De quelques secrets de Polichinelle

Ce mardi, à la commission Charbonneau, Gilles Surprenant faisait le constat qui s’impose.

Selon cet ex-ingénieur de la Ville de Montréal, lequel se prenait une cote sur les contrats publics d’égoûts dont il gonflait lui-même les coûts, la corruption des fonctionnaires de la Ville par des entrepreneurs de la construction serait un véritable «secret de Polichinelle». La plupart des contrats, selon lui, auraient été «truqués».

On pourrait même dire que ce secret de Polichinelle était en fait lui-même un secret de Polichinelle…

Ce constat, il nous vient courtoisie de cet ex-ingénieur connu sous le sobriquet peu flatteur de «Monsieur TPS» pour Taxe pour Surprenant. Soit le plus ou moins 1% qu’il prenait des entrepreneurs reconnaissants en argent comptant, mais aussi en cadeaux et en voyages. L’homme aura même partagé quelques parties de golf avec le parrain de la mafia montréalaise…

Or, ce constat de Gilles Surprenant vient surtout corroborer le témoignage-fleuve de l’ex-entrepreneur Lino Zambito à la commission Charbonneau.

En d’autres termes, il y a «système».

Un système de corruption, de collusion et de copinage. Un système taillé sur mesure pour se plonger les mains jusqu’aux coudes dans la manne des fonds publics, question de graisser la patte des entrepreneurs, de certains hauts-fonctionnaires, des coffres de partis et possiblement même de certains élus.

Rappelons ici que l’an dernier, le rapport de Jacques Duchesneau, ex-patron de l’Unité anticollusion et député caquiste, faisait référence à l’«enrichissement personnel» de certains élus.

Si «secret de Polichinelle» il y a, est-ce vraiment possible qu’il ait été connu… sauf de certains élus, et gardiens des fonds publics?

Pour bien des citoyens, la cause est déjà entendue.

Ex.: un sondage CROP montre qu’une vaste majorité de Lavallois sont convaincus que leur maire, Gilles Vaillancourt, est corrompu. Rien de moins.

Pour ce qui est du maire de Montréal, un autre sondage CROP confirmait qu’il ne jouit plus de la confiance d’une part substantielle des Montréalais.

Selon Jacques Duchesneau, le maire Tremblay devrait tout au moins avoir la «décence» de se retirer le temps que la commission Charbonneau fasse son travail.

Une suggestion que bien des Montréalais feraient sûrement eux-mêmes avec plaisir.

Le 80%

Dans sa tournée d’entrevues des derniers jours, l’ex-entrepreneur Lino Zambito a répété que, selon lui, 80% des politiciens étaient des gens honnêtes.

Selon le témoin-vedette de la commission Charbonneau, le ver dans la pomme de la corruption viendrait surtout de leur entourage. Soit de leurs organisateurs, des collecteurs de fonds. Voire même parfois, disait-il, des chefs de cabinet.

À titre d’exemple, M. Zambito affirmait sous serment que l’ex-organisateur libéral Pierre Bibeau – également ex-conjoint de l’ex-ministre Line Beauchamp – lui aurait carrément demandé un don illégal de 30 000$ pour le PLQ.

Un «don» que Lino Zambito serait allé lui remettre en personne, en argent comptant, dans les bureaux mêmes de Loto-Québec où Pierre Bibeau y était vice-président principal aux affaires publiques.

M. Bibeau a tout nié. Ce qui ne l’a pas empêché d’être instantanément tabletté avec solde chez Loto-Québec. La classe politique est très, très nerveuse.

Ayant également été nommé par Lino Zambito, son fils, Alexandre Bibeau, lui-même ex-chef de cabinet recyclé dans l’organisation libérale, s’est vu obligé de se «retirer» de la campagne de Philippe Couillard – l’ex-ministre de la santé devenu candidat à la chefferie du Parti libéral.

En 2006, le Parti québécois se faisait également blâmer dans le Rapport d’enquête Moisan.

