Le retour du réel

Une fois la crise sanitaire résorbée, les électeurs n’auront plus de patience pour les politiciens de type « licornes et arcs-en-ciel », soutient notre collaborateur, ancien conseiller de Stephen Harper et observateur attentif du mouvement conservateur.

Photo : L'actualité

Nous avons peine à mesurer les conséquences à long terme de la crise sanitaire que nous traversons actuellement. Même si les mesures sans précédent prises par les gouvernements partout en Occident sont justifiées et justifiables pour des raisons de santé et de sécurité, il n’en demeure pas moins que les effets économiques sont en train de prendre des proportions quasi bibliques.

Une fois la crise sanitaire résorbée, tous les gouvernements devront se tourner vers le cataclysme économique qui nous afflige et c’est la gestion de celui-ci qui définira leur succès électoral. En fait, soyons catégoriques : presque rien d’autre ne va compter dans l’équation électorale. Les Québécois sont déjà fortement préoccupés par leur sécurité financière ; cette crainte va décupler à mesure que le temps passera et viendra un moment (le point de bascule) où elle prendra le dessus. Notre paysage politique pourrait même s’en trouver bouleversé. Les acteurs politiques auraient tout avantage à en prendre acte dès maintenant.

Contrairement au secteur privé, les travailleurs du secteur public — bénéficiant d’une sécurité d’emploi blindée — sont largement à l’abri pour l’instant. Il ne faut d’ailleurs pas sous-estimer le sentiment d’iniquité et d’injustice que cela crée chez les Québécois qui ont été mis à pied. Cela dit, l’inévitable crise des finances publiques qui nous attend aura nécessairement des conséquences sur cette main-d’œuvre dont les revenus dépendent de la capacité du privé à créer de la richesse.

Après 11 ans de croissance ininterrompue, tant nos dirigeants que la population sont désormais confrontés au réel et devront se concentrer sur l’essentiel pour la suite des choses. Concrètement, cela veut dire que nos dirigeants politiques, s’ils aspirent à répondre aux besoins urgents des électeurs, devront concentrer leurs orientations et actions gouvernementales sur les deux sujets qui occuperont toute la place dans la tête des gens dans un avenir prévisible : l’économie et la santé. Nous pouvons également ajouter l’éducation à cette liste, comme vecteur économique fort.

L’environnement demeurera un enjeu important, bien entendu, mais il sera relégué au second plan derrière le pain et le beurre. Dans les derniers jours, certaines élites politiques et médiatiques de gauche ont profité de leur tribune pour se réjouir des effets de la crise sur les émissions de gaz à effet de serre, apparemment en forte baisse étant donné la contraction massive de l’activité économique. Difficile de faire preuve d’un plus grand manque de jugement et d’intelligence émotive, en particulier s’ils souhaitent convaincre la population du bienfondé de leur projet environnementaliste. Des centaines de milliers de mères et de pères québécois se demandent comment ils vont nourrir leurs familles le mois prochain. Est-ce dire qu’ils vivent un avant-goût du genre de modèle auquel ces personnalités adhèrent ? La fameuse « décroissance » qu’on tente de normaliser depuis quelque temps, nous la vivons en ce moment même.

Lorsqu’une société vit un tel tremblement de terre, les partis politiques doivent s’ajuster. Rien de plus normal ; les plaques tectoniques ont bougé. D’une part, on devra prioriser à nouveau la baisse du fardeau fiscal des contribuables, qui pour l’heure, n’ont justement plus les moyens de contribuer à la même intensité. Au Québec, en particulier, le soulagement devra être considérable si l’on souhaite relancer notre économie. L’état des finances publiques forcera un ajustement important en faveur des missions essentielles de l’État — la santé, l’économie et l’éducation — et au détriment des fonctions qui sont plus loin des préoccupations immédiates du citoyen. Il faudra également faire un meilleur travail pour expliquer à la population les bienfaits des budgets équilibrés en période de croissance économique.

D’autre part, certains partis et groupes de pression devront — s’ils souhaitent connaître du succès dans l’urne — abandonner les débats ésotériques qui les animaient depuis quelques années et reconcentrer leurs efforts sur le travailleur. Autrement dit, finis les débats sur les « toilettes non genrées ». La population n’aura plus de patience pour les politiciens de type « licornes et arcs-en-ciel » qui n’ont pas les deux pieds bien fermement plantés sur Terre. Si les mesures de confinement fonctionnent et que nous réussissons bel et bien à limiter le nombre de morts au Québec, la gauche pourra cependant se targuer du rôle joué par l’État afin d’éviter le pire.

