Le tremblement de terre

C’est une élection de réalignement. Québec solidaire prend du galon et la Coalition Avenir Québec s’installe confortablement au pouvoir. Ni la CAQ ni QS ne sont des accidents de parcours. Ils sont portés par des courants de fond à l’œuvre au Québec et ailleurs.

Photo : La Presse canadienne

« Quand ça cogne, ça cogne fort », me disait un organisateur péquiste récemment, en parlant de la volonté de changement qui pouvait s’exprimer le soir des élections. Il ne croyait pas si bien dire. Un vrai tremblement de terre.

Et la secousse a malmené les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis 1970. Le Parti libéral et le Parti québécois, ensemble, ont récolté près de 42 % des voix. La majorité des électeurs leur ont tourné le dos. Résultats : pires défaites du PLQ et du PQ de leur histoire en pourcentage du vote.

Le PLQ a perdu trois circonscriptions sur les cinq de son bastion de l’Outaouais. L’aspirant chef Pierre Moreau a mordu la poussière dans Châteauguay. C’est la première fois depuis l’Union nationale, en 1966, qu’un parti majoritaire n’obtient pas un deuxième mandat. Visiblement, à la lumière des résultats, les électeurs libéraux, insatisfaits, sont restés à la maison.

Le PQ, né à Montréal, n’y a plus de députés. Chicoutimi, seule circonscription péquiste depuis 1973, est tombée aux mains de la CAQ. La formation péquiste n’est plus un parti reconnu officiellement à l’Assemblée nationale.

L’Assemblée nationale ressemble maintenant au Canadien de Montréal, au hockey. Les deux partis qui fêtaient hier soir se débrouillent bien à droite et à gauche, ce qui laisse un trou au centre… de l’échiquier politique. Il faudra, comme pour nos Glorieux, une solide reconstruction au PQ et au PLQ avant d’aspirer de nouveau à la coupe.

C’est une élection de réalignement. Québec solidaire prend du galon et la Coalition Avenir Québec s’installe confortablement au pouvoir. QS sort de ses bastions de Montréal. La CAQ a gagné partout, y compris à Montréal et dans les régions ressources où l’ADQ n’avait même jamais espéré l’emporter à l’époque.

Ni la CAQ ni QS ne sont des accidents de parcours.

Ils sont portés par des courants de fond à l’œuvre au Québec et ailleurs.

Au Québec, la réflexion de l’électorat sur l’offre politique est en cours depuis un moment déjà, ce qu’avaient flairé QS en 2006 et la CAQ en 2011, en offrant de nouvelles voies à la population.

Même s’il reste encore entre 32 % et 40 % de souverainistes, selon les sondages, l’indépendance n’est plus un déterminant aussi important dans le vote de bien des Québécois — QS ne l’avouera pas, mais la formation est davantage perçue comme un parti de gauche que comme un parti souverainiste.

L’absence de la question nationale du devant de la scène pour la première fois en près de 50 ans a certainement contribué à libérer nombre d’électeurs de leur fidélité. L’axe gauche-droite, bien visible dans les résultats électoraux, vient peut-être de prendre sa place dans le débat —, même si je parie un gros deux dollars en papier que la CAQ risque de gouverner davantage au centre.

Le nationalisme de la CAQ, que le parti veut mettre en pratique au sein du Canada, semble coller au cheminement de bien des Québécois depuis quelques années.

Il y a du mouvement. Les loyautés s’effritent. C’est la première fois de l’histoire du Québec que trois partis différents l’emportent lors de trois élections générales consécutives. Les citoyens magasinent plus que jamais leur parti.

Ce vent de changement, une véritable bourrasque, ne souffle toutefois pas qu’au Québec. Trudeau en 2015. Trump en 2016. Macron en 2017. Ford en 2018. Legault en 2018. Kenney en 2019 ?

Il y a une soif de la part des électeurs d’essayer autre chose, d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs, de secouer le cocotier des élus et des partis traditionnels. Une recherche de nouveaux repères dans un monde qui change rapidement.

N’empêche, François Legault peut dire mission accomplie : il a fondé un parti à la sueur de son front, avec l’aide de ses partenaires de la première heure, Martin Koskinen et Brigitte Legault, qui sont encore à ses côtés. Il a encaissé deux défaites, s’est accroché contre vents et marées, et a duré. Il y a peut-être une prime pour ceux qui s’accrochent.