On pouvait y lire que dans les années 1990, des collecteurs de fonds influents du PQ avaient encouragé Jean Brault, patron de Groupaction – une des firmes qui seraient identifiées plus tard dans le scandale des commandites -, à faire pour près de 100 000$ en dons au PQ. Le tout en se servant de prête-noms dans l’espoir d’obtenir des contrats de publicité pour la SAQ et Télé-Québec.

On y faisait aussi état des contacts entre Jean Brault et l’entourage de la libérale Nathalie Normandeau, alors dans l’opposition. Résultat : un don de 3,000$ de Groupaction par une prête-nom et un don personnel de 1,000$ de M. Brault auraient ensuite été faits au PLQ.

L’auteur du rapport, l’ex-juge Jean Moisan,  en notait ceci :  «rien ne permet de relier ces dons à l’obtention d’un contrat ou à une demande quelconque. (…) mais connaissant Brault, on peut aussi y voir un moyen de paver la route à quelque chose pour l’avenir.»

Dans son rapport, Me Moisan s’est également dit incapable de confirmer si, oui ou non, en 1998, Charles Guité – un des principaux acteurs du scandale des commandites – avait bel et bien, selon les dires de Jean Brault, passé une commande à ce dernier pour un «don» illégal de 50,000$ à la campagne de Jean Charest dans le comté de Sherbrooke.

Surtout, l’ex-juge Moisan faisait le constat suivant :

Il ressort de l’examen des faits et des réponses (…) que l’usage des prête-noms par des compagnies «est connu depuis longtemps et largement utilisé. Un témoin l’a qualifié d’«endémique». (…) Là, comme ailleurs, l’intérêt est la mesure de l’action.

«Connu depuis longtemps et largement utilisé»?  Ça ressemble aussi drôlement à la définition d’un secret de Polichinelle…

Et ce constat, Me Moisan le faisait trois ans avant que n’éclate l’«affaire Labonté» – une autre histoire de secret de Polichinelle.

En 2009, en pleine campagne électorale à Montréal, Benoît Labonté, anciennement de l’équipe de Gérald Tremblay et passé au camp de Louise Harel, poussait le constat encore plus loin.

Dans une entrevue aux airs de coup de tonnerre, Labonté laissait tomber que le financement des partis par les électeurs était  «une fiction» et que le processus d’octroi des contrats de la Ville relevait d’un «système mafieux».

Pour revoir l’entrevue, c’est ici. Et  ce que j’en écrivais à l’époque est ici.

Selon Benoît Labonté :

La réalité, et c’est vrai dans tous les partis, au municipal comme au provincial, pas un parti ne fait exception, la réalité, c’est qu’il y a de l’argent qui est ramassé cash, qui est redonné à des prête-noms, qui, eux, font un chèque personnel, individuel .

Quant à Gérald Tremblay, Labonté le traitait tout simplement de «faux naïf». Un «faux naïf» face à un système de collusion et de corruption fort bien installé à la Ville – un système «mafieux» qui, selon Labonté, permet de «déterminer qui obtiendra des contrats de la Ville».

Bien avant Lino Zambito, il alléguait aussi qu’une «ristourne de 3%» était collectée par la parti du maire en échange de contrats de la Ville – ajoutant même que certains élus profiteraient financièrement de ce système. Craignant les poursuites, il refusa de les nommer.

(Selon Zambito, ce 3% irait au parti du maire Tremblay. Selon Surprenant, il irait au comité exécutif de la Ville de Montréal.)

Bref, qu’on le veuille ou non, dès qu’il est question de corruption, de collusion et de favoritisme pour les contrats publics, on revient toujours, toujours, toujours, à la question du financement des partis politiques.

L’admission

Mais comme la mémoire est une faculté qui oublie, les révélations de Lino Zambito font office de nouveauté.

Or, dans ses grandes lignes, elles viennent corroborer celles déjà faites par les Jean Brault et Benoît Labonté.

