Le Tea Parti québécois

Certains partisans de la Charte dénoncent la «désaffiliation identitaire» de Montréal envers le reste du Québec.

Photo: Duncan Walker/Getty Images
Photo: Duncan Walker/Getty Images

Dans la controverse déchirante que le Parti québécois a lancée avec sa proposition de «Charte des valeurs québécoises», plusieurs ont noté l’opposition qui se dessine entre Montréal et les régions.

Certains partisans de la Charte s’en étonnent ou s’en désolent, dénonçant la «désaffiliation identitaire» de Montréal envers le reste du Québec, ou encore la «confiscation du débat» par une certaine «élite cosmopolite».

Or le clivage urbain/rural qu’on observe dans le présent débat n’est ni nouveau, ni exceptionnel, ni spécifique au Québec. Moins exposées à la diversité socioculturelle, les régions rurales ont typiquement des réflexes plus méfiants et conservateurs face à celle-ci. Plus exposées à l’hétérogénéité, les villes embrassent quant à elles des positions plus progressistes, notamment au plan identitaire.

Le bipartisme américain fournit d’excellents exemples de cette réalité probablement universelle.

Aux États-Unis, le parti Républicain se présente habituellement comme le parti «patriotique», défenseur de l’identité et des «valeurs». Ce sont les conservateurs Républicains qui proposent des mesures qui discriminent envers les droits politiques des minorités, qui s’insurgent contre la traduction de leur hymne national, qui s’opposent à la naturalisation des immigrants illégaux, qui alimentent l’islamophobie, qui militent pour une loi qui établisse l’anglais comme «langue nationale» et qui soutiennent généralement les politiques identitaires xénophobes ou discriminatoires.

En contraste, le parti Démocrate — et son président métissé, fils d’un Kenyan musulman — est celui de la diversité progressiste. Les Démocrates rejettent les mesures conservatrices ou xénophobes des Républicains et militent pour une société pluraliste et ouverte, très éloignée des fantasmes homogènes, «patrimoniaux» et rétrécissants du parti Républicain.

Les appuis aux partis Démocrate et Républicain sont-ils également répartis aux plans géographique et démographique? Pas du tout. Aux États-Unis comme ici, les Démocrates progressistes ont l’avantage dans les zones plus urbaines, et les Républicains conservateurs ont la faveur des régions rurales.

La règle vaut même à l’intérieur des États les plus Républicains. Ainsi au Texas (57% d’appuis à Romney à la dernière élection), les villes de Dallas et Houston ont toutes deux majoritairement voté pour Obama. Même chose pour la Georgie (53% d’appuis pour Romney) dont la ville d’Atlanta a fortement soutenu Obama, ou au Tennessee (près de 60% pour Romney), dont les villes de Nashville et Memphis votent Démocrate à 60%. On pourrait donner des exemples sans fin.

Est-ce à dire que toutes ces villes, et leurs électeurs, se «désaffilient identitairement» du reste des États-Unis? Évidemment pas. Les villes américaines — typiquement Démocrates — contribuent autant (sinon plus) à l’identité de leur pays que ses régions rurales, typiquement Républicaines. Les régions rurales — ici comme ailleurs — sont simplement un terreau plus fertile pour les politiques conservatrices, surtout quand celles-ci touchent les questions identitaires ou de «valeurs».

Cette opposition bien connue est d’ailleurs régulièrement exploitée par les politiciens populistes, notamment ceux du Tea Party (la base la plus conservatrice et populiste du parti Républicain) qui aiment dresser les «vrais patriotes» des régions contre les «élites» de la ville. Sarah Palin, chouchou de cette clique, était experte en la matière, expliquant notamment qu’elle préférait les petites villes «pro-Américaines» aux grandes villes, implicitement accusées de trahison nationale.

Au-delà de ce clivage prévisible entre la ville et la région, la rhétorique même de plusieurs partisans québécois de la Charte des valeurs (à l’exception des laïcs fermés) — «Il faut se tenir debout!» , «Il faut stopper l’invasion!» , «Il faut affirmer notre identité historique!» — rappelle fort celle des militants du Tea Party, qui appellent notamment à «reprendre Notre pays», qui considèrent «tous les musulmans comme une menace» et qui se réclament de la «majorité silencieuse … pour revenir aux principes fondateurs». Prévisiblement, le Tea Party s’attaque lui aussi à «l’élite dirigeante».

Face à la diversité croissante de leurs sociétés respectives, les partisans conservateurs de la «Charte des valeurs québécoises» partagent ainsi avec le Tea Party une volonté d’exclure ou d’assimiler le plus possible les nouvelles minorités culturelles, et le désir d’imposer une «identité nationale» homogène et uniforme, inspirée d’un âge d’or révolu. Pour le Tea Party, comme pour le Parti québécois, «l’identité nationale» est fixe et ne tolère pas l’expression de nouvelles croyances minoritaires étrangères au « Nous » de la majorité ethnique.