Il peut savourer sa victoire décisive, mais il doit également prendre note de cette absence de fidélité des électeurs. La lune de miel pourrait ne pas durer. Pendant la campagne, on n’a pas senti un amour débridé pour Legault et la CAQ. En fait foi le faible taux de participation (près de 66 %). Si on exclut l’exécrable 57,4 % de 2008, probablement influencé par la tempête de neige et l’accumulation électorale — le fédéral était passé juste avant —, il faut remonter à 1927 pour trouver un taux de participation plus faible, à 56,4 %, et à l’époque, les femmes n’avaient pas encore le droit de vote !

Les Québécois accordent à François Legault tous les leviers du pouvoir, mais vont néanmoins le surveiller de près durant les quatre prochaines années. À lui de montrer qu’il est à la hauteur des attentes.

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Autre bonne nouvelle : ceux qui nous casse les oreilles avec
la soi-disant prime à l’urne ‘nécessairement libéral’, avec les
jeunes qui ne vont pas voter, ou avec la soi-disant préférence
inconsciente des électeurs pour le statut quo (l’idée que les
électeurs qui cherchent un changement, cherchent un
changement qui n’en est pas un) vont se taire pour un bout
de temps… La prime à l’urne a été à la CAQ, les jeunes sont
sortis voter pour QS, et les électeurs ont tellement voté
pour le changement qu’ils ont foutu une dégelé aux deux
partis traditionnels… WOW !

La société actuelle est une société des interdictions et il faudrait réaligner vers une option mondiale ou choix des besoins .

« Les deux partis qui fêtaient hier soir se débrouillent bien à droite et à gauche ». Cette manie des chroniqueurs de mettre dos à dos les deux formations est franchement exaspérante. QS n’est pas un parti de gauche, c’est un parti d’extrême-gauche! Rien à voir avec la sociale-démocratie, quand un parti veut s’abroger le droit de gérer les deux-tiers de votre CELI, on n’est plus dans la gauche traditionnelle. Et cette lecture à voir dans QS un parti de gauche fait en sorte que tous les autres partis qui semblent un peu plus décalé de QS deviennent des partis de… droite. Misère! Posons une question simple, pensez-vous qu’un Ronald Reagan aurait dit : « je veux prendre le fond de pension des québécois pour conserver dans mon pays un vendeur de poulets BBQ et un marchand de clou… » Je vous donne la réponse, NON! Tans et aussi longtemps que nos chroniqueurs auront une lecture romantique de QS, notre boussole idéologique sera faussée et risque de nous faire faire une mauvaise lecture de l’offre politique.

Évidemment, il faudra que nos valeureux journalistes commencent à analyser le programme de ce parti en détail et posent des questions précises sur leurs solutions insensées!

Citation: Un tiers des sommes investies dans le CELI HD seraient gérées par les institutions financières choisies par l’épargnant, comme c’est le cas actuellement, explique-t-on. Un autre tiers serait confié à la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui [investirait] dans des projets favorisant la transition vers des énergies durables. Le dernier tiers serait géré par Transition énergétique Québec qui [proposerait] des prêts pour certains types de rénovation résidentielle.» IL FAUT VRAIMENT VOULOIR AVOIR PEUR POUR TORDRE LA RÉALITÉ À CE POINT !! J’INVESTIRAI COMME J’INVESTIS DANS LE CAPITAL RÉGIONAL DESJARDINS !

Une dame avait dit à Legault que les immigrants «nous effacent» [sic]. Eh bien, ce matin c’est la CAQ même qui s’est effacée de son site web…

Ahurissant le discours de P. Couillard hier soir. À l’entendre, ni lui ni son gouvernement n’auraient jamais rien fait de tant soit peu ‘pas correct’ leur méritant ce qui leur est arrivé. L’État, grâce à lui et à eux, serait «en ordre», en effet, comme il ne l’a jamais été et pour longtemps!

