Le président de CROP nous écrit

Mes deux billets sur les errements de CROP ont convaincu le président de la maison de sondage, Alain Giguère, à nous envoyer la réponse que voici. Je la commente brièvement plus bas.

Le message et le messager
Par Alain Giguère, Président de CROP

Dans des moments d’intensité comme en vit le Québec, il y a des réalités qui dérangent. On le sait, le débat qui fait rage actuellement au Québec polarise énormément. Il faut toutefois garder une certaine perspective de manière à ce que les faits veuillent encore dire quelque chose.

Il est clair pour nous que les sondages sur le sujet sont des photos prises à des moments différents dans le temps et qu’ils reflètent de façon tout à fait fascinante l’évolution et la division des Québécois sur l’enjeu de l’heure au Québec. CROP s’est afférée à suivre cette mouvance avec sa rigueur habituelle. Le premier sondage a été réalisé au moment où ni nous ni le public ne connaissions tous les aspects de la loi 78. Nous savions qu’elle suspendait les cours, prévoyait un retour en classe en août et qu’il y aurait des amendes pour ceux qui empêcheraient le retour en classe. À ce moment, 66 % des Québécois étaient en faveur de la loi. La Presse et Le Soleil ont fait mention des limites de ces résultats.

Une semaine après, notre question sur l’appui des Québécois à la loi 78 donne un résultat de 51 %. Les Québécois ayant été informés des aspects plus « contraignants » de cette loi, l’appui a diminué. Fait intéressant, lorsqu’on décortique les questions de ce second sondage, tous les aspects qui étaient mentionnés lors du premier sondage recueillent autour de 66 % d’appui (et même plus dans certains cas). Ce sont les perceptions reliées aux libertés fondamentales des citoyens qui font baisser le résultat à 50 % (élément que nous n’avions pas sondé lors du premier sondage).

Il faut vraiment être de mauvaise foi pour voir dans ces résultats «  des erreurs » de CROP. La situation a évolué, notre questionnaire aussi, les résultats conséquemment. D’ailleurs, si l’on met de côté un peu l’appui à la loi et si l’on ne s’attarde globalement qu’à l’appui aux étudiants ou au gouvernement, ce dernier obtenait 68 % d’appui lors du premier sondage, 64 % lors du deuxième. Deux sondages erronés de suite ?

Nous sommes en affaires depuis 1965, nous collaborons avec différents médias dont La Presse depuis 1969. S’il y a un aspect qui caractérise fondamentalement la culture corporative de CROP, c’est certainement cette passion du métier, de mettre en place les meilleures méthodes et outils, et ce, afin d’explorer avec le plus de finesse possible les besoins des gens, de la population, des citoyens et des consommateurs. Jamais il n’y a eu de raccourcis méthodologiques à CROP. Nous cherchons constamment les meilleures approches pour répondre le mieux possible aux interrogations de nos clients. Et si de surcroit nos travaux sont publiés, s’ils se retrouvent sur la scène publique, cette passion se transforme en obsession : celui qui nous publie, qui s’affiche avec nos résultats a droit au meilleur de nous-mêmes !

Sommes-nous infaillibles ? Qui peut le prétendre ? En affaires depuis 47 ans, il est clair que les lois de la statistique nous ont rejoints à l’occasion. Il est dit que dans notre métier nous pouvons nous tromper une fois sur vingt et CROP peut être fière d’avoir une moyenne au bâton bien en deçà de cette règle. Nous sommes plus que fiers du bilan de nos pratiques depuis toutes ces années.

Aussi engagés puissions-nous être à l’égard de nos travaux, à un moment donné ils nous échappent. Après publication, le public s’en empare et ils entrent dans l’arène politique. Ils viennent, sans qu’on le veuille, supporter le point de vue de certains acteurs, contrecarrer celui de certains autres. Les sondages encouragent ou dérangent. Ils deviennent le catalyseur des uns et le fossoyeur des autres.

Dans l’arène politique tous les coups sont permis, y compris de tenter de remettre en cause le messager, dans ce cas-ci le sondeur, quand le point de vue dérange. Nous, nous ne faisons pas de politique. Nous n’avons pas d’agenda, pas de jupon qui dépasse. Nous ne nous prenons pas pour Parsifal en quête d’absolu ! Nous faisons des sondages avec professionnalisme et passion.

