L’équilibre délicat des libéraux

Pour arriver à des déficits annuels tout juste inférieurs à 10 milliards les deux premières années, ils misent sur des économies de 6,5 milliards sur quatre ans.

PolitiqueLes libéraux ont enfin chiffré la totalité de leur programme, mais leur cadre financier dépend, pour se concrétiser, des économies qu’ils espèrent réaliser en faisant le ménage dans les dépenses fiscales.

Le Parti libéral du Canada (PLC) affirme faire preuve de prudence en s’appuyant, contrairement au NPD, sur les prévisions de croissance moins optimistes du directeur parlementaire du budget (DPB) et de la Banque du Canada, plutôt que sur celles du dernier budget.

(En introduction, le document néo-démocrate précise qu’il se fonde sur le budget et la mise à jour faite par le DPB en juillet. Les députés qui ont présenté le cadre du NPD ne l’ont toutefois pas répété de vive voix.)

Le PLC ajoute qu’il n’a pas tenu compte d’éventuels revenus provenant de la légalisation de la marijuana ou de ceux que générerait la plus grande croissance économique attribuable à leurs importants investissements dans les infrastructures.

Mais pour arriver à des déficits annuels tout juste inférieurs à 10 milliards les deux premières années, d’un peu moins de 6 milliards la troisième et à un maigre surplus de 1 milliard la quatrième, ils misent sur des économies de 6,5 milliards sur quatre ans.

Lesquelles? Un gouvernement libéral mettrait fin à la publicité partisane, réduirait de façon draconienne le recours à des consultants externes et, surtout, procéderait à un examen en profondeur des dépenses fiscales.

Voilà qui est une bonne nouvelle. Cela fait des années que les experts et même les députés du comité des finances demandent qu’un tel examen ait lieu pour simplifier le système fiscal et pour en améliorer l’équité. Le hic est qu’on ne peut savoir d’avance quels crédits ou déductions disparaîtront. Les vôtres ou les miens?

Les libéraux disent vouloir éliminer la déduction pour option d’achat d’actions dans le cas des personnes gagnant plus de 100 000 dollars. Ils promettent aussi de donner plus de moyens à l’Agence du revenu du Canada pour combattre la fraude et l’évasion fiscale. Mais là s’arrêtent les précisions.

Qui écopera?

Interrogés sur le sort des multiples crédits ciblés créés par le gouvernement Harper, ils mesurent leurs paroles. En conférence de presse, samedi, une journaliste a demandé si cela pouvait toucher des crédits comme celui pour les activités physiques des enfants. Le député sortant et candidat John McCallum a soutenu que ce crédit serait sûrement épargné, mais il a reconnu aussi que tout serait sur la table.

Comme l’indique le texte du cadre financier, l’objectif sera de réduire les avantages fiscaux qui profitent «injustement» aux personnes gagnant plus de 200 000 dollars par an, a rapidement précisé l’ancien ministre et candidat Ralph Goodale.

L’analyse sur laquelle repose le plan libéral est bien connue, le chef Justin Trudeau l’énonçant à chacun de ses arrêts. L’économie fait quasiment du surplace, elle a besoin d’un coup de fouet et la classe moyenne, d’une bouffée d’air, quitte à afficher de «modestes» déficits à court terme. Les conditions s’y prêtent. Les taux d’intérêt sont plus bas que jamais et le rapport dette-PIB est non seulement faible, mais décroissant. C’est le moment idéal pour faire des investissements importants dans les infrastructures qui auront un effet positif à long terme sur l’économie, concluent-ils.

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Mais ils n’investissent pas que dans les infrastructures. Le coût de cette promesse sera d’un peu plus de 5 milliards par année les deux premières années et de 3,45 milliards par année les deux années suivantes. Le total des dépenses envisagées atteint 33,3 milliards en 2016-2017 et 35,9 milliards, 34,8 milliards et 35 milliards les années suivantes.

Pour financer leur nouvelle allocation non imposable pour enfants, les libéraux récupéreront les fonds destinés aux allocations que celle-ci remplacera et ils annuleront le fractionnement du revenu aux fins d’impôt pour les familles. Pour réduire l’impôt de la classe moyenne, comme ils disent, ils hausseront celui des Canadiens appartenant au 1 % des plus riches. Les autres économies viendront de l’annulation de la hausse du plafond des contributions au compte d’épargne libre d’impôt et de l’élimination graduelle des subventions à la production de combustibles fossiles.

Mais tout cela ne suffira pas à boucler leur budget; ils devront réaliser les économies promises sur le front fiscal. Ils espèrent glaner 500 millions la première année, un milliard, deux milliards et trois milliards par la suite.

