sur le financement de la course conservatrice montre que Maxime Bernier a obtenu plus du quart de tous les dons faits aux candidats depuis le début de la campagne au leadership. Le député de Beauce a amassé 1 013 674 dollars, alors que l’ensemble des dons totalisent 3,9 millions de dollars. Bernier est aussi celui qui récolte des dons auprès du plus grand nombre de donateurs, soit 4 506. Il a la moyenne des dons la plus basse, ce qui témoigne d’une base de donateurs plus large.

Sa plus proche rivale sur le plan du financement, Kellie Leitch, a récolté 805 543 dollars auprès de 2 496 personnes. Le seul autre candidat du Québec, Steven Blaney, a reçu 92 398 dollars de la part de 573 donateurs. Kevin O’Leary, qui vient de se lancer, n’a pas encore fait de rapport auprès d’Élections Canada.

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6 commentaires
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Je n’appuierais pas O’Leary même s’il était parfait bilingue. Après le débat en français Michael Chong est est mon préféré même si son français est boiteux. Non à Bernier et Leich.

J’ ai bien hâte qu’ on en finisse avec cette course à la chefferie! Ça n’ intéresse que les membres du parti et vers les 3 semaines avant le vote, là tout le monde informés va s’ y intéresser! Donc moi en attendant de voir celui qui crache le plus loin je m’ abstient ok!

Oups! Kevin O’Leary a perdu une belle occasion de faire le mort ! Se montrer sur son site entrain de tirer avec une mitraillette et autres ! Pas fort; ce n’ était vraiment pas le moment suite à l’ attentat d’ une mosquée dans la province voisine de la sienne ! Quel manque de jugement !