«L’école privée encadre davantage ses élèves et les fait travailler fort»

La Fédération des établissements d’enseignement privés répond au Dr Alain Vadeboncoeur.

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Photo: Godong/Getty Images

PolitiqueMonsieur Vadeboncœur,

La Fédération des établissements d’enseignement privés partage entièrement votre opinion voulant qu’il faille se garder de tirer des conclusions rapides en regardant les résultats aux tests de français du MELS. La Fédération s’oppose à tout type de palmarès ou de classement qui visent à comparer une école avec une autre, alors que chacune doit composer avec des élèves différents dans des milieux différents.

Par ailleurs, dans votre texte, vous énoncez l’hypothèse que les écoles privées sélectionnent peut-être davantage qu’avant, ce qui expliquerait l’écart qui se creuse entre le privé et le public. Ce n’est pas le cas. Avec la baisse démographique au Québec et l’arrivée d’écoles spécialisées dans le réseau public, il y a de moins en moins d’écoles privées qui sélectionnent leurs élèves, pour la simple raison que la vaste majorité des écoles privées ont suffisamment de places pour accueillir les élèves qui font une demande d’admission. La plupart des écoles privées font désormais des tests de classement plutôt que des tests de sélection.

Afin de répondre aux demandes des familles, un nombre croissant d’écoles privées offrent maintenant des programmes ou des séries de mesures particulières afin d’accompagner les élèves en difficulté. Par exemple, un bon nombre d’écoles secondaires privées offrent maintenant des programmes avec appui pédagogique. Les groupes d’élèves sont moins nombreux et ils ont du soutien orthopédagogique en classe. Au cours des dernières années, la Fédération des établissements d’enseignement privés a offert des dizaines de journées de formation aux cadres et aux enseignants pour les outiller afin de bien accompagner ces élèves.

Les résultats aux examens de français du MELS démontrent que l’école privée relève avec brio le défi d’amener à la réussite des groupes d’élèves de plus en plus hétérogènes. Il y a là une belle occasion de se réjouir.

Par ailleurs, on ne peut passer sous silence le fait que, de façon générale, l’école privée encadre davantage ses élèves et les fait travailler fort, notamment en français. Il y a peut-être là un élément à considérer en regardant les résultats aux examens du MELS. La maîtrise de la langue française demande des efforts soutenus pendant plusieurs années, il n’y a pas de recette magique ou de raccourci. Se pourrait-il que les écoles qui font travailler davantage leurs élèves pour amener chacun à développer son plein potentiel réussissent mieux que les autres ?

Plutôt que de se lancer dans un débat public-privé, il y aurait peut-être lieu de favoriser les échanges dans le monde de l’éducation afin que les initiatives gagnantes pour amener tous les élèves à la réussite soient partagées et que tous les élèves québécois puissent en bénéficier.

Jean-Marc St-Jacques est président de la Fédération des établissements d’enseignement privés et directeur général du collège Bourget.

* * *

Réponse du Dr Alain Vadeboncœur

Monsieur St-Jacques,

Je vous remercie pour cette réponse intéressante. Néanmoins, elle soulève un certain nombre de points qu’il m’apparaît important d’éclairer. Comme vous vous y connaissez beaucoup mieux que moi en ce domaine, j’imagine que vous pourrez apporter des éléments de réponse précis.

D’abord, je dois vous féliciter de ne pas appuyer le concept de «palmarès». Comme vos écoles sont fréquemment en haut de ces systèmes de «classement», c’est tout à votre honneur d’en refuser le principe. J’imagine que vous devez protester quand ils sont publiés. Par ailleurs, comme mes enfants ont fréquenté les deux types d’écoles, je dois souligner qu’à une seule exception, l’expérience avec l’école privée s’est bien passée. Mais là n’est pas le sujet du débat. J’ai encore une fille en secondaire 5 au privé, et cela se passe très bien.

Il est vrai que je tire l’essentiel de mon argumentaire de mon expérience, ainsi que de ce que je connais de la Montérégie et de Montréal. Vous me dites que les écoles privées sélectionnent de moins en moins. J’imagine que vous pourriez appuyer cette affirmation (contrairement à moi) par des chiffres validés, pour éclairer les gens.