Évidemment, considérés dans leur ensemble, il existe de grandes différences entre le Tea Party et le Parti québécois. (Avis aux péquistes grimpés dans les rideaux: relisez calmement la dernière phrase.) Au plan économique, le Tea Party est plus ou moins libertarien, alors que le PQ est essentiellement de centre-gauche. Le Tea Party aime les armes et le PQ les déteste. Et certains gouvernements du PQ ont accompli de grandes choses pour le Québec, alors que le Tea Party ne risque pas d’altérer sérieusement le cours de l’histoire américaine.

Cela dit — et pour le plus grand malheur de certains de ses partisans les plus convaincus — le Parti québécois et le Tea Party ont tous deux opté pour la même réponse populiste et xénophobe à la diversité croissante de leurs sociétés respectives. Et pour cela les discours officiels du gouvernement et des idéologues de la laïcité fermée ne sont d’aucune utilité: ce sont les lignes ouvertes qui donnent la véritable mesure de la nature profonde et du soutien populaire à cette Charte de la honte.

Si l’on en croit les sondages, le pari de la xénophobie populiste pourrait bien servir le Parti québécois au plan électoral. Le jugement de l’Histoire, lui, ne sera peut-être pas aussi favorable.

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21 commentaires
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Sans vouloir être irrespectueux, nous remarquons tout de même aux États Unis qu’il y a une très forte corrélation entre le nombre de vaches au pied carré et le vote républicain.

Ce qui est attristant c’est la courte mémoire des Québécois en regard des dangers de l’assimilation (ou de l’intégration extrême à la collectivité majoritaire). Le nationalisme québécois s’est développé largement en réponse à la volonté d’assimilation des Canadiens-français manifestée par la communauté anglophone pendant longtemps. La Révolution Tranquille, certains épisodes de violence ont été les réponses des Québécois à cette démarche. Peut-on imaginer une réaction différente de ceux à qui l’on s’apprête à demander à renoncer à leur appartenance religieuse après qu’ils aient dû tout laisser derrière eux pour s’adapter et développer leur québécitude? Avec le temps, leurs histoires, personnelles, familiales et communautaires vont se fondre dans celle du Québec et c’est très bien. Pour assurer la santé d’une identité québécoise forte, diversifiée, multicolore dans une société hautement laïcisée, ne vaudrait-il pas mieux oublier cette idée de vouloir les forcer à gommer le dernier bastion de leur différence?

La politique doctrinaire anglo-muticulturaliste rocanadian tolère le dénigrement haineux à tout vent de la société québécoise étant reconnue universellement comme l’une des plus accueillantes, tolérantes et ouvertes sur le monde.Mais où donc se trouvent-ils les xénophobes ? Soit dit en passant, on brime la liberté individuelle de certains de mes collègues de travail très fidèles dans la fonction publique du gouvernement central du Rocanada à (TorOttawa) en leur interdisant dans le cadre de leurs fonctions le port du béret sacré de Che Guevara orné d’un macaron de l’International socialisme…deux poids deux mesures ?

Le spin qu’on essaie de nous faire avaler à l’effet que les Montréalais seraient contre la charte alors que les « ruraux » seraient contre et que ce serait dû au fait que les colons de province ne sont tout simplement pas en contact quotidient avec cette incroyable richesse que l’immigration, ne tient par à l’analyse

Le dernier sondage nous apprend que 55% des MONTRÉALAIS FRANCOPHONES sont en faveur de la charte! C’est le plus haut score au Québec! C’est en totale contradiction avec le spin!

Si au total, Montréal parait plus faible et semble opposée à la charte, c’est parce que les anglos et allos détestent tellement le PQ qu’ils s’opposent à tout ce que le PQ propose (le PQ proposerait de réduire les impots qu’ils seraient contre).

http://www.journaldemontreal.com/2013/09/15/divisions-profondes

Le Tea party se démarque par la place démesurée qu’il accorde aux libertés individuelles au détriment des droits collectifs. Dans ce débat, l’axe PLQ/QS me semble pas mal plus près de leur pensée. En fait, ce qui est honteux, c’est d’assimiler laïcité et intolérance; de défendre le port du voile dans toutes les circonstances aux dépens des musulmanes qui se battent contre ce symbole d’oppression; et de laisser entendre que les Québécois issus de minorités religieuses sont tous des fanatiques incapables de comprendre le concept et l’importance de la séparation de l’Église et de l’État.

