Le résistant de Cacouna

Sa popularité inquiète autant les péquistes que les libéraux. Et le désir de changement des Québécois pourrait donner à Mario Dumont la balance du pouvoir. Qu’en ferait-il ?

Le 24 juin prochain, Mario Dumont jettera enfin sa valise au fond d’un placard de sa maison ancestrale de Cacouna. Pendant six semaines, il cultivera son jardin et regardera blondir ses champs d’avoine. Et avec sa femme, Marie-Claude Barrette, leurs enfants, Angela et Charles, il prendra le temps d’admirer le soleil disparaissant derrière les montagnes de la Côte-Nord.

Cela fait huit ans que Mario Dumont dirige l’Action démocratique du Québec (ADQ). Seul élu à l’Assemblée nationale, il en est aussi le seul conférencier dans les cocktails des campagnes de financement, les assemblées de mises en candidature, les tournées électorales. Depuis la fin de janvier, il vit dans ses valises, sans même se donner la peine de les défaire lorsqu’il passe par la ferme du Petit Rang 2, où, depuis 1834, des générations de Dumont cultivent leurs 50 hectares de terre.

« Le fait d’avoir des enfants a changé ma vie, déclare Dumont. Je fonce en me disant : « J’ai quelque chose d’utile à faire. Mais si ça ne marche pas, j’ai autre chose dans la vie. »

L’utile, c’est de débarrasser le Québec de ses vieilles habitudes « libéralo-péquistes », de battre « les adversaires que sont les péquistes et les ennemis que sont les libéraux ». L’obstacle, c’est « le mur de la résignation » : après une difficile campagne en 1998 qui a permis de prouver que l’ADQ était là pour rester, le parti doit maintenant montrer qu’il est capable de faire élire d’autres députés.

L’occasion lui a échappé en octobre 2001, malgré le surprenant résultat de 19,2 % des suffrages recueillis par Michèle Boulianne dans Jonquière. Mario Dumont courait encore après ce miracle, en mars dernier, en présentant son candidat aux élections partielles du 15 avril, François Corriveau, à un groupe d’ouvriers d’Alcoa, à Baie-Comeau. « Péquistes et libéraux, c’est du pareil au même », disait Corriveau, greffier adjoint de la ville, 32 ans et deux enfants, comme Dumont. Un vote adéquiste est un vote inutile, disaient ses adversaires. « Ils ne seront que deux à l’Assemblée nationale et ils ne pourront rien faire », raillait la candidate libérale, Isabelle Melançon, 27 ans, relationniste à la chambre de commerce locale. "Essayez-nous pendant « une p’tite secousse », plaidait encore l’adéquiste.

« Le mur de la résignation, c’est ça ! explique Mario Dumont. Les gens disent qu’on a le meilleur programme et le meilleur candidat, mais qu’il faut voter libéral pour battre le PQ. Mon défi est de convaincre les Québécois qu’ils ont mieux à faire que de voter libéral pour se débarrasser du Parti québécois. »

Élu à 24 ans député de Rivière-du-Loup, il est resté le « jeune » Mario Dumont. « Ah ! Mario, me dit un pompiste de La Pocatière : sympathique, très intelligent, bien gentil, mais il est encore jeune et il n’a pas beaucoup d’expérience. » Huit ans d’Assemblée nationale, de budgets, de commissions parlementaires, toutes ces heures au bureau de la circonscription à écouter des gens ordinaires lui raconter leurs malheurs ont laissé des traces : l’homme a mûri.

« Il est beau mais il n’a pas mon âge », dit la fille de 20 ans qui nous sert des spaghettis au Novello de Rivière-du-Loup. Trop jeune pour les uns, trop vieux pour d’autres… « Au Nouveau-Brunswick, on appelle ça un premier ministre ! » lance Mario Dumont en riant, évoquant la victoire-surprise du conservateur Bernard Lord en 1999, à 33 ans.