Mon commentaire :

C’est une réponse qui n’en est pas tout à fait une. M. Giguère esquive complètement la question de la sous-représentation des 18-24 ans dans ses sondages — le reproche principal de mon premier billet. Il admet que CROP n’est pas infaillible. Mais il n’aborde pas le principal reproche du second billet : pourquoi, à des moments cruciaux, quand CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ ?

J-F Lisée

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Bonjour

Je suis toutà fait d’accord qu’il s’éloigne de la question fondammentale.Qu’il soit près du parti libéral, je n’en doute pas.
Il me semble que les opinions des étudiants n’ont pas ressorti suffisamment…(18-30 ans) Les étudiants réveillent la population endormie au propos chlorophormiques du parti libéral…la preuve: 2 ans et aucune décision pour l’enquête sur la corruption , la collusion…mais c’est enfin venu car ces vieux libéraux savent manipuler l’opinion publique. C’est triste et cela va nous coûter cher en ‘police’… et qu’en restera-t-il? Une mobilisation superbe!Souhaitons-nous-le

…et j’ai aussi une question supplémentaire: pourquoi avoir pris le temps de sonder les gens sur la loi 78 avant d’en connaitre toute la portée? Et pour La Presse, pourquoi avoir reproduit ce sondage incomplet qui pouvait donner à penser que les consultés connaissaient tous les détails de la loi 78 et étaient majoritairement en accord?

On ne peut s’attendre de M. Giguère qu’il avoue candidement ce que out le monde sait et que vous avez démontré, à savoir un biais favorable au PLQ. Si toutefois, il s’avérait que les résultats soient si néfastes, on peut se poser la question si La Presse les publierait.

Allez monsieur Giguère, ne vous défilez pas. Que répondez-vous à la question de la sous-représentation des 18-24 ans dans vos sondages. Ils méritent une réponse, non?

Cette réponse, c’est du blabla de relations publiques. Ils sont dans la grosse soupe chaude.
Faut quand même pas oublier que la Presse a perdu un nombre significatif d’abonnements suite (en partie) à leur travail… Dans le contexte actuel des médias écrits, ça me semble impardonnable.

Et un bel argument d’autorité ici. On a raison maintenant parce qu’on as souvent eu raison dans le passé. L’autorité est pas trop à la mode ces jours-ci…

Le dialogue, c’est bien, mais c’est quoi cette tendance à ne jamais répondre à la question posé?

Ce dont Alain Giguère nous convainc dans sa missive est que CROP satisfait pleinement les commandes de ses clients utilisateurs-payeurs. Bref, la pâte à modeler l’opinion publique dans le sens voulu des clients est de meilleure qualité que celle des autres sondeurs.

Extrait de la réponse de CROP : « Nous cherchons constamment les meilleures approches pour répondre le mieux possible aux interrogations de nos clients. »

CROP pourrait-il m’expliquer alors pourquoi des sondages sont faits à partir d’échantillons non-probabilistes. Sur le plan scientifique, la règle d’or à laquelle doit répondre un sondage pour que ses résultats aient une valeur, c’est qu’ils soient faits à partir d’échantillons probabilistes. Comment peut-on se vanter d’avoir recours aux « meilleures approches », quand on est même pas en mesure de produire des résultats qui peuvent être généralisés au reste de la population?

Le problème est surtout le questionnaire.
Dans le sondage CROP – SRC de samedi dernier: 30% appuient la loi 78.
Dans le sondage CROP = La Presse publié le même jour: 51% des gens appuient la loi 78.
Même firme de sondage, 20% de différence… mais leur méthodologie est, selon CROP, irréprochable.

Dans le sondage CROP – SRC: 69% pensent que les frais de scolarité devraient être nuls, gelés ou indexés.
Dans le sondage CROP = La Presse: 67% appuient la hausse du gouvernement.
Dans ce 2e cas, l’erreur est évidente. Les gens sont généralement pour une hausse, mais pas celle du gouvernement. Alors, si on demande aux gens une question à deux volets (pour ou contre la hausse), ils répondront en majorité « pour »… ce qui ne veut pas dire qu’ils sont pour la hausse de 82%, ce que CROP ne semble pas comprendre dans le sondage publié dans La Presse. Par contre, dans celui publié par la SRC, la question de l’indexation a fait basculé l’appui au gouvernement vers les étudiants.

Le diable est dans les questions.

La façon d’esquiver les principaux points soulevés par J-F Lisée est simplement aberrante.

Une vraie réponse de politicien libéral.

