Le temps du Parti vert du Canada est-il arrivé ?

En entrevue à Esprit politique, le chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green, affirme que son parti est « prêt à gouverner ». Et à renverser un éventuel gouvernement conservateur minoritaire le 21 octobre prochain.

Photo originale : La Presse canadienne

Le chef adjoint du Parti vert du Canada estime que les prochaines élections fédérales, cet automne, permettront à sa formation de faire une grande percée. « C’est notre temps, il est arrivé. Il faut des voix vertes dans nos parlements. Le contexte l’exige », affirme Daniel Green en entrevue.

Gonflé d’ambitions par l’arrivée à Ottawa d’un deuxième député vert sur la scène fédérale, Paul Manly, victorieux le 6 mai dernier lors de l’élection partielle dans Nanaimo-Ladysmith, dans l’île de Vancouver — la circonscription voisine de celle de la chef Elizabeth May —, et par la bonne performance du Parti vert de l’Île-du-Prince-Édouard, devenu l’opposition officielle, Daniel Green affirme que son parti est « prêt à gouverner ».

« Est-ce qu’on est prêts à gouverner, fit to govern, en anglais ? Je pense qu’on a montré, avec la maturité de nos candidats, que oui. Notre chef parlementaire, Elizabeth May, qui est l’une des doyennes de notre système parlementaire, sait comment ça fonctionne. L’électorat canadien commence à voir que voter pour un vert n’est pas un vote futile, que ce n’est pas un vote perdu et que les députés verts vont faire le travail », dit-il au micro de Marie-France Bazzo dans le balado de L’actualité, Esprit politique.

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Forts de 17 élus au pays, que ce soit dans les provinces ou à Ottawa — un record —, les verts souhaitent que les prochaines élections fédérales engendrent un gouvernement minoritaire, qu’il soit libéral ou conservateur, afin de détenir la balance du pouvoir. « L’électorat canadien veut qu’on travaille ensemble. Une façon d’y parvenir serait de le faire dans une coalition au pouvoir. Alors, restez à l’écoute ! On sera plus en mesure de le savoir après le 21 octobre », affirme Daniel Green.

La montée des verts et la division du vote de gauche entre plusieurs partis pourraient toutefois favoriser le Parti conservateur d’Andrew Scheer, qui pourrait ainsi espérer remporter plus facilement une majorité de sièges. N’est-ce pas un risque ?

« Il y a toujours ce danger, reconnaît Daniel Green. Mais on croit qu’on va faire face à un gouvernement conservateur minoritaire ou à un gouvernement libéral minoritaire. »

Si la droite s’installe au pouvoir de manière minoritaire, le chef adjoint du Parti vert du Canada n’exclut pas que sa formation puisse solliciter les autres partis pour renverser le nouveau gouvernement conservateur et ainsi former un gouvernement de coalition avec le Parti libéral et le NPD. « Si, en fonction des votes et du nombre de sièges — on fait de la fiction politique ici —, il y a un gouvernement conservateur minoritaire au pouvoir qui veut des pipelines partout, il est possible, avec des négociations serrées, qu’on fasse un gouvernement de coalition avec les forces progressistes du pays », dit-il.

À l’échelle du pays, le Parti vert du Canada (PVC) vise 12 élus le 21 octobre prochain. « On vise minimum 12 députés au pays, pour être un parti reconnu à la Chambre des communes », affirme Daniel Green, 63 ans, militant écologiste de carrière. « On vise la Colombie-Britannique, un peu en Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Et mon rêve serait d’avoir des élus au Québec. »

Daniel Green a obtenu 12,5 % des votes lors de l’élection partielle dans Outremont, en février dernier, terminant troisième, devant le Bloc québécois, mais derrière le NPD et le Parti libéral du Canada, qui a remporté cette circonscription détenue jusqu’à récemment par Thomas Mulcair. Green affirme qu’il s’y présentera de nouveau en octobre. « C’est une circonscription très libérale, malgré l’excursion avec le NPD. Ce serait une révolution d’avoir un vert dans Outremont. Ça enverrait un message très fort. C’est une population instruite, très à l’aise, mais il y a aussi de la pauvreté, car la circonscription est grande. C’est un microcosme du Canada et du Québec. Je ferais un excellent député d’Outremont ! »

