Le rappel

Voilà. C’est fait. Ça aussi, c’était écrit dans le ciel.

La rentrée se fait difficilement et la tension monte.

Ce mardi après-midi, à l’Université de Montréal et à la demande de sa direction, le SPVM et des policiers anti-émeute ont pénétré dans les locaux de certaines facultés où les étudiants ont voté en assemblée générale pour reconduire la grève.

Ces images de policiers – en très forte présence -, rappelleront sûrement aux électeurs que la grève étudiante – et le conflit social qu’il est devenu au fil des mois du printemps dernier – ne sont toujours pas réglés.

Photo de Catherine Joubert (@CathJoub)

Elles sont aussi un rappel de cette «loi spéciale» adoptée à toute vapeur en mai dernier par le gouvernement Charest. Et ce, avec l’appui de la CAQ.

Une loi qui, selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, porte atteinte aux libertés fondamentales d’expression, d’association et de réunion pacifique. Une loi également contestée devant les tribunaux.

Jean Charest et le gouvernement sortant comptait d’ailleurs beaucoup, beaucoup, beaucoup sur ce conflit pour tenter d’imposer «la loi et l’ordre» comme thème dominant de la campagne.

Or, pas de chance pour le PLQ – l’arrivée de Jacques Duchesneau comme candidat de la CAQ y a rapidement substitué la «lutte à la corruption» comme thème principal.

En fait, le gouvernement comptait sur le conflit à un point tel qu’il semble vraiment avoir tout fait pour ne pas le régler lorsqu’il aurait pu le faire.

Comme je l’écrivais dès le mois d’avril, la grève étudiante devenait pour le gouvernement, en période bien évidemment très préélectorale, la pièce centrale d’une stratégie dite de division ( ce qu’on appelle en anglais du «wedge politics»).

Traduction : en laissant le conflit s’envenimer et perdurer sur un sujet aussi polarisant, le premier ministre pouvait s’établir comme LE défenseur de la loi et de l’ordre, de la stabilité, voire même, selon ses propres mots, de la démocratie…

Cet été, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a d’ailleurs confirmé en entrevues que les leaders étudiants avaient fini par comprendre qu’au sommet du gouvernement, le mandat de régler n’avait pas été vraiment donné.

Pendant tout ce temps, le gouvernement pouvait présenter les étudiants comme des gens déraisonnables, trop exigeants – même violents et extrémistes dans le cas de la CLASSE et de Gabriel Nadeau-Dubois – traité comme une véritable bête noire.

L’argument de la peur

Avec la grève étudiante et les manifestations qui se sont multipliées à la vitesse de l’éclair pendant des mois, l’argument de la peur aura vraiment pris beaucoup de place dans le discours du premier ministre et de ses ministres.

Côté peur, le premier ministre aura aussi choisi de présenter le PQ comme le parti de «la rue et du référendum». Soit le parti de l’instabilité et du chaos.

Et ce fut, en effet, avec ces mêmes mots, que M. Charest, le 1er août dernier, déclenchait des élections qui porteraient, annonça-t-il, sur un véritable «choix de société».

Cette politique de la division, elle aura d’ailleurs été payante pour le gouvernement. Du moins, au printemps.

Aidant un gouvernement impopulaire à monter lentement dans les sondages auprès de segments de la population particulièrement inquiets de ce présumé «chaos», le non règlement de la grève servirait aussi de diversion.

Monopolisant toute l’attention pendant plusieurs mois, ce conflit non résolu faisait oublier, du moins, pendant ce temps-là,  les allégations de corruption, de collusion et de copinage pesant sur la tête du gouvernement depuis plus de trois ans.

Mais aujourd’hui, à une semaine seulement de l’élection, avec un Parti libéral encore et toujours bon troisième chez les francophones, les images de policiers antiémeute entrant dans des universités risquent de rappeler, tout simplement, que cette crise n’est toujours pas réglée.

Et que c’est le gouvernement en place, et personne d’autre, qui ne l’a toujours pas réglée…

La CAQ flaire la bonne affaire

Ce qui explique aussi pourquoi François Legault, dont la CAQ est deuxième chez les francophones, sortait hier pour se dire prêt à «négocier avec les étudiants» s’il prenait le pouvoir. La belle affaire…

Photo: G. Hughes/PC

Quelques jours avant le déclenchement de l’élection, il avait même fait une «offre» d’augmenter des frais de scolarité de 200$ par année, soit un peu moins que le gouvernement.  Mais l’offre fut  jugée par les associations étudiantes comme étant du «marketing politique» préélectoral évident. Une «offre» refusée instantanément.