À mon avis CROP manque souvent de rigueur. Cet hiver, je me souviens d’un sondage indiquant une baisse du vote NPD, un vote Bloc et PLC faible et un vote conservateur en hausse (2e position derrière le NPD). Cela contredisait clairement un sondage Léger Marketing fait à peu près à la même période dans lequel le Bloc remontait et se rapprochait du NPD en 2e position et les conservateurs demeuraient faibles derrière le Bloc.

J’ai demandé à Michel Corbeil du Soleil le questionnaire car je soupçonnais une erreur de débutant. Dans le sondage Léger, on demandait l’intention de vote en nommant simplement le nom des partis (NPD, Bloc, Conservateur, etc.) Dans le CROP, on demandait aux gens pour qui il avaient l’intention de voter, le Parti Conservateur de Stephen Harper, le NPD de Nycol Turmel, le Bloc Québécois de Viviane Barbot, etc. Vous voyez bien l’erreur de débutant… Alors que CROP s’amusait depuis des semaines à faire des sondages en permutant les noms de Gilles Duceppe et de Pauline Marois pour illustrer l’importance du chef sur les intentions de votes, il accolait aux partis fédéraux d’opposition les noms de chefs intérimaires, d’illustres inconnus. Est-ce de l’incompétence et de la manipulation? En tout cas ce n’est pas de la rigueur scientifique.

J’ai fait ce commentaire à Michel Corbeil. Je ne sais pas s’il a fait le message à ses patrons ou à CROP. Le sondage CROP suivant était fait exactement de la même manière et ma lettre envoyés au Soleil exposant la situation, n’a pas été publiée. Les sondages CROP sont souvent peu rigoureux, et le client (La Presse) s’en satisfait toujours. Devenez pourquoi!

N’est-ce pas CROP-La Presse qui avait également anticipé la vague orange créant ainsi le véritable momentum ? Une autre manoeuvre des Desmarais. Dans ce contexte la sous-représentativité des 18-24 et le biais PLQ sont tout à fait conformes au contrôle de l’empire.

m. giguère,

pourquoi les 18-24 ans sont-ils sous-représentés dans ces sondages?

pourquoi, à des moments cruciaux, quand CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ ?

en attendant des réponses satisfaisantes à ces questions, je vais continuer à ne pas me fier à vous.

bye.

Si on est pour jouer à trouver les bibittes dans les données du dernier sondage CROP…

1) Le groupe des 75 ans et plus est autant sous-représenté que le groupe des 18-24 ans. Ce groupe représente 9% des adultes, mais ne pèse que pour 2% dans le sondage. Si je me fie à ce que j’entends de ma grand-mère, ce sont les libéraux qui devraient s’en plaindre. Je vous comprends de ne pas avoir cherché des bibittes de ce côté-là.

2) L’échantillon des 18-24 ans est constitué presque entièrement de francophones. Seulement 2 (!) personnes dont la langue maternelle est autre que le français ont été sondées dans ce groupe d’âge. Sachant que les anglophones penchent beaucoup plus du côté du gouvernement que les francophones, ça aussi ça fait pencher la balance du côté des étudiants.

On pourrait sans doute trouver d’autres anomalies, mais bon… Tout ce que ceci nous apprend, c’est que les sous-catégories de l’échantillon sont trop petites pour être significatives. Vous pouvez trouver des bibittes de votre bord, vos opposants vont en trouver autant du leur. Mais ça, j’ose croire qu’on le savait déjà. Alors, est-ce qu’on peut parler d’autre chose que des sondages?

@Jacques B.: « N’est-ce pas CROP-La Presse qui avait également anticipé la vague orange créant ainsi le véritable momentum ? Une autre manoeuvre des Desmarais. »

Êtes-vous sarcastique? Pourquoi les Desmarais auraient-ils voulu une vague NDP?

Ce que M. Corbeil aurait dû avouer c’est l’art qu’il pratique à essayer discrètement de noyer le poisson.

CROP a déja répondu sur la représentation des jeunes, leur nombre n’influence pas le sondage. Mais la gauche pour des raison idéologiques refusent cette conclusion mathématique.

Et au sujet des jeunes il est bon de se rappeler que 70% ont refuser le boycott.

Le dialogue, c’est bien, mais c’est quoi cette tendance à ne jamais répondre à la question posé?
Écoutez 15 minutes de débat à l’assemblée nationale, c’est la méthode libérale depuis 40 ans.

Mais, Monsieur Giguère, pourquoi avoir tenu absolument à faire un sondage avant même que la loi 78 soit complète? Avoir attendu ne vous aurait pas tué.

