L’élection présidentielle vue par les humoristes de la télé américaine

Les élections américaines sont un terreau fertile pour les humoristes politiques. Attention, monologues décapants!

Alec Baldwin déguisé en Donald Trump et Kate McKinnon en Hillary Clinton pour le sketch «Debate Cold Open» le 1er octobre 2016, pour l'émission Saturday Night Live. (Photo: Will Heath/NBC/NBCU Photo Bank/Getty Images)
Alec Baldwin déguisé en Donald Trump et Kate McKinnon en Hillary Clinton, le 1er octobre 2016, pour l’émission Saturday Night Live. (Photo: Will Heath/NBC/NBCU Photo Bank/Getty Images)

L’humour politique vit un véritable âge d’or à la télévision américaine, gracieuseté de cette élection qui se termine. Dopés par le phénomène Trump, les humoristes s’en sont donné à cœur joie. Voici une petite sélection de ce que les derniers mois leur ont inspiré.

Qui sont-ils?

Late Night with Seth Meyers — Ancien de Saturday Night Live, Seth Meyers est une étoile montante de l’humour politique, grâce à ses segments «A closer look».

Last Week Tonight, avec John Oliver — Avec ses longs éditoriaux, le Britannique plonge en profondeur dans des sujets qui peuvent sembler rébarbatifs.

Full Frontal with Samantha Bee Longtemps correspondante au Daily Show de Jon Stewart, la Canadienne Samantha Bee est maintenant à la tête de sa propre émission, Full Frontal. Le ton y est féministe, engagé, caustique et grinçant. Très grinçant.

The Late Show with Stephen Colbert — Le successeur de David Letterman a apporté de son ancienne émission, The Colbert Report, son penchant pour la politique et la satire.

The Daily Show with Trevor Noah — Propulsé à la tête de l’émission autrefois pilotée par le géant Jon Stewart, le Sud-Africain Trevor Noah avait de grandes chaussures à remplir. Y arrive-t-il? Pas toujours, mais cette élection lui aura peut-être permis de trouver son style.

Saturday Night Live — Après 42 saisons, SNL a-t-elle encore besoin de présentation? L’émission à sketches a déjà été plus influente, mais on se souviendra des imitations de Bernie Sanders par Larry David et de Donald Trump par Alec Baldwin.

***

11 juillet 2015 — Donald Trump promet un mur

La promesse de construire un mur entre les États-Unis et le Mexique est rapidement devenue la promesse phare de la campagne de Donald Trump. Comment ce mur serait-il construit? À quel coût? Le candidat a été plutôt chiche sur les détails. Heureusement, John Oliver est là.

19 janvier 2016 — Sarah Palin appuie Donald Trump

Pour célébrer le retour dans l’actualité de la gouverneure de l’Alaska, Stephen Colbert se fait plaisir dans ce segment qui se termine par une extraordinaire imitation du style longue-phrase-incohérente-sans-point-ni-virgule de Sarah Palin.

29 janvier — Donald Trump boycotte un débat

Invoquant le fait que la modératrice, la journaliste Megan Kelly, a un parti pris contre lui, Donald Trump refuse de participer à un débat entre les candidats à l’investiture du Parti républicain. Qu’à cela ne tienne, Stephen Colbert organise un débat où Trump affronte… Trump.

«Messieurs, vous connaissez les règles du débat: vous dites la première chose qui vous passe par la tête et, peu importe ce que c’est, vous montez dans les sondages.»

1er mars — Super Tuesday

Donald Trump confirme son avance dans la course à la direction du Parti républicain. John Oliver, qui avait jusque-là refusé de parler de l’élection, se lance dans la mêlée. «Make Donald Drumpf Again!» lance-t-il au bout de cette déconstruction en règle.

12 juin — Attentats d’Orlando

Réagissant à l’attentat qui a fait des dizaines de victimes dans un bar gai d’Orlando, en Floride, Donald Trump attise la peur et se vante d’avoir prédit les événements. Dans un segment où il va étonnamment loin, Stephen Colbert sort le tableau et la craie pour tracer un diagramme expliquant la pensée du candidat.