Force est de penser que tout cela n’était en effet qu’un simple secret de Polichinelle…

Or, c’est justement ici qu’on mesure à quel point la tenue de la commission Charbonneau est importante. Et pourquoi Jean Charest l’aura retardée le plus longtemps possible.

Si les Gérald Tremblay et Gilles Vaillancourt de ce monde font la sourde oreille et les faux naïfs, au provincial, les témoignages de Zambito et de Surprenant provoquent l’enclenchement des grandes manœuvres.

Les principaux partis se bousculent au portillon pour convaincre l’électorat qu’il y aura «grand ménage» dans le financement des partis et le processus d’octroi des contrats publics.

Et si l’on se bouscule autant pour montrer patte blanche aux citoyens, c’est qu’il y a également dans tout ça quelque chose comme une forme implicite d’admission.

L’admission qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume du financement des partis et de l’octroi des contrats gouvernementaux.

Au gouvernement Marois, on flaire aussi la chance de faire oublier un premier mois au pouvoir plutôt erratique. Le gouvernement présentera donc un GROS projet de loi sur l’intégrité porté par les ministres du Travail, de la Justice, de la Sécurité publique et le Conseil du trésor.

Son contenu confirmera si l’opération aura vraiment de la substance ou si elle tiendra aussi du marketing politique.

À la CAQ, François Legault et Jacques Duchesneau présenteront eux aussi leur propre projet de loi sur l’intégrité, incluant le plafonnement des dépenses partisanes.

Du côté du PLQ, ce sont plutôt les candidats à la chefferie qui héritent aujourd’hui de cette patate chaude.

Craignant comme la peste les effets potentiellement négatifs de la commission Charbonneau sur les chances de leur parti à la prochaine élection, les Philippe Couillard, Raymond Bachand, Pierre Moreau et Jean David feront des pieds et des mains pour créer l’image d’un parti frotté à l’eau de javel…

Qui sait, par contre, si certains candidats ne seront pas plus vulnérables que d’autres dans ce département.

À commencer par Philippe Couillard. Son départ surprise en 2008 du gouvernement pour le privé posait plus de questions qu’il ne donnait de réponses. Son parcours professionnel depuis incluait également une relation d’amitié et d’affaires avec Arthur Porter – ce personnage trouble parti vivre aux Bahamas depuis qu’il a perdu son poste à la tête du Centre universitaire de santé McGill.  Porter est sous enquête pour de possibles pots-de-vin de plusieurs millions de dollars.

Quant aux  règles que les libéraux se sont donnés pour leur course à la chefferie et le congrès qui, en mars prochain, leur donnera un nouveau chef, comme le note Michel David dans Le Devoir, elle rappellent plutôt un certain «âge des cavernes» dans le domaine…  Mon collègue Alec Castonguay en liste également.

Comme quoi, chassez le naturel…

Le 20%

Or, dans ce nouveau concours du genre «quel parti et quel chef vous sembleront les plus aptes à laver plus blanc que blanc?», bien des citoyens risquent de vivre une sérieuse crise de foi politique.

Après tout, si l’existence d’un système troué de financement des partis et d’octroi de certains contrats publics est bel et bien un «secret de Polichinelle», les citoyens pourront-ils croire ce que leur promettent maintenant les mêmes acteurs politiques qui sont dans le paysage depuis plusieurs années?

Oui, bien sûr, la vaste majorité des élus – sûrement au moins 80%, comme le disait Lino Zambito -, sont des gens intègres dont le travail est de servir les citoyens et non de SE servir.

Mais pour que l’on ait contourné la Loi sur le financement des partis politiques et les processus d’octroi des contrats publics avec autant d’aise, et aussi longtemps, le plus ou moins 20% restant n’y aurait-il pas contribué également? Soit directement, soit en fermant les yeux.

