Leadership libéral : la campagne s’anime grâce à… Garneau

Marc Garneau vient de faire prendre un nouveau tournant à la course à la direction du Parti libéral du Canada en s’en prenant directement au meneur, Justin Trudeau. À trois jours du débat des candidats à Toronto, il l’a sommé d’ouvrir son jeu avant l’élection du prochain chef, de dire ce que sont sa vision et le plan pour le mettre en œuvre.

Il trouve «inacceptable» que M. Trudeau veuille attendre après le vote alors qu’il est en tête. Selon M. Garneau, le parti ne peut se permettre – encore – le couronnement d’un candidat dont on ignore les idées et que les conservateurs pourront eux-mêmes définir à coup de publicités négatives.

Voici un extrait de sa déclaration :

«Comme Libéraux, nous ne pouvons pas attendre la fin de la course à la direction pour savoir à quoi nous nous sommes engagés. Et c’est là que réside la différence entre mon ami, collègue et colistier Justin Trudeau et moi. Je soulève cette question parce que l’intérêt du Parti est ma priorité. Je m’inquiète des propos que Justin tient depuis le début de cette course à la direction. Selon lui, ce n’est pas le moment de dire aux Libéraux et aux Canadiens et Canadiennes quelles sont ses positions et quel est son plan d’action pour le pays. Il a dit qu’il le ferait après la course à la direction du Parti libéral — avant les prochaines élections en 2015. À mon avis, cela équivaut à demander aux Canadiens d’acheter une nouvelle voiture sans d’abord en faire l’essai. Ni moi ni le Parti ne saurions accepter cette façon de choisir un nouveau chef, et voilà pourquoi je suis ici aujourd’hui. L’enjeu est franchement trop important. Comme parti, ces derniers temps, nous avons misé sur une seule personne, sans poser les questions difficiles. Résultat, nous avons tout simplement ‘couronné ‘ notre chef. C’était une erreur. En l’absence d’un message précis et d’une vision claire des principes que nous défendons, ce sont les Conservateurs qui nous ont définis et qui le feront encore une fois. J’en ai la conviction profonde. Nous devons savoir ce pour quoi nous votons et non seulement pour qui.»

Geste désespéré ou cri du cœur d’un libéral inquiet à un peu plus de deux semaines de la fin de la période de recrutement (que M. Trudeau domine)? M. Garneau dit être animé d’un sentiment d’urgence et agir pour «le bien du parti». Pas pour passer à l’histoire, sa place y étant déjà faite, a-t-il ajouté en réponse aux journalistes.

Mais il est clair qu’il cherche à écorcher son adversaire en visant son flanc le plus vulnérable, celui du contenu. «La différence fondamentale entre Justin Trudeau et moi est que Justin croit que c’est suffisant de dire aux Canadiens que nous avons besoin d’un plan audacieux et d’une vision claire, sans définir ni l’un ni l’autre. Il énonce des généralités et sur ses deux priorités – la classe moyenne et la jeunesse – il n’a présenté aucune direction.»

Dans cette course sans étincelles, voilà une sortie à haut risque pour M. Garneau. Il s’en prend à une machine beaucoup plus puissante que la sienne et, surtout, à un candidat qui séduit bien des sympathisants avec son discours inclusif qui vante les mérites de l’écoute et promet de faire participer la base à l’élaboration de la prochaine plateforme.

Mais les déclarations de M. Garneau pourraient, en revanche, faire sortir des libéraux de leur réserve, un bon nombre partageant son opinion de Justin Trudeau. Mais comme dans tout parti, les libéraux ne veulent pas se mettre à dos celui que tout le monde dit gagnant, alors ils minaudent. Et ça, ce n’est pas la tasse de thé de Marc Garneau. Alors il les secoue. Un pari qu’il n’a aucune garanti de gagner et dont on ne peut prédire l’impact sur le parti.

Justin Trudeau – qui s’est expliqué à plusieurs reprises sur son choix, comme le rapporte Susan Delacourt, du Toronto Star – a refusé de réagir à la sortie de la réunion du caucus hier matin.

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C’est évident que JT entend surfer sur la vague qui le porte présentement. M.Garneau a toutefois raison :faudrait tout de même savoir pour quelles politiques les Libéraux fédéraux voteront.

JT doit sans doute se dire qu’une fois élu à la tête du PLC il aura bien le temps de préciser sa pensée politique en tenant compte évidemment de l’air du temps. N’importe quoi pour le pouvoir.

N’oublions pas que le PLC qui sans doute élira JT est le même parti politique que nous avons vu à la commission Gomery.

Comme disait feue ma mère ( Que Dieu ait son âme) : «Dans sa peau mourra le crapaud!»

J’oubliais !

Le fait que JT a fait trois petit tour sur un ring de boxe ne fait pas de lui boxeur, je ne crois pas que cette course à la chefferie, même s’il en sort vainqueur, tout comme sur le ring, fasse de lui un homme d’état. Il ne sera toujours qu’une dilettante.

En quoi Justin Trudeau est-il différent de Thomas Mulcair ou de Stephen Harper à cet égard?

A titre de comparaison, pourquoi ne pas publier les politiques développées par Mulcair et Harper lorsqu’ils cherchaient à devenir chef de leur formation politique ?

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