L’environnement sera la question de l’urne cet automne, selon le ministre Pablo Rodriguez

En entrevue avec l’équipe du balado Esprit politique, le ministre libéral fédéral Pablo Rodriguez explique le rôle d’un vétéran au sein d’un caucus politiquement inexpérimenté lorsqu’une controverse de l’ampleur de SNC-Lavalin frappe un parti. 

Photo : La Presse canadienne

Le ministre libéral du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, affirme que la lutte contre les changements climatiques sera un enjeu important lors des prochaines élections fédérales, le 21 octobre prochain. Bien plus que la controverse sur SNC-Lavalin qui secoue le gouvernement libéral depuis plus d’un mois, dit-il.

Cet enjeu pourrait même devenir la question de l’urne, soit le facteur le plus important dans la tête des électeurs au moment d’inscrire leur vote, selon lui. «La question de l’environnement va jouer un rôle important. Les jeunes y accordent beaucoup d’attention. Notre gouvernement a choisi de mettre un prix sur la pollution, pour que ce ne soit plus gratuit de polluer. Les conservateurs ne font rien. Ça nous définit clairement l’un par rapport à l’autre, et ça va jouer énormément dans le vote», a-t-il dit en entrevue avec l’équipe du balado de L’actualité, Esprit politique.

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La semaine qui s’amorce est cruciale pour le gouvernement Trudeau, qui souhaite tourner la page sur l’affaire SNC-Lavalin avec le budget fédéral qui sera déposé le 19 mars, et le retour en Chambre des députés, après deux semaines loin d’Ottawa.

Le député montréalais avoue qu’il y a de la nervosité au caucus libéral actuellement, alors que la controverse déclenchée par l’ancienne ministre Jody Wilson-Raybould a fait chuter les intentions de vote du parti libéral. «Il y a certainement un peu d’inquiétude, c’est normal. On est en année électorale, et la grande majorité du caucus a été élu pour une première fois en 2015. C’est la première fois qu’ils s’en vont en réélection.»

En fait, 149 des 180 députés libéraux ont été élus pour une première fois en 2015 et traversent donc la plus importante crise politique de leur carrière. Pablo Rodriguez, élu entre 2004 et 2011, puis de nouveau en 2015, joue le rôle du député d’expérience qui en a vu d’autres auprès de ses collègues du caucus.

Est-ce que le rôle d’un politicien d’expérience dans un caucus s’apparente à celui d’un vétéran dans une équipe de hockey à l’approche des séries éliminatoires?

«C’est comme Marc Messier dans Les Boys: l’important, c’est la dureté du mental!», dit-il en riant, avant de reprendre son sérieux. «Je leur explique ce que j’ai vécu, qu’il y a des bons et des moins bons moments en politique. J’ai vécu un peu de tout, les victoires, les défaites… L’important est de rester calme, de garder le cap et de rester humble. Il faut se rappeler qu’en bout de piste, c’est la population qui décide. Nous, on ne peut que donner le meilleur de nous-mêmes.»

Est-ce que la baisse actuelle dans les sondages est temporaire? lui a-t-on demandé. «Oui, pense-t-il. Ça allait très bien, et là, ça va moins bien. Mais je suis convaincu que ça va revenir comme avant. Il reste sept mois avant les élections et sept mois, c’est une éternité. En fait, une semaine en politique, c’est une éternité, et il en reste 30.»

Comment la controverse SNC-Lavalin se compare-t-elle à une autre grosse controverse qu’il a vécue lors de son premier mandat en politique, soit le scandale des commandites?

«C’est très différent, dit-il. À l’époque, on recevait une tonne de briques sur la tête chaque jour! C’était juste des mauvaises nouvelles. À terme, il y a eu des procès, des gens ont été reconnus coupables et certains ont fait de la prison. Tout ça dans un contexte de gouvernement minoritaire! Il y avait Belinda Stronach qui a traversé le plancher de la Chambre [pour rejoindre les libéraux] et le député [indépendant] Chuck Cadman qui a voté pour sauver le gouvernement. C’était une période complètement folle! Il n’y a rien de tout ça présentement. Sans minimiser ce qui se passe, c’est davantage une différence d’opinions. Il faut garder la tête froide.»