«Donald Trump refuse d’être politiquement correct. Et pour ne courir aucun risque, il refuse même d’être correct.»

18 juillet — Congrès du Parti républicain

À la fin du congrès, Donald Trump devient officiellement le candidat du Parti républicain. Pour l’occasion, Jon Stewart sort de sa retraite le temps d’analyser comment la droite médiatique encense aujourd’hui chez Trump tout ce qu’ils ont dit détester d’Obama dans le passé.

23 juillet — Wikileaks rend publics 20 000 courriels du Parti démocrate

À quelques jours du congrès démocrate, des courriels rendus publics montrent que la direction du parti était activement derrière Clinton, au détriment de Bernie Sanders. Oups!

25 juillet — Congrès démocrate

Après un véritable love fest patriotique, Hillary Clinton est devenue la première femme candidate d’un grand parti aux États-Unis. Samantha Bee résume le congrès.

« »J’accepte votre nomination pour la présidence des États-Unis ». On a attendu toute notre vie pour entendre une femme dire ces mots… et être tout de suite critiquée pour le ton sur lequel elle les a dits.»

16 septembre — Donald Trump reconnaît finalement qu’Obama est né aux États-Unis

«Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final», déclare le candidat. «Fuck you, point d’exclamation», lui répond Seth Meyers.

26 septembre — Premier débat

Pour résumer un débat surréaliste, SNL propose un Donald Trump imité par Alec Baldwin. Une imitation que le milliardaire ne porte pas dans son cœur.

1er octobre — Le New York Times obtient une déclaration de revenus de Donald Trump

Pourquoi Donald Trump refuse-t-il de rendre publique sa déclaration de revenus, comme le veut la tradition? Seth Meyers a sa petite théorie…

7 octobre — Un enregistrement de Trump se vantant d’agressions sexuelles refait surface

Conversation de vestiaires, vraiment? Trevor Noah recadre le débat.

«Si tu parles comme dans un vestiaire partout en dehors du vestiaire, ce n’est pas le vestiaire le problème, c’est toi!»

8 octobre — Wikileaks rend publics des documents à propos de Hillary Clinton

Parmi ceux-ci, on trouve des discours qu’elle a donnés devant des banquiers et des hommes d’affaires de Wall Street.

«Hillary est tellement souvent victime de fuites de courriels que, au point où elle est est, elle devrait simplement nous donner son mot de passe.»

«Vous êtes allée dire à Wall Street qu’elle devrait se réguler elle-même? Vous pensez que des milliardaires qui se régulent eux-mêmes, c’est une bonne idée? Avez-vous rencontré Donald Trump?»

Mais, au final, comment se comparent les scandales de Hillary Clinton et ceux de Donald Trump? John Oliver se penche sur la question.

9 octobre — Deuxième débat

Le résumé de Samantha Bee:

12 octobre — Deux femmes accusent Trump d’attouchements

Ce sera le début d’une série d’accusations que Trump va démentir, criant même au complot. Avec une craie et un tableau noir, Stephen Colbert met à jour la machination.

«Depuis la sortie de ces enregistrements, Donald Trump doit éviter les attaques comme une femme doit le faire quand elle rencontre Donald Trump.»

19 octobre — Troisième débat

Le résumé de Trevor Noah:

Comme tous ses collègues masculins, Samantha Bee a fait un segment sur le troisième débat. Elle est cependant la seule à avoir mis l’accent sur les propos de Donald Trump au sujet des avortements tardifs.

«On dirait que Donald Trump confond se faire avorter et se faire attaquer par un ours. Un avortement à neuf mois, ce n’est pas un avortement, c’est un accouchement.»

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1 commentaire
Les commentaires sont fermés.

On peut aisément constater que les humoristes américains sont beaucoup courageux que nos québécois, qui s’en tiennent au pipi-caca-auto.