Dommage que cet homme, si sûr d’avoir (eu) toujours et encore raison sur tout, tout le temps, même désavoué, s’avère inexorablement incapable de voir et reconnaître que nombre de personnes humaines, elles, ne le sont plus guère «en ordre», bien portantes, après ses coupes sauvages injustifiées, qui, pour la plupart, eussent pu être échelonnées sur une décennie, plutôt qu’effectuées en une couple d’années seulement. Impulsivité typique d’enfance ou de puérilité, pas de sexagénaire censément mature et rationnel.
Mais, que voulez-vous, un chirurgien, ça coupe, ça saigne. Et lui, apparemment, ne pouvait s’imaginer qu’une communauté humaine puisse être «administrée» autrement.

Effectivement! Au moins quand un chirurgien opère, le patient est anesthésié! Là, les coupes c’était au vif et bien des familles et surtout des patients (mot juste pour décrire le bordel médical) en ont payé le prix.

Tout à fait, monsieur Beaulé! Et c’est de voir le front de « beux » de Couillard, qui osait jeter la responsabilité des mesures d’austérité de Martin Coîteux sur le soi-disant déficit que lui aurait laissé l’éphémère gouvernement – très minoritaire – de Pauline Marois, lui qui ne pouvait à peu près pas bouger, sous peine d’être renversé par l’opposition libéralo-caquiste! Ce n’est quand même pas en 18 mois qu’un gouvernement pourrait passer d’un surplus budgétaire à un déficit de plusieurs milliards de dollars! Il aura été de mauvaise foi jusqu’au bout.

Oui Monsieur Couillard est une personne qui démontre aucune sympathie, un homme froid. Je me souviens de son passage auprès de Madame Galipeau qui la questionnait sur le mal qu’il avait fait à la population et son seul réflexe de répéter à répétition c’est qu’il fallait le faire. Il aurait pu démontrer beaucoup plus de sentiments. Bonne vacance M. Couillard

Ah…vous croyez que Monsieur Couillard a « coupé » dans les dépenses bien que cette affirmation tient de la légende urbaine?

Attendez de voir ce que Legault vous réserve car le programme de la CAQ promet des coupures, mais de VRAIES coupures, qui feront mal. Très mal! . Pas des vues de l’esprit.

Austérité de Couillard: https://www.journaldemontreal.com/2017/11/24/ces-austeres-hausses-de-depenses

Extrait: « Suivant cette logique, une hausse de 10 milliards représente l’austérité. Un carnage dans nos services ! Je décroche. Qu’on me dise que certains choix budgétaires en période de redressement ont pu faire mal, j’accepte. Qu’on me dise que c’est de l’austérité, je pars à rire ! »

Beaucoup de gens espéraient que ce soit un gouvernement caquiste majoritaire et leur souhait s’ est réalisé ! Les québecois sont pas faciles a débusqués de leurs vraies intentions! Néanmoins ce verdict nous révèle que l’ indépendance et/ou la souveraineté n’ est plus au rendez-vous de l’ électorat. La gauche et l’ extrême gauche est sous tutelle et les Qsistes ne devraient pas s’ emballer trop vite !

« La tête haute ». Pathétique. Étrange qu’on ait (eu) le sentiment d’entendre, encore, plutôt, «hautain».

Vrai, « le plus grand mal est nécessaire pour le plus grand bien ». Par contre…

Comme « In medio stat virtus », il n’est pas nécessaire de faire le plus grand mal. On peut (en) faire moins, ‘mieux’.

Un vent de fraîcheur vient de souffler sur le Québec. Finalement les francophones se sont levés et ont exprimé le ras le bol de cette direction ultra cérébrale, déconnectée de la réalité, avec une philosophie de »melting pot » forcée. Les marges de manœuvre se sont faites sur le dos des plus vulnérables de la majorité… Tout s’explique: Le PQ ( qui a réalisé de grandes choses) est sacrifié pour abolir les axes fédéralistes- souverainistes ayant rendu, trop longtemps, la tâche facile pour le PLQ ! La naissance d’un récent parti la QAC maintenant majoritaire. QS ajoute aussi au renouveau !

Vent de fraîcheur?
Legault est un vieux politicien, ex-ministre du gouvernement du PQ, et choyé par l’establishment élitiste (par exemple le milliardaire Charles Sirois et les Desmarais).