Et pourtant. Et pourtant…

Pendant la grève de ce printemps, le discours de M. Legault ressemblait plutôt étrangement à celui du gouvernement Charest : la loi, l’ordre, pour la hausse des frais de scolarité et  la présumée «juste part», etc..

Au point où les députés de la CAQ ont voté pour le projet de loi 78 – la loi spéciale du gouvernement.

Au début du mois d’août, le chef caquiste affirmait même que s’il prenait le pouvoir, il irait jusqu’à imposer des sanctions aux professeurs qui refuseraient de rentrer en classe en appui à la grève étudiante.

Et toujours en début de campagne, il allait également  jusqu’à lancer ceci:

(…) nous, contrairement au PQ, on a voté pour que les injonctions soient respectées et pour le retour aux études. C’est important, le droit aux études, et chaque étudiant qui veut retourner aux études doit pouvoir le faire. […] Une injonction, c’est un ordre de la cour. Les injonctions doivent être respectées. Là, maintenant, on a une loi 78, on a voté pour, elle pose des balises pour s’assurer que les cégeps soient pas bloqués. Moi, je m’attends à ce que tout ce qui est nécessaire de faire, et qu’on utilise des policiers pour le faire [soit fait pour] que les étudiants, qui ont le droit d’étudier, puissent retourner aux études. Et je m’attends aussi à avoir toute la collaboration des enseignants.

Puis, lorsqu’on le questionna sur le recours à la force, La Presse rapportait que M. Legault avait précisé que le «tout ce qui est nécessaire» dont il parlait pouvait aller jusque-là.

Bref, le chef de la CAQ a beau flairer la bonne affaire électorale en tentant aujourd’hui de se positionner comme l’homme du dialogue, du compromis et de l’ouverture avec les étudiants, ces derniers, eux, en ont sûrement un souvenir fort différent…

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28 commentaires
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Je crois bien que les manifs d’aujourd’hui vont nuire au PLQ et à la CAQ, parce que le conflit n’est pas réglé et on risque avec eux que tout se prolonge indéfiniment s’ils étaient élus ou réélus.

L’un a mis le feu et l’autre l’a entretenu jusqu’à maintenant; ce n’est pas à leur avantage actuellement.

La crise étudiante n’est pas réglée en effet. Je n’ai aucun problème avec le fait que les policiers entrent dans les universités pour y étudier. Au contraire cela contribuerait à donner une belle image de la police. Mais quand on laisse entrer les forces dans les campus, on peut dire que trop, c’est trop !

Les personnes qui ont étudiées savent mieux que toutes autres ce que c’est que l’autodiscipline, il n’y a donc pas besoin de quelques forces de frappe répressive dans les campus et moins encore dans les salles de cours. C’est qui plus est humiliant pour les membres du corps enseignant qui ont dans le cadre de leurs attributions respectives une mission à accomplir et des valeurs fondamentales à transmettre.

Qu’on le veuille ou pas, la seule cheffe politique qui ait pris des engagements sérieux sur cette question et qui ait un parti qui soit susceptible de former un gouvernement, c’est Pauline Marois.

Comme simple observateur, je pense qu’il faut arrêter de se chamailler sur des hypothèses d’un hypothétique futur, pour concentrer notre attention sur les vraies questions, sur le présent pour entrer sans tarder dans l’espace positif des solutions. C’est une question de civisme et de bien public. C’est une approche non partisane fondée sur l’ouverture, la compréhension de l’autre et le rapprochement.

Et oui la bonne affaire..Tellement d’accord avec vous que la nouvelle attitude de la CAQ sent l’opportunisme politique à plein nez. Pour un parti qui veut faire les choses différemment, mettons que le vent du pouvoir fait faire des travers..

J’imagine que la population, qui favorise l’augmentation, n’y verra que du feu et qu’à défaut d’appuyer Jean Charest, ils pourront le faire avec la CAQ.

Paraphrasant votre collaboratrice Mme Hébert, M.Charest doit faire attention de ne pas trop brasser la poudrière du conflit étudiant car c’est peut-être M.Legault qui en profitera.

Mme Legault,
Quand, en parlant de Charest, vous utilisez l’expression « politique de la division » je trouve que vous êtes trop tendre.

En réalité pour moi dans ce dossier, Charest est un pur provocateur. Charest le trublion s’est malicieusement et vicieusement servi du conflit dont il est à l’origine pour mousser son image afin d’en percevoir les dividendes électoraux.

