L’empoisonneur du Parti québécois

Selon Jean-François Lisée, le PQ aurait «empoisonné» le débat avec sa charte des valeurs. Depuis quand faut-il mettre de côté une question pour la simple raison qu’elle suscite les passions ?

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

PolitiqueLa semaine dernière, Pierre Karl Péladeau a précisé sa pensée sur la défunte charte des valeurs du Parti québécois.

Le présumé meneur dans la course à la chefferie du Parti québécois a déclaré que le projet de laïcité était bon, mais qu’il aurait mérité d’être peaufiné en commission parlementaire. Il se distancie donc un peu de cette proposition, sans pour autant désavouer son principe.

Il n’en fallait pas davantage pour que Jean-François Lisée revienne sur cette question, lui qui nous a appris récemment qu’il songeait à démissionner si le gouvernement Marois avait interdit le port de signes religieux ostentatoires par les fonctionnaires.

Cette fois, il a déclaré que le PQ avait «un petit peu empoisonné ce débat-là». Selon lui, il ne faudrait surtout pas revenir avec un tel projet.

«On a tellement braqué des gens, on a tellement divisé des gens, on a tellement mécontenté les communautés culturelles, on a tellement éloigné des jeunes que de revenir avec ça dans l’avenir prévisible, ce serait contre-productif.»

Cette attaque contre Bernard Drainville, et dans une moindre mesure contre PKP, laisse pantois. D’abord parce que Jean-François Lisée était membre du gouvernement qui a porté la charte des valeurs. Ce débat a duré des mois. Si le PQ a empoisonné les choses, comme il le dit aujourd’hui, le ministre qu’il était aurait dû démissionner. Il a eu tout le temps nécessaire pour le faire.

Mais ce n’est pas ce qu’il a fait. En tenant le discours qu’il tient aujourd’hui, il perd sur les deux tableaux.

Par ailleurs, les opposants à la charte auront raison de douter de la sincérité de ces contritions tardives. Après tout, dans un texte publié dans le New York Times et cosigné par Bernard Drainville, Lisée comparait favorablement la charte de la laïcité aux idéaux de Thomas Jefferson, l’un des pères de la constitution américaine et du principe de séparation de l’Église et de l’État.

Cette comparaison donne la pleine mesure du virage effectué par l’auteur du Tricheur. Et voilà pourquoi, de leur côté, les partisans de la laïcité ne lui pardonneront pas son nouveau discours.

Devant de telles variations de conviction, qui peut prendre au sérieux Jean-François Lisée ?

Le député de Rosemont semble également avoir intégré l’idée que les Québécois sont intolérants. Minimalement, il est hyper sensible à la moindre critique en ce sens. Comme les attaques d’intolérance ont fusé durant le débat sur la charte des valeurs, il faudrait, selon lui, rebâtir les ponts avec les Québécois issus de l’immigration.

Cette lecture de la situation ne tient pas la route. Si plusieurs membres des communautés culturelles étaient contre la charte des valeurs, il n’y avait d’aucune façon un bloc homogène d’immigrants tous hostiles au projet péquiste. Selon un sondage Léger commandé par le gouvernement du Québec au printemps 2013, l’énoncé «Tous les signes religieux visibles devraient être interdits dans la fonction publique» recueillait 34 % d’appuis parmi les répondants allophones. Dans mes contacts personnels, la laïcité trouvait des appuis chez les Latino-Américains, les Haïtiens et certains Maghrébins.

On peut penser également que cette mesure recueillait un fort support dans la communauté française, présente en très grand nombre au Québec. Évidemment, les Français sont des Occidentaux, des Européens qui partagent notre langue. Ils ne font donc pas partie des groupes considérés comme politiquement corrects par les bien-pensants ; ainsi, leur opinion n’importe guère.

De toute manière, pourquoi devrait-on sacraliser ainsi l’opinion des Québécois issus de l’immigration dans ce débat, ou encore celle de tout autre groupe, que ce soient les gens des régions, les femmes, les personnes âgées, la classe ouvrière ou encore les jeunes ?