Et pourquoi esquiver la question de la sous-représentation des jeunes dans le sondage? Vous dites faire tout votre possible pour n’avoir aucune erreur méthodologique, mais vous ignorez une erreur grave?

Et pourquoi les journalistes de la Presse, censé avoir un jugement critique, ont publié ce sondage butché. Ils avaient le choix de l’ignorer, mais ils en ont fait leur première page sans porter aucune réflexion sur la nature du sondage. Pire encore, les éditorialistes et chroniqueurs ont défendu leur journal d’avoir publié de fausses informations (un sondage mal fait est une information erronée)

Tous ces erreurs crèvent les yeux. Si CROP a agit de la sorte et si la Presse a publié le mensonge qui en ressortait, c’est volontairement avec un objectif clair d’influencer l’opinion publique ou, du moins semer le doute dans la tête des gens.

Déjà que le sondage est par nature un outil de manipulation de l’opinion publique…

M. Giguère
Si vous êtes sincère quand vous dites que : « Nous cherchons constamment les meilleures approches pour répondre le mieux possible aux interrogations de nos clients. »

Alors pourquoi avoir une enquête non-probabiliste, donc qui ne permet pas de prédire, avec une rigueur scientifique, l’opinion d’une population?

Dans La Presse il était mentionné, grosso modo, que c’est plus pratique, car ça prend trop de temps (donc d’argent) de faire des sondages par téléphone… le taux de participation étant très faible. Et que de toute façon, les autres firmes aussi font comme ça…

Donc, quand ça prend trop de temps (ou d’argent) pour faire un sondage, on peut se permettre de ne pas respecter les règles de base en méthodologie de recherche?

Avez-vous réfléchi au fait que tout comme pour les scientifiques et les journalistes, il y a des responsabilités éthiques liés à « votre passion »?

Vous qui vous dites faire un travail avec professionnalisme, SVP démontrez-nous que la population qui répond à votre sondage (des gens que vous avez recrutés, qui sont à l’aise sur le web, qui reçoivent une compensation financière pour leur participation, etc.) n’a pas de biais et donne des résultats similaires à une enquête faite selon les règles de l’art, avec un échantillon pris au hasard… donc probabiliste.

J’attends votre réponse de professionnel, M. Giguère.

Ce que Lisée dit c’est que les sondages sont bons, juste quand ils lui donnent raison.

Le deuxième sondage met en lumière que le supposé conflit des générations est éclipsé par l’écart entre les Québécois francophones et les Québécois anglophones et les Québécois allophones. 52 % des Québécois francophones sont contre la Loi 78 alors que les Québécois anglophones ( grands démocrates !!!) sont pour la Loi 78 à 71 % et 66 %. Cet écart de 24 points est beaucoup plus important que l’écart entre les 18-34 ans et les 65 ans et plus; en effet les 18-34 ans sont contre la loi à 56 % et les 65 ans et plus sont pour à 57 % (écart de 13 points).

Voilà le vrai clivage, très peu commenté par les médias

Il n’y a pas si longtemps, on trouvait plusieurs individus prêts à avaler l’idée d’une conspiration journalistico-comunisto-syndicale (comprenant aussi tout ce que le Québec compte d’ordres professionnels) plutôt que d’admettre des faits simples et avérés concernant la corruption Libérale. Et là, ce sont les mêmes qui vont nous écrire des trucs à la « ce que Lisée dit c’est que les sondages sont bons, juste quand ils lui donnent raison. » pour excuser un sondage sans se poser la moindre petite question, sondage qui a la particularité de faire parfaitement leur affaire.
Oui, mesdames et messieurs! Les mêmes qui, depuis des semaines, nous pontifiaient tout plein d’aphorismes dignes de biscuits chinois sur la « démôôôcrâssssiiiiie qui ne devrait pas se faire à main levée » trouvent aujourd’hui tout à fait acceptable que « les chiens de garde de la démocratie » publient un sondage erroné à des fins partisanes si le sondage en question fait complètement leur affaire.
On peut comprendre que des incohérences de discours finissent par apparaître mais quand même: ceux qui reprochent à JF Lisée de multiplier les billets « pour couvrir son manque d’arguments » sont ceux qui, jour après jour, multiplient les interventions en réponse à la multiplication des billets de JF Lisée! Est-ce à dire que, suivant leurs propres raisonnements, ils parlent plus quand ils ont moins d’arguments?
En tout cas, ça fitte avec les faits.
Je dis ça de même.