Charest, selon moi pratique systématiquement la politique de l’incitation, de la provocation. Y a-t-il plus cible que les associations étudiantes ? Pour une partie importante de la population, les jeunes ont tort en partant; encore plus quand ils descendent dans la rue. Si des casseurs professionnels prennent plaisir à saccager après un match de hockey, qu’elle joie peuvent-ils prendre dans le cadre d’une marche politique.

Il serait bon aussi de remarquer que les médias n’ont jamais évoqué les comparution des ces casseurs professionnels même si les porte-paroles de la police ont admis à quelques reprises bien connaître ces casseurs. Serait-ce qu’il est toujours commode, pour un gouvernement véreux tel que celui de Charest, des avoir sous la main pour de villes besognes ? À vous de juger …

Quant à l’attitude de Legault et de la CAQ, il me répugne de l’avouer mais Charest sur ce point a raison : Legault n’est tout simplement pas fiable.

«Les masques à la longue collent à la peau. L’hypocrisie finit par être de bonne foi.»
[Edmond et Jules de Goncourt]

François Legault replongera le Québec en campagne électorale vraisemblablement au printemps 2013 si un gouvernement minoritaire élu le 4 septembre ne s’attaque pas à l’une ou l’autre des priorités urgentes dictées par la Coalition avenir Québec.
Ma question:
Qu’est-ce qui fait croire à François Legault qu’il va être élu majoritairement le printemps prochain et que ce ne sera pas un autre gouverenement minoritaire?
Sans comter que sa caisse électorale va être vide.

Maude Levasseur, #1, a fondamentalement raison. Si Legault n’est pas fiable, Charest n’est surtout pas efficace.

«Si tu vois le lâche, attends-toi à voir son double, et qui est son double ? La trahison !»
[Massa Makan Diabaté]

Bravo Mme Legault,votre analyse est claire et précise et elle décrit bien l’esprit tordu de certains politiciens prêts à n’importe quoi pour garder le pouvoir ou pour l’acquérir!!!

Le problème des campagnes électorales à l’ère du 2.0, c’est que les citoyens sont maintenant de plus en plus aptes à flairer le nauséabond, à éveiller les autres, à créer des mouvements d’opinions (dans un sens comme dans l’autre).

Les partis de la vieille garde (dont la CAQ fait partie), pensent qu’être incohérent un jour fera que les journaux et la TV relaieront le message docilement et tout sera oublié.

Hé non! Liberaux.net, Twitter et la pluralité des chroniqueurs de qualité, accessibles à tous gratuitement, fait que ces messages incohérents sont tous retenus, exposant la nature incohérente des leaders politiques.

En fait, il n’y a qu’Aussant qui semble avoir été totalement cohérent (et très intelligent dans ses réponses) dans toute notre « élite » politique.

Vivement un changement de culture politique. Il est temps que les citoyens obtiennent un minimum de respect de l’élite politique, que ces derniers cessent de voir la populace comme un moyen d’accession au pouvoir.

Mme Legault occulte encore une fois la réalité: les votes étudiants de boycott (faussement appelé grève par Mme Legault afin de brouiller les cartes) ne sont nullement contraignants, contrairement aux votes de grève d’un syndicat ouvrier.

Une notion fondamentale en démocratie que Mme Legault occulte systématiquement: on peut voter sur tout et rien si on veut, mais rares sont les cas où ces votes sont contraignants. Le vote d’une assemblée générale sur la date de la prochaine assemblée, ou l’orchestre à inviter pour un party, peut être contraignant: il faut alors faire selon ce que la majorité a décidé.

Mais un vote de boycott des cours, de grève de la faim, en faveur d’un uniforme scolaire particulier, n’a aucune valeur contraignante. Cette assemblée, ou ses représentants, n’a nullement le droit, au nom de cette majorité, de forcer un étudiant à ne pas suivre ses cours, le forcer à cesser de manger, ou le forcer à porter un vêtement particulier.

Avec le PLQ et la CAQ chaque étudiant riche sera protégé contre les pauvres exigeant d’étudier , oui par un policier coûtant 80’000$ par année. Charest et Legault sont prêt à tout pour garder les travailleurs non instruis et non syndiqué que le patronat exige .
VOTONS PQ et ne divisons pas les votes indépendantistes
MICHEL

Le citoyen Paillard écrit: « [les] citoyens sont maintenant de plus en plus aptes à flairer le nauséabond. »

Flairer, voilà un terme qui laisse rêveur. Dans le même ordre d’idées, je propose : subodorer, supposer, imaginer, voire « déduire chaque chose d’une autre ». Antonyme : prouver.