« Si Mario devient premier ministre, on va s’adapter à cette vie-là comme on assume notre vie aujourd’hui », dit Marie-Claude Barrette en nous servant un café. Angela, cinq ans, s’est endormie dans le fauteuil du salon. Charles, deux ans, s’accroche à son biberon jusqu’à ce que son père l’emporte dans ses bras vers une chambre à l’étage.

Les Dumont ne sont pas des « accros » de la politique. Marie-Claude Barrette était pourtant membre du conseil de direction du Parti libéral du Québec six mois avant de rencontrer son mari, en 1990. Ils ont passé à travers la tempête des négociations constitutionnelles, contesté la décision de Robert Bourassa d’appuyer l’accord de Charlottetown en 1992, fondé un parti avec Jean Allaire en 1994, déménagé à Rivière-du-Loup après l’élection de Mario à l’Assemblée nationale.

« Pour tenir en politique, il ne faut rien planifier, dit-elle, car on risque d’être déçu ! »

« Il y a beaucoup trop d’accros en politique, ajoute Mario Dumont : ils empochent la paye, ils s’accrochent à leur fonction de député avec tout ce qu’elle apporte et ils paniquent à l’idée de ne plus être là l’an prochain… » Les Dumont prennent donc la vie une semaine à la fois.

Le mardi, à 7 h, nous sommes en route vers Québec. « C’est à côté », dit Dumont en évoquant la capitale, tout de même à deux heures d’autoroute. Il ne fera que passer à ce parlement qu’il appelle « l’aquarium » : tout ce qui s’y produit est très important pour les poissons, mais à l’extérieur, rien de ce qui préoccupe les poissons n’intéresse les humains !

Alors, après une courte réunion avec des producteurs de bois d’oeuvre dans son bureau mansardé, au troisième étage de l’Assemblée nationale, et une question au ministre des Ressources naturelles sur le différend commercial opposant le Canada aux États-Unis – « Bonne question », apprécie Bernard Landry, jamais à court d’un mot aimable pour Dumont -, nous reprenons la route vers Baie-Comeau.

Cette fois, le chef de l’ADQ ne dit pas que c’est à côté. Cinq heures de trajet nous attendent et la météo annonce une tempête de neige. « Depuis huit ans, je travaille avec le dixième des moyens des autres : pas de chauffeur attitré, jamais d’avion pour aller en Abitibi ou sur la Côte-Nord », dit-il. La semaine précédente, en effet, Bernard Landry s’était rendu au même endroit en avion, tout comme Jean Charest l’avait fait la veille et comme Pauline Marois le ferait le lendemain.

Du début de février à la fin de juin et tout l’automne, le chef de l’Action démocratique suit le même horaire : une journée à Québec, trois ou quatre dans les régions ou au siège du parti à Montréal, un court week-end à Cacouna. L’ADQ nourrit ses plus grands espoirs dans Lanaudière, la région de Québec, les Laurentides, la Montérégie, Chaudière-Appalaches, le Centre-du-Québec et sur la Côte-Nord : cela fait beaucoup de kilomètres à parcourir avec la Ford Windstar beige de la famille ou le 4X4 loué par son bureau de l’Assemblée nationale.

En mai, Mario Dumont prendra tout de même le temps de faire les semis d’avoine, d’orge et de soya, qui, à la récolte, lui rapporteront 30 000 dollars avant impôts. « Marginal », dit-il. « Cela paie les vacances et les escapades à New York », corrige sa femme. Le grand plaisir de l’été de Mario Dumont, c’est le potager, où il se précipite à 5 h 30 du matin : 15 plants de tomates, 9 sortes de laitue, « même des melons d’eau », ajoute-t-il avec fierté. Il a commencé à initier Angela aux joies du jardinage, tandis que Charles, à qui sa mère songe à offrir un chevreau cet été, court après les quatre poules.

Dumont, qui a joué au golf dès 14 ans, s’est mis à la glissade en hiver, aux promenades en été. Les enfants règlent sa vie, limitent son temps de lecture ou de travail dans Internet et perturbent à l’occasion ses exercices de piano. Quand il fêtera ses 32 ans, le 19 mai, lui et sa femme se retrouveront avec une quinzaine d’autres couples sur la base de plein air de Pohénégamook. C’est une des trois ou quatre escapades que les Dumont se permettent chaque année, laissant les petits aux grands-parents de Rivière-du-Loup ou de Berthierville.

