L’énorme pari de Justin Trudeau

Les déficits de Justin Trudeau sont-ils justifiés dans le contexte actuel à Ottawa ?

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, à Oakville, en Ontario, lors de l'annonce de son plan d'infrastructure. Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne
Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, à Oakville, en Ontario, lors de l’annonce de son plan d’infrastructure. Photo : Paul Chiasson/La Presse Canadienne

Il est fort possible que ce soit un tournant dans la campagne électorale de 2015 : le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a annoncé qu’il allait écrire ses budgets à l’encre rouge afin de dépenser plus. Reste à voir le sens que prendra ce tournant pour la campagne libérale.

Y a-t-il quelque chose de plus différent et surprenant qu’un politicien qui annonce sans broncher qu’il enregistrera trois déficits au moment de ses quatre premiers budgets?

C’est la première carte que joue Justin Trudeau. Celle de la franchise. Il tente d’amadouer les électeurs désabusés qui ne croient plus les politiciens. Il offre une variation rhétorique sur les thèmes du changement et de la différence, très populaires durant la présente campagne.Politique

Ensuite, l’équipe de Trudeau espère que la récession — qui sera probablement confirmée mardi prochain, avec les statistiques officielles sur l’économie du deuxième trimestre — stimulera l’appétit de la population pour un gouvernement plus interventionniste, plus enclin à dépenser son argent afin de stimuler la croissance. Que plus la campagne avancera, plus les électeurs souhaiteront un plan de relance économique.

C’est un énorme pari qui pourrait sauver la campagne libérale ou sérieusement l’amocher. Trudeau joue gros.

En ce sens, le titre à la une du Winnipeg Sun de vendredi matin, le lendemain de l’annonce, montre bien l’ampleur du risque. Bien sûr, les gens du Sun sont de tendance conservatrice, alors un chef qui promet des déficits de 10 milliards de dollars par année sans même savoir à quoi ressemblera la situation économique frôle l’hérésie à leurs yeux. Mais il traduit aussi la pensée de bien des électeurs qui se demandent où s’en va Justin Trudeau avec cet engagement.

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Un pari tout droit tiré du grand livre libéral ontarien, puisque plusieurs stratèges dans l’entourage de Justin Trudeau (à commencer par son plus proche conseiller, Gerald Butts) viennent des gouvernements de Dalton McGuinty et de Kathleen Wynne, en Ontario. Wynne, notamment, a remporté son pari d’un gouvernement majoritaire en promettant de continuer à enregistrer des déficits à court terme.

Ce n’est toutefois pas l’ensemble des Ontariens (et des Canadiens) qui adhèrent à l’idée que le gouvernement fédéral, en bien meilleure forme sur le plan des finances publiques que celui de l’Ontario, doit suivre la même trajectoire.

Non pas que l’idée de se retrouver avec des déficits est perçue très négativement. Le mot «déficit» n’est pas aussi explosif qu’on le pense dans certains cercles, comme en fait foi un coup de sonde de Nanos rendu public cette semaine. Celui-ci montre que la majorité des Canadiens sont d’accord avec les déficits lorsqu’il faut stimuler l’économie.

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C’est là tout le côté délicat de l’histoire. Est-ce que les déficits de Justin Trudeau sont justifiés dans le contexte actuel à Ottawa ?

Depuis jeudi, les économistes interrogés dans les médias semblent s’entendre sur deux choses :

• Les taux d’intérêt sont bas. Il est donc possible d’emprunter sur les marchés à bon prix pour financer un programme d’infrastructures plus ambitieux, tel que le demandent les provinces. Un petit déficit n’a rien de bien grave sur un budget de plus de 300 milliards de dollars par année.

• Toutefois, le Canada n’a pas besoin d’un plan de relance économique qui justifierait des déficits de plusieurs milliards. La récession est modérée et essentiellement due à la chute du prix du pétrole. Or, Ottawa ne peut pas aider le prix du pétrole à remonter ! L’économie n’a pas besoin que le gouvernement imprime de l’argent et injecte des liquidités comme lors d’une vraie récession — 2015 n’est pas 2009. La deuxième moitié de l’année devrait d’ailleurs réserver de meilleures nouvelles sur le front économique.

On doit le déficit projeté par Justin Trudeau à ses promesses électorales plus coûteuses que celles des autres partis, comme l’explique ici Manon Cornellier.

C’est ici que Justin Trudeau ouvre la porte à ses adversaires politiques. Si le gouvernement ne tente pas d’équilibrer les livres ou de limiter les dégâts quand l’économie n’est pas si mal en point, qu’arrivera-t-il si la situation se corse ? De combien sera alors le déficit — 14, 18, 20 milliards ? Quelle sera la marge de manœuvre ?

Plusieurs électeurs de tendance libérale, mais plus conservateurs sur le plan fiscal, vont sourciller en voyant les projections de Trudeau. Ces «libéraux bleus» ont voté pour Jean Chrétien et Paul Martin dans les années 1990, mais ils ont aussi voté pour Stephen Harper en 2011. Vont-ils revenir chez Harper, ou même, qui sait, se laisser séduire par un Thomas Mulcair qui fait tout pour tenter de se donner l’image d’un gestionnaire responsable, pas trop dépensier et apte au pouvoir, contrairement à la réputation du NPD ?

Trudeau a ouvert tout un flanc au centre droit de l’échiquier politique, et Harper n’en est pas mécontent.

Le PLC pourra-t-il compenser en attirant des votes plus à gauche généralement acquis au NPD ? Ces électeurs ont tendance à croire, comme aime le répéter Thomas Mulcair (et comme le faisait Jack Layton avant lui), que les libéraux clignotent à gauche lors des campagnes électorales et virent à droite une fois au pouvoir. Ils sont méfiants envers la marque libérale — l’appui à C-51, le projet de loi antiterroriste, ou encore la réforme de l’assurance-emploi, dans les années 1990, sont des mesures qui leur restent en tête, notamment. Il n’est pas évident que le déplacement sera massif.

En prévoyant des déficits, Justin Trudeau se prive aussi d’attaquer le bilan de Stephen Harper en matière de finances publiques. Depuis le début de la campagne, et encore cette semaine, le chef libéral critique l’ajout de 135 milliards de dollars à la dette et les nombreux déficits de Harper (passant sous silence le fait que les partis d’opposition — PLC, NPD et Bloc — insistaient en 2008 pour que Stephen Harper engendre un déficit afin de stimuler l’économie, quitte à le renverser s’il n’obtempérait pas).

Comment reprocher au chef conservateur ses déficits et l’accroissement de la dette quand on prévoit faire de même ? Autant cela prend du courage politique pour annoncer des déficits pendant trois ans, autant il faut être cohérent et cesser de dire que la gestion de Harper est à ce point mauvaise quand on prévoit en faire autant.

Justin Trudeau attaque aussi depuis des jours la volonté de Thomas Mulcair d’équilibrer le budget à venir. «Pour présenter un budget équilibré l’an prochain, il va falloir faire des compressions majeures qui vont nuire à l’économie, ou bien augmenter de façon sérieuse les taxes et les impôts», a affirmé Justin Trudeau vendredi, à Montréal.

Un argument qui vient de prendre du plomb dans l’aile. L’équipe libérale a certainement avalé de travers la mise à jour du ministère des Finances dévoilée vendredi, dans laquelle on constate que le budget fédéral se porte plutôt bien dans les circonstances économiques actuelles. Pour les trois premiers mois de l’année financière (avril à juin), le surplus est de cinq milliards de dollars. Pour la même période l’an dernier, il n’était que de 0,4 milliard de dollars. Ça ne veut pas dire que l’équilibre va tenir la route jusqu’en mars prochain, mais le printemps n’a pas provoqué de désastre.

Thomas Mulcair ne doit pas être mécontent. Son plan pourrait tenir la route sans «l’austérité néo-démocrate» que dénonce Trudeau.

Le chef libéral, troisième dans la majorité des sondages, avait besoin de brasser la cage et de revenir au centre de l’attention. C’est réussi. Il dirige la conversation politique depuis quelques jours.

Mais il doit éviter que son étonnant plan budgétaire ne se transforme en preuve qu’il est insouciant et incapable de faire des choix difficiles. Bref, qu’il n’est pas encore prêt à gouverner, comme le disent ses adversaires. Ce n’est pas pour rien qu’il fait campagne avec Paul Martin depuis le milieu de la semaine afin de rassurer les électeurs qui doutent. Le risque est bien réel.

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13 commentaires
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Un peu d’histoire. Décembre 2008, après une élection, les trois partis d’opposition se liguent pour renverser le gouvernement conservateur car celui-ci n’a pas prévu de plan de stimuli. Les conservateurs manoeuvrent et reviennent avec un nouveau budget prévoyant d’importants déficits. 2015, on a maintenant pleins de politiciens, commentateurs et citoyens qui reprochent au conservateurs d’avoir fait des déficit, en passant les mêmes qui leur reprochaient de ne pas vouloir en faire…

Maintenant, on achète le plan libéral, des déficit jusqu’en 2019 parce que l’économie chancelle. Ok, mais dans un contexte où les cycles économiques sont courts et l’incertitude économique grandissante qui nous que le plan fonctionnera et qu’en 2019-2020, un autre parti ne nous promettera pas des déficits pour trois quatre ans, question de relancer l’économie. Et c’est ainsi que nous creuseront lentement notre tombe. Wow, bon plan économique.

« on a maintenant pleins de politiciens, commentateurs et citoyens qui reprochent au conservateurs d’avoir fait des déficit, en passant les mêmes qui leur reprochaient de ne pas vouloir en faire »

Et ces même journalistes et commentateurs étaient en pamoison devant Obama et ses déficits à coups de centaines de trillions…

Bon…Justin a choisi de dire la VÉRITÉ!!!

Wow! Chose impensable, surtout au Québec.

Vous croyez que les Libéraux créeraient des déficits? Attendez de vois ce que le NPD fera s’il est élu majoritaire.

Allez voir les résultats du NPD lorsque Bob Rae a dirigé cette province en 1990. Elle ne s’est toujours pas remise de cette catastrophe. Les dommages faits par cette formation de novices sont toujours apparents.

Pouvez-vous nous nommer ne serait-ce qu’une poignée de ministrables chez les néo-démocrates?

Bruits de criquet…!…!

C’est bien ce que je pensais.

Si je pense tout le monde s’entend sur le fait que l’argent public doit être dépensé adéquatement et que les comptes doivent être balancés. Une question se pose pour le Canada : quelles sommes doivent être consacrées au développement ?

Le Canada est-il un pays assez développé ou suffisamment développé ? — Ce pays peut-il accueillir tous ses immigrants sans devoir les forcer (on pourrait dire : les inciter) pour accéder au niveau de vie canadien à devoir lourdement s’endetter ? — Peut-on rejoindre les meilleurs standards de santé et d’éducation pour toute la population sans y mettre le prix ? — Peut-on faire du Canada une puissance militaire de calibre mondial avec du matériel souvent désuet et des ressources très limitées ?

Ou bien faut-il admettre que « vivre exactement selon nos besoins » implique pour les canadiens beaucoup de sacrifices, toujours plus de sacrifices impliquant des mesures d’austérité permanentes (au moins pour une partie de la population), assorties d’un accroissement constant et permanent des impôts et des taxes et autres prélèvements, notamment au niveau des municipalités, pour parer tant mal que bien aux réparations des infrastructures toutes aussi vieillissantes que l’est la population ?

Faut-il avoir recours à un déficit soutenable et constant pour équilibrer notre développement ou faut-il se résigner à vivre lentement mais sûrement dans un inexorable déclin pour longtemps ?

La vérité est que 10 milliards de déficit par ans sur trois ans, ce n’est ni plus ni moins qu’une larme dans l’océan. Pour bien faire, il faudrait trois à quatre fois ce montant par ans sur une période de dix ans. Eh oui ! C’est ce qu’il faudrait pour développer ce pays convenablement ; cela prendrait à peu près 300 à 400 milliards de dépenses supplémentaires sur dix ans !

Mais 300 à 400 milliards, c’est bien peu si vous parvenez dans le même temps à faire progresser votre PIB de 40 à 50%. C’est là précisément où la qualité des politiques et des politiciens peut faire toute la différence.

Si nous ne trouvons pas les moyens de financer notre développement à long terme et ce de manière récurrente pour au moins vingt ou trente ans. Peu importe le parti qui sera au pouvoir en octobre prochain : le Canada ne peut prendre que la voie cruelle de la décrépitude.

Ce n’est pas avec des croissances de 1 ou même 2% par an qu’on fait rouler une économie (presque émergeante) comme la nôtre de la meilleure de toutes les façons. Un pays comme le Canada devrait avoir un taux de croissance régulier compris entre 3 et 5%.

— Et maintenant… Faites-votre choix !

« La vérité est que 10 milliards de déficit par ans sur trois ans, ce n’est ni plus ni moins qu’une larme dans l’océan. » Et dans trois ans, d’autres politiciens trouveront d’autres raisons de repousser l’équilibre. Regardez ce qui se passe au Québec, pour certains l’équilibre est à repouser au calendre grecque (et ça sans jeu de mots). L’Institut Fraser nous apparend cette semaine que les taxes et impôts (total – fédéral, provincial, municipal, scolaire) ont augmenté de 1886% entre 1961 et 2014. Pendant la même période, les logements, les vêtements et l’alimentation ont augmenté respectivement de 1366%, 819% et 561%. Deux observations sur ces chiffres : 1) Si avec des hausses de près de 2000%, les gouvernements manquent d’argents, ce n’est pas un problème de revenu, mais bien de dépense ou de priorité. 2) On s’entend que l’alimentation est un bien mauditement essentiel et les gouvernements ont été assez brillants de s’en tenir loin (ou pas trop proche…). Maintenant, imaginons la hausse des alimemts si le gouvernement s’en était chargé. Je ne connais pas la réponse, mais je parie que cela serait plus de 561%!

@ Martin Beaulieu,

Notez bien que dans mon texte, j’ai évoqué la question de l’accroissement des taxes et des impôts. Si les prélèvements au fédéral baissent, ils peuvent augmenter sur toutes sortes de postes et à tous paliers de taxation et de multiples façons. Ainsi le gouvernement du Québec notamment en plus d’avoir récupéré les deux points de TPS abandonnés par les conservateurs, le gouvernement entend prochainement accroitre encore les taxes sur les alcools et flirte depuis très longtemps avec l’idée d’augmenter la TVQ de 1 ou 2 points supplémentaires.

Ici le sujet de ce blogue est le déficit public. Mais effectivement, la question se pose de savoir si les impôts et autres systèmes de perceptions (de toutes sortes) au Canada sont-ils vraiment progressifs et équitables comme certains l’entendent ?

Lorsqu’on parle de déficit public, il faut bien comprendre ce que c’est que le déficit, quelles sont les missions de l’État et surtout à quoi sert ce déficit public. Ce qui rend craintif une partie de la population envers les déficits publics, c’est parce qu’ils vivent avec cette « idée » que le déficit public est non seulement évitable et que c’est une sorte de monstre incontrôlable.

Hors ce qui est moins contrôlable que les déficits, ce sont les politiques initiées par toutes sortes de paliers d’autorités et de gouvernements. Ce qui est plus difficilement contrôlable ce sont les taux d’intérêts (donc la gestion des dettes), cela dit on peut très bien produire du déficit par du « financement maison » en émettant des obligations d’épargne notamment, dans ce cas les taux d’intérêts sont prévisibles. Dans une économie bien faite, il n’est pas nécessaire d’avoir recours au marché financier pour des prêts à long terme.

À quoi donc sert cet argent dans ce cas ? À se donner les moyens de ses ambitions. Si le Canada ambitionne de rester une des dix premières économies dans le monde, si ce pays entend jouer un rôle de premier plan dans le développement de nouvelles technologies, si ce pays souhaite bien traiter ses ainés, si nous souhaitons développer cette immensité de territoire encore peu ou pas exploité, il est essentiel d’avoir de bons projets, il est capital de pouvoir financer ces projets.

Vous estimez avec raison qu’il n’est pas bon de faire croitre encore indéfiniment les prélèvements et sur ce point je vous rejoins. Quant à moi, j’estime que la clef se trouve dans la croissance du pays. Et qu’on le veuille ou pas, la croissance passe aussi par l’accroissement de l’investissement….

Donc si vous n’investissez pas dans le futur dès maintenant. Savez-vous comment vous allez faire croitre la richesse du pays sans devoir toucher de quelque façon que ce soit aux prélèvements ?

*** NB : Rappelons tout de même pour mémoire que le PIB du Canada devrait se situer cette année aux alentours de 1800 milliards de dollars. Un déficit de 10 milliards annualisé, c’est 0,55% du PIB. Selon les experts de la Banque Mondiale, OCDE et autre FMI. Pour les pays développés, un déficit public est considéré comme parfaitement contrôlé lorsqu’il n’excède pas 3% du PIB.

Aussi même si nous avions un petit déficit récurant de 10 milliards par ans sur vingt ans, son poids dans l’économie canadienne ne ferait que baisser au fil du temps. Mieux même, des investissements bien faits permettent d’accroitre la productivité et le PIB de manière considérable dans la période donnée.

Pensez par exemple au temps perdu en transports pour aller et rentrer du travail. Ce sont chaque année des centaines de millions d’heures et des milliards de dollars qui sont autant de manque à gagner tant pour le entreprises que pour l’économie canadienne lesquels de diverses manières s’envolent en fumée.

D’ailleurs, voici quelques temps l’Institut Fraser avait publié un rapport sur ce sujet très précisément.

« Le Fraser Institute est bien connu des médias, qu’il alimente chaque année de dizaines d’études au vernis scientifique débouchant sur une même conclusion attachée au texte comme un grelot au cou d’une vache : les gouvernements prennent trop de place et coûtent trop cher ! »

Je vous recommande de lire la suite de cet éditorial de J.R. Sanfaçon dans Le Devoir (La lentille déformante) et sa conclusion :

« Un indice de taxation qui fournirait un portrait scientifique de l’évolution des coûts des services publics offerts en fonction de la quantité et de la qualité aurait son utilité. Malheureusement, celui du Fraser Institute n’est que propagande au service d’une cause, toujours la même. »

» l’évolution des coûts des services publics offerts en fonction de la quantité et de la qualité aurait son utilité… » OK, je pars de votre phrase et je prends un exemple : les coûts des CPE au Québec ont augmenté d’un facteur de 8 alors que le nombre de places ont augmenté d’un facteur de 3. On peut continuer comme ça, la qualité de nos routes? Le temps d’attente sur les listes d’attente, le décrochage scolaire. Parler de qualité est souvent une insultte à l’intelligence quand on parle de services publics.

Vos observations intuitives ne constituent pas un « portrait scientifique ». Votre commentaire illustre exactement ce que J.-R. Sanfaçon reproche à l’Institut Fraser avec sa méthodologie déficiente.

« Qualité » et « services publics » dans le même exposé et ce sans rire?

Ma parole, vous êtes vraiment en feu là…

Un peuple le moindrement responsable ne met pas à la tête du gouvernement des partis pour qui les seules solutions sont de faire des déficits!!!

Pour ceeux qui se demande que cela signifie plus de dépenses gouvernementales en voici un exemple : « Martin Coiteux n’a pas du tout apprécié. « On a un changement culturel à mettre en oeuvre dans l’appareil public. Ce n’est pas normal que le président de la SAQ sorte sur la place publique avant que le gouvernement dise les suites qu’il entend donner au rapport. Ce n’est pas normal que Revenu Québec sorte sur la place publique alors que le gouvernement n’a pas encore dit ce qu’il allait faire. Ce n’est pas normal », a-t-il lancé. Il compte instaurer une « culture de l’humilité » dans l’appareil public. Il se dit « convaincu » que la SAQ et Revenu Québec « font des choses très bien », mais ces deux organismes doivent admettre qu’il y a place à l’amélioration. »

http://www.lapresse.ca/actualites/national/201508/31/01-4896724-coiteux-rabroue-la-saq-et-revenu-quebec.php

La machine n’est pas au service des citoyens mais au service d’elle-même! Il me semble que l’on a trop d’exemples tous les jours…

Donc selon Trudeau et son alter ego Gerald Butts (2 diplômés en littérature), il faut faire des déficits chaque fois que l’économie n’est pas parfaite. Vu que l’économie n’est jamais parfaite, il faudrait donc des déficits perpétuels, comme au Québec. Non merci!