« … pourquoi, à des moments cruciaux, quand CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ ? »

Ça fait des années que je critique certaines pratiques de CROP sur divers blogues au Québec. Cette maison de sondage n’a, à mes yeux, aucune crédibilité, surtout quand elle s’associe à La Presse.

Vous avez raison. Quand CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ. Ce n’est toutefois pas à mes yeux une erreur de méthodologie mais une erreur de pratique éthique. Quand La Presse commande un sondage à CROP elle devient propriétaire du sondage et de ses résultats. Ce n’est donc pas des travers dans les méthodologies des sondages CROP qui expliquent que lorsque CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ. L’explication est infiniment plus simple. C’est bien connu que La Presse manipule l’opinion publique en faveur du PLQ. Ça ne devrait étonner personne. Alors quand CROP sort du rang en faveur du PLQ ou quand CROP est parfaitement dans le rang le sondage commandé par La Presse est publié dans La Presse et dans tout les journaux du groupe Gesca. Par contre, quand un sondage sort du rang, en faveur du PQ, ou qu’un sondage ne sort pas du rang mais confirme une bonne avance du PQ ce sondage n’est tout simplement pas publié dans les journaux du groupe Gesca. Cela n’a rien de « malhonnête ». Ce n’est peut-être pas éthique mais ce n’est pas malhonnête. Le commanditaire ou le « propriétaire » d’un sondage a parfaitement le droit de publier ou pas « son » sondage. Ça lui appartient.

Vous voulez un exemple concret de ce que j’avance? Faites vos recherches et vous verrez que j’ai raison.

Lors des campagnes électorales québécoises CROP a toujours publié un sondage hebdomadaire sur les intentions de votes jusqu’à la limite dans le temps permise par la loi pour publier un tel sondage. Toutefois, lors de la campagne électorale menant aux élections du 8 décembre 2008, CROP a commencé à publier ses sondages au début de la campagne électorale comme d’habitude. Les premiers de ces sondages annonçaient une confortable avance de 12 à 15 points de pourcentage du PLQ sur le PQ. Ces sondages furent donc publiés et abondamment commentés. En bon politologue que je suis j’ai attendu les sondages suivants pour m’informer de la tendance que prenait cette campagne électorale. À mon grand étonnement CROP a cessé de publier ses sondages à 3 semaines de la fin de la campagne électorale. Pourquoi? J’ai eu la réponse 3 ou 4 jours avant la tenue du scrutin. Angus Reid (qui a généralement les résultats les plus près des résultats réels du scrutin) publiait le vendredi précédant le vote un sondage révélant une avance de seulement 5 point de pourcentage du PLQ sur le PQ (ce qui était très près des résultats réels du vote). Angus Reid annonçait même la possibilité d’un gouvernement péquiste minoritaire. Vous croyez que CROP et La Presse ignoraient ces faits, qu’ils ignoraient que les intentions de votes avaient évoluées à ce point? Impossible, parce que moi et plusieurs autres intervenants sur les blogues avons prévenu La Presse sur un bon nombre de ses propres blogues de l’existence de ce sondage Angus Reid. La Presse a choisi d’ignorer nos commentaires (elle les a publié mais ne les a jamais commenté). Pourquoi? La réponse est simple. La Presse ne tenait pas à fouetter l’ardeur des troupes péquistes en leur laissant miroiter une possible victoire. Au contraire. La Presse a toujours laissé croire que l’écart entre le PLQ et le PQ était toujours insurmontable pour décourager les électeurs péquistes à aller voter en grand nombre le jour du scrutin avec les résultats que nous avons connus. Le PLQ a été réélu avec à peine un total de 2000 à 4000 voix de majorité dans un total de 20 à 25 comtés qui auraient donc pu facilement se retrouver entre les mains du PQ si seulement de 3000 à 4000 péquistes de plus étaient allé voter en sachant qu’ils avaient un réelle chance de changer les résultats. Dans ces quelques comtés les majorités libérales furent très minces. Je soupçonne CROP et La Presse d’avoir mené des sondages lors des 3 dernières semaines de cette campagne électorale et de ne pas en avoir publié les résultats afin de ne pas nuire au parti que le groupe Gesca voulait faire réélire.