Y aura-t-il des candidats-vedettes sur les rangs pour le PVC au Québec ? Le parti récolte entre 9 % et 11 % des intentions de vote dans la province actuellement, mais n’est projeté comme favori dans aucune circonscription, selon le spécialiste Philippe J. Fournier, de QC125, et collaborateur à L’actualité. « Ça dépend de votre définition de vedette, répond Daniel Green. On va avoir des candidats connus qui vont se présenter, c’est important pour nous. On cherche des candidats qui ont une expérience d’activiste, que ce soit artistique, économique ou écologiste. »

Quel programme offre le Parti vert du Canada ?

Au-delà du nom du parti et du volet environnemental de la formation, que peut offrir le Parti vert aux électeurs ? Quel est le programme des verts ?

« On n’est pas à droite, pas à gauche, mais devant ! Bon, je sais que c’est seulement un slogan », dit Daniel Green, qui ajoute : « On propose le revenu minimum garanti pour se débarrasser de la pauvreté au pays d’ici 20 ans. On est un pays riche, on ne devrait pas avoir de pauvres au Canada. On a un programme sur 20 ou 25 ans pour ça. On veut améliorer le programme d’assurance-médicaments partout au pays. Au Québec, il est bien, mais il pourrait être amélioré. On veut regrouper l’achat des médicaments pour faire baisser les prix. La réduction des gaz à effet de serre est un gros volet de notre programme. On veut arrêter les subventions aux industries fossiles et interdire la fracturation hydraulique dans tout le pays. On veut améliorer le réseau électrique canadien est-ouest. Il faut agir pour contrer la crise climatique. »

Quelle est la position du parti sur l’indépendance du Québec ? a demandé Marie-France Bazzo pendant l’entrevue.

« On est d’accord avec l’autodétermination des peuples. Si les gens du Québec décident, lors d’un référendum, d’opter pour la séparation, on va respecter ça. C’est une question de démocratie populaire. Le Parti vert préfère que le Québec reste dans le Canada, mais si le Québec décide de quitter le pays avec une majorité claire, on va s’en remettre au choix de la majorité », explique le chef adjoint du Parti vert du Canada.

Et le port de signes religieux par les employés de l’État en position d’autorité, tel que débattu au Québec ?

« On est pour la liberté religieuse concernant le port de signes ostentatoires, dit Daniel Green. L’important n’est pas sur la tête de quelqu’un, mais dans la tête de quelqu’un. Par contre, le Parti vert croit à l’État laïque. On doit s’assurer qu’avec des accommodements raisonnables les gens pourront exprimer leur choix religieux, tout en comprenant que leur fonction doit être neutre. »

***

Pour entendre l’intégrale de l’entrevue, ainsi que nos analyses politiques sur les autres sujets chauds (projet de loi 21 sur la laïcité, étude pour étendre le trajet du REM, écart dans les sondages concernant l’avance du Parti conservateur, etc.), écoutez notre balado. Et si vous aimez nos balados, n’hésitez pas à vous abonner au magazine, car c’est ce qui permet de financer la création de contenus audio de qualité.

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2 commentaires
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Ça sent la jovialité a plein nez ! Dire qu’ on est prêt a gouverner est une chose mais avoir la capacité de gouverner immédiatement avec 12 députés c’ est extraordinaire ! L’ optimiste à son meilleur!

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Les Jeunes Verts du Canada, fonde en 2006, est le chapitre jeunesse du Parti vert du Canada. Les Jeunes Verts aident a diffuser les idees vertes en fondant des clubs sur les campus universitaires. Il existe 15 clubs Verts.

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