Que pense-t-il de la gestion de la crise depuis un mois au sein du bureau du premier ministre? Comment le premier ministre lui-même a-t-il géré cette saga, à son avis?

«Ç’a été une période difficile et ça continue de l’être, convient-il. On sait tous que c’est difficile aussi pour le premier ministre à travers tout ça. C’est un humain comme nous. Il reçoit beaucoup d’attaques et son ami, Gerald Butts, a quitté. C’est une occasion pour nous de nous réunir et de foncer vers les élections.»

Pablo Rodriguez avoue qu’il y a un «malaise» au sein du caucus, alors que les députées Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott y siègent toujours. Cette semaine, mercredi, aura d’ailleurs lieu la première réunion du caucus depuis deux semaines et une discussion sur le sort des deux élues semble inévitable.

«C’est certain qu’il y a un malaise, affirme-t-il. Je ne sais pas [ce qui va se produire]. Le premier ministre a son mot à dire, mais le caucus et le bureau du whip aussi. Ils vont intervenir et nous parler. Ça fait deux semaines qu’il n’y a pas eu de caucus. Ce sera l’opportunité de se rencontrer cette semaine. C’est une grosse semaine.»

Pablo Rodriguez était l’invité d’Esprit politique, le balado de L’actualité animé par Marie-France Bazzo — avec la collaboration d’Alec Castonguay, Philippe J. Fournier et Mathieu Charlebois. L’équipe analyse et commente les événements politiques à Québec et à Ottawa . Le groupe reçoit régulièrement des invités pour ajouter du relief à la discussion (Brigitte LegaultDominique AngladeCatherine FournierYves-François BlanchetÉric MontignyVincent Marissal et Alexandre Boulerice se sont succédé jusqu’à présent). Pablo Rodriguez et Catherine Fournier étaient les invités du plus récent épisode, enregistré le 14 mars.

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9 commentaires
Les commentaires sont fermés.

J’entendais Mario Dumont qui analysait le témoignage de Judy Wilson-Raybauld et surtout la portion de son propos où le Bureau du premier ministre assure qu’elle aura une belle couverture de presse à la suite d’une éventuelle décision de retenir un arrangement avec SNC puisque les Libéraux ont de bons contacts dans des médias qui pourront arranger une couverture favorable. Ce passage a eu peu d’échos dans nos médias. Je crois qu’il y aurait là une belle piste à creuser…

Une industrie irresponsable qu’on subventionne..
donne une société qui a des comportements irresponsables.

L’industrie du pétrole (et minière) n’existe que pcq elle a été exemptée de toutes les lois de protection de l’environnement, pcq elle a son propre système de justice parallèle avec le tribunal d’arbitrage et pcq elle se gave de subvention publique et pcq elle ne paye pas ses dettes elle est aussi délinquante. Les actionnaires et les initiés se portent bien mais aux détriments de tout le reste.
Quand on s’illusionne sur le vrai coût de notre dépendance au pétrole, le mieux qu’on puisse dire de nous serait du je-m’en-foutisme sur une échelle qui va jusqu’aux actes criminels contre l’environnement.

Quand on a une ministre de l’environnement qui sert de porte-parole pour les pollueurs on marche sur la tête.

Nos élus qui pensent que pour se payer un environnement propre il faut d’abord faire plus de gazoducs et d’oléoducs, et bien c’est aussi abjecte que de proposer la prostitution juvénile pour payer ses études afin d’avoir un bonne job plus tard.

Avant de voter il faudrait que tous les électeurs et politiciens écoutent attentivement Greta Thunberg.

SNC-Lavalin c’est un problème à l’échelle humaine qui se négociera avec des solutions humaines.
Mais on ne peut pas négocier avec la planète en utilisant les lois du marché.

Nous connaissons les solutions, il faut cesser de donner la parole aux Marchands de doute.