Enfin, il reviendra aux nationalistes de tirer les nécessaires leçons de l’actuelle crise quant à l’autonomie de l’État-nation. Nous ne devrions plus jamais être dépendants de qui que ce soit d’autre que nous-mêmes lorsqu’il s’agit de l’approvisionnement de biens essentiels. La mondialisation a vraisemblablement trouvé ses limites.

Quoi qu’il en soit, nul ne pourra ignorer les changements profonds qui s’opèrent actuellement dans la psyché de nos compatriotes. Il y aura un avant et un après COVID-19. Nos enfants et nos petits-enfants apprendront dans leurs livres d’histoire comment leurs ancêtres ont géré la crise et de quelle façon ils se sont sortis de la pire dépression économique depuis 1929.

À propos de l’auteur

Carl Vallée s’implique en politique fédérale et provinciale depuis plus de 15 ans. Il a travaillé au sein du cabinet du premier ministre du Canada à titre d’attaché de presse, porte-parole et conseiller québécois pour Stephen Harper entre 2009 et 2015. En octobre 2018, il a participé à la transition du nouveau gouvernement caquiste du premier ministre François Legault. Il est actuellement directeur exécutif au sein du cabinet de communication et de conseil Teneo, à Montréal.

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Autrement dit, finis les débats sur les « toilettes non genrées ».
Peut-être aussi, fini le débat sur le port du voile quand tout le monde portera un masque !

Moi aussi, ai-je ‘remarqué’ ce passage sur les « toilettes non genrées »…

Intéressant aussi ici ce ‘rapprochement’ entre masque et port du voile…

N’empêche. Au Québec, on en aura plein les bras avec les plus vieux & les plus jeunes, plus communément appelés aînés et enfants.

Une chaine a la force de ses mailles les moins fortes ?

Les plus faibles, ne sont-ce pas les plus jeunes et les plus âgé.e.s ?

Plus jeunes, plus âgé.e.s ne sont-ils/elles pas plus négligé.e.s ou maltraité.e.s ?

Martyrisation d’enfants, siècle après siècle; puis maintenant, d’année en année ?

Aîné.e, soit te laisse-t-on mourir, atrocement, à ‘porte de ta résidence-‘sécurité’, par moins 30 degrés; soit te laisse-t-on baigner en tes déjections des jours durant.

Pourquoi donner vie, si c’est pour ensuite te la faire dure, en menaçant d’envoyer la police chez toi, pour t’enlever davantage encore de ce dont tu manques déjà le plus cruellement – d’enseignantes ?

La police, ne devrait-ce être plutôt pour les abuseurs d’enfants ou d’aîné.e.s, ou pour ceux et celles les laissant faire, omettant leur DDD (Devoir De les Dénoncer) ?

Pourquoi te la prolonger – la vie -, au moyen de myriades de « services », traitements et médicaments, si c’est pour qu’il y en ait de moins en moins – de vie – pour toi; si c’est pour t’oublier, te ‘remiser’ ou te la faire plus dure encore qu’aux enfants ?

Enfants, aîné.e.s = Angle mort, morts, ‘poing’ aveugle !…

Expliquer aux Québécois les bienfaits des budgets équilibrés alors qu’ils ont congédié un gouvernement qui avait réussi cet exploit??? Bonne chance! L’État nationaliste qui concentre les pouvoirs et qui à coups de subventions ne favorise que les entreprises qui arboreront le fleur de lys?? Pas sûre! Qui plus est, le gouvernement caquiste n’aura d’autres choix que de replonger le Québec dans une période d’austérité. La CAQ se retrouve avec un Québec dans l’rouge! Quel revirement de situation! Pas certaine que ce retour du nationalisme avec la menace d’indépendance, porteur d’instabilité politique, soit très avisé pour une relance économique! Et oui il y aura un avant et un après coronavirus, mais faire fi des mesures environnementales c’est vraiment refuser de tirer des leçons des catastrophes naturelles qui s’accumulent et des dérèglements dans l’écosystème. Les conservateurs ont coupé dans les recherches scientifiques. Et la montée des gouvernements de droite en Occident, en désavouant les sciences, aura contribué à une recrudescence du religieux et aura aussi été la cause de leur ineptie face à une pandémie pourtant annoncée…. La droite progressiste à laquelle j’adhérais a fait place à la droite identitaire.. Très peu pour moi! Je suis convaincue que la solution pour se relever de cette crise réside au centre de l’échiquier politique. Gauche et droite se sont radicalisées..

Le gouvernement Libéral était juste profitable à une petite partie de la population…Il stimulait l’économie de l’extérieur donc si tu avait une propriété ou une entreprise à revente, tu pensais que c’était des génies mais si tu étais dans la position inverse, il n’ont que contribué à augmenter l’écart entre les riches et les pauvres, importer l’élite plutôt que la développer. Les chiffres étaient beau mais la façon de les obtenir, beaucoup moindre!

