[Chantal Hébert] Le vote stratégique : «qu’ossa donne» ?

Trois ans plus tard, les sondages indiquent que la vaste majorité des électeurs qui ont fait la différence entre un gouvernement conservateur majoritaire ou minoritaire en 2011 en votant de façon stratégique le regrettent.

PolitiqueVignette no 1 — L’électeur stratégique déçu

Pendant longtemps, les libéraux fédéraux étaient les principaux apôtres du vote stratégique au Canada. D’une élection à l’autre, ils pressaient les sympathisants néo-démocrates de leur «prêter» leur vote parce qu’ils étaient seuls susceptibles de battre les conservateurs.

Au dernier scrutin fédéral, l’électorat québécois a fait la sourde oreille aux plaidoyers libéraux selon lesquels un vote pour le NPD était un vote perdu pour quiconque souhaitait voir les conservateurs remplacés au pouvoir.

Par contre, les conservateurs ont imploré avec succès — en particulier en Ontario — des électeurs libéraux du reste du Canada à se prémunir contre l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement dirigé par Jack Layton et/ou une autre tentative de gouvernement de coalition PLC/NPD en se repliant sur le parti de Stephen Harper.

Trois ans plus tard, les sondages indiquent que la vaste majorité des électeurs qui ont fait la différence entre un gouvernement conservateur majoritaire ou minoritaire en 2011 en votant de façon stratégique le regrettent.

S’il faut en croire la baisse soutenue des appuis conservateurs dans les intentions de vote, ces partisans d’un soir ont repris leurs billes et sont rentrés à la maison.

Par contre, au Québec, le NPD a réussi à conserver l’appui d’une majorité des électeurs québécois, qui n’en ont fait qu’à leur tête en appuyant Jack Layton.

Vignette no 2 — L’heureuse élue déconfite

En 2012, l’élection d’un gouvernement majoritaire dirigé par la première ministre Alison Redford avait confondu les observateurs. Au déclenchement de la campagne, Mme Redford semblait mal placée pour l’emporter. Le Parti Wildrose, en pleine ascension, menaçait de doubler à droite les conservateurs sortants.

Le vote stratégique a fait la différence. Un contingent important de sympathisants d’autres partis — surtout des libéraux — a choisi de voter conservateur plutôt que de risquer ainsi de voir un parti encore plus à droite que les conservateurs s’installer au pouvoir.

Élue grâce à des non-conservateurs de gauche pour diriger une équipe de députés dont plusieurs continuaient de se sentir menacés par le Wildrose sur la droite, Alison Redford n’a pas réussi à imposer son autorité morale à son caucus ou à son parti.

La semaine dernière, cette première ministre pour qui le vote stratégique fait la différence a démissionné juste avant de se faire montrer la porte par ses députés.

Vignette no 3 — Le cas à géométrie variable de Québec solidaire

En 2012, les sympathisants de Québec solidaire étaient déjà la principale cible des appels au vote stratégique. Comme il le fait actuellement, le Parti québécois avait battu le rappel des électeurs souverainistes pour barrer la voie au PLQ.

En pleine crise sociale, et devant un conflit étudiant qui menaçait de perdurer, on pouvait raisonnablement plaider que l’arrivée au pouvoir du Parti québécois correspondait davantage aux objectifs des électeurs de Québec solidaire que le retour aux affaires de Jean Charest. Surtout qu’à l’époque, Pauline Marois avait fait campagne au centre gauche.

La problématique a changé entre les deux scrutins. Cette année, empêcher Philippe Couillard de prendre le pouvoir en quittant QS pour le PQ, c’est aussi voter pour la Charte et pour un gouvernement au sein duquel un personnage peu connu pour ses sympathies gauchisantes comme Pierre Karl Péladeau sera appelé à jouer un grand rôle. Pas simple, tout cela.

Pour aider ses partisans à se faire une tête (sans mauvais jeu de mots), QS a justement produit ceci. Très éclairant !