Vaste question, en effet…

 

Laisser un commentaire

En voyant l’entrée triomphale réservée à Lino Zambito sous une ovation à tout rompre d’un public en pâmoison devant « le champion de la construction devenu le champion de la Commission » à TLMEP, il m’est venu à l’esprit cette mention du journaliste du Maclean’s Magazine, Martin Patriquin, dans son article sur « la province la plus corrompue », relatant « l’existence d’un gène de la corruption dans l’ADN des Québécois ». La réalité dépasse souvent la fiction. La victime se prosternant devant son bourreau. Une volée d’applaudissements des victimes groupies de leur voleur…WoW!!! Faut le faire…Quelle tristesse.

Je ne crois pas que M. Zambito ait été applaudi parce qu’il était un crimminel. Je crois qu’on l’a applaudi parce qu’il s’est mis à table, comme on dit dans le jargon judiciaire, et qu’il dénonce ses anciens complices et tortionnaires. Je dis tortionnaires parce que M. Zambito avait compris que pour avoir sa part du gâteau il devait hurler avec les loups. Et plus probable encore, on l’a applaudi parce que le meneur de foule avait levé la pancarte qui disait » Applaudissements » comme on fait à l’arrivée de chaque invité. Ne pas confondre avec Mum Boucher et sa rentrée au forum où il fut applaudi par beaucoup. 🙁 Là on peut s’indigner.

Déjà M Surprenant a confirmé en grande partie les dires de M. Zambito. Que la mafia ait exigé le pizzo ne surprendra personne. Ce qui surprend est que d’honnêtes citoyens, fonctionnaires, élus, jouent le jeu eux aussi. Là, ça défrise. 🙁

Je condamne d’avance tout politicien qui refusera d’asphyxier complètement les salauds qui nous sucent le sang. Déjà M. Bourassa avait interdit que l’on aille enquêter du côté de la caisse électorale et du crime organisé. Ses voeux furent exaucés. Ce qui n’a pas empêché M. Laporte d’engager comme garde-du-corps ce qui restait des frères Dubois, criminels notoires de Montréal.

Si 80 % des politiciens n’en croquent pas c’est qu’ils ne sont pas en mesure de renvoyer l’ascenseur. Mme Jérôme Forget l’a très bien expliqué à TLMEP. On ne m’a jamais approchée car je n’avais rien à vendre. CQFD L’occasion fait le larron, c’est bien connu.

A L’arrivée des Libéraux au pouvoir en 1960, ils étaient nombreux ceux qui espéraient avoir leur tour à l’assiette au beurre. L’équipe du tonnerre a dit : Pas de ça Lisette, et nombreux furent les députés déçus et quelques ministres de la vieille école. Mais ça n’a pas duré longtemps. Chassez le naturel…

Cette commission va nous apprendre beaucoup de secrets de Polichinelle et peut-être de vrais secrets, qui sait. Mais ce sont les lendemains de la commission qui seront les révélateurs de la qualité de notre société. Allons-nous agir, ou tourner la page comme si de rien n’était? Si les Libéraux sont de nouveau au pouvoir au moment du dépôt du rapport de la commission, je ne donne pas cher de ses recommandations.

«Il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.»

Est-ce que c’est possible qu’un chef de parti puisse indirectement lancer des messages qui sont de fait assez explicites. Prenons l’affaire du voyage de golf de M. Surprenant. Quand il a vu Rizzuto dans l’avion, ce dernier n’a pas eu besoin de lui dire quoi que ce soit. Pas un mot. Même sans aucune parole de prononcée, le message était explicite: «nous sommes là !»

Alors quand tous les Tremblay et Vaillancourt nous disent, la main sur le cœur, le trémolo dans la voix et une petite larme à l’œil qu’ils n’étaient au courant de rien, pouvons-nous décemment les croire ? Tout le monde se rappellera à quel point Geneviève Janson a, devant la caméra du journaliste, juré sur ses grands Dieux qu’elle ne se dopait pas. Elle semblait bien dire la vérité pourtant !

Quant au phénomène dont nous découvrons toute l’ampleur, il ne s’agit pas simplement d’une démarche d’enrichissement des quelques fonctionnaires et d’un groupe d’entrepreneurs. Non ! Nous sommes en présence d’un stratagème sophistiqué de blanchiment d’argent par le monde mafieux.

Le clan mafieux des Rizzoto font des milliards de dollars avec le commerce des stupéfiants, de la prostitution, des paris illégaux et sans doute du commerce illégal des armes. Ces milliards, si ces caïds veulent en profiter, ou en faire profiter leurs familles, leurs enfants, ils doivent les laver, les blanchir. C’est là un de leur importante préoccupation. Ils auront beau aller jouer aux casinos régulièrement, ils ne peuvent tout de même pas revenir à chaque semaine avec des centaines de milliers de dollars en gain. Ils ne sont pas bêtes ces mecs.

Prenons un exemple. Disons que j’ai des millions à laver. Je fais en sorte de mettre la main sur plusieurs compagnies qui font dans, disons, les égouts, les trottoirs ou le pavage des rues. Petit à petit je leur construis une crédibilité. Puis un jour je commence à soudoyer les fonctionnaires pour obtenir des contrats de plus en plus importants et en de plus en plus grand nombre. Je n’hésite pas à verser des sommes de plus en plus importantes car j’ai les poches (ou les bas 😉 pleines dollars qui ne servent à rien, ou si peu.

Mes contrats augmentent et je peux, maintenant que mes corrompus sont bien ferrés, faire en sorte que ces activités sous des dehors tout à fait légitimes deviennent elles aussi une source importante de rentrée de fonds car je suis en mesure d’exiger des accroissements de coûts pour les travaux que mes compagnies exécutent. Comme je contrôle également les ingénieurs qui contrôlent les travaux, c’est facile pour moi de rogner sur la qualité des produits et des procédés pour empocher quelques dollars de plus que je peux affecter en partie à la corruption que j’entretiens.

Donc,j’ai établi un processus qui me permet de rendre propre une grande partie de mon argent sale et en plus, j’ai édifié un empire industriel majeur qui a toutes les apparences de la légitimité. Je gagne sur tous les tableaux.

«Les gens sont trop bien élevés, les méchants peuvent s’en donner à coeur joie.»
[Dan Powell]

Bonjour Mne Legault
J’ai ai déjà fait mention ici comme ailleurs et n’ait toujours pas reçu de réponse à cette « surprenante » évidence quand au 100’000$ annuel que les Ministres libéraux devaient collecter pour la caisse du parti.
Jean Charest n’a jamais été questionné sur ce sujet malgré qu’il a avoué candidement lors d un point de presse durant la campagne électorale que cette coutume avait cessé. Aucun des nouveaux candidats à la chefferie ni le chef par intérim Jean-Marc Fournier n’ont été questionné à ce sujet qui est pourtant le sujet de l’heure.

Quand cette pratique a-t’elle vu le jour au parti libéral, quand a-t’elle cessé et pourquoi?

Dons récoltés par le parti libéral du Québec

2003 8 369 876$
2004 8 848 021$
2005 8 203 464$
2006 8 351 270$
2007 7 168 880$
2008 9 269 112$
2009 7 176 851$
2010 4 916 788$
2011 3 765 469$

Note: A partir de 2010, les dons diminuent presque de moitié, la Commisssion Marteau et la visite de Lino Zambito à l’émission Enquête de radio-Canada semblent avoir jouer un rôle appréciable quand à la génorisité des firmes d’ingénieurs et de leurs prêtes-noms…

M. Gascon,

Quand Patriquin a pondu son torchon, primo ce qu’il mettait de l’avant n’avait rien à voir avec ce qu’on a entendu à date à la commission Charbonneau.

Secondo, à la même époque avions-nous seulement, nous les citoyens ordinaires une petite idée de ce qui s’en venait. Pourquoi en serait-il autrement des Ontariens ? Attendons un peu que la vague de révélation sorte du Québec. Je ne vois aucune raison qui ferait en sorte que ce qui se passe ici ne puisse se passer ailleurs. C’est évident que s’il existe un gars comme Charest en Ontario, lui non plus n’a pas hâte de voire arriver la déferlante.

«Quand tu vois la lumière au bout du tunnel, attention ! C’est peut-être le train.»
[Anonyme]

Y a-t-il la moindre chance que le Québec en sorte un jour lointain, ou la seule solution pour sortir de la corruption est-elle de sortir du Québec ?

Voici une petite idée qui va peut-être vous semblez farfelue, pourquoi nous citoyens de Montréal et de Laval n’intenterions nous pas un recours collectif contre ces administrations qui dilapident les fonds publics à même nos poches? Pour que simplement nos taxes ou impôts payés en trop nous soient rendus.

Il y a le secret de Polichinelle mais il y a aussi un polichinelle :

Personne ridicule, en qui l’on ne peut placer sa confiance (Bibliorom Larousse);

Personne ridicule et sans caractère; (reverso)

Ne reconnaissons-nous pas ici, un certain maire de Montréal ?

@ Jean-Pierre Gascon (# 1):

Et comment oublier la performance de J.-F Lisée à une émission de TLMEP où il niait avec véhémence que le Québec était corrompu, allant jusqu’à ridiculiser son collègue du magasine Macleans qui avait pourtant bien fouillé le dossier.

http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/story/2010/09/24/macleans-quebec-cover-controversy.html

Chez les gauchistes du Québec, on vit la tête continuellement enfonçée dans le sable et après, on joue la vierge offensée…

Le système de corruption est d’abord et avant tout le résultat de la présence de plus en plus lourde de l’État obèse, tentaculaire et monopoliste dans nos vies. Plus l’État et ses monopoles sont omniprésents et plus les tentations de corruption seront grandes.

De plus, on apprend que ce sont en partie, du moins jusqu’à maintenant, des fonctionnaires qui sont corrompus. Que NOUS payons grassement avec NOTRE argent et qui jouissent en plus de conditions d’emploi inimaginables dans le privé.

Mé Gingras a raison ici.

Aux critiques de la présence de M. Zambito à TLMEP

Il y a des Québécois qui ne se rappellent plus des paroles du Christ dans l’Évangile “Luc 15” sur les repentis :

Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s’approchaient de Jésus pour l’entendre.
Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant: Cet homme accueille des gens de mauvaise vie, et mange avec eux

Mais il leur dit cette parabole : « Je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance. »

Les médias ont un rôle important dans l’aveuglement collectif que nous avons eu durant tant d’années. Pour preuve, les choses ont changé lorsque l’émission Enquête a commencé à en parler. Mais durant toutes les années précédentes, de nombreux journalistes savaient sûrement qu’un tel système existait et se trouvaient des sujets moins problématiques à traîter! Maintenant si des journalistes savent que des politiciens reçoivent ou ont reçu de l’argent comptant pour leur enrichissement personnel et bien qu’ils le disent. S’ils n’ont pas pas de preuves bétons mais qu’ils en sont persuadés, ils peuvent taire les noms mais dire que ce n’étaient pas que les fonctionnaires qui recevaient des enveloppes brunes, des politiciens aussi en recevaient. Cela mettrait de la pression sur le système et pourrait faire délier des langues. Puis pour ceux qui disent que cela entache toute la classe politique, les gens sont suffisamment intelligents pour faire la part des choses. Et plus il y aura de lumières sur ses magouilles et plus nous pourrons distinguer le bon grain.

Bonjour Me Legault. Votre papier soulève tellement de réponses que c’est presque impossible dans un commentaire d’y mettre toute la répugnance qu’un contribuable honnête peut mettre dans les mots pour laver cette société malade. Si les 80% des politiciens sont corrects c’est dire que le 20% restant sont des gens qui donnent la marche à suivre sans que personne n’ose contester leur décision. Donc la pourriture est en haut lieu. Tous( 20% ) doivent regarder dans le même sens dans le sens ou on ne voit rien. M. Mario Goyette pose la bonne question. Combien d’entrevues ai-je entendu avec les ministres libéraux ou on avait l’opportunité de poser les bonnes questions mais non on préfère faire semblant que les questions posées sont les bonnes. Quel est l’intérêt d’un Mario Dumont ancien politicien et commentateur maintenant de ne pas souvever la question de M. Goyette. Quelle hypocrisie et quelle complicité, quel aveuglement volontaire. L’autre affaire quel est l’intérêt d’un Jean Charest, d’un Couillard, d’un Fournier, d’un Bachand de vouloir continuer comme avant. Selon les dires de M. Fournier en fin de semaine en congrès à Laval » pourquoi changer une formule gagante au parti Libéral » faut le faire, la Comm. Charbonneau, lui ça ne l’énerve pas. Difficile d’approcher un politicien ministre car protégé, protégé par qui??? Quel est le but d’un ministre corrompu de vouloir le pouvoir à tout prix, il doit bien y avoir d’autres raisons que la limousine. Je crois au plus profond de moi même que ces politiciens véreux sont bien pires que les mafieux parce que eux on le sait qu’ils vivent du crime mais les politiciens qui en vivent mais avec l’argent du monde ça c’est grave. Je souhaite que la commission va en couincer quelques uns.

J’aime bien l’idée du recours collectif. Car nous contribuables Québécois avons été floues sur toute la ligne, même sur la piètre qualité des infrastructures si gracement payées. Me revient en mémoire le film de Denis Arcand, « Rejeanne Padovani ». Mais, ce n’était que de la fiction, non? Pas si sure, a la lumière de l’actualite…

La corruption et la collusion ont fleuri après la folie du déficit zéro. On a décimé les ministères où sévissent désormais la collusion et la corruption. Les anciens fonctionnaires ont été engagés par les firmes qu’ils avaient la tâche de surveiller autrefois.

Ce n’est pas moins de fonctionnaires mais plus de fonctionnaires, au provincial, qu’il faut à nouveau. Il faut un nombre suffisant de fonctionnaires compétents qui rejoueront le rôle qui était le leur alors que l’on avait l’intelligence de bien faire les choses. Même Lino Zambito a compris qu’avec le bon nombre de fonctionnaires à Québec cette magouille serait impossible.

Québec a voulu économiser et ce sont les Québécois qui désormais paient la note.

@ Serge Gingras (# 16):

Plus de fonctionnaires = plus de corruption.

D’ailleurs, je vous invite à lire ce petit bijou sur le sujet paru ce matin même:

http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/lysiane-gagnon/201210/24/01-4586708-double-trahison.php

Extrait:

« Or, quels sont les ingénieurs dont les noms sortent à la commission Charbonneau, et qui ont fraudé les contribuables de millions de dollars, et ce, impunément, pendant des décennies? Des ingénieurs à l’emploi de la Ville de Montréal.

Des ingénieurs du secteur public, des ingénieurs syndiqués, dotés d’une sécurité d’emploi en béton et de l’un des meilleurs régimes de retraite au Canada. Des gens qui ne travaillaient pas en vase clos, qui avaient des superviseurs, des collègues, des chefs syndicaux… Grimpez plus haut, Madame la Juge, vivement qu’on nous donne les noms des grands patrons et des élus qui savaient et qui ont fermé les yeux.

Remarquez, il aurait fallu se méfier d’emblée de ceux qui attribuaient aux fonctionnaires du ministère la palme de la vertu et de la compétence.

Ne sont-ce pas ces derniers qui avaient approuvé les devis et supervisé la construction des viaducs qui se sont effondrés à Laval? Ne sont-ce pas eux qui ont géré la construction et la réfection des routes cahoteuses qui sillonnent le Québec et qui ne sont même pas fichues d’afficher une signalisation intelligente? Ne sont-ce pas eux qui ont laissé les infrastructures municipales pourrir sur place sans lancer de signal d’alarme?

C’était à l’époque, justement, où le MTQ disposait de cette belle expertise interne. Compétence, mon oeil. Intégrité, mon oeil.

On ose prétendre que c’est la vétusté de nos infrastructures qui explique que nos conduites d’eau se brisent constamment et que les principales artères de Montréal soient devenues des zones inondables et des chantiers perpétuels. La vétusté? Laissez-moi rire. Montréal a 370 ans! Paris, Londres, Lisbonne, Athènes, ce sont des villes neuves?

Le climat, dites-vous? Rions encore. L’Ontario et le Vermont ont les mêmes hivers. Un lecteur qui a de la famille au Nouveau-Brunswick me dit que dès qu’il franchit la «frontière» des deux provinces, la voirie change du tout au tout. Nous voilà déclassés par la province la plus pauvre du Canada…

Comment se fait-il que les routes, dans les Alpes, le Jura ou les Pyrénées, soient impeccables? Elles endurent pourtant d’énormes écarts de température, et là aussi, il y a de la neige et du gel! En France, faut-il dire, on n’est pas assez bête pour octroyer les contrats au plus bas soumissionnaire. Les cahiers de charge sont exigeants et les devis, jugés en fonction de leur qualité. »

Et Vlan!!!

Pour contrer la collusion et la corruption dans le monde municipal et Provincial voici ce qu’il faut faire;; Une Loi provinciale qui INTERDIRAIT À UN élu de se présenter qu’une seule fois*****Donc jamais plus qu’un deuxième Mandat…

@ Jac (# 18):

Je vous ferai remarquer que ce sont également les fonctionnaires syndiqués qui sont corrompus…

J’ai également lu le billet de Mme Gagnon.

Peut-être que ce qu’elle écrit n’est pas faux. Toutefois, je vois très clairement une autre raison qui peut s’ajouter aux raisons qu’elle propose pour expliquer les problèmes avec nos infrastructures: la montée du néolibéralisme qui a édifié en religion la diminution, voire même l’abolition presque complète des taxes et des impôts.

L’idéologie néolibérale recherche par tous les moyens possibles le désengagement maximal de l’État. Mais cette idéologie n’est pas apparue du jour au lendemain.

Déjà au début des années 70, la fin des accords Bretton Woods pavait la voie à l’émergence du néolibéralisme et qui préfigurait l’arrivée au pouvoir de Margaret Tatcher puis celle de Ronald Reagan dont la philosophie économie affirmait que l’accroissement de la richesse dépendait de la diminution des taxes. Or aujourd’hui on met nettement en doute cette théorie loufoque. Le mouvement « occupy » et l’identification des « 1% » en sont la preuve concrète.

Ainsi, à cause de l’air du temps qui soutenait le néolibéralisme, l’État a ni plus ni moins abdiqué de ses responsabilités particulièrement envers les moins bien nantis. Mme Gagnon aura beau dire ce qu’elle veut mais à partir de cette époque de l’arrivée du néolibéralisme, les écoles, les universités, les hôpitaux, les routes, les ponts, etc. etc. ont cessé d’être correctement entretenus car les gouvernements n’en avaient plus les moyens car exangues. Pour pouvoir baisser les taxes on devait couper. Et on coupa. Mais les répercussions de telles coupures ne se voient pas toujours immédiatement. Mais voila qu’après quelques décennies on en voit les résultats.

Évidemment en y ajoutant l’effet de la corruption et de la collusion, on aboutit à la catastrophe que nous vivons présentement.

Alors permettez-moi de douter du raisonnement, pas nécessairement faux, mais excessivement simpliste et volontairement réductionniste de Mme Gagnon et de ceux qui tiennent sa pensée néolibérale comme une vérité de la bible.

«La Bible n’est-elle pas l’un des premiers almanachs visant à manipuler les masses : elle est bourrée de truismes qui réconfortent les simples d’esprits en mal de directives.»
[Marc Gendron]