Le variant Delta joue-t-il contre les libéraux ?

Les actualités à propos de la quatrième vague de COVID-19 commencent à peser sur le moral des électeurs canadiens. Une mauvaise nouvelle pour Trudeau. 

Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne / Montage L'actualité

L’insatisfaction envers le gouvernement fédéral est en hausse, selon le nouveau sondage de la maison Abacus Data, qui a tâté le pouls des Canadiens alors que Justin Trudeau rendait visite à la gouverneure générale pour lui demander de dissoudre la Chambre des communes.

Selon les résultats de l’étude, seulement 41 % sont d’avis que le pays se dirige « dans la bonne direction ». Il y a une semaine à peine, soit juste avant le déclenchement des élections fédérales, Abacus mesurait ce taux à 46 %. Cette fluctuation de cinq points est modeste, mais tout de même statistiquement significative considérant la taille de l’échantillon des derniers sondages de cette maison.

Dans le rapport du sondage, le PDG d’Abacus Data, David Coletto, avance que ce sentiment de l’électorat pourrait être lié à l’anxiété causée par la quatrième vague de la pandémie. Dans un autre sondage de l’institut mené en juillet, 46 % des répondants croyaient que le pire de la pandémie était maintenant derrière eux. Or, cette proportion a chuté de 15 points et se situe actuellement à 31 %. Au cours du même intervalle, la proportion de ceux qui estimaient que le pire était encore à venir a grimpé de 15 % à 24 %. Cette croissance du pessimisme peut être inquiétante pour Justin Trudeau et son équipe.

Si les approbations nettes (soit les impressions positives moins les impressions négatives) des chefs de l’opposition sont demeurées généralement stables dans le dernier mois, nous remarquons que les impressions négatives suscitées par le premier ministre ont bondi de cinq points depuis juillet. Serait-ce une réaction à sa décision de lancer le pays en élections anticipées cet été ? C’est une hypothèse plausible, mais, si c’est le cas, il est aussi possible que ce sentiment s’estompe au cours des prochaines semaines. Néanmoins, l’approbation nette de Justin Trudeau se situe à -4 (44 % négatif, 40 % positif), une valeur se trouvant bien à l’intérieur des intervalles des derniers mois, selon Abacus.

En guise de comparaison, le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, obtient le taux d’approbation le plus élevé parmi les chefs fédéraux, avec un score net de +15 (39 % positif, 24 % négatif). De son côté, le chef conservateur, Erin O’Toole, obtient le pire résultat, avec -21 (41 % négatif, 20 % positif).

Quel effet les impressions laissées par les chefs ont-elles sur l’état de la course ? Bien que les corrélations entre allégeance de parti et approbation des chefs ne soient pas toujours linéaires, ces chiffres aident à établir les « planchers » et « plafonds » de chaque parti. L’impopularité du chef conservateur présentement fait que la croissance du parti pourrait être considérablement limitée à l’extérieur de sa base actuelle (estimée à 30 % des électeurs canadiens). Or, la base conservatrice ne peut à elle seule propulser le Parti conservateur au pouvoir.

Quant au chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, il dirige le seul parti qui, au moment d’écrire ces lignes, pourrait enregistrer des gains de sièges, selon la plus récente projection fédérale Qc125 (mise à jour quotidiennement ici), et plus particulièrement en Ontario. En 2019, le Parti libéral du Canada (PLC) avait remporté 79 des 121 circonscriptions de la province de Doug Ford. Le NPD s’était contenté de six sièges. Selon les derniers chiffres, le PLC pourrait faire élire environ 10 députés de moins qu’en 2019 dans la province.

La plupart de ces circonscriptions seraient maintenant favorables au NPD. Nul besoin de mentionner que, sans une domination en Ontario, la majorité convoitée par Justin Trudeau pourrait être hors de portée.

Nous pourrions dire de même à propos d’Yves-François Blanchet au Québec, mais nous en parlerons plus en détail dans une prochaine chronique.

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