La raison principale de la bonne performance du Parti Libéral du Québec (PLQ) ces derniers 4 ans a été l’effacement de la menace séparatiste qui a donné une nouvelle confiance aux investisseurs, au point qu’il y a aujourd’hui une pénurie de main-d’œuvre au Québec.

La Coalition Avenir Québec (CAQ) bénéficiera maintenant de l’effondrement spectaculaire du mouvement séparatiste. L’attrait du Québec vu l’importance qu’il accorde à la culture et à sa joie de vivre revient à l’avant-plan.

Toutes les conditions sont réunies pour que le Québec reprenne l’évolution positive de sa démographie. N’oublions pas que sur les derniers 50 ans, la population de l’Ontario a doublé alors que la population du Québec n’a augmenté que de 44%. En 1966, le Québec avait 1 million de population de moins que l’Ontario. Aujourd’hui, il en a 5 millions de moins.

Les lumières de la religion séparatiste s’éteignent : Nicolas Marceau, Paul St-Pierre Plamondon, Martin Aussant, Jean-François Lisée. Le mouvement pour le démembrement du Canada s’affaisse. Il ne représente que 15% des membres de la nouvelle Assemblée Nationale. C’est la fin de l’affaiblissement du Québec. Soirée historique.

C’est oublier que QS est indépendantiste et qu’avec le PQ ils ont plus de 30% des votes du côté souverainiste. Je suggère d’avoir le triomphe un peu plus modeste et de se souvenir que des événements particuliers peuvent facilement changer dramatiquement les choses.

C’est oublier également que le Québec francophone voulait voir disparaître le PLQ, bien plus que vouloir élire la CAQ réellement. Je suis PQiste, mais j’ai voté CAQ pour cette raison, et je crois que des dizaines de milliers de gens ont fait de même parce que la CAQ avait de meilleures chances de ce temps ci. Quelques milliers se sont tournés vers QS (surtout des jeunes) pour les mêmes raisons. Il ne faut pas pour autant conclure que le PQ est fini, balayé… ce serait une méprise.
J.F.Lisée, malgré ses très belles qualités, n’a pas réussi à augmenter la masse de partisans. Son départ laisse donc toute la place à une Véronique Hivon ou un Martin Aussant (qui avait quitté le PQ pour fonder son propre parti et finalement rejoindre Qs pour le quitter aussi afin de revenir au PQ). Je suis donc convaincu que le PQ va se ¨refonder¨ et que la souveraineté va revenir en force sur le plancher politique québécois. C’est ce qui a fait défaut depuis des années au PQ, il est temps de revenir et de penser autrement l’avenir du Québec dans un Canada qui ne veut rien savoir de son peuple fondateur francophone et qui le traite comme n’importe quelle autre minorité, ou comme il a traité les autochtones depuis des siècles.

C’est avec les 18 ans de gouvernements du PQ que le Québec a été le plus fort face au fédéral et qu’il a fait le plus de gains.
Encore 30-40% de Québécois sont souverainistes (et 25-30% des Albertains).
Le PQ a encore plus de membres que les autres partis réunis.
Avec le PLQ comme avec la CAQ, on a « Un Québec faible dans un Kanada qui n’a JAMAIS été uni (sauf de force). »

@ NPierre:

QS sont des séparatistes de pacotille. L’indépendance est loin derrière dans leurs priorités et plusieurs de leurs supporteurs ne sont même pas indépendantistes; donc, assumer que tous leurs votants appuieraient la souveraineté dans un éventuel référendum est une utopie.

Le séparatisme québécois n’attire qu’environ 25% de al population (les plus fanatiques) et encore… La plupart d’entre eux appartiennent à une génération vieillissante qui aura presque disparu dans 20 ans.

Encore une fois, le système électoral donne le pouvoir avec moins de 40% des votes des électeurs! Ceux qui ont voté QS et PQ seront sous-représentés à l’Assemblée nationale… Normalement, la CAQ ne devrait jamais pouvoir gouverner absolument sans le soutien d’au moins 50% des électeurs, surtout quand le programme promet de gros changements – ça veut aussi dire que la grande majorité des électeurs, soit plus de 60% n’ont PAS voté pour ces changements…

De plus, les Premiers peuples ne sont pas représentés dans une Assemblée dite nationale! Les Cris et les Inuits qui sont sur un territoire conventionné (Eeyou-Itshee et Nunavik) n’ont même pas de représentants à l’Assemblée! Les populations sont peu nombreuses? Ce n’est pas le nombre qui compte, ce sont les droits fondamentaux des gens, y compris ceux des peuples autochtones. Les gens vulnérables et les minorités seraient facilement victimes des « majorités » si leurs droits n’étaient pas autrement protégés. Alors le Québec pourra commencer à penser à la réconciliation avec les peuples autochtones quand il aura cessé d’agir comme un colonie, il aura décolonisé, et les reconnaîtra comme des vrais partenaires à l’Assemblée nationale.