Tout compte fait, ils mènent la vie des jeunes couples de leur génération. C’est la certitude tranquille d’une nouvelle convivialité qui a fait le succès de La Vie la vie, l’émission-culte de Radio-Canada qui attire 1,3 million de téléspectateurs chaque lundi soir. Le retour à la campagne, beaucoup plus de temps avec les enfants que devant la télé – ils espèrent en avoir « un ou deux autres », malgré une fausse couche en 1998 et une grossesse difficile qui a tenu Marie-Claude à l’hôpital pendant quatre mois et demi avant la naissance de Charles -, un ordinateur, un télécopieur, trois lignes téléphoniques. L’un ou l’autre travaille à la maison lorsqu’un des enfants est malade et a besoin d’attention.

« J’ai été militante et je savais que la vie politique ne s’arrête pas à 17 h », dit Marie-Claude Barrette, qui aujourd’hui travaille au Musée du Bas-Saint-Laurent, à Rivière-du-Loup. Angela et Charles sont nés après l’élection de leur père et le déménagement du couple à Cacouna. Pour eux, les absences prolongées de Mario Dumont sont normales. Quand on demande à l’aînée ce que fait son papa, elle répond naturellement : « Il travaille à la télévision. » Elle est encore trop jeune pour comprendre ce qu’est la politique et s’étonne de le voir sur les panneaux hors dimensions qu’a adoptés le parti aux élections partielles de ce printemps (1,20 m sur 1,20 m au lieu de 60 cm sur 1,20 m).

Car l’ADQ en est toujours au stade où elle doit surprendre pour se faire remarquer. Le parti, qu’on ne disait pas viable en 1994 et qu’on croyait fini en 1998, a tout de même obtenu 480 636 voix aux dernières élections, soit 11,81 % des suffrages. La barre se situe maintenant à 20%. Un sondage CROP réalisé en février suggère que c’est possible: 22 % des Québécois, dont 26 % de francophones, auraient l’intention de voter pour l’ADQ. Et 25 % déclarent que Mario Dumont est le chef auquel « ils font le plus confiance pour diriger le Québec » (29% dans le cas de Jean Charest et 28 % dans celui de Bernard Landry).

Avec plus de 20 % des suffrages, l’ADQ deviendrait un parti officiel à l’Assemblée nationale et son budget frôlerait le million de dollars. Au-delà de cette barre de 20%, il pourrait faire élire de cinq à huit députés.

En 2001, l’ADQ a recueilli près de 100 000 dollars en revenus autonomes, le double de l’année précédente, auxquels se sont ajoutés environ 300 000 dollars de contributions publiques (50 cents par électeur), basées sur le nombre de voix recueillies au scrutin précédent. Il n’y a que cinq personnes à la permanence du parti, à Montréal, mais il a fallu engager quelqu’un pour saisir les données sur les nouveaux membres. François Corriveau en recrutait de 200 à 300 par mois pendant la campagne dans sa circonscription de Saguenay.

Au 31 décembre 2001, le parti comptait ainsi une quarantaine d’associations de circonscription dûment constituées ayant plus de 50 membres. Et des candidatures s’annoncent, parfois d’elles-mêmes, dans 70 circonscriptions. Le profil du candidat reste presque toujours le même : de jeunes entrepreneurs et des travailleurs autonomes dans la trentaine. Mais des élus municipaux de 40 à 50 ans se signalent également. « On est au point où on refuse des candidats », affirme Dumont. Il se permet même à l’occasion de vérifier dans les archives des tribunaux le passé des intéressés !