Depuis ce temps j’ai compris qu’on ne pouvait pas faire confiance à CROP, une maison de sondage trop inféodée à Power Corporation et à Gesca. Ses pratiques lors de la campagne électorale de 2008 ont influencé de nombreux électeurs et ont peut-être fait élire un gouvernement qui, autrement, n’aurait jamais été réélu. Voilà comment un puissant groupe de presse et une maison de sondage peuvent manipuler une démocratie et faire en sorte que, dans les faits, elle n’en soit plus réellement une.

Monsieur Alain Giguère, Président de CROP

À la lecture de votre lettre à Monsieur Lisée suivi d’une revérification des résultats des sondages CROP ainsi que la lecture des commentaires ici présent j’en arrive à la conclusion que Monsieur Jean-François Lisée est trop fort pour vous.

Dans ce combat inéquitable à votre égard je dois avoué que Monsieur Lisée a encore une fois visée juste.

Après avoir analysé tout ça j’en déduis que votre firme est une entreprise de publicité vendant des publie-reportages à résultats de type clé en main aux bénéfices de ses clients. Le coté scientifique étant le scénario final.

Peut-on en déduire que 100% de vos clients sont satisfait à 100% de vos sondages qui sont imprécis entre 25% et 75% des fois. Bon me voilà encore tout mêler comme à 100% des fois que je réussis à croire à 50% des résultats de vos sondages qui ne sont pas biaisé à 100%.

Bref les sondages de La Presse sont-ils vraiment impartiaux?

Permettez-moi d’en douter!

Une autre « faille » que le « futé » M. Lisée n’a pas dénoncée: le groupe de 8 à 17 ans est sous-représenté dans le sondage de CROP.

Cela devrait scandaliser M. Lisée, qui adore nous présenter des vidéos d’un garçon de 10 ans! Enfin, il adore nous présenter parce que le petit garçon penche du « bon » bord.

Les gens le moindrement réfléchis comprennent fort bien pourquoi les groupes de 8 à 17 ans et de 18 à 24 ans sont souvent sous-représentés dans les sondages.

Qu’est-ce qu’un bon gouvernement ?

Voilà la question de l’heure qui ne trouve certainement pas réponse dans les sondages utilitaristes…

@ Nic #17

« Êtes-vous sarcastique? Pourquoi les Desmarais auraient-ils voulu une vague NDP? »

Pour éliminer le Bloc pour ne pas l’avoir dans les pattes.

Mon petit montage conspirationiste du jour:

JFL:
« Mais il n’aborde pas le principal reproche du second billet: pourquoi, à des moments cruciaux, quand CROP sort du rang, c’est toujours en faveur du PLQ ? »

Réponse de M. Giguère:
« Les sondages encouragent ou dérangent. Ils deviennent le catalyseur des uns et le fossoyeur des autres.

Dans l’arène politique tous les coups sont permis »

@ honorable #28

« …M. Lisée n’a pas dénoncée: le groupe de 8 à 17 ans… »

Et vous vous pensez futé. Hooon! Avec cet argument vous nous donnez la preuve que vous êtes au bout du rouleau des arguments.

De plus hypocritement, vous laissez sous entendre que les gens réfléchis savent que les gens de 18-24 sont comme les enfants de 8 ans.

Sachez honorabl qu’à 24 ans j’était plus mature que vous ne l’êtes dans vos écris actuels. De plus j’avais des employés ce que jamais vous ne saurez faire.

Vous méprisez tout ce qui ne pense pas comme vous le voulez, et je dis bien comme vous le voulez, non pas comme vous pensez. En fait vous voulez que la population se dirige là d’où les chinois commencent à sortir.

@ »honorable »:

Vu qeu tu valorises l’éducation, je vais te poser une question d’examen.

Quelle est la motivation derrière ton dernier « raisonnement » qui essaie de mettre dans le même paquet moins de 18 ans qui n’ont pas le droit de vote avec 18-24 ans qui l’ont. Est-ce

1) que tu te crois tellement plus smatte que les autres que tu en viens à croire que chaque sophisme que tu ponds est un raisonnement brillant
2) tu penses que tes lecteurs sont assez stupides pour avaler un sophisme manifeste par peur de ne pas être qualifié de « gens moindrement réfléchi » par ton auguste personne
3) tu te délectes de faire sauter une coche aux opposants que tu méprises par un raisonnement volontairement faux.
4) une combinaison de 1,2 et 3
5) tu crois vraiment ce que tu dis! Celle-là, je la mets pour la forme…

Bonjour je pense qu’on peut affirmer que M Giguère PLIE devant les arguments de M Lisée en fait presque autant que M. Charest plie devant l’éditorial de M Pratte la presse Desmarais.