Désolé pour Pablo. Je ne ferai jamais confiance à un parti politique qui a acheté un pipeline de 4 milliards. Il faudrait arrêter de rire des électeurs. Aucune crédibilité pour les rouges d.Ottawa!!!!…..

la caq et les républicains se sont fait élire majoritairement sans parler d’environnement et le parti vert s’est positionné comme l’alternative verte en demeurant un parti négligeable.

Pablo Rodriguez a mis ses petites lunettes roses!!! Le voyage ridicule en Inde, le cas Bill Morneau en conflit d’ intérêts, le pipeline Kinder Morgan, la démission du président du Conseil du trésors, l’ affaire SNC-LAvallin, la démission de JWReyboult et son amie l’ autre madame ministre qui dit clairement qu’ elle n’ a pas confiance au premier ministre, la démission du greffier en chef Wernick ( qui s’est pris momentanément pour un ministre senior ) et frais d’ hier la nomination comme conseillère indépendante du gouvernement d’Anne Mclleland ancienne ministre libérale et sans compter les contrats de navires donnés essentiellement aux chantiers maritime de Vancouver et Halifax ( d’ ailleurs un procès les attend) L’ enveloppe de plusieurs milliards de dollars pour les infrastructures qui n’ a pas été dépensé depuis l’ élection des libéraux en 2015 !!! Non M. Rodriguez vous n’ avez vraiment mais vraiment pas la même lecture que bien des gens comme moi qui suivent la politique !

Oui, la nomination de Mme McLelland est une farce libérale de grande envergure! Les libéraux ont faim de contrats juteux payés par les contribuables et on sait que l’affaire SNC-L est justement une affaire de contrats juteux pour les amis des libéraux. Ils veulent nous faire croire que c’est pour les jobs… mais une autre compagnie pouvait très bien faire le travail et les ingénieurs sont en demande partout. C’était vraiment pour protéger la compagnie et ses actionnaires contre la directive gouvernementale qui interdit les contrats avec des criminels pendant 10 ans… Directive d’ailleurs qu’ils pourraient changer si la compagnie est déclarée coupable mais politiquement ce pourrait être encore pire – alors ils ont choisi la voie facile des pressions politiques, espérant que l’affaire ne serait jamais ébruitée…

Peut-être que le du Patrimoine essaie-t-il
de faire diversion ? Le PLC est tellement assailli par un
ensemble de mauvais dossiers actuellement , qu’il devra retrouver ses ! Et ce Rodriguez devra retrouver
son calme en Chambre et laisser tomber sa démagogie outrancière .

Il veut faire croire que les Canadiens ont oublié les promesses brisées de son parti et leurs mensonges. Ils misent sur l’environnement alors que leur chef a le douteux honneur d’être Monsieur Pipeline avec son arrogance et son intransigeance face à l’opposition de bien des milieux en Colombie-Britannique, surtout chez les Premières Nations. Comme environnementaliste on a déjà vu mieux et si les conservateurs sont pires que les libéraux, reste le NPD et les Verts qui sont vraiment plus proche de l’environnement ou encore le Bloc qui peut mettre des bâtons dans les roues des deux « grands » partis traditionnels.

Il est certain qu’ils vont tout faire pour étouffer l’affaire SNC-L mais est-ce que les électeurs vont avoir la mémoire aussi courte? On voit bien que Mme Wilson Raybould a raconté les faits tels qu’ils étaient et qu’elle a tenu tête au PM et son entourage, ce qui lui a valu une rétrogradation. Même Wernick a démissionné, lui qu’elle a dit lui avoir fait des menaces voilées, confirmant un tant soit peu son témoignage. La réalité qu’ils veulent étouffer en faisant croire qu’il s’agissait d’emplois, c’est qu’ils ont tenté de faire des pressions politiques dans un dossier de poursuites criminelles, ce qui est totalement inacceptable dans une société démocratique. C’est là qu’on voit l’élasticité de l’éthique libérale…

Alors, tant mieux si « l’environnement sera la question de l’urne », le Bloc sera en excellente position pour remettre au PLC la monnaie de son pipeline.