Malgré ces prévisions encourageantes, les observateurs ne croient guère à l’avenir de l’Action démocratique. « Le principal problème de Mario Dumont demeure ce que Bernard Landry appelle le caractère "virtuel" du parti qu’il dirige, écrivait Michel David dans son bulletin de fin d’année pour Le Devoir. Il est vrai que l’actuel mode de scrutin pénalise l’ADQ, mais son désir de se démarquer des "vieux partis" l’amène également à adopter des positions qui sont de nature à accentuer sa marginalisation… » Son confrère J.-Jacques Samson ajoute, dans Le Soleil, que le chef de l’ADQ « termine l’année en queue de poisson, succombant de plus en plus souvent aux travers des vieux politiciens, et il doit s’interroger sur la capacité de l’ADQ de rallier une clientèle électorale désabusée du tournage en rond du PLQ-PQ… »

« Ah ! si on était capables de briser la glace », soupire le conseiller et confident du chef, Jean-Luc Benoît. Le secret espoir des adéquistes est en effet de réaliser le même exploit que le Parti québécois : fondé en 1968, il faisait élire sept députés en avril 1970. Après avoir fourni au premier gouvernement de Robert Bourassa une opposition beaucoup plus musclée que l’Union nationale, le PQ devenait l’opposition officielle en octobre 1973 et prenait le pouvoir le 15 novembre 1976.

Jean Allaire, qui a présidé la Commission politique du Parti libéral du Québec avant de fonder l’Action démocratique, aime dire à ses anciens amis du PLQ et à ses relations au gouvernement : « Croyez-vous que si ces jeunes étaient au pouvoir, ils feraient plus de bêtises que nous ? » Courtisé autant par les libéraux que par les péquistes, Mario Dumont doit cependant « se méfier des compromis, qui peuvent rapidement devenir des compromissions », dit encore Allaire.

En 1995, le jeune chef de 25 ans a osé pactiser avec le rusé Jacques Parizeau, de 40 ans son aîné. C’était pour « ne pas se retrouver dans le camp de Jean Chrétien et des gens qui ont trahi le Québec », explique Dumont. Il prétend que cette campagne aux côtés de Parizeau et de Lucien Bouchard ainsi que sa réaction au résultat serré qui a suivi ont établi sa réputation de chef politique responsable. « Les Canadiens qui nous ont visités la semaine dernière ont réalisé [sic] que les fondations du Canada craquaient, a-t-il déclaré le soir du 30 octobre. Rien de tout cela n’est réparé. Lorsque les fondations sont si endommagées, les retouches n’empêcheront pas sa chute. Nous devons reconstruire. » Le chef du Parti réformiste, Preston Manning, l’appela aussitôt pour prendre rendez-vous avec lui !

À un récent colloque sur Robert Bourassa, Guy Laforest, professeur de sciences politiques à l’Université Laval, a remarqué qu’il existait encore beaucoup de camaraderie entre Dumont et les anciens collaborateurs de Bourassa. « Il en est l’héritier naturel d’ailleurs, dit Laforest, avec ses qualités et ses défauts : de bonnes relations avec les autres, pas rancunier, une formation d’économiste [à l’Université Concordia], mais un rapport utilitaire au reste du Canada. » En somme, Dumont est l’homme du « fédéralisme rentable ».

Le chef de l’ADQ reconnaît cependant qu’il devra, au plus tôt, visiter le Canada, qu’il ne connaît pas. Au Québec, il n’a plus d’alliés, seulement des « adversaires » ou des « ennemis », comme il le dit des péquistes et des libéraux.

Ses mots les plus durs, il les réserve à Jean Charest et à son parti, qui l’ont vainement courtisé. « Le Parti libéral est presque devenu le parti de l’infidélité au Québec, dit Dumont. Il est inféodé à Ottawa et les fils sont trop mêlés pour qu’il puisse prétendre être un parti vraiment québécois. » Quant à Charest lui-même, « je ne pense même pas que c’est lui qui a décidé d’être là, dit Dumont. Je ne lui ferais pas davantage confiance qu’au reste du PLQ ! » Pas question donc de retourner au PLQ tant que « le frisé », comme il appelle Charest, en sera le chef désigné par Ottawa.