Même en admettant la supposition absurde voulant que tous les Québécois issus de l’immigration — ou presque — soient contre le retour d’une charte de la laïcité, ou que la jeunesse y est très massivement opposée, cela voudrait-il dire pour autant qu’il faudrait que la majorité des Québécois, favorable à la laïcité selon les derniers sondages, s’abstienne pour faire plaisir à la minorité ? Renoncer à une réforme appuyée par le plus grand nombre parce que tel ou tel groupe s’y oppose équivaut à renier le principe démocratique qui fonde notre société.

Depuis quand une question doit-elle être mise de côté pour la simple raison qu’elle suscite les passions ? La politique ne saurait être réduite à une gestion désincarnée et politiquement correcte de l’appareil d’État.

Notons ici que l’ex-conseiller de Lucien Bouchard est en pleine contradiction. Il a écrit récemment que l’ancien premier ministre avait fait une erreur en ne relançant pas le débat référendaire en 1996.

Pourtant, le référendum avait profondément divisé les Québécois, bien plus que la charte de la laïcité. Les communautés culturelles avaient très largement voté non. En suivant sa logique actuelle, Lisée aurait dû nous dire que Lucien Bouchard avait parfaitement raison de mettre l’indépendance sur la glace.

Le député de Rosemont est très loin derrière, dans une course au leadership qu’il n’a absolument aucune chance de gagner. Croyant marquer des points, il multiplie les propositions et déclarations.

Quand il suggère de créer des cafés-bistrots de l’indépendance où les jeunes se réuniraient pour discuter et ensuite aller faire du porte-à-porte, on peut se contenter d’en rire.

Lorsqu’il accuse son parti d’avoir empoisonné le débat sur la question identitaire, c’est tout autre chose. Après moi le déluge, semble-t-il se dire, et tant pis pour le tort qu’il fait à sa propre formation politique, notamment à long terme, quand il aura perdu la course et que les péquistes devront composer avec les pots cassés.

Si quelqu’un en ce moment mérite le titre d’empoisonneur au PQ, c’est bien Jean-François Lisée.

* * *

À propos de Frédéric Bastien

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.

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22 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Cher Frédéric,

Je dois attirer ton attention sur le fait que tu ne rends pas complètement justice à ma position. Je l’ai pourtant expliquée, non seulement aux journalistes dans l’article que tu cites, mais sur mon blogue vendredi dernier. Je ne renie en rien notre proposition de charte, j’estime simplement que sur la question spécifique des signes religieux pour la fonction publique et parapublique, je défendais à l’époque les droits acquis, j’ajoute maintenant que, pour l’avenir, il me semble contre-productif de reproposer cet aspect de la proposition.

Voici un extrait de mon billet de blogue de vendredi dernier:

Si j’étais chef du Parti québécois, la laïcité ferait évidemment partie des réformes à proposer. Mais il avoir l’humilité de prendre la mesure des cicatrices laissées derrière nous par le débat sur la Charte et spécifiquement par notre proposition d’agir rapidement et sans le moindre doigté pour interdire le port des signes religieux dans le secteur public et parapublic.

Voici ce que j’ai dit aux journalistes ce jeudi:

«On a raté cette possibilité de faire un grand pas sur la présence des signes religieux, je ne pense pas qu’on devrait revenir avec ça dans l’avenir prévisible, parce qu’on a tellement braqué des gens, on a tellement divisé des gens, on a tellement mécontenté des communautés culturelles, on a tellement éloigné des jeunes que de revenir avec ça dans l’avenir prévisible, ce serait contre-productif.»

L’objectif était louable: faire de l’État québécois un espace neutre pour toute les convictions – politiques, sociales, religieuses. Il l’est toujours.

Mais c’est faire preuve d’humanisme que de reconnaître que beaucoup de citoyens québécois sont sortis meurtris de ce débat et que la dernière chose à faire est de les y replonger.

D’autant qu’il nous faut déployer un effort sincère et multiforme pour rebâtir des ponts avec les membres de la diversité québécoise, avec les jeunes québécois qui nous ont tourné le dos à cause de la Charte, avec beaucoup d’intellectuels souverainistes, aussi, qui nous ont faussé compagnie.

Je compte m’y employer avec énergie, avec ma formidable équipe de campagne, et à la tête du parti si les membres me choisissent.

Cela signifie-t-il qu’il faille écarter de notre discours, de notre programme, puis de notre action gouvernementale toute mesure portant sur les accommodements religieux ? Évidemment non.

En quelques mots, sur la laïcité, je propose de:

– Baliser clairement les accommodements religieux;

– Établir la primauté de l’égalité hommes-femmes face à toute demande d’accommodement;

– Interdire le visage couvert dans toutes les interactions avec l’État (y compris le vote);

– Interdire des signes religieux chez les agents coercitifs de l’État (Juges, policiers, gardiens de prison);

– Inciter (mais seulement inciter) les employés de l’État à n’afficher pendant leur travail aucun signe convictionnel (politique, social ou religieux);

– Baliser strictement les écoles non subventionnées à vocation religieuse (répudier l’entente récente d’Yves Bolduc permettant l’enseignement religieux le jour et l’enseignement général le soir) et éteindre graduellement, sur une période de 15 ans, le financement public d’écoles à vocation religieuse ;

– Tenir un vote libre sur le déplacement du Crucifix de l’Assemblée nationale vers le Musée du Parlement, et inviter les députés péquistes à voter en faveur de cette mesure.

***

Voilà. Je suis donc loin de tourner le dos à la laïcité. Sur deux points, les écoles religieuses et le crucifix à l’Assemblée nationale, je vais même plus loin que le projet d’origine.

Quant au fait que les non-francophones étaient divisés sur la question de la Charte, j’y consacre un chapitre dans mon dernier livre et je fais état des projets que Diane deCourcy et moins avions proposé pour rapprocher notre gouvernement de cette diversité.

Je comprends, cher Frédéric, que tu aies fait le choix d’appuyer un autre candidat dans cette course et je respecte ton choix. Je te remercierais cependant de faire preuve de ta rigueur habituelle lorsque tu traites des positions des autres candidats.

bien amicalement,
Jean-François

Pour mon billet sur ma position de candidat sur la laïcité, c’est ici:
L’humanisme, ingrédient clé de la promotion de l’identité http://jflisee.org/lhumanisme-lingredient-cle-de-la-promotion-de-lidentite/

Pour moi Lisée c’est terminé. Dommage j’étais un grand fan. Le gars est brillant et a plein d’idées. Mais cette trahison est impardonnable.

Mais…les péquistes qui hantent les blogs de l’Actualité étaient tous à quatre pattes devant ce même Lisée il n’y a que quelques mois…

Moi pas comprendre.

» il faudrait que la majorité […], favorable à la laïcité selon les derniers sondages, s’abstienne pour faire plaisir à la minorité ? » Si un sondage dit qu’une majorité de québécois sont favorables à la peine de mort (et faîte ce sondage après le procès de Guy Turcotte et vous serez surpris du résultat, alors on devient pro-peine de mort?) Mais plus fondamentalement, est-ce qu’il y a quelqu’un qui a pris note des résultats de la dernière élection générale? Est-ce que quelqu’un a vu les résultats du PQ dans l’élection parlielle de Lévis? HUIT POURCENT! Huit Pourcent tabarnouche! On parle de Lévis, le comté de Jean Garon, pas Westmount, un comté à 115% anglophone! Le PQ et ses partisans (ses fans ou ses fanatiques, selon) peut continuer à nous parler de ses obsessions en nous offrant les solutions du siècle passé, la majorité ne sera pas obligée d’écouter!

Monsieur Lisée semble ne pas faire la différence entre les intérêts personnels et l’intérêt du Parti. Il est prêt trahir sa solidarité ministérielle pour gagner quelques points dans une course à la direction qu’il a perdus avant même l’adoption des règlements de la course en attaquant PKP sur ses parts dans Québécor. Monsieur Lisée, retirez-vous de la course et cessez de jouer le jeu de Québec Solidaire qui veut la disparition du Parti. Alors que les autres candidats sont dans une campagne de proposition d’idées, vous êtes le seul à attaquer vos confrères. Selon vous, pour quelle formation politique vos attaques sont les plus bénéfiques? Certainement pas au Parti Québécois.

«Et voilà pourquoi, de leur côté, les partisans de la laïcité ne lui pardonneront pas son nouveau discours.»

La partisanerie simplette (voire le membership, tout simplement) de M. Bastien apparaît à l’évidence, ici. Car il croit que l’on est soit avec le PQ, soit contre la laïcité.