Le Gouvernement fédéral devra également revoir ses missions et se concentrer sur l’essentiel. A terme, on pourrait avoir un Canada plus décentralisé. L’endettement fédéral va revenir à des niveaux insupportables.

Je me garderais une petite gêne à votre place. Vous qui étiez conseiller de Stéphan Harper au moment où Santé Canada a déposé un rapport qui disait que l’on devait se préparer à une pandémie et qui donnait les moyens de l’affronter (à la manière de la Coré du Sud). L’Application de ce rapport, tabletté par votre partie, aurait sans doute coûté certes quelques dizaine de millions, mais pas mal moins que les centaines de milliards aujourd’hui. je me permets de faire un parallèle avec le sujet de l’environnement aujourd’hui. Alors que tous les scientifiques disent qu’ils en coutera énormément plus cher d’attendre que d’agir maintenant.

Si par économie on entend soutenir par exemple, les arts et la culture alors OK.
Dans ma région, fortement libérale et conservatrice (au niveau des partis) on valorise toujours plus les usines de métal de plastique et de roches. Comme bien des régions où le discours économiste prend le dessus (en noyautant les institutions démocratiques bien souvent), on fait tout pour tirer la couverte de son bord, au détriment de la culture par exemple, même si, les chiffres sont là, les revenus issus du milieu culturel sont énormes et les investissements moindres.
Alors, avec son point de vue méprisant à peine voilé envers la gauche et ses licornes, monsieur est selon moi totalement déconnecté de la société, de la communauté québécoise. Il ne sort vraisemblablement jamais de sa tour d’ivoire économico-politique. De cette crise, il ne semble pas avoir vu ce qu’une majorité de gens ont vu : l’essentiel est ailleurs que dans les sous. Certes, il en faut. Mais l’activité économique effrénée nous a montré ses limites. La vie de famille, l’école à la maison, la nourriture, les loisirs, et plus globalement la solidarité, la complicité devant l’adversité, l’humanité, le temps … le temps et tout ce qui vient avec … tout ça nous distribue généreusement ses bienfaits.
Je pourrais continuer mais les mots me manquent. En fait non , j’ai juste pus envie d’essayer de vous convaincre. Tant pis si vous ne vivez que dans l’attente du retour de cette économie où vous vous complaisiez déjà avant la COVID-19. Tant pis si vous croyez / souhaitez vraiment qu’elle soit encore plus impitoyable qu’avant. Tant pis si vous ne savez plus faire la part des choses dans votre vie entre là et Ottawa, entre le vrais monde et la faune des technocrates politiques lobbyistes.
Je vous souhaite sincèrement un break – une bonne thérapie?
Nous nous entendons sur un point, un seul. Il y aura un après COVID-19 différent de l’avant.
Je vous / nous souhaite monsieur bien des surprises à cet égard.

Merci M.Clément, merci de m’épargner d’écrire ma pensée car j’ai la même que vous, et il fallait que je réponde à M. Vallée. Tout est là et vous écrivez bien!

Commentaire intéressant qui suggère que l’environnement va prendre la seconde place après l’économie. Ça me fait penser à Bougainville qui est parti demander à Louis XV des renforts pour maintenir la colonie de Nouvelle-France en 1758. Le ministre de la marine, Nicolas-René Berryer, lui répond : «Quand il y a le feu à la maison, on ne s’occupe pas des écuries.» Pour les conservateurs, la maison c’est l’économie et l’environnement c’est l’écurie !

C’est bien beau d’avoir du pain et du beurre sur la table quand on est en train de détruire notre maison, la terre, et qu’on risque de ne pas en survivre en tant qu’espèce… Les conservateurs (et les libéraux de Monsieur Pipeline Trudeau) ont le don de faire l’autruche et de nous vendre des bébelles et des miroirs mais au moins ils ont le mérite de se faire élire quand même…

OUF si j’entendais ces propos j’aurais peur d’attraper le cancer des oreilles.

« …devra prioriser à nouveau la baisse du fardeau fiscal… »
Mais comment pensez-vous que l’état pourra sortir du trou encore une fois les assistés sociaux corporatifs de l’énergie fossile sans l’argent des contribuables, ça prend des taxes.
Comment allez-vous expliquer à ceux
« …qui pour l’heure, n’ont justement plus les moyens à contribuer… »
que de gaver les milliardaires du Texas avec un chèque en blanc de plusieurs milliards que le fédéral s’apprête à leur consentir, serait bon pour l’économie?
« L’environnement demeurera un enjeu important, bien entendu, mais il sera relégué au second plan derrière le pain et le beurre… »
mais le pain et le beurre du futur c’est l’environnement sinon il n’y a pas de job sur une planète morte.

« Difficile de faire preuve d’un plus grand manque de jugement et d’intelligence émotive … bla bla bla»
je corrige votre phrase « que de vouloir retourner à la pollution sans entrave de cette industrie du fossile irresponsable qui est au dessus des lois et qui nous donne entre 14600 et 21000 morts / année et qui nous coûtent entre 50 et 100 G$ par année de pertes économiques dépendent qui vous croyez Min. de l’environnement ou Greenpeace.

« Il faudra également faire un meilleur travail pour expliquer à la population les bienfaits des
« budgets équilibrés en période de croissance économique. »
Un budget qui ne comptabilise pas les externalités négatives de cette croissance irresponsable du fossile ($260 Milliards de dégâts laissés derrière les puits de forage abandonnés en AB) est une illusion malsaine et donne des comportements irresponsables de gaspillage.

Je préfère donner $2000 / mois à tous les travailleurs pour relancer l’économie que de donner des chèques en blancs aux milliardaires.
La majorité des gens n’ont pas les moyens de sortir cet argent des frontières, donc cet argent sera dépensé ici dans l’économie locale en payant des taxes et des impôts qui reviendront au gouvernement.
Alors que les milliards donnés aux riches seront flambés en torchères dans une industrie en déclin et le reste finira dans la bulle financière ou dans les paradis fiscaux qui n’apportent rien à l’économie réelle ou au patrimoine collectif.

Il sera intéressant de voir comment le socialisme va venir en aide aux énergie fossiles en temps de crise alors que le secteur privé qui vante les vertus du marché ne semble pas faire parti de la solution.

Et pas un mot sur les énergies renouvelables; si le fédéral donne un chèque en blanc sans conditions pour forcer la transition vers les énergies propres, on aura vraiment rien compris de cette crise.

Si « le retour au réel » ne tient pas compte de l’obligation d’intégrer les changements climatiques dans nos choix économiques, ce sera partie remise pour une autre urgence sanitaire dans un temps peut-être pas si lointain.

Le retour au réel… en effet…

Le retour au réel est de comprendre que le monde physique, la mal aimée Nature, est la réalité et que l’économie lui est tributaire et non l’inverse. On peut lui associer la célèbre maxime «L’économie au service de l’Homme et non l’Homme au service de l’économie. », dixit Maurice Allais, physicien et prix Nobel d’économie en 1988.

Malgré bien des prétentions, l’économie du moins dans sa forme néo-classique, que certains appellent «économie de croissance», n’a pas d’assise dans le réel. Pour preuves, la bulle financière qui accapare le gros des richesses et l’absurdité d’une croissance économique exponentielle dans un monde fini.

À méditer, les arguments scientifiques du physicien Tom Murphy de l’université de Californie à San Diego (http://bit.ly/2Zdm00Q). Seule l’économie biophysique qui tient compte des limites à la croissance peut être considérée comme vraiment scientifique et ancrée dans la réalité.

Il y a également des limites physiques, même au génie humain. La science et l’inventivité humaine peuvent faire beaucoup, mais les limites physiques et matérielles demeurent. Il n’y a pas de miracle et la recherche de solutions prend du temps. Par exemple, on ne peut produire plus d’énergie avec un kilo de matière au repos que celle permise par la célèbre relation découverte par Einstein, E = mcc. Cela fait des décennies que l’on avance à petits pas pour guérir les cancers et dans la mise au point de la fusion thermonucléaire… Aussi, la thermodynamique nous enseigne qu’il y a des phénomènes irréversibles, comme les êtres chers morts lors de la pandémie.

Une autre réalité est celle des changements climatiques dont les effets vont s’accélérer et tôt ou tard, malgré le déni, l’apathie et la résistance aux changements, nous n’aurons pas d’autres choix que de prendre des mesures radicales comme interdire les véhicules individuels, réduire notre consommation de biens ou rationner. Ce ne sera plus l’état d’urgence mais l’état de guerre… L’Humanité risque de basculer dans la dictature ou l’anarchie du chacun pour soi et de la loi de la jungle.

Nous courrons aveuglément vers beaucoup de souffrances que nous pourrions encore atténuer et en grande partie prévenir.

Quand des milliers de scientifiques annoncent une catastrophe, arrêtons le déni et agissons.

Scientifiquement vôtre

Claude Coulombe

« D’abord ils vous ignorent. Ensuite ils vous ridiculisent. Et après, ils vous attaquent et veulent vous brûler. Mais ensuite, ils vous construisent des monuments. » – Nicholas Klein 1919 (parfois faussement attribué à Gandhi)

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