Un peu de flou

Le document libéral est plus précis que celui du NPD lorsque vient le temps d’expliquer les données utilisées pour réaliser ses calculs, mais il a une zone d’ombre similaire à celle que les libéraux reprochaient aux néo-démocrates. Les deux partis ont encore des annonces à faire. Pour conserver la surprise, ni l’un ni l’autre n’en précise la nature ni le coût détaillé dans son cadre financier. Les deux offrent un chiffre global, mais on ne pourra en vérifier l’exactitude qu’à l’approche du scrutin.

Les libéraux ont encore près de 7,5 milliards d’engagements sur quatre ans à dévoiler. Le NPD, de son côté, en avait encore pour 10,7 milliards sur quatre ans au moment du dévoilement de son propre cadre financier. Ce sont de gros morceaux. On peut parler aussi d’une faiblesse, mais elle est quasi incontournable lorsqu’il reste encore trois semaines de campagne.

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16 commentaires
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Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
— Nicolas Boileau (L’Art poétique)

Lorsqu’on s’efforce de regarder les choses pragmatiquement, tout en évitant de sombrer dans la partisannerie. On s’aperçoit que les NPD tout comme les Libéraux s’ingénient surtout à fournir des arguments à leurs adversaires Conservateurs. Ils s’entendent à fourbir un écho défavorable à l’effet qu’ils ne pourront tenir leurs promesses sans augmenter les taxes et les impôts et/ou au prix de déficits publics de facto avec les Libéraux et éventuellement avec le NPD.

Si les Libéraux révisent à la baisse les perspectives de croissance pour 2015-16 par rapport à celles du budget, ils suivent des hausses pour les années subséquentes supérieures aux prévisions budgétaires, tout spécialement en 2016-17. Dans tous les cas quoiqu’il en soit tout se joue dans les dixièmes de points. Autant dire que toutes prévisions confondues on reste dans la marge d’erreur.

Si personnellement j’ai toujours défendu que des déficits d’investissement peuvent être un levier intéressant pour soutenir la croissance ou pour la maintenir, le fait que les Libéraux revoient à la baisse les perspectives de croissance la première année, puis n’évaluent pas l’impact supérieur des investissements sur le PIB. Cela ressemble à un aveu implicite que les déficits en seront aussi de fonctionnement. Hors, les déficits de fonctionnement ne sont pas expressément des facteurs de croissance. Cela illustre plutôt des carences ou des déséquilibres au niveau de la gestion de l’État.

De plus, un cadre financier bien fait, devrait décrire aussi précisément que possible, les besoins et les priorités pour ces investissements. Le must serait une feuille de route, un cadre descriptif et un échéancier. Et pas seulement une série de tableaux avec des saupoudrages à ±100 millions. Après tout nous avons le droit de savoir dans quels projets précis le fédéral entend investir.

Quoique les mesures de performances de l’État ne soient pas exactement celles de l’entreprise privée, le niveau de qualité des services est aussi important que son coût. Ce qui induit la question suivante : Faudrait-il réformer l’État canadien ? Peut-être bin…. Hormis une révision de certaines échappatoires fiscales, on ne voit pour le moment à peu près rien venir dans cette direction (surprises assurées après l’élection).

Pourtant, une bonne chose aurait été de faire montre de courage et oser rouvrir la Constitution, de remettre tout sur la table avec le concours des Provinces — de mener de front des politiques nationales en énergie par exemple -, quitte à fonder un nouveau Sénat, cette fois élu (scrutin proportionnel), qui soit représentatif des Provinces, comme l’est par exemple le Bundesrat (Conseil fédéral allemand), ce qui permettrait à chacune d’elles de prendre part à toutes les décisions, incluant une proportion de ministres issus d’un Sénat élu. Un équilibre nécessaire serait à trouver pour le bon fonctionnement des institutions. Si on souhaite la croissance de l’économie, il faut aussi faire croître le cadre institutionnel.

Ainsi le PLC, sous prétexte de vouloir faire plaisir à tout le monde, sans vouloir blesser personne, vérifie de bonne façon l’adage qui veut que : « Qui trop embrasse mal étreint ». Rien à voir avec les années Chrétien.

— Pas certain qu’avec ces promesses mal cadrées, enjôleuses et ciblées de tous les partis, on se retrouve au soir du 19 octobre prochain avec un gouvernement majoritaire dûment élu pour quatre ans. Pour bien faire, toutes les formations devraient s’en retourner à la planche à dessin. Et disons qu’advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire. Cela leur laissera le temps pour nous revenir plus tard avec de véritables propositions.

Libéraux comme NPD promettent mer & monde aux contribuables et leurs promesses ne teinnent pas la route!! Quand tu défaies le passé pour construire l’ avenir à crédit ; tu rends l’ économie instable et par le fait même , tu rends les électeurs insécures!!
Là je parle bien des électeurs ( ceux qui vont aller voter) et non des des soi-disants spécialistes ou des partisans aveuglés ou des anti- Harper qui ne connaissent absolument rien des programmes progressistes et très honéreux de ces deux partis!!