En clair, il serait d’intéressant d’avoir — pour, disons, 2003 et 2013 — une comparaison honnête, incluant :

– Le nombre de collèges privés qui sélectionnent les élèves et ceux qui n’en sélectionnent pas ;
– Le nombre d’élèves sollicitant l’admission et le nombre de ceux qui sont admis (2003 et 2013) ;
– Le nombre d’élèves qui sont exclus en cours de programme des écoles privées (idem) ;
– La proportion des élèves avec difficultés d’apprentissage, et leur gravité (idem).

Cela pourrait donner une idée plus juste de ce qui se passe réellement sur le terrain.

Qu’un «nombre croissant d’écoles privées offrent maintenant des programmes ou des séries de mesures particulières afin d’accompagner les élèves en difficulté» me semble une affirmation qui pourrait être bonifiée. Savoir quelle est la proportion des collèges qui offrent de tels programmes (comparaison 2003 et 2013) permettrait de se faire une idée juste, notamment quant au nombre de professionnels impliqués.

Par ailleurs, vous mentionnez que les groupes d’élèves sont moins nombreux. A ma connaissance, les conditions salariales étant similaires pour les professeurs au privé et au public, j’imagine que vous y arrivez parce que vous disposez d’un budget supérieur à celui des écoles publiques pour améliorer le ratio élèves-professeurs ?

Vous mentionnez que les élèves sont mieux «encadrés» dans l’école privée. C’est une affirmation souvent répétée, mais elle ne correspond pas à mon expérience.

Bien entendu, il semble y avoir moins de débordement dans les écoles privées. C’est très bien, cela favorise l’étude. Mais il est fort probable que la première raison soit que les élèves… ont moins de problèmes de comportement. D’ailleurs, si je ne m’abuse, les élèves avec troubles de comportement sont plus facilement référés à l’école publique, non ? Mais peut-être que je me trompe.

Toutefois, cela me surprendrait beaucoup que l’école privée ait, en soi, plus d’expertise et d’expérience en encadrement, qui est par définition l’idée de placer un cadre autour d’un sujet à encadrer. Je ne vois pas vraiment comment elle aurait acquis cette expertise, qui m’apparaît au contraire fort présente dans l’école publique.

Quand vous dites que les écoles privées font travailler davantage leurs élèves, que voulez-vous dire ? Plus d’heures ? Pourtant, les horaires sont similaires, non ? Des professeurs plus qualifiés ? Pourtant, les formations sont les mêmes, non ? Des méthodes différentes ? Pourtant, les programmes sont les mêmes, non ? Alors, je serais curieux de voir comment se réalise concrètement ce qui, en soi, est sûrement une bonne idée.

Enfin, il y aurait beaucoup d’autres questions à soulever. Par exemple : les milieux d’où viennent les enfants qui vont au privé sont-ils similaires ? J’en doute. Le niveau académique des parents des enfants qui vont au privé est-il le même ? J’en doute. Les moyens matériels des écoles privées sont-il les mêmes ? J’en doute aussi.

Finalement, je serais surpris que magiquement, par leur simple vertu, les écoles privées fassent que les élèves performent mieux. C’est probablement une combinaison de sélection, d’économique, d’implication des parents, bref, de beaucoup de facteurs qui différencient les élèves des deux types de milieu.

Renversons la discussion : prenez les élèves d’une bonne école privée. Donnez-leur les mêmes parents, ainsi que les mêmes ressources financières. Donnez à l’école publique les mêmes moyens, et regardons ce qui va se passer.

Qu’en pensez-vous ?

Merci de participer à un débat somme toute fort intéressant. Au plaisir, et sans rancune. Comme je vous l’ai dit, ma fille va dans une bonne école et je n’ai rien à redire contre ce qui s’y fait.

Alain Vadeboncœur

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27 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Totalement d’accord avec vous
Mais vous avez oublié les parents qui envoient leurs enfants à l’école privé…Ils sont généralement plus présent d’un point de vu strictement éducatif…

Autre raison selon moi des médiocres résultats en français….le nivellement par le bas…
De peur de froisser certains enfants et surtout leurs parents, le ministère de l’éducation fait passer tout le monde…même ceux qui ne savent pas écrire au lieu de les encadrer correctement….c’est complétement déconnecté…comme si dans la vie de ces jeunes il n’y aurait que des succès….c’est leurs donner une très mauvaise éducation et vision du monde selon moi…après on se demande pourquoi certains jeunes deviennent violent face à l’échec…Normal on leurs apprends qu’ils peuvent tout faire de toute manière ils vont passer….

Je suis un enseignant au primaire et je suis fatigué d’entendre parler des techniques pédagogiques miraculeuses du privé. S’ils sont si formidables au privé, qu’ils viennent le prouver au public. Afin de vérifier les hypothèses de M. St-Jacques, il suffirait de faire un échange de poste (une année) entre un enseignant du privé et un enseignant du public. Je serais très heureux de voir leur encadrement magique avec 10 élèves en difficulté sur 24 et, avec en prime, avec quelques cas de comportement. Cette expérience permettrait de démontrer qui encadre le mieux et qui a le plus d’imagination afin de faire performer les élèves!

J’ai été à l’école privée et c’pas vrai que je travaillais plus qu’à l’école publique. Des cancres intelligents dans mon genre s’en tiraient presque tout le temps avec un minimum d’efforts (ou aucun effort du tout). Une année (secondaire 2, au privé bien sûr) on m’a même remis un prix pour « effort soutenu », inutile de dire que le reste de ma classe était pliée en deux de rire. J’ai été honnête avec mes parents, je leur ai que je ne faisais jamais rien, mais pas avec la direction de l’école (ou mes professeurs). Mes parents, comme plusieurs autres j’imagine, ne se fiaient qu’aux résultats (qui étaient plutôt bons), alors je n’ai eu aucune conséquence.

Les seules différences j’y ai vu entre le privé et le public c’était dans le genre d’écoliers qui fréquentaient les établissements. Il n’y avait pas de « bully » dans le privé (ou en tous cas, personne qui s’affichait comme tel, sauf quelques exceptions qui ont été renvoyé) et même si je n’ai jamais été victime d’intimidation à l’école publique (j’imagine parce que c’était généralement moi qui avait la carrure la plus intimidante), je me souviens que le climat était très différent juste en raison de leurs présences.

Ce n’est pas le MELS qui est en cause ici, mais bien l’école… Certaines directions demandent subtilement aux enseignants que les moyennes de groupe soient surélevées; on s’aperçoit qu’un élève ayant échoué se retrouve à un niveau supérieur comme par magie; un parent se plaint, oups! arrive un petit changement.
Je rêve que le MELS corrige tous les examens qu’il fait passer aux élèves, non pas par l’enseignant lui-même, mais un correcteur externe, comme pour l’épreuve d’écriture de 5e sec: maths, sciences, histoire, anglais, français. De cette façon personne ne pourrait trafiquer les notes.

On leur apprend , pas de s au verbe apprendre ! En effet, tout le monde a quelque chose à apprendre…

Si on lit la réponse de M. Jean-Marc saint-Jacques, on en conclut que l’école publique n’encadre pas assez ses élèves et ne les fait pas travailler assez fort. C’est le même monsieur qui écrit qu’il ne faut pas tirer des conclusions rapides… Bravo pour la cohérence.

J’enseigne au public. Je fais travailler mes élèves et je les encadre. Depuis que je suis au programme international, je remarque une nette différence.

Par le biais des frais de scolarité exigés pour entrer dans ce programme, on sélectionne souvent en fait des parents qui appuient l’école et/ou qui paient pour des services supplémentaires. On n’a rarement dans une école privée des parents appartenant à un milieu socio-économique défavorisé ou n’ayant pas d’études. Ce sont de sacrées variables favorisant la réussite.

Exactement, les élèves du programme international ont accès à du contenu enrichi et à un meilleur encadrement. Dans notre région, il s’agit de la seule école secondaire qui fait des tests de sélection (aucune sélection dans les écoles privées). De plus, je trouve difficile de justifier le fait de charger des frais aux parents dont les enfants sont choisis. Cela ne nuit-il pas à l’égalité des chances ?

Merci d’avoir pris le temps de répondre M. Vadeboncoeur. Vous remettez les pendules à l’heure en posant des questions justes et tout à fait à propos.

Dr Vadeboncœur,

« Toutefois, cela me surprendrait beaucoup que l’école privée ait, en soi, plus d’expertise et d’expérience en encadrement, qui est par définition l’idée de placer un cadre autour d’un sujet à encadrer. Je ne vois pas vraiment comment elle aurait acquis cette expertise, qui m’apparaît au contraire fort présente dans l’école publique. »

Dès les premières journées du secondaire, les élèves du Collège de mes fils, ont a suivre un certain nombre de règles (oublie de chaussures d’uniforme, devoir non remis, signature d’examen manquante, etc.). À chaque fois qu’un élève est pris à enfraindre une des règles, une note est mise au dossier et les parents en sont informés via e portail de l’école. Les notes (examens, mini-tests, travaux, etc) y sont également disponibles afin de suivre le parcours de nos enfants.

Au public? J’ai une amie dont la fille est au programme international de la polyvalente. Avant le premier bulletin de sa première année, mon amie n’avait AUCUNE idée si sa fille excellait ou coullait ses cours. Et celle-ci a très tôt repéré les professeurs qui ne vérifiaient jamais si les devoirs étaient bel et bien faits et donc, si ça valait la peine de les faire.

« Quand vous dites que les écoles privées font travailler davantage leurs élèves, que voulez-vous dire ? Plus d’heures ? Pourtant, les horaires sont similaires, non ? Des professeurs plus qualifiés ? Pourtant, les formations sont les mêmes, non ? Des méthodes différentes ? Pourtant, les programmes sont les mêmes, non ? Alors, je serais curieux de voir comment se réalise concrètement ce qui, en soi, est sûrement une bonne idée. »

Les horaires sont plus ou moins les mêmes. Mais, après comparaison, les devoirs sont beaucoup plus nombreux et longs au privé. L’école nous dit que la seule façon d’aquérir une bonne méthodologie de travail bien c’est de travailler! Les programmes du privé sont, en général, enrichis, ou sinon, « bonifiés ».

Le laxisme de certaines écoles ne peut être généralisé à l’ensemble. Toute école à un code de vie et l’application de celui-ci revient à la volonté du personnel. Dans une majorité d’école (publique comme privée), l’application du code de vie se fait de manière assez rigoureuse. Il manque possiblement de communication parent-enseignant, là-dessus, je suis d’accord. Mais ce n’est pas une question de privée/publique. Il en va de même pour la quantité de devoir qui variera grandement d’une école à une autre, mais surtout, d’un professeur à l’autre

Comme vous avez parlé: « Au public? J’ai une amie dont la fille est au programme international de la polyvalente. Avant le premier bulletin de sa première année, mon amie n’avait AUCUNE idée si sa fille excellait ou coullait ses cours. »
Sans l’implication des parents, c’est toujours compréhensible de blâmer l’école. Comment un parent n’est pas au courant des connaissances de son enfant? Par manque de temps ou d’intérêt, les parents prennent l’école comme une machine à cerveaux, en attendant le bulletin pour savoir s’il a « réussi » ou non.

Tout à fait d’accord. C’est exactement ce que vivent mes enfants, à l’école privée, et exactement ce que j’entends à propos d’enfants au public… Ce n’est pas sorcier.

Ce que M St-Jacques se garde bien de dire est que la sélection, si elle ne se fait pas sur la base des tests, se fait sur une base socio-économique. Les élèves dont les parents n’ont pas les moyens s’éliminent naturellement du bassin. Nul besoin de mentionner que pauvreté matérielle rime souvent avec pauvreté intellectuelle. Ajouter à cela le décalage de ressources financières des écoles et vous avez selon moi une bonne partie de la «recette magique» du privé. Je serais beaucoup plus porté à penser que c’est le public qui fait des miracles avec les moyens qui lui sont donnés.

Ce n’est pas si pire vous savez….y a bien sur des écoles ou le prix est absolument hallucinant….lorseque l’on magasine, on trouve du simple au quintuple…..oui oui ….le prix pour un enfant a Brebeuf est 5 fois supérieur à celui que je paie pour un des miens…
Dans leur école, il y a toute la gamme de richesse familiale possible…des enfants dont les parents sont : coiffeur, camionneur, peintre, artistes, ….une amie de mon fils, sa mère est tatoueuse…..mais ces parents font les sacrifices qu’ils jugent primordiales pour leurs enfants….

comme Roger16 qui s’est privé de vacance….
en tout cas…l’école de mes enfants, coute moins qu’un voyage pour deux a Varadero….moi je pense que l’avenir de mes enfants prime sur le coup de soleil….

Et puis il existe des programme au publique aussi…tous les programmes internationaux par exemple….s’offre dans tout le secteur public et obtienne de très bon résultat…mais les enfants…..et surtout les parents doivent suivre et s’impliquer….

On a envoyé notre fils à une école privé car c’était un cas problème côté discipline. On a s’est privé d’aller en vacances pour pouvoir payer ses cours de secondaire. J’étais un mécanicien dans une industrie avec salaire ordinaire. Quand on s’est présenté la première journée d’école le directeur a parlé aux élèves en leur disant qu’ils n’avaient pas a avoir peur du privé car ils avaient les mêmes lois qu’au public, la seule différence c’est qu’au privé il faisait appliquer ces lois. Durant la première semaine il a du rester en retenu jusque à 18hr. pour indiscipline avec comme conséquence qu’il a du appeler a la maison pour qu’on aille le chercher a l’école située a 35 kms de la maison, car son autobus scolaire était parti à 16hr. Naturellement il y a eu aussi des conséquence à la maison soit 2 fin de semaine sans bicyclette avec ses amis. Il n’y a pas eu de récidive durant ses 5 années de cours.

Mon fils a fait tout son secondaire au privé. En sec.1 les problèmes ont commencé: devoirs oubliés à multiples reprises, oubli de livres dans son casier, et tutti quanti… Nous allons le faire évaluer et sans surprise un diagnostic de TDAH est tombé… Durant les quelques mois qu’a duré l’évaluation il a accumulé des ‘’billets’’ d’infraction au Collège à la vitesse grand ‘’V’’. Résultat? La direction l’a mis sous « contrat » i.e. une promesse écrite d’améliorer ses oublis et de n’accumuler pas plus de 2 billets d’ici à la fin de l’année (un exploit à faire car sa médication n’était pas encore prescrite). Je n’ai ressenti aucun support, aucune empathie de leur part… Pourquoi? Mon fils n’entrait pas dans leur moule et si cela ne faisait pas notre affaire, nous avions le choix de le sortir du Collège (pas dit dans ces mots bien sûr mais c’est tout comme). Ils avaient à l’époque une grande liste d’attente d’élèves qui souhaitaient y entrer (c’était l’époque du test de performance). Nous avons travaillé fort avec notre fils pour lui permettre de respecter son contrat (il tenait à rester au Collège à tout prix, son choix d’ailleurs) . Il y est parvenu mais en terme de support je donne à la direction un gros zéro, pas aux professeurs qui eux par contre nous ont appuyé. Mais, même malgré cet incident, je reste persuadée que leur éducation, leur culture générale et leur français sont supérieurs à ce qu’ils auraient reçu de l’école publique. Je l’ai remarqué avec les amis et cousins qui ont fréquenté l’école publique qui ont eu de grandes difficultés avec leur cours de français au CEGEP entre autre…

« Par ailleurs, on ne peut passer sous silence le fait que, de façon générale, l’école privée encadre davantage ses élèves et les fait travailler fort […] Se pourrait-il que les écoles qui font travailler davantage leurs élèves pour amener chacun à développer son plein potentiel réussissent mieux que les autres ? »

Monsieur St-Jacques saute vite aux conclusions. Dans le rapport du Comité d’Experts sur le financement, l’administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires, à la page 54, on mentionne : « Dans les pays développés, la réussite éducative dépend avant tout des facteurs propres à l’élève, à sa famille et à son environnement socioéconomique. Selon des chercheurs, cette influence varierait de 70 % à 80 % […] Viennent ensuite les facteurs propres au système scolaire, tels que la composition de la classe, la formation et les pratiques pédagogiques des enseignants, la formation et les pratiques de gestion des directions d’établissement, le climat scolaire, la gouvernance et la gestion du système. Cette influence des facteurs propres à l’école varierait de 20 % à 30 %. »

Contribuer de 20 % à 30 % au succès d’un élève, il n’y a pas de quoi à se péter les bretelles.

Plusieurs critiquent l’accès aux écoles privées. Elles réussissent bien à donner une bonne éducations aux enfants avec un budget similaire à l’école publique. Il y a peu, ça coutait environ $10,000 par an par enfant dans les deux cas.

Pour la rendre accessible à un plus grand nombre de jeunes, on pourrait demander aux gouvernements d’augmenter les subventions au privé, jusqu’à un montant égal à ce qui se donne au public. Les frais que les parents auraient à payer au privé deviendraient bien plus faible, et l’accès en serait grandement facilité pour les moins riches.

Quand aux chances à donner aux coureurs, la comparaison public/privé n’est pas la meilleure. On devrait plutôt comparer le privé avec les écoles internationales, là où il y a une certaine sélection. Cette sélection doit être encouragée. On ne doit pas mettre des élèves qui ne veulent rien apprendre avec ceux qui aiment et veulent apprendre. C’est un peu comme mettre une pomme pourrie au milieu d’un panier de belles pommes. Ceux qui apprennent vite s’ennuient pendant que le professeur répète pour la cinquième fois à celui qui ne comprend rien. Et ça augmente le décrochage scolaire.

On devrait avoir plusieurs niveaux dans les écoles, un peu comme à l’ancienne: enrichi, régulier, allégé. J’ajouterais en plus des écoles pour surdoués et certaines spécialisées pour les élèves en difficulté.

Il semble y avoir un mythe dans notre société selon lequel tous ont la même intelligence et tous peuvent performer à l’école. Ce n’est pas le cas. Certains sont génétiquement favorisés au niveau de l’intelligence. L’apprentissage en classe est aussi plus facile pour les filles, qui ont généralement moins la bougeotte que bien des garçons.

De plus, les élèves qui ne fonctionnent pas bien à l’école devraient avoir accès aux programmes professionnels plus rapidement, et sortir de ces écoles où ils ne veulent rien apprendre. Ça veut aussi dire qu’on devrait les envoyer travailler même avant 16 ans dans certains cas. Il est possible qu’après quelques années sur le marché du travail, ces jeunes décident de revenir à l’école, mais cette fois-ci, avec le désir d’apprendre…

Plusieurs parents et jeunes ne considèrent pas l’éducation comme importante. Pourtant, notre société dépense environ $10,000 par enfant par an. C’est un gros cadeau sur lequel certains crachent carrément, et considèrent les écoles presque comme des garderies pour les enfants et adolescents.

Pour favoriser l’apprentissage, certains psychologues recommande de favoriser l’effort. Ils disent qu’il y a deux types d’étudiants: ceux qui pensent que la réussite est reliée à l’intelligence et ceux qui pensent que c’est relié à l’effort.

D’après leurs études sur des cohortes d’étudiants, ce sont ceux qui pensent que l’effort est important qui performent. Ceux qui pensent que l’intelligence est le plus important se décourage facilement devant des questions qui demandent réflexion et des efforts de compréhension.

L’article est disponible à http://www.scientificamerican.com/article/the-secret-to-raising-smart-kids1/ Ci-dessous un extrait de leurs conclusions.

«According to a survey we conducted in the mid-1990s, 85 percent of parents believed that praising children’s ability or intelligence when they perform well is important for making them feel smart. But our work shows that praising a child’s intelligence makes a child fragile and defensive. So, too, does generic praise that suggests a stable trait, such as “You are a good artist.” Praise can be very valuable, however, if it is carefully worded. Praise for the specific process a child used to accomplish something fosters motivation and confidence by focusing children on the actions that lead to success. Such process praise may involve commending effort, strategies, focus, persistence in the face of difficulty, and willingness to take on challenges. The following are examples of such communications:
• You did a good job drawing. I like the detail you added to the people’s faces.
• You really studied for your social studies test. You read the material over several times, outlined it and tested yourself on it. It really worked!
• I like the way you tried a lot of different strategies on that math problem until you finally got it.
• That was a hard English assignment, but you stuck with it until you got it done. You stayed at your desk and kept your concentration. That’s great!
• I like that you took on that challenging project for your science class. It will take a lot of work—doing the research, designing the apparatus, making the parts and building it. You are going to learn a lot of great things.»

Il serait avantageux d’instaurer des échanges dans le monde de l’éducation entre les écoles privées et publiques pour un meilleur partage des initiatives gagnantes dans un but que tous les élèves puise accéder à la réussite et à l’encadrement sécuritaire des enfants.

Comme dans tous les domaines, le privé offre des services de meilleure qualité, plus efficacement et à un coût final de loin inférieur au public.

Il existe, au public, des programmes de PEI et INTEGRATIC et autres où il y a des sélections qui se font comme au privé. Pourquoi ne pas comparer des pommes avec des pommes?

Monsieur Vadeboncoeur, s’il vous plait, insistez pour que monsieur St-Jacques vous réponde et vous donne des chiffres! J’enseigne le français en cinquième secondaire depuis vingt-deux ans; LA recette du succès est ENFIN à portée de main?! Je ne peux plus attendre! Je veux lire ça!!…