La soi-disant « Charte des valeurs » est une contrefaçon identitaire de la laïcité, et son émergence était la preuve que le PQ s’était emparé du mot « laïcité » parce que ça faisait joli. (Face à l’autre contrefaçon de la laïcité que représente la soi-disant « laïcité ouverte » à la sauce Jocelyn Maclure, qui elle aussi s’empare abusivement du mot « laïcité » mais revient dans les faits à « religion über alles », vu qu’à aucun moment, fût-il symbolique, les différents cultes n’ont à mettre chapeau bas devant la neutralité laïque de l’État libéral).

M. Bastien joue stratégiquement sur les mots en utilisant indifféremment les expressions « Charte de la laïcité » et « Charte des valeurs ».

Jusque-là « compagnon de route » méfiant des séparatistes sur ce terrain bien précis de la neutralité laïque de l’État – qui seule peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens au sein de la vaste sphère de la vie sociale -, j’ai commencé à faire mon deuil de la laïcité précisément le jour où M. Drainville a eu l’idée funeste de faire de la laïcité un énième « omnibus » partisan et opportuniste, englobant des considérations qui n’avaient plus rien à voir avec les rapports entre les cultes et l’État – un omnibus qu’il a fort malencontreusement baptisé « Charte des valeurs ».

Les membres de parti croient toujours que la seule chose qui existe hors de leur propre partisanerie, c’est la partisanerie adverse, et que toute critique a donc forcément partie liée avec le camp d’en face. Or les choses sont loin d’être aussi simples.

Cela dit, avec Mazzini et Cavour, je suis toujours pour l’Égalité de tous les cultes et le principe immortel « Des Églises libres dans un État libre » (Libera chiesa in stato libero).

Frédéric n’en est pas à une première dans sa maîtrise de tourner les coins ronds.

Et que dire quand c’est PKP qui se met un pied dans la bouche.. comme dans sa déclaration sur la non pertinence du Bloc pour ensuite, sur les conseils de son mentor Landry, recule??

Je trouve renversante l’indulgence des séparatistes en croisade face aux déclarations embarrassantes du député de St-Jérôme.. c’est Jean-François Lisée qui écopent..

Vous savez le pôôvre petit PKP qui ne supporte pas la chaleur de la politique. On ne l’a pas habitué à se faire dire « non ».. Et le harcèlement que les journalistes de Québecor exerce sur les députés du PLQ, c’est correct.?? Harceler l’Empereur, c’est un crime de lèse Majesté, journalistes tenez-vous le pour dit..

Coudon les séparatistes, troquer le joug anglo contre le joug PKP, c’est vraiment un bon « deal »? A plat ventre, c’est à plat ventre..

Les français venus s’établir au Québec, alléchés par le tapis rouge déployé sous leurs pieds par les séparatistes, n’ont pas à importer ici les problèmes d’intolérance d’une France qui n’a pas su gérer ses ex-colonies..

Et oui le projet souverainiste a été perverti.. La haine envers les anglos transpire par tous les pores de la peau des séparatistes.. et c’est cette haine du Canada qu’ils voudraient voir les immigrants épouser..

Ces immigrants ont connu la véritable oppression.. mission impossible que de les amener à vomir une terre d’accueil symbole de liberté.

Le comportement des excités de l’identitaire n’a rien d’édifiant.. Attachez bien vos tuques.. PKP l’indomptable à la tête d’un PQ indomptable… un mélange explosif qui ne manquera pas de nous en faire voir de toutes les couleurs.

Et pendant que les enfants s’amusent, c’est le gros bon sens dont ont fait preuve les Québécois le 7 avril dernier en élisant le PLQ majoritaire qui se retrouve conforté.

On l’a échappé belle!

@ Hélène Beaulieu,

Vous écrivez ceci : « Les français venus s’établir au Québec, alléchés par le tapis rouge déployé sous leurs pieds par les séparatistes, n’ont pas à importer ici les problèmes d’intolérance d’une France qui n’a pas su gérer ses ex-colonies… »

Je suis du nombre de ces français qui sont venus s’établir au Québec, je ne sais pas où vous êtes allé pêcher que les français émigrent parce qu’alléchés par un tapis rouge déployé par les séparatistes. Vous êtes de toute évidence ignorante des conditions d’immigration qui prévalent au Canada. Je dis bien au Canada !

Personnellement pour devenir canadien j’ai comme tout le monde prêté serment d’allégeance à la Reine et à ses héritiers. D’ailleurs les Conservateur voudraient replacer ce serment par un serment au Canada et à son État.

Les problèmes d’intolérance en France ne sont pas pires qu’ailleurs et pour la soi-disant mauvaise gestion des colonies, on repassera ! De nombreux pays colonialistes ont dû faire face à la décolonisation et le premier partenaire commercial de l’Algérie notamment, c’est encore la France. Alors, il n’y a plus de colonies mais toujours de la coopération !

— Vous croyez peut-être que vous savez tout sur tout. Mais pour moi vos propos relèvent plutôt de la médisance et non pas spécifiquement de l’intelligence.

La réplique de J.F. Lisée est surprenante, il nous démontre clairement que Frédéric Bastien avait raison. Lisée affirme qu’il ne tourne pas le dos à la laïcité, il me donne plutôt l’impression qu’il lui présente son derrière, la tête penchée par en avant. L’humanisme de J.F. Lisée me donne des boutons.

Globalement, à peu près tous les candidats à la chefferie du PQ veulent mettre derrière eux cet épisode peu reluisant de l’action du gouvernement péquiste sur le supposé projet de « Charte des valeurs ».

L’explication de cette volte-face est très simple. C’est que les péquistes vivent avec cette idée — qui justement leur permet de survivre –, idée suivant laquelle leur défaite électorale est un « accident de parcours » lorsque d’ici 4-5 ans, le Parti avec son nouveau chef sera fin prêt pour reprendre le pouvoir.

Lorsque vous écrivez : « (…) il n’y avait d’aucune façon un bloc homogène d’immigrants tous hostiles au projet péquiste », vous employé le mot « hostile » qui n’est pas approprié. Une personne équilibrée et « normale » peut ne pas être pour une chose ou pour une autre et ne pas être spécifiquement « hostile ».

Par exemple, le fait que mon régime alimentaire soir végétarien (comme PKP d’ailleurs me semble-il), cela me rend-il hostile aux gens qui ont un régime carné ? Par contre si vous exigez par force de loi, au nom de laïcité par exemple, que tout le monde devrait manger de la viande incluant du porc. Eh bien non, je ne suis pas pour ça !

C’est une question de droit et non pas d’hostilité. Dans ce cas, c’est le respect de mes droits qui prévalent sur toute forme de ressentiment.

— Vous ajoutez : « On peut penser également que cette mesure recueillait un fort support dans la communauté française (…) »

À toutes fins pratiques, j’appartiens à cette « communauté française » au nom de laquelle vous parlez sans en avoir été le moindrement du monde mandaté. Je n’ai pas connaissance, qu’il y ait eu quelque sondage réalisé avec cette « communauté française » justement. La seule chose que je puisse dire, c’est que les français sont très sensibles aux libertés individuelles. Ce qui nous porte à une grande tolérance des uns envers les autres.

À ce titre les français attachent une très grande importance aux « principes » sur lesquels sont fondés la laïcité. Personne jusqu’à présent n’a pu m’expliquer en quoi certains articles de cette défunte « Charte » rejoignaient précisément ces « principes ».

— Vous dites en encore : « Depuis quand une question doit-elle être mise de côté pour la simple raison qu’elle suscite les passions ? »

Précisément vous soulevez un point de philosophie intéressant : « Qu’est ce qui doit définir un bon gouvernement ? Est-ce le gouvernement de la raison ? Ou bien celui d’une apparence de raison gouvernée par toutes formes de passion ? Est-ce qu’un gouvernement animé par une seule passion (voir l’article 1 du Parti Québécois) a-t-il la moindre chance de constituer — un jour — un bon gouvernement ?

— En conclusion : Je ne comprends pas la raison de votre attaque en bonne et due forme à l’encontre de Jean-François Lisée qui selon moi dispose de tous les droits et l’entregent pour nous faire part de ses opinions. Cela relève de notre « libre arbitre » de savoir si nous devrions le suivre ou alors bien pas….

L’auteur ne parle pas au nom de la communauté française, il suppose simplement, que considérant certaines mesures prise en France, il est fort possible que plusieurs immigrant français étaient d’accord avec la Charte. C’est peut-être vrai, peut-être faux, mais lui non plus n’a pas eu connaissance d’un sondage éclairant la question.

@ Julie,

Entièrement de votre avis : « il est fort possible que plusieurs immigrant français étaient d’accord avec la Charte » ; mais entre plusieurs et un « fort support » comme l’écrit monsieur Bastien, vous conviendrez avec moi qu’il y a une certaine nuance, lorsque vos propos son indubitablement plus nuancés que ceux tenus par l’auteur de ce blogue.

J’insisterai de plus que le projet de Charte, n’était pas une « mesure » comme l’écrit Frédéric Bastien, mais bel et bien une loi organique annexée à la « Charte des libertés » cette dernière devant être elle-même modifiée pour pouvoir s’accorder avec ce projet. Alors ! Ne dit-on pas que le Diable est dans les détails ?

Sont « pognés » les péquistes…

D’un côté, un empoisonneur et de l’autre, un tyran parano:

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201411/19/01-4820607-peladeau-ordonne-aux-journalistes-de-ne-pas-lappeler-sur-son-telephone-cellulaire.php

Ne leur reste plus que Drainville. le journaleux haïssable et repoussant.

Serge, de la médisance? Oui il y a en France une montée de l’intolérance alimentée entre autres par les Finkielkraut et Seymour.. la France n’a pas su intégrer ses immigrants, c’est un fait.. Le taux de chômage élevé a poussé à l’exil nombre de Français. La remontée du Front National sous Marine LePen n’est pas un signe de grande ouverture..

19 mars 2014 Le Figaro.. « Québec nouvel eldorado pour les jeunes français au chômage.. Si les jeunes français sont toujours nombreux à se porter candidats pour poursuivre leurs études outre atlantique. les demandeurs d’emploi sont venus grossir les rangs ces 4 dernières années. »

« De surcroit les jeunes français sont bien accueillis au Québec. En moins d’un mois un Français peut trouver un boulot intéressant. »

Oui un Français immigre au Canada mais 77% choisissent le Québec.. A Montréal seulement vivent 110,000 à 120,000 Français. Leur nombre a augmenté de 45% depuis 2005.

Et oui le gouvernement Marois avait aussi courtisé les Français pour les attirer au Québec..

Je ne crois pas que les Français aient quitté la France pour souffler sur les braises de l’intolérance dans leur pays d’accueil. Là-dessus on se rejoint..

J’ai vu en article similaire quand j’ai été en France il y a plusieurs années pendant que Charest était au pouvoir.
(Pas le même article, mais ça démontre quand même que ce n’est pas seulement le Gouvernement Marois qui a courtisé les Français)

@ Hélène Beaulieu,

Pour donner suite à votre réponse….

Il y a une tendance aujourd’hui chez les jeunes, d’un peu partout dans le monde, y compris évidemment les jeunes français, d’aller séjourner quelques-uns pour quelques années, quelques autres pour toute une vie (emploi ou mariage par exemple) dans des pays étrangers.

Ainsi le nombre de français qui vivent ailleurs qu’en France n’a cessé de s’accroître et d’augmenter.

L’avantage qualitatif qui permet aux étudiants français (depuis 1977 si je ne m’abuse) de payer exactement les mêmes frais de scolarité que les Québécois, tout cela contribue à faire du Québec une destination prisée par les jeunes français. D’autant que certaines formations universitaires comme HEC ou Polytechnique notamment, jouissent d’une excellente réputation.

Les études sont effectivement une porte d’entrée pour permettre à ces jeunes d’obtenir après le visa étudiant plus aisément une visa permanent qui leur permettra par la suite de devenir des canadiens à part entière.

Le gouvernement de monsieur Couillard voulait augmenter les frais de scolarité des étudiants français, mais une entente à venir suite à la visite du président Hollande récemment devrait permettre de maintenir cette entente qualitative et devrait permettre aussi à plus de jeunes québécois d’aller étudier en France.

Pour ces jeunes québécois, c’est aussi une porte d’entrée pour vivre en France, y travailler, acquérir la nationalité française et bénéficier par le fait même de tous les avantages de l’espace européen. Ce dont plusieurs ne se privent pas et… ils ont bien raison.

Aussi cette politique qui vise à faciliter la migration dans les deux sens, n’est-elle pas d’aujourd’hui et d’une manière générale, tous les gouvernements et les Premier(e)s ministres du Québec qui se sont succédés, sont allés dans cette direction.

À toutes fins pratiques, les français qui séjournent au Québec, n’y restent en moyenne et en majorité que pour une période de 3 à 5 ans. Ce qui signifie qu’ils repartiront pour la plupart sans la nationalité canadienne. Aussi, si le PQ avait une stratégie électorale avec cette clientèle-là. Ce ne serait pas vraiment réussi !!!

— Pour conclure avec ce débat. Je relève que vous dénoncez non sans raison, la montée de l’intolérance chez un certain nombre de français. Le fait que certains intellectuels y contribuent est une possibilité en effet. Mais je dois dire que des « intolérants » de tous bords, j’en ai rencontré de tous côtés de l’Atlantique. Ce qui pose problème dans plusieurs pays européens, c’est la montée de ce qu’on appelle « l’intégrisme », cela n’était pas aussi fort voici 30 ou 40 ans.

Cette problématique, n’est pas l’apanage d’un seul pays. Même monsieur Couillard et avant lui madame Houda-Pepin dénonçait cette dérive dans la Belle Province et nous pouvons constater que cette tendance peut se vérifier en d’autres provinces comme en Ontario dans laquelle évolue une population musulmane qui soit dit en passant croît actuellement pas mal plus rapidement que les seuls français de France dans la seule province du Québec.

Voici pourquoi, chère Hélène, je pense que vous beurrez le toast un peu grassement 🙂

C’est pour cela que les Péquistes doivent élire Alexandre Cloutier qui est à peu près le seul qui peut rajeunir les idées de ce parti moribond.

En parlant du tyran parano, que faisaient ses journalistes à la poursuite de M.Couillard avec l’affaire Porter. On ne parlait que de ça dans ses journaux et les bulletins de nouvelles. M.Couillard donnait des conférences de presse et on ne lui parlait que de Porter alors qu’il devait expliquer son programme électoral…Monsieur Péladeau prenez votre pilule, vous vous êtes présenté en politique et espérez en devenir le chef acceptez les conséquences ou retirez-vous.

Lisé est un autre opportuniste qui change sa chemise lorsqu’elle est froissée, tout comme ces grandes palabres à 26 lettres d’un intello que la majorité réprouve, nous ne sommes plus dans l’ère de Louis IVX. Hors le discours de Lisé change au gré des circonstances et événements, vous n’avez qu’à relire ses livres qui ont tout d’un intégriste non seulement linguistique mais religieux et des coutumes, tout comme si les nouveaux arrivants étaient tous pour porter fièrement des millénaires de cultures qui n’est pas la nôtre, cette jeune culture qui a comme dieux, le signe du dollar. Il se croit au-dessus de la mêlé et a s’est toujours comporté comme un fervent perroquet, rien de plus. Ses livres sont comme des recettes non-digestibles qu’il tente de cacher avec de la sauce, un retour à l’ère Duplessiste (sic) servi à la moderne. Un petit baron local qui veut devenir roi grâce à ses courbettes. Son stratagème n’est pas de développer des idées mais bien d’enfarger les autres candidats, une démonstration d’un caractère vide qui ne fait que du “copier, coller” en changeant le verbatim. Ce parti a laissé aux Québécois des programmes ingérables qui coûtent une fortune pour acheter des votes à chaque élection, ils sont maintenant et depuis longtemps dans la m… il est grand temps que l’on s’en sorte.

Quelle charte de la laïcité ? Les Pineault-Caron, encouragés par le bienveillant ministre Drainville, voulaient une charte des valeurs québécoises, ce qu’ils ont obtenu.

La communauté musulmane avait monté un site web durant les élections dans le seul but d’indiquer pour qui voter conté par conté , afin de défaire les candidats péquistes. M. Bastien dit qu’il n’avait pas de bloc hostile à la charte, je crois qu’il se trompe.

Lisée n’empoisonne pas le débat, il ne fait que démontrer l’hypocrisie électoraliste du PQ autour de la charte sans pouvoir s’en disculper.

Je suis tellement en colère contre Messieurs Peladeau, Lizée et Drainville que pour moi le P.Q. c’est fini. Ils ont planté des couteaux dans le dos de Madame Marois avec leurs petits sourires et le poing !!! ils ont fait perdre le partie.J’espère qu’aucun de ces messieurs sera élu.
Je n’apprécie pas plus les libéraux .