* * *

À propos de Chantal Hébert

Chantal Hébert est chroniqueuse politique au Toronto Star depuis 1999. Elle signe également une chronique dans le magazine L’actualité et commente la politique à la radio (C’est pas trop tôt sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première) et à la télévision (Les coulisses du pouvoir à RDI / ICI Radio-Canada Télé et At Issue à CBC). On peut la suivre sur Twitter : @ChantalHbert.

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Je ne pense pas que le vote stratégique soit une vraie bonne idée. En même temps, cela illustre les qualités et aussi les défauts du système électoral, puisque cela est susceptible d’inciter une part de l’électorat à prendre en compte ce genre de paramètres tout dépendant de leurs circonscriptions.

Par exemple, si nous options pour uns scrutin de liste au lieu d’un scrutin uninominal à un seul tour. Les électeurs pourraient voter vraiment sans problème pour la liste de leur choix, puisque la stratégie locale serait pratiquement absente du vote.

L’inconvénient d’un tel système peut être par la suite au niveau de la répartition des élus sur le territoire. Puisque tous ont un double mandat : parlementaire et local. Un autre inconvénient qui pourrait être un avantage, c’est selon ; se trouve dans le fait qu’un tel système ne permet que rarement d’obtenir une majorité de sièges absolue.

Ce qui signifie qu’il faut former des gouvernements d’union.

On comprendra par mes propos que le type de système électoral, où qu’il soit, aura pour effet de transformer conjointement le modèle de gouvernance. Rien n’indique ici qu’à date, aucun des deux partis qui se partagent le pouvoir au Québec, soient prêts avant longtemps à ouvrir la machine pour offrir aux citoyens ce que j’appellerai une « juste représentation ».

Autant dire qu’il reste encore du chemin à parcourir avant de pouvoir décliner le verbe démocratiser à tous les temps et à tous les modes, y compris à l’imparfait du subjonctif : que je démocratisasse, que tu démocratisasses, qu’il démocratisât, etcetera.

Bonsoir,la base de notre cacul est de plus de 200 milliards pour la dette plus 20 milliards pour l’entretient de nos infratructures et de leur developpement pour le transport en commun.Moi comme electeur il faut une stabilisation de la dette ,ensuite une autre stabilisation de nos infratructures de base dans chacune de nos villes ensuite les investissements pour un enrichissement la question est-la ou va etre cette slide ont l’appellle au niveau sydical et patronal car avec M.Couillard et ses deux confreres de un pour tous quand 55% va pour la sante la commission Charbonneau n’a las toucher encore au systeme inside outside et du systeme informatique de la sante et de la csst et de la fonction publique ou les $$$$$$$$ pourrait combler un bon nombre de regime de retraite pourtant aucun elu municipal,provincial,ef federal le denonce mais il y a un mais la surfacturation est immense$$$$$$$$et qui paye vous, moi, les travailleurs jours,apres jour,semaine apres semaine,mois apres mois,annee apres annee voila le travailleur et leur famille ne peuvent se sortir alors le grand menage doit aoir lieu et si j’ai pas raison avec tous mon respect bien vous avez pas compris alors il ne vous reste a payer et bon courage car je sais une chose vous avez toujours remplie vos responsabilites et payer$$$$$$$$beaucoup de dollars en taxes et impot alors bonne reflexion mais il y a un mais et un GRAND MENAGE est necessaire pour aider qui ?nous tous.car eux ils sont en marche pour les fameux$$$$$$$$dollards que tout monde veux ,VOTRE TOUR est la aller voter en MASSE car il sagit de vous de nous et eux alors bon vote.

Les sondage nous disent que si la tendance se maintient le PLQ remportera cette élection et sera majoritaire, mais ça n’a carrément pas de sens que le pire des partis, celui qui a le plus fait reculer le Québec au cours des 10 dernières années reprennent le contrôle du Québec, à moins que suite au second débat les électeurs se ressaisissent, une seule chose peut maintenant bloquer le PLQ c’est le vote stratégique.

La CAQ et QS sont du même avis que le PQ, la pire chose qui peut arriver au Québec c’est la remise du PLQ au pouvoir, alors il faut se serrer les coudes et les bloquer en votant pour le PQ d ans un maximum de comtés.

J’écoutais une dame invitée aux nouvelles de Radio-Canaada ce soir dire : « Même si le PLQ présentait un singe comme candidat dans mon comté les gens voteraient pour le PLQ ! » et nous savons que cette clientèle captive qu’a le PLQ est un méchant biais à contrer.

Moi je crois que le vote stratégique a sa place dans cette élection, autrement nos divisions vont contribuer à consacrer le pire.

Est-ce que c’est moi qui file pas… ou si j’ai perdu mon sens de l’humour… Ou bien, Serge et Marcel sont très très fatigués…. Là, c’est certain… Celui-là Serge tu ne l’as pas copié-collé !!!!

De plus Mme Hébert, je ne vois à peine l’utilité de ce texte…. Je crois comprendre votre tentative de message mais la démonstration pas forte !!!!

Le vote stratégique sera toujours un besoin et sera toujours utiliser par grand nombre de gens .
Les parties cancer c’est a dire ceux qui n’ont aucune chance de jamais être porter au pouvoir et qui grugent la part de l’un ou l’autre des parties avec des affinités semblable sont la cause du vote stratégique dans la plupart des cas
Q.S, et O.N. le parti vert etc en sont des exemples

En 1970, le Parti Québécois faisait un peu pitié avec ses 6 députés. C’était donc un parti cancer qui ne prendrait jamais le pouvoir selon votre expression. 6 ans plus tard, le PQ prenait le pouvoir majoritaire… Beau raisonnement !

Le vote stratégique est aussi valable pour le citoyen lors de son vote que pour les partis qui utilisent tous ces stratèges pour discréditer l’autre et s’attirer ses votes.
Il n’y a aucune différence de conséquences quant à moi entre ces deux tactiques. L’un annule en quelque sorte un vote (le citoyen) et l’autre (le Parti) brouille le citoyen dans ses intentions de vote. Stratège pour stratège, il y a un recul quelque part et un perdant toujours.
Cette arme est probablement la seule valable et possible aux voteurs pour le moment dans notre système électoral …
Puis-je m’adresse à « Réflecteur »… Il me semble que cet espace « commentaire » doit demeurer un endroit où se font les commentaires sur le TEXTE du journaliste et non pas sur les OPINIONS des gens!!! Ça devient parfois une arène de coups bas et non sollicités. C’est assez navrant de lire les malveillances de Réflecteur sur les participants… J’espère que les participants ne se servent plus de cette occasion qui nous est offerte de commenter pour régler des comptes ou interpersonnels ou de partisanerie.

Vous avez bien raison… Tout le monde a droit à son opinion…. Mon erreur c’est de croire qu’il est NÉFASTE de vouloir l’imposer, que ce soit plus ou moins subtilement… ou pas.

****** Droit de réponse :

Voici le texte reproduit d’un internaute non identifié écrivant sous le pseudonyme de Réflecteur :

« Là, c’est certain… Celui-là Serge tu ne l’as pas copié-collé !!!! »

Monsieur Réflecteur qui adore l’humour et les familiarités, je suppose que nous devions coucher ensemble dans le même lit ! (moi aussi je fais de l’humour)….

Monsieur Réflecteur affirme régulièrement, de manière récurrente et répétitive dans ses commentaires que mes propos sont des « copiés-collés » en d’autres termes que mes écrits ne sont pas de moi. Malheureusement, jusqu’à ce jour et à ma connaissance, monsieur Réflecteur n’a pas prouvé que je me livre soit au plagiat, soit disons-le clairement à un vol de textes d’auteurs.

C’est pourquoi, j’accuse ici publiquement de plein droit monsieur Réflecteur de : « libelle diffamatoire »

Voici recopié ici, ce qui touche au « libelle diffamatoire » dans le code criminel en vigueur au Canada :

— Définition
298. (1) Un libelle diffamatoire consiste en une matière publiée sans justification ni excuse légitime et de nature à nuire à la réputation de quelqu’un en l’exposant à la haine, au mépris ou au ridicule, ou destinée à outrager la personne contre qui elle est publiée.

— Mode d’expression
(2) Un libelle diffamatoire peut être exprimé directement ou par insinuation ou ironie :
a) soit en mots lisiblement marqués sur une substance quelconque;
b) soit au moyen d’un objet signifiant un libelle diffamatoire autrement que par des mots.
S.R., ch. C-34, art. 262.

— Publication
299. Une personne publie un libelle lorsque, selon le cas :
a) elle l’exhibe en public;
b) elle le fait lire ou voir;
c) elle le montre ou le délivre, ou le fait montrer ou délivrer, dans l’intention qu’il soit lu ou vu par la personne qu’il diffame ou par toute autre personne.
S.R., ch. C-34, art. 263.

— Libelle délibérément faux
300. Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans quiconque publie un libelle diffamatoire qu’il sait être faux.

Source :
http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/C-46/page-151.html#h-90

J’enjoins monsieur Réflecteur à produire des excuses ou bien à me confondre en apportant les preuves irréfutables et vérifiables de ses affirmations.

Faute de quoi, j’informe que j’enverrai une requête au journal L’Actualité à fin que soit connue l’identité de monsieur Réflecteur et je m’engage à déposer une plainte en bonne et due forme dans le meilleur délai à qui de droit. Conformément à la loi.

Serge, ce qui m’énerve, c’est ton attitude qui semble souvent condescendante…envers plusieurs blogueurs. Et je ne dois sûrement pas être le seul. De plus tes longs textes remplis de dates et données précises, ne peuvent provenir de ta seule mémoire, aussi magnificente soit-elle.

Alors afin de donner plus de crédibilité aux affirmations que tu présentes comme des Vérités absolues, il me semble que tous les lecteurs appréciraient connaitre au moins la provenance de ces données que tu présentes pour étayer ta vérité. Je t’ai demandé à plusieurs reprises de citer ces sources afin de pouvoir juger de leur pertinence. D’autres le font, et la valeur de leur analyse en est grandie…

De là, à crier aux accusations de plagiat et de vol de droit d’auteur je crois que c’est quelque peu délirant…. Puisque tu ne désires pas acquiescer à mes demandes d’éclaircissements, je vais tout simplement me priver de la lecture de tes textes, j’y perdrai fort probablement des informations utiles, mais aussi la sensation de devoir accepter sans droit de réplique des données incontestables….

Je m’excuse envers les blogueurs qui, à juste titre, n’apprécient pas les chicanes entre deux petits coqs….:-)

Je mets fin à la lecture et à l’analyse de l’argumentation de ce monsieur…qui finissaient souvent ces textes par des expressions ( en langage populaire ) que je trouve tout à fait méprisant… Peut-être que d’autres acceptent plus facilement que moi cette attitude.

Mme Hébert, je ne vous reconnais plus. J’ai toujours admiré votre objectivité, mais dans cette campagne, il me semble que votre acharnement contre le PQ en révèle un peu plus sur vos préférences… En effet, le vote stratégique déterminant de cette élection proviendra vraisemblablement surtout des Caquistes qui voteront pour un candidat libéral pour éviter une victoire du PQ et de PKP. À preuve, la défection de leurs électeurs pour le parti libéral au lendemain de l’arrivée de PFP. Les partisans de Québec Solidaire qui voteront PQ n’ont certainement pas le monopole du vote stratégique comme vous le laissez entendre. Si le Parti Libéral forme le prochain gouvernement, ce sont les électeurs qui auront laissé tomber la CAQ qui se réveilleront peut-être avec un mal de tête le lendemain de l’élection.

Dans le cas de la présente campagne, ça pourrait nous éviter d’avoir un gouvernement corrompu.