Cette tentative de faire du « copier-coller » avec la politique des États-Unis est tellement mal inspirée. Le Tea Party Américain obtient son héritage du mouvement religieux évangélique, l’histoire de l’esclavage, de la ségrégation raciale, la lutte entre les très riches et le très pauvres, des problèmes d’immigration avec le Mexique, des chances inéquitables entre les groupes raciaux, une politique utopique axée sur le laisser-faire et la non-intervention de l’État extrême en économie et en santé par exemple (idéologie liée au « Liberatarian movement »). Par contratre, le Québec est une minorité dans l’ensemble du Nord de l’Amérique, avec un héritage de la France (aujourd’hui encore plus séculaire que nous et pas plus raciste pour autant), qui a connu l’oppression de l’Église Catholique (oppression que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connu et alimente leur croyance que toutes religions soient par nature inoffensive), est progressivement en déclin numérique et linguistique, qui ne partage pas les mêmes valeurs que le Canada Anglais (qui est plutôt renfermé sur lui-même en raison de son immersion géographique et culturelle totale avec d’autres Anglo-Saxons: Canada, É-U et Angleterre). La comparaison ne s’applique aucunement.

Ce qui me frappe dans ce texte c’est la désinformation médiatique. Nous en avons ici un exemple de premier ordre. Très décevant de la part d’un magazine comme l’Actualité. Lussier cherche à se faire du capital journalistique. Il aurait pu nous sortir une analyse exhaustive de la grande discussion sociale à laquelle nous assistons. Mais, je ne pense pas qu’on lui aurait donné un « front ». Alors, pourquoi ne pas foncer vers le journalisme « cheap ». C’est facile, on peut dire n’importe quoi, il suffit de choquer. Si on manque d’idée, on peut aller consulter ces radios qu’on dit poubelle. Pourquoi ne pas faire un blogue-poubelle, comme ça on se souviendra de moi. Pensons à ce cher Jeff Fillion, quand même, qu’on le veuille où non son nom est fait. Mais, nous sommes à l’Actualité et non à Radio-X, un peu de rigueur. On va donc étayer le propos avec toutes sortes de liens, plus ou moins sérieux, issue la plupart du temps du même désir journalistique d’illustrer l’auteur avant le sujet, on ajoute un titre qui « punch » et l’affaire est dans le sac. Cela aura l’air de quelque chose de sérieux, de réfléchis et la rédaction va suivre. Démagogie journalistique et désinformation, Shame on you Lussier et l’Actualité !

Pourquoi, « l’identité nationale » tolérerait-elle l’expression de nouvelles croyances minoritaires étrangères dans l’espace publique alors que la croyance religieuse « catholique » des « de souche », dit « des régions », dit « des colons », dit « des incultes incapables de penser » a été banni depuis bel lurette de l’espace publique. (Sois dit en passant c’est très bien comme cela). Alors pourquoi deux poids deux mesures.
J’en ai mare de la « rhétorique » des Montréalais qui ne cessent de s’affubler le titre « d’élite cosmopolithe » comme s’ils étaient supérieurs au reste des Québécois de la province et qu’ils possédaient la science infuse.
Si la majorité des Montréalais sont contre cette charte des valeurs, c’est que la majorité sont d’ailleurs. Je serais bien curieuse de savoir il reste combien de Montréalais dit « de souche » dans cette ville multietchnique.

Attention l’ultra médiatisation possède de forte tendance à faire flotter des paquebots dans une baignoire. Je comprend l’amertume ou la colère que des propos mal avisés peuvent entrainés, mais svp évitons de mettre tout le monde dans le même sac dixit »la rhétorique des mnontréalais… s’afubler le titre d’élite cosmopolite ». Aujourd’hui je vis à Montréal, c’est un endroit agréable à vivre. J’ai aussi vécu sur une terre (culture et élevage varié) et c’était très agtréable aussi. Les réalités y sont différentes. Je ne me sens pas pour autant différent à titre de Québécois. Quelques zélotes cherchent à créer la zizanie, à nous diviser à partir de nos choix de vie et de philosophie respectifs. Pour quelles raisons… je ne saurais le dire. Occupés que nous sommes par ces échanges, peut-être sommes nous aveugles à ce qui se trame dans les coulisses… ou aux véritables enjeux.

Quant à savoir d’où viennent les montréalais (plusieurs comme moi sont issus des régions) Il en reste probablement davantage qu’on ne le laisse croire via les médias et les blogues. Selon statistique Canada données 2011 Région montréal métropolitain : 63,3% de francophone (tous de souche, cela n’est pas précisé), 22% autres langues, 11,6% anglophone alors que pour l’ile de Montréal ce serait 49%-33.7% et 17
.4%

pour plus d’info : http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/as-sa/fogs-spg/Facts-cma-fra.cfm?LANG=Fra&GK=CMA&GC=462 et
http://www.axl.cefan.ulaval.ca/amnord/Quebec-2demo.htm

chere Céline

vous m’arrachez les mots de la bouche.

Pour ce qui est des Montréalais de souche québécoise, ben ca fait plusieurs années qu’ils sont tombés sous la barre des 50% sur l’ile. Les stats fournies par l’autre intervenant réfèrent à l’agglomération de 4 millions d’habitants, et non à l’ile de 2 millions.

Véritable charabia cet article. Fausse dichotomie entre les pro « multiculturalisme » et les « tea party québécois » comme si rien ne pouvait exister entre les deux extrêmes. Cette tentative de faire du « copier-coller » avec la politique des États-Unis est tellement mal inspirée. Le Tea Party Américain obtient son héritage du mouvement religieux évangélique, l’histoire de l’esclavage, de la ségrégation raciale, la lutte entre les très riches et le très pauvres, des problèmes d’immigration avec le Mexique, des chances inéquitables entre les groupes raciaux, une politique utopique axée sur le laisser-faire et la non-intervention de l’État extrême en économie et en santé par exemple (idéologie liée au « Liberatarian movement »). Par contratre, le Québec est une minorité dans l’ensemble du Nord de l’Amérique, avec un héritage de la France (aujourd’hui encore plus séculaire que nous et pas plus raciste pour autant), qui a connu l’oppression de l’Église Catholique (oppression que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connu et alimente leur croyance que toutes religions soient par nature inoffensive), est progressivement en déclin numérique et linguistique, qui ne partage pas les mêmes valeurs que le Canada Anglais (qui est plutôt renfermé sur lui-même en raison de son immersion géographique et culturelle totale avec d’autres Anglo-Saxons: Canada, É-U et Angleterre). La comparaison ne s’applique aucunement.
Le Canada Anglais, contrairement à l’Europe et les É-U n’a pas encore connu les crises propres à l’immigration et n’a pas encore la notion qu’un jour il devra imposer une identité Canadienne comme d’autres pays en Europe ont déjà fait (Angleterre, France, Belgique, Turquie). Un jour, notre jeune pays bien naïf devra grandir comme les autres et réaliser que d’établir des sociétés en silos (Chinatown, HinduTown, LittleItaly, Latin Quarter et des quartier clôturés pour les riches blancs) est une combinaison parfaite pour reproduire le modèle Américain remplit de conflits et d’éniquités raciales. Sans un modèle du citoyens Québécois moderne, on se dirigera vers n’importe quoi.

Une autre solution pour les Musulmanes qui ne veulent pas montrer leurs cheveux afin de ne point attirer et/ou attiser le désir des hommes cupides : Faites vous raser ! Vous allez économiser sur l’entretient des cheveux et sur les voiles de tête. Il y a plusieurs hommes qui le font déjà, exemple…M. Chevrette.

Un autre épineux problème de réglé…au suivant !

Ouais Monsieur ,comme xénophobe,il est plutôt difficile de vous arriver à la cheville.Votre analyse plutôt biaisée du sujet montre à quel point lorsque l’on veut avoir raison ou faire passer ses idées ,le proverbe suivant se justifie «la fin justifie les moyens»

Tout se joue dans la perception. On veut que tous les gens qui ont encore une identité religieuse forte et qui y tiennent mordicus, sont en danger de la perdre avec cette charte. C’est faux et archi-faux.
L’espace public oui, mais celui de l’état, pas la place publique…

« L’identité nationale » est le thème porteur des partis populistes d’extrême droite qui font progresser la préfascisation en Europe. N’importez pas celle-ci au Québec avec cette charte duplessienne. Le PQ n’a rien à gagner à embarquer dans la galère du FN des Le Pen, si ce n’est quelques voix qu’il aura grapillées en perdant son âme.
Un républicain (1789), laïque (1905), internationaliste (1917) et toujours vivant (2013)

Dans mon entourage, qui se situe majoritairement en région, le clivage se fait beaucoup plus entre les générations. En effet, les plus jeunes semblent plus ouverts aux différentes cultures que les plus âgés.

Encore la propagande multiculturaliste trudeauiste qui nous dit:
« Ouvrez-vous et fermez-la. »
« Acceuillez les identités et oubliez la vôtre. »
Nous répondons: « Fk off. »

Oui, c’est la maladie de l’État-Nation qui est en jeux ici maintenant. Malgré que le PQ représente un révolte contre le Nation-État anglo-saxon de Canada, cet proposition nationaliste offre la même chose pour le Québec mais au nom d’un Québec français, qui n’est pas tout à fait Français. Les Québécois-es sont un nouvelle Nation qui sont les descendants des deux Nation, français et autochtones, mais oublie cela, c’est ne compte pas. Alors on arrive avec les minorités nationales qui sont traité comme les Québécois ils-elles sont! abraham Weizfeld B.Sc., M.A., doctorant l’UQAM