Dans le riche vocabulaire politique italien, on appelle ironiquement « dietrologia » ou « dietrismo » la manie de celui ou celle qui toujours suppose de diaboliques manœuvres « derrière tout ça » (dietro est un adverbe signifiant « derrière », « en arrière »). C’est une sorte d’étape intermédiaire entre la pensée normale et la pensée conspirationnelle. Exemple vous croisez Jean Charest, ou Pauline Marois, ou François Legault, ou Amir Khadir en train de faire son jogging de grand matin. Il ou elle vous dit: « Bonjour ! » Après son passage, vous restez songeur : « Voyons, qu’a-t-il ou elle voulu dire par là ? »

Comme le notait l’écrivain sicilien Leonardo Sciascia dans son journal ‘Noir sur noir’ (1969-79) à force de constamment soupçonner qu’il a toujours quelque chose « derrière » tout geste ou parole publics, on risque fort de déboucher dans un vide métaphysique…

Je suis récemment tombé sur quelqu’un qui a eu le toupet de me dire que la commission Charbonneau était inutile, puisque de toute façon, on savait déjà tout. Tous pourris, tous pourris, répétait-il. Encore un diétrologue qui avait du « flair ».

@ honorable #10

Évitez de donner des leçons. Les votes d’assemblées étudiantes sont aussi contraignants qu’un vote dans un syndicat ouvrier. Si vous en doutez, lisez cet article du code civil du Québec :

313. Les règlements de la personne morale établissent des rapports de nature contractuelle entre elle et ses membres.

Le vote faisant parti des règlements, il s’ensuit un engagement contractuel à suivre les décisions de l’assemblée.

François Legault veut s’attirer le vote étudiant, elle est bien bonne, alors qu’il a soutenu le gouvernement Charest, voté pour la loi 78, et traité les jeunes de paresseux qui veulent faire la belle vie. M. Legault, vous ne pouvez pas agir contre tout un groupe, appuyer ceux qui ne veulent pas régler le conflit, les mépriser ouvertement, puis espérer qu’ils votent pour vous. Soyons sérieux, quand même!
Ça fait combien de changements d’idée au juste dans la campagne? Quelqu’un les a-t-il comptés?

Régler le conflit?

Facile: mettez-vous à quatre pattes devant les vandales, fournissez-leur vous-même le pot de vaseline et je vous laisse imaginer le reste…

Les péquistes ont d’ailleurs une bonne partie du chemin de fait.

En passant, Sauvageau, quand une association médicale prend un vote de « grève », rien n’empêche un médecin de ce groupe de continuer à voir des patients, malgré le vote majoritaire. Pourquoi? Parce que ce vote n’est pas contraignant, exactement comme le vote des associations étudiantes. Que Josée Legault et tant de journalistes ne comprennent pas ça est si renversant qu’on ne peut voir de leur part qu’un aveuglement volontaire.

@marc sauvageau et Josée Legault: même Jean-François Lisée vous contredit. Il va vous confirmer que ces votes de boycott ne sont nullement contraignants. Je le cite:

« Les associations étudiantes n’ont jamais eu le droit légal de faire appliquer à tous les étudiants les décisions prises par la majorité. » (Lisée)

@ honorable
Des rapports de nature contractuelle ça signifie des obligations juridiques de l’un envers l’autre. C’est donc contraignant ne vous en déplaise.

Avec tout ce qui s’est passé ce printemps, un souvenir de ma jeune vingtaine m’est revenu. À la fin des années ’70 je travaillais avec 2 exilés chiliens, une femme et un homme, 2 universitaires. Lui a fait 5 ans de camp de concentration. Exilés pour avoir contesté le régime Pinochet.

Aujourd’hui au Québec en 2012, des universitaires contestent des politiques néolibérales, se font traiter d’enfants-rois, de dépolitisés, d’égocentriques et se font arrêter, matraquer, tirer, intimider par la Loi 78 qui a pour but de faire régner la loi et l’ordre…..néolibéral.

Quand on est renseigné et instruit, on a le sens critique, comme celui d’analyser le système politique qui prévaut dans notre pays. Quand on observe des failles dans la justice sociale, on utilise tous les recours civilisés pour en améliorer concrètement les principes de liberté et de démocratie. Le dernier recours étant les manifestations pacifiques dans la rue. Je n’en crois pas mes yeux, ni mes oreilles, ni mon entendement que les libéraux aient envoyé l’anti-émeute contre des gens qui veulent seulement plus de justice sociale. Et ce sont les étudiants et ceux qui les appuient, qui passent pour les violents et les initiateurs du chaos via la manipulation de l’opinion publique par les médias à grand tirage.