La CAQ promet de gros changements? À part justement la représentation proportionnelle, je ne vois pas lesquels.

Lorsqu’il n’y a que 2 principaux partis, comme ce fut longtemps le cas au Québec, on peut penser que le parti gagnant peut obtenir 50 % des voix. S’il y a 3 partis, on pense à 33%. Avec 4 partis, c’est plutôt 25%. D’ailleurs, la CAQ est le seul parti à obtenir plus de 25%, l’opposition officielle (PLQ) n’a même pas atteint le 25%. Donc, à 37% avec 4 partis importants, avec 74 députés sur 125, et avec le 2me parti à moins de 25%, la CAQ mérite amplement de gouverner majoritairement. C’aurait été différent si CAQ et PLQ avaient été autour de 30% comme prédisaient les sondages. Mais dans ce cas la CAQ n’aurait pas été majoritaire. Pas si pire quand même notre système électoral.

NPierre, vous ne serez jamais content n’ est-ce pas ! C’ est vraiment tordu vos arguments ; d’ ailleurs personne ne les achètent ! La CAQ ne changera pas le mode d’ élection car ce serait de se mettre dans le trouble collectivement! Avec ce système on aura constamment des gouvernements de coalition et ça énerve les électeurs! N’ oubliez pas que la CAQ c’ est déjà un parti de coalition !

@ Laleli La majorité de la CAQ, dans le cadre d’une division
du vote à quatre parti, est plutôt forte effectivement. Il
ne faut pas oublier en plus que certaines de ses orientations
ratissent encore plus large que les frontières de son appui
électoral…comme sa position sur la laïcité, qui est un gros
changement de philosophie politique.
@ Beauly02 Je vous prédis au contraire que la CAQ va changer
le mode scrutin…pour faire avancer son orientation
nationaliste. Car la première victime de la réforme du
mode de scrutin sera le fédéralisme extrême du tandem
Charest-Couillard, plus précisément son antinationaliste
qui ne rejoint qu’une minorité de québécois, mais qui
a depuis 15 ans, réussi à prendre le contrôle du PLQ,
et à s’imposer à la majorité en prenant le pouvoir. La
proportionnelle va rendre ceci à toute fin pratique,
impossible. Et Couillard le savait : c’est pour ça que
« son » parti libéral s’y opposait, en dépit du fait que
la proportionnelle promet pourtant de compenser la
concentration inefficace de son vote dans les centres
urbains. Idéologie, quand tu nous tiens…

Et de l’autre haut côté, pas mieux. Ce n’est pas « par hasard », en effet, si la CAQ l’a eu, elle, et l’a eu si facile. Les « vieux partis », leurs chefs en tout cas, ont eu l’art de tout bousiller en fin de course. Tel ce JFL, qui, comme trop souvent, y sera allé d’une bourde ultime en forme d’énième patarafe, comme lui seul en est capable, à un empan de la ligne d’arrivée. Qu’il eût pourtant pu franchir, moyennant l’«abstention» de tel faux pas, avec, vraisemblablement, une bonne vingtaine de députés, plutôt qu’avec moins d’une dizaine; et, ainsi, permettre éventuellement l’avènement d’un gouvernement minoritaire, «avec» lequel tout eût pu être encore possible. Or, non, pulsion de mort oblige, fallait gaffer pour que ça n’arrivât point.

Lisée a fait une campagne impeccable, la meilleure de tous les chefs. La seule bourde qu’il a commise fut d’attaquer QS au face à face au lieu de l’avoir fait dès le début de la campagne. Sans cette bourde, le PQ aurait tout au plus atteint les 12 comtés nécessaires pour être reconnu officiellement comme un parti par l’Assemblée nationale. Par contre, si tous les péquistes avaient voté pour le PQ au lieu du vote stratégique pour la CAQ pour déloger les libéraux du pouvoir, le PQ aurait pu demeurer l’opposition officielle. Le PQ va sûrement remonter après quatre ans du gouvernement caquistes qui aura une courte vie.

Plusieurs, dont un important syndicat, disaient que PLQ et CAQ étaient du pareil au même. J’espère que ces gens prendront note que les votes PLQ et CAQ représentent plus de 62% des votes, une importante majorité pour les partis progressistes lucides qui veulent protéger le bien commun en assurant une saine gestion qui assurera la pérennité de nos services publics.

JF Lisée disait que les forces souverainistes ont été divisées à cause de QS. Les votes combinés de QS et PQ, c’est 33%, soit moins que les 37% de la CAQ. Ils auraient au mieux formé l’opposition, encore faudra-t-il analyser les résultats par circonscription pour voir s’ils auraient obtenus plus que les 32 sièges PLQ. L’option souverainiste se retrouve encore avec un très faible appuie, il n’y a donc pas plus du tiers de la population qui est souverainiste. Certains diront que des électeurs de la CAQ sont probablement souverainistes, mais il semble que seulement la moitié des électeurs QS ne le soient.

Et voilà ! Bien dit ! Lorsque tu es constamment minoritaire dans l’ électorat et que as perdu 2 référendums ; t’ es jamais content et tu fais du boudin!

À tout seigneur, tout honneur. Chapeau à la CAQ, qui remporte l’élection grâce à une organisation des plus efficaces. Elle aura beaucoup appris des déboires de l’ADQ à ce chapitre jadis. Elle a su aussi triompher dans plusieurs forteresses acquises au PLQ (notamment en Outaouais) ou au PQ, ce qui n’est pas un mince exploit! Maintenant, à elle de remplir ses promesses.

Maintenant, à celles et ceux qui verraient dans cette élection un remaniement idéologique complet de la politique québécoise, ne vous réjouissez (ou vous désolez) pas trop vite! Retenez bien ceci : l’électeur québécois contemporain vote d’abord et avant tout pour (ou contre) un chef plutôt que pour (ou contre) un parti ou une idéologie. Il faut donc se garder d’y aller de pronostics hâtifs quant à l’éventuelle pérennité des partis perdants, comme ont tendance à le faire les prétendus spécialistes politiques qui sévissent dans les soirées électorales à la radio ou à la télé. J’en veux pour preuve, sur la scène fédérale, le retour du PLC à l’élection de 2015; or, bien des « experts » entrevoyaient avant cette élection-là la dissolution du PLC au profit d’une polarisation gauche-droite représentée selon eux par le NPD et le PC. Nous connaissons la suite des choses…

« il faut remonter à 1927 pour trouver un taux de participation plus faible, à 56,4 %, et à l’époque, les femmes n’avaient pas encore le droit de vote ! »

Le taux de participation est calculé ainsi: nombre d’électeurs qui sont voté / nombre d’électeurs inscrits. Comme les femmes n’étaient pas inscrites, elles n’ont aucune influence sur le taux de participation (de 1927).

Compte tenu du taux de participation (67,12%) et de son score de 37,4%, ça laisse un appui du quart de la population en âge de voter à la CAQ.

Si on voit ça ainsi, ça donne seulement 16% au PLQ, et environ 10% chacun au PQ et QS. La CAQ fait nettement mieux.
Mais sérieusement, on ne doit pas considérer les gens qui ne prennent même pas la peine d’aller voter, ils ne le méritent pas. Si on les avait obligé à voter, une partie de ce tiers non votant aurait surement choisi la CAQ. En calculant de votre façon, vous présumez qu’ils auraient tous voté contre la CAQ, ce qui est impossible. Honnêtement, un taux de 37,4% lorsqu’il y a 4 principaux partis, c’est un résultat majoritaire clair.

Il y a une chose que je retiens, et c’est la suivante les jeunes ont décidé de prendre de la place sur l’échiquier politique et on ne peu quand être heureux. Qu’on le veuille ou non l’avenir leur appartient pour employer un vieux slogan. J’ai 66 ans et
j’ai voté QUEBEC SOLIDAIRE et j’en suis fier. Franchement j’aime beaucoup mieux des gens qui aspire au bien commun . J’habite un quartier aisé, au cas ou!!!

Vous avez droit à votre trip !! Monsieur je suis plus âgé que vous et jamais je ne voterai pour des nationalisations , des contrôles sur mes économies et sur le bien communautaire financé par la classe moyenne qui est déjà imposée à outrance !

La révolution vénézuélienne a longtemps fasciné Amir Khadir, on voit ce qui se passe aujourd’hui dans ce pays. Si Québec solidaire prenait le pouvoir avec leur programme actuel, beaucoup de gens qui ont le choix (instruits, riches, retraités à l’aise, médecins, etc.) quitteraient le Québec, comme ça s’est fait au Venezuela, et il ne resterait plus assez de payeurs d’impôts pour assurer les services sociaux. D’autant plus que quitter le Québec, c’est très facile pour nous, on peut aller n’importe où au Canada, c’est notre pays!

Non, ce n’est pas QS qui travaille pour le bien commun, mais des partis comme la CAQ, le PQ et le PLQ en gérant bien l’état, de façon à assurer la pérennité de nos services publics.

« J’ai 66 ans et j’ai voté QUEBEC SOLIDAIRE et j’en suis fier. »

Grand bien vous en fasse Monsieur.

Le grand Clémenceau a déjà dit: « Être de gauche à 20 ans, ça prouve que t’as du coeur. L’être encore à 40 ans, ça prouve que t’as pas de tête. »

Legault a fondé la CAQ « à la sueur de son front » et celle de Charles Sirois, un valet important de Power Corp (Desmarais).
Il va essayer de privatiser Hydro-Québec (le voler aux Québécois).

QS a eu le don de mettre de l’avant les débats sur la répartition de la richesse et sur l’environnement. Comment concilier ces 2 objectifs avec les réalités sociales et économiques nord-américaine? Pas évident pour les baby boomers.

En ce qui me concerne, je ne prévois pas le moins du monde de surveiller la CAQ au cours des quatre prochaines années. Ce parti m’indiffère complètement et selon moi, cette surveillance serait une grande perte de temps.

Contrairement à ce qui est écrit dans cette chronique, je n’identifie pas cette victoire comme un « vent ou une volonté de changement », c’est plutôt un vote de « peur du changement ». La majorité de ceux et celles qui ont voté pour la CAQ sont des têtes blanches ou en voie de l’être, des gens âgés minés par l’anxiété qui vivent pour la plupart dans l’angoisse de devoir perdre leur acquis.

De la même façon ce vote pour la CAQ est un vote « souchien », un vote de « purs laines » qui crèvent de peur de perdre leurs « petits privilèges » longuement acquis, notamment dans toutes les fonctions publiques. Un vote pour la CAQ était le dernier rempart contre la réalité socioéconomique des prochaines années : le caractère multiethnique et multiculturel, cette société colorée et métissée qui déferle inexorablement et inéluctablement sur tout le Québec.

Cette réalité multiethnique et multiculturelle sur laquelle repose l’avenir du Québec — cette coalition de l’ombre — parfaitement mise en valeur par le « Rapport Bouchard-Taylor », pourtant tabletté depuis dix ans pour ne pas inquiéter ou ameuter inutilement la population. La solution était pourtant simple : l’interculturalisme et non la préservation de seulement des apparences. Les apparences, un des thèmes centraux de la campagne Caquiste.

Probablement, la plus grande erreur du PLQ, c’est d’avoir pensé que l’électorat ethnique allait se mobiliser de toutes les façons. Plus d’uns sont restés à la maison. Cependant c’est l’électorat ethnique qui réclame et qui a besoin de plus de changements. Un électorat qui disons-le clairement est resté orphelin pendant ces quatre ans.

Dans la tête du PLQ, mon vote ethnique était acquis. Pendant cinq semaines, j’ai été incendié et couvert d’opprobre par tous ceux qui n’aiment pas les Libéraux. J’ai été le juif sur qui on peut tout chier parce qu’il est juif. — Mais qu’est-ce qu’à fait pour moi au juste Philippe Couillard durant ce mandat ?

Plus les années passeront et plus les partis politiques devront prendre en compte tous ces « oubliés » sans qui l’économie, la prospérité et la richesse culturelle du Québec serait une catastrophe de tous les instants.

— Nous sommes les laissés pour compte et les oubliés de cette élection.

M. Drouginsky, je ne savais pas que vous étiez juif, et cela importe peu pour moi, de toute façon. Ce qui me surprend par contre de votre part, c’est qu’après la lecture d’à peu près tous vos écrits dans cette revue de l’Actualité vous écriviez ceci: ¨Mais qu’est-ce qu’à fait pour moi au juste Philippe Couillard durant ce mandat ?¨. Vous aurais-je mal jugé ? J’étais convaincu que vous étiez du genre ¨Que puis-je faire pour MON pays¨ et non ¨Qu’est-ce que Mon Pays peut faire pour moi¨ ? C’est fou ce qu’on peut se méprendre sur ce que sont les gens réellement !

Un vrai vote de québécois, du gros changement sans vraiment rien changer dans sa manière de vivre en gros consommateur. Misère de misère d’individualiste. On va continuer à regarder son beau gazon vert bien engraisser tondu à contrat tout en regardant la haie de cèdre pousser jusqu’à plus voir les voisins puis un jour on aura trois chars électriques »plogué » subventionné dans l’allée pavé pour avoir l’air écologique comme les riches en Telsa à 80, 100 mille subventionné avec nos taxes.

Messieurs Beauly ,Francois 1, laleli, vous me faites vraiment rire. Surtout ne touchez pas à mon pognon!!! Comme si voter pour la gauche voulait dire que c’est une calamité. Il ne faut surtout rien partager, touche pas à ça c’est à moé !! Comme les américains avec leur » private property »et leur »no trespassing. » Tout pour moi et rien pour les autres.

@serge
En effet, contrairement à la plupart des voteurs QS, j’ai travaillé les 40 dernières années à mettre un peu d’argent de côté pour prendre une bonne retraite. Pourquoi je devrais partager avec ceux qui ne travaillent pas? Je suis d’accord avec le partage vers les démunis et d’ailleurs au Québec, on est un des endroits au monde où on partage le plus, où on paie le plus d’impôts pour ça. Je n’ai jamais remis ça en question. Par exemple, le PLQ a augmenté beaucoup les prestations BS aux gens avec contraintes à l’emploie et demande à ceux qui n’ont pas de contraintes de développer leur employabilité, sinon on réduit leur prestation (comprendre: pour la répartir aux vrais démunis). Je suis entièrement d’accord avec ces 2 mesures, alors que la 2me est pourfendue par QS; c’est ça qui n’est pas logique et qui nuit aux idées de gauche. Pourquoi un jeune en santé (meilleure que la mienne) ne devrait pas travailler et contribuer à la société comme les autres?

Comme le disait si bien François 1, il est facile d’avoir des idées QS à 20 ans lorsqu’on débute avec rien dans la vie comme ce fut mon cas, mais lorsqu’on travaille fort et qu’on bâtit un patrimoine, ces idées ne nous rejoignent plus à 60 ans. Facile de vouloir partager lorsqu’on n’a rien à partager et qu’on ne fait rien pour la société (comprendre: qu’on ne paie aucun impôt).

Peut-être aurons-nous des élus qui comprendront enfin qu’ils sont en poste avant tout pour travailler pour la population et non pour leurs propres privilèges; que les « économies » ne se font pas sur le dos du personnel et des utilisateurs de services avec le respect de ne plus nous dire que nous avons des services gratuits, ce sont les impôts et taxes des travailleurs qui contribuent à l’équivalent d’investir 6 mois de salaire pour les services et six mois pour la famille. Il ne faudrait pas oublier ça.

Le nombre d’immigrants qui entrent au Québec n’est pas en soi un problème. Ce qui est inquiétant c’est leur anglicisation, favorisée en sous-main par le PLQ et presque ouvertement par le gouvernement fédéral libéral. La majorité des électeurs a pris conscience de cette #anomalie# ( qu’un réputé journaliste a qualifiée de #génocide culturel sournois#) et voté en conséquence. Ainsi le PLQ a été ramené à sa clientèle naturelle:
les anglophones et les allophones anglicisés.