Quand il était président de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec, Dumont complotait avec Bourassa pour empêcher les libéraux fédéraux de s’inscrire aux congrès du parti provincial. Aujourd’hui, « c’est le même monde, prétend-il : je ne reconnais plus le PLQ, et Jean Lesage ou Robert Bourassa ne le reconnaîtraient pas non plus ».

Le chef de l’ADQ est plus réservé lorsqu’il parle du premier ministre. « Il faut reconnaître que Bernard Landry a tout de même beaucoup d’expérience », commence-t-il par dire à un groupe de gens d’affaires de la Côte-Nord qui lui demandent d’évaluer l’adversaire. « Il m’a envoyé des messages, me confirmera-t-il au cours d’un entretien privé. Mais il perd son temps… »

Car pour lui, péquistes et libéraux, « c’est la même affaire : le même modèle de gouvernement, qui dépense toujours plus, qui est toujours plus gros et plus lourd ». Le PQ représente pourtant un grand succès électoral : quatre victoires en un quart de siècle et 16 ans au pouvoir. « Mais en politique, il n’y a pas d’excuses, ajoute Dumont. Le Parti québécois a eu la chance de gouverner, il a été en position de définir sa stratégie, et le résultat qu’il a livré, c’est un affaiblissement politique du Québec. J’appelle cela un échec lamentable ! »

Encore une fois fidèle au modèle Bourassa, il se prétend pragmatique et rêve de l’époque où le Québec, s’alliant à l’Ouest, avait porté Brian Mulroney au pouvoir. « Pour l’instant, explique-t-il, l’Alliance canadienne, je ne la sens pas, et Stephen Harper [le chef élu le 20 mars dernier], je ne le vois pas. Mais mon instinct me dit qu’à un moment donné la population canadienne va s’écoeurer du gouvernement de Jean Chrétien et de son autoritarisme. Je craindrais qu’il ne se mette en place une autre option politique au Canada, forte et solide, et que le Québec ne soit en train de cueillir des pâquerettes. »

Mario Dumont n’envisage pas d’autre avenir politique que celui de l’Action démocratique du Québec. Et si, avec sept ou huit députés, il détenait la balance du pouvoir à Québec ?

La question le fait longuement réfléchir, comme s’il n’osait pas encore l’espérer. « Cela donnerait un gouvernement plus propre… Ce qui ne serait pas une mauvaise chose », dit-il enfin.

Faute de pouvoir imposer son propre programme, quelle est la première mesure que l’ADQ exigerait d’un gouvernement minoritaire en échange de son appui ? « Faire le ménage dans le gouvernement et s’attaquer à l’endettement », dit Dumont. Et qu’interdirait-il au gouvernement de faire? « J’empêcherais les libéraux de signer la Constitution du 17 avril 1982, parce que ce serait la reddition, répond-il aussitôt. Et j’interdirais à un gouvernement du Parti québécois de créer de nouveaux monopoles d’État. »

Mais pendant quatre jours, chez lui à Cacouna, à l’Assemblée nationale, en campagne sur la Côte-Nord, je n’ai jamais réussi à « sentir » un futur premier ministre du Québec, ni même un ministre. Son discours est pourtant rafraîchissant, mais « trop beau pour être vrai », dirait-on. Ou comme s’il n’y croyait pas lui-même et se complaisait dans ce tiers parti condamné à l’opposition.

Ma remarque l’embarrasse. Il n’est pas dans un « trip de planification de carrière », proteste-t-il. Et s’il devenait premier ministre, « il saurait quoi faire le lendemain matin ». Il a même une idée de ce que serait son premier budget: une baisse massive des impôts pour redonner du souffle au secteur privé. Puis, après six mois ou un an, un grand ménage au gouvernement.

Mon scepticisme doit paraître malgré moi. « Il n’y a pas 80 % des gens qui parieraient que l’Action démocratique du Québec sera au pouvoir un jour, admet-il. Mais il n’y a personne qui prendrait le risque de parier que cela n’arrivera pas… »

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