Le chaos est dans les coulisses du pouvoir où circulent librement les lobbyistes, il est dans les lois fiscales et toutes les magouilles économiques qui favorisent indument les très bien nantis.

**************

François Legault disait hier matin aux nouvelles que le gouvernement ferait mieux d’être majoritaire, pcque devant le statu quo des deux autres partis, il ne serait pas patient! Alors qu’il n’y a pas si longtemps, la CAQ disait être ouvert à une alliance avec le PLQ….dans son cas, l’opportunisme prend vite le pas sur la cohérence. Faut croire qu’il a « cheminé ».

A Sauvageau: allez donc dire vos non sens à tous les étudiants qui ont obtenu des injonctions le printemps dernier. Tous ces étudiants appartenaient à des associations qui avaient majoritairement voté pour le boycott. Tous ce juges avaient bien compris ce que ni vous ni Josée Legault ne comprenez: ces votes majoritaires ne sont pas contraignants. Tout comme, par exemple, un vote majoritaire de l’assemblée générale de l’ONU n’est pas contraignant.

Si on a fait un procès d’intention avec Duplessis »les enfants de Duplessis » , comment dans le futur appellera-t-on les étudiants de 2012 qui auront décroché, raté leurs cours suite aux manifestations ? »Les étudiants sacrifiés de Charest »?

@ honorable

«les votes étudiants de boycott […] ne sont nullement contraignants, contrairement aux votes de grève d’un syndicat ouvrier.»

Aucun article du code du Travail ne déclare qu’un vote de grève est contraignable. Or vous insister à le mentionner, pourquoi ? La réponse est simple, c’est que les salariés tout comme les étudiants sont assujettis aux statuts et règlements de leurs associations respectives et obéissent en cela à l’article 313 du code civil du Québec.

De plus dans la foulée de l’article 313 du ccq, l’article 52 de la loi sur l’accréditation et le financement des associations d’étudiant(e)s stipule qu’un étudiant doit (contrainte) payer la cotisation que l’association étudiante fixe par règlement voté à la majorité des voix participantes.

@Sauvageau: Il y a des votes d’association étudiante qui sont contraignants (le vote sur le montant de la cotisation, par exemple) et des votes qui sont NON contraignants (un vote de boycott des cours, de grève de la faim, ou un vote imposant un code vestimentaire particulier). Je commence à croire que vous êtes de mauvaise foi.

@ honorable

Qu’est-ce qui décide de ce qui est contraignable ou pas? Alors dites-moi dans un vote de grève d’une association de salariés (votre exemple), qui décide de la contrainte ? Certainement pas vous ni le code du travail, alors où trouvez-vous cette contrainte ?

Je connais un collège (avec lettre patente d’une coop) où les parents (les membres) ont voté pour le port de l’uniforme pour leurs enfants. Et jusqu’à ce jour, ils le portent encore!

@Sauvageau: il suffit de lire les pouvoirs qui sont accordés aux différentes organisations.

1) l’assemblée générale de l’ONU n’a aucun pouvoir sur la régie interne d’un pays. Elle aura beau voter 1000 résolutions sur Israel, le Canada ou la Syrie, aucune de ces résolutions n’est contraignante.

2) Une assemblée étudiante n’a aucun pouvoir relativement à la liberté d’un étudiant d’assister à ses cours. Elle ne pourrait avoir ce pouvoir que si elle était propriétaire de l’école, par exemple.

3) Dans l’école coopérative que vous mentionnez, les parents ont évidemment plus de pouvoir que dans une école normale. C’est pourquoi ils ont eu le pouvoir d’imposer un uniforme.

En somme, prenez la peine de vous informer sur les pouvoirs réels d’une association étudiante. Vous verriez qu’ils sont beaucoup plus restreints que vous ne le pensiez.

@ honorable

Vous venez de confirmer ce que je me tue à vous dire. D’où viens les pouvoirs des associations? Des statuts et règlements.

Votre exemple de la propriété d’une école est farfelue. Depuis quand un droit de propriété donne le pouvoir de gérer la conduite des individus ? Jamais!

Rien qu’à vous lire, je sais que vous n’avez jamais lu les statuts ou les règlements d’une association quelconque de votre vie.

@Sauvageau: ce n’est pas parce qu’une association a pour règlement que, par exemple, « toutes les décisions se prennent par un vote majoritaire », que tout vote majoritaire a valeur contraignante. C’est ceci que vous persistez à ne pas comprendre.