« Les conditions s’y prêtent. Les taux d’intérêt sont plus bas que jamais et le ratio dette-PIB est faible en plus de décroître. » Et si c’était l’inverse. Et si on remboursait nos dettes lorsque les taux d’intérêt sont bas pour avoir un coussin lorsque les taux vont remonter. Ceux qui utilisent les bas taux comme excuse à l’endettement croient-ils réellement qu’ils vont rester bas éternellement? La journée qu’ils vont remonter et que notre dette aura gonflé, on se retrouvera avec un beau problème. En passant, des déficits ne sont que des impôts reportés, un jour il faudra passer à la caisse.

C’ est bizarre qu’ on entend pas ce genre de commentaires de la part des soi-disant spécialistes en économie!! Il s veulent plaire aux polititiens et ne se trempe que la grosse orteit dans l’ eau!!

Imaginez un spécialiste, un Pierre Fortin de ce monde ; allez dire à Radio Canada et TVA qu’ emprunter de l’ argent par milliard mëme si ça crée un déficit pour les personnes âgées, les garderies ect… En fait pour l’épicerie et que nous allons payer plus tard avec sans doute des taux d’ intérêt plus élevés!!!

Le rapport dette/PIB canadien est parmi le plus bas des pays occidentaux! Que représente un déficit budgétaire de 10 G$ sur un PIB de 2000G$ et un budget de 300G$! Des peanuts! L’important, c’est où seront les priorités des mesures d’aide annoncées par les Libéraux et/ou Néo-démocrates: sur une économie du 21e siècle? Ex: transport en commun, énergies renouvelables, recherche fondamentale, etc..et en coordination avec les provinces.

@ Martin Beaulieu,

Lorsque les taux d’intérêt sont bas et les recettes fiscales au rendez-vous, rien n’empêche un État de constituer des réserves (exemple au Québec : le Fonds des générations) tout en même temps emprunter sur les marchés. Ces réserves sont utiles d’une part en période de récession, pour maintenir l’investissement sans devoir augmenter les taxes et les impôts, de plus elles viennent consolider le PIB et elles permettent justement d’obtenir des taux d’intérêt plus bas puisque les intérêts sont calculés en fonction du taux de base des banques centrales et de la solvabilité de l’emprunteur.

Les emprunteurs qui disposent de réserves et aussi de biens valorisés pourront toujours emprunter à meilleur taux.

Une augmentation brutale des taux de base des banques centrales est improbable avant plusieurs années. Dans le meilleur des cas, le taux augmenterait très progressivement sur plusieurs années tout en restant dans des limites raisonnables.

L’explication en est assez simple, les problématiques liées aux dettes sont mondiales. Pas seulement les dettes souveraines des pays, mais encore les dettes des entreprises et des ménages. Je lisais un article récent sur le sujet. D’après certaines évaluations, toutes les dettes en circulation dans le monde représenteraient environ 3 fois le PIB mondial. Ce qui ne plaide pas en faveur d’une augmentation importante des taux d’intérêt, surtout pour les emprunteurs très solvables comme le Canada.

Un dernier aspect qui doit être pris en compte dans l’opportunité d’un pays de procéder à des emprunts ou bien pas, c’est le ratio dette/PIB. Au niveau de la seule dette fédérale, le ratio est actuellement assez bas (aux alentours de 30%). Les Libéraux misent que les investissements réalisés dans les infrastructures vont permettre de relever très sensiblement la valeur du PIB sur 4 ans, au-delà des prévisions actuellement prises en compte dans le Budget (multiplicateur du Ministère des finances du Canada).

Ainsi, selon les projections des Libéraux. Le ratio dette/PIB devrait se trouver aux alentours de 27% dans 4 ans. Ce qui est réaliste.

— En conclusion : la production d’un déficit d’investissement raisonnable (contenu à un maximum de 3% du PIB) est soutenable pour un pays dont les finances sont bien gérées. J’aimerais ajouter que les baisses de taxes et d’impôts (hormis des baisses ciblées) ont rarement un effet spécialement bénéfique pour l’investissement privé, la consommation et l’augmentation du nombre d’emplois. Au contraire, ces baisses réduisent les marges de manœuvre de l’État qui risque de voir ses recettes baisser ou stagner en cas de contraction de l’activité économique (fusse-t-elle sectorielle), l’exemple le plus parlant est celui de la baisse de pétrole entraînant une sensible réduction des recettes fiscales au niveau fédéral et une chute drastique pour la province de l’Alberta. Ce qui fragilise la capacité en investissement de cette province, incluant le secteur privé.

d’ accord, mais dépenser de l’ argent pour des programmes sociaux et/ou créer des emploies artificiels c’ est à dire des emploies gouvernementaux avec tous les avantages qