Le scrutin d’un gouvernement en difficulté

C’est parti! Le premier ministre Jean Charest a lancé le Québec en élections, la 40e de son histoire, pour un scrutin le 4 septembre (tout de suite après la longue fin de semaine de la Fête du travail).

Pourquoi en plein été?

Pourquoi y aller alors que la majorité des gens ont davantage la tête aux vacances, à la piscine et au BBQ?

C’est la question que les journalistes mourraient d’envie de poser à Jean Charest et ses ministres ce matin, à la sortie de la courte réunion du cabinet. Une attente sous un soleil de plomb… pour des réponses pas très concluantes.

La ministre Christine St-Pierre a simplement répondu que le déclenchement des élections est «la prérogative du premier ministre et que les gens sont prêts à aller voter». La plupart des ministres ont évité la question.

Mais Jean Charest, sans répondre directement, en a donné un bon aperçu au fil de ses interventions de la journée.

Trois facteurs semblent avoir convaincu Jean Charest que c’était le moment où jamais.

1- La base électorale du Parti libéral du Québec est la plus disciplinée. Elle a beau avoir rapetissée passablement depuis quelques temps, surtout chez les francophones, cette base militante ira voter peu importe le temps de l’année si Jean Charest fait une bonne campagne. S’il échoue, elle restera à la maison, comme ce fut le cas dans Argenteuil, en juin. Il va tenter de polariser le plus possible le débat entre fédéralistes et souverainistes afin d’inciter sa base à se rendre aux urnes.

2- Le conflit étudiant est encore frais en mémoire, même si l’intensité de la crise est passée. Le chef libéral a d’ailleurs ouvert les hostilités sur ce thème. «Maintenant, c’est au tour de la majorité silencieuse de parler», a-t-il dit, ajoutant, pour ceux qui pensent que ce sujet ne sera pas au coeur de la campagne: «Ça me paraît invraisemblable, quand j’entends dire des gens que ce ne sera pas un enjeu pendant la campagne électorale. Il faut vraiment vivre sur une autre planète pour dire une affaire comme ça.»

Très impopulaire, le Parti libéral a repris du poil de la bête ce printemps à la faveur de conflit. Il va tenter d’en tirer profit. La rentrée scolaire de la mi-août est d’ailleurs un inconnu de taille dans la campagne de tous les partis. Le thème de la loi et l’ordre, de la stabilité, sera récurrent dans la bouche du chef libéral.

3- La commission Charbonneau sur l’industrie de la construction reprend ses travaux le 17 septembre. Jean Charest a eu un avant-goût du ton des audiences et des risques lors de la comparution de Jacques Duchesneau en juin. Avec la commission Gomery sur le scandale des commandites, le PLQ a bien vu les dommages qu’une enquête publique peut faire à un parti politique. Partir en campagne avec ce récit quotidien en toile de fond était impensable.

 

Une campagne estivale demeure un fait rare.

À peine cinq élections se sont tenues en été dans l’histoire du Québec:

1944 (8 août)

1948 (29 juillet)

1952 (16 juillet)

1989 (25 septembre)

1994 (12 septembre)

Passons sur celles de 1944 à 1952, qui se déroulaient à une autre époque (sans télé!). Et celle de 1989, qui a quand même eu un mois complet de campagne en septembre.

En 1994 aussi, le gouvernement libéral sortant, celui de Daniel Johnson, était dans le pétrin. Dans la foulée des échecs de l’accord du Lac Meech et de Charlottetown, puis d’une récession, le Parti québécois de Jacques Parizeau l’avait emporté.

Jean Charest est redoutable en campagne électorale. Il adore ce genre d’exercice. Les chiffres de sondages lui permettent de rêver à une victoire à l’arrachée, même si son gouvernement est impopulaire.

N’empêche, la tâche sera difficile pour lui. On ne déclenche pas en plein été si tout va bien. Malgré les beaux discours, ça demeure le scrutin d’un gouvernement en difficulté.

 

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Bonjour M.Castonguay
Et les relations inter-provinciales entre Québec et Ottawa, elles ne se sont jamais portées aussi mal alors que Jean Charest se fait le grand défenseur du fédéralisme, c’est bien là l’ironie n’est-ce pas?
Jean Charest a beau être redoutable en campagne électorale, cachotier et machiavélique à souhait, il semble que sa campagne repose uniquement sur des voitures de police incendiées par les manifestants en fin de bulletin de nouvelle quitte à y mettre le feu lui-même.

J.Charest capitalise sur des manifestations étudiantes en août ce que les étudiants doivent s’abstenir de faire, il capitalise sur son électorat non francophone et sur la division du vote francophone entre tous les partis y compris le plus petit comme O.N.

Le pm libéral garde espoir de s’en tirer au moins avec un gouvernement minoritaire d’autant que la région de Québec flirte sérieusement avec les libéraux!

M.Castonguay se trompe, la grave difficulté libérale c’est la commission Charbonneau et la campagne électorale justement cet été permet justement de donner une chance et plus aux libéraux.

Le PLQ bénéficie de forteresses électorales. Le PQ ne dispose plus de forteresses même au Saguenay ce que le cousin du Bloc a démontré en 2011 là de manière catastrophique. La CAQ bénéficie de deux presque forteresses dans la région de la Beauce et puis voilà!

Les Québécois devront voter en masse et préférablement pour le PQ s’ils veulent se débarrasser des libéraux.

Le quotidien Le Devoir publie – ce matin – la photo de Charest en première page.
Ce visage » baveux » me rappelle les campagnes précédentes où il était d’une arrogance inouie face à Lucien ou à Landry.
J’ai une allergie viscérale…

Étant un membre en règle de la « majorité silencieuse », je suis bien heureux de savoir que je vais bientôt pouvoir m’exprimer et dire si je suis pour un gouvernement de la rue ou un gouvernement qui sait faire respecter la loi et l’ordre. Je vais enfin pouvoir me faire entendre, pratiquement dans le plus grand silence avec mon bulletin de vote et par le fait même exprimer haut et fort si je suis pour ou contre le gel des droits de scolarité.

Tout à coup, je me sens comme responsable. Comment dire ? Investi d’une mission ! Mais également j’y pense ! Est-ce bien pour cela que je vais aller voter ? Où est-ce que je vais voter parce que j’ai été éduqué précisément pour vivre dans le respect du civisme et des lois ? N’ai-je pas appris que ce qui donne un sens et une valeur à la démocratie, c’est en effet que nos élus gouvernement pour le peuple et avec le peuple ?

Alors en toute fin, je me demande pourquoi ce n’est pas à la majorité silencieuse de choisir elle-même la date des élections ou si c’est uniquement son rôle de renouveler le mandat en cours pour autant que cette majorité manifeste dans l’ordre, sans aucun bruit par la seule voie des urnes à la date prévue.

Cette vision réductrice de l’état qui établit une frontière distincte entre ceux qui gouvernement et ceux qui n’ont pour seul droit que de s’exprime par leur seul vote quand et seulement quand on leur demande. Tout cela ressemble à s’y méprendre avec ce que j’adore le plus : le totalitarisme. D’autres personnes n’hésiteraient pas à parler de césarisme, d’autocratie, d’absolutisme et de tyrannie !

Monsieur Charest utilise encore l’arme de la peur et on ne peut que souhaiter que les générations les plus craintives soient de moins en moins nombreuses.
Il parle des carrés rouges mais oublie les post-it jaunes.
Il parle de la rue mais ne voit pas sa propre ruelle (se comportant comme un chat de gouttières).
Il parle du chaos et semble inconscient (je ne suis pas naïve, je sais qu’il est très conscient au contraire) du fait que ce qu’il appelle chaos (avec une enflure verbale qui le caractérise), c’est lui qui l’a créé.
Plus ça va, plus sa façon de faire de la politique ressemble à celle de Duplessis … ce n’est guère édifiant et ça semble assez caractéristique des conservateurs … car il est un conservateur qui a kidnappé le parti libéral du Québec et je comprends mal que les vrais libéraux l’aient laissé faire

Harper refuse l’invitation à une rencontre des premiers ministres sur l’économie.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a appuyé l’idée. «Nous devons nous asseoir à la même table rapidement et prendre acte de ce qui est en train de se produire un peu partout à travers le monde», avait-il lancé la semaine dernière.
Qu’a à répondre Capitaine Canada Charest sur le sujet?
On le sait pas, personne lui pose la question.

http://www.985fm.ca/national/nouvelles/harper-refuse-l-invitation-a-une-rencontre-des-pre-161834.html

Que des rencontres secrètes entre Charest-Harpert, comme dans un film d’espionnage de série B.
Stephen Harper préfère rencontrer chacun des premiers ministres de façon individuelle.
Rappelons que le premier ministre du Canada avait tenu deux rencontres secrètes en juin à Montréal avec le premier ministre du Québec et l’ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney.
L’impopularité des conservateurs au Québec conjuguée à une hypothétique défaite de Jean Charest lors d’élections générales ferait craindre le pire à Ottawa.
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/national/archives/2012/07/20120719-050159.html

Bonjour,
M.Charest qui se donne 8 sur 10 dans sa lutte contre la corruption.
Avec tous cet entourage des Tomassi et cie et lui serait blanc comme neige, pas vu pas pris. j’espère que les médias vont le confronter.
Cet homme nous prends pour des cons ou quoi?
Mais moi je suis plutôt inquiet, si jamais cet homme était réélu, de la perte plus grande de nos libertés civiles avec une loi 78 + en cas de contestation de ses politiques.
M.Charest nous promet une création de 250 000 emplois, quand on connait le rôle négligeable qu’ont en fait les gouvernements dans cette création d’emploi.

@ jean asselin (# 8):

« des Tomassi et cie… » (sic)

Qui est le « etc… » en question?

Parce que jusqu’à maintenant, seuls des élus MUNICIPAUX ont été accusés (et non condamnés!) de délits de corruption.

Avez-vous des noms? Des preuves?

@ yves graton (# 3):

On voit que vous avez développé un argumentaire solide et profond…

Bravo!

Bonjour,

Ce scrutin qui se déroulera dans la province de Québec sera porteur d’une nouvelle donne, d’une nouvelle dimension de la toute puissance des médias sociaux vis à vis de mouvements imprévus des masses citoyennes. L’implacable constat viendra bientôt….. Une histoire à suivre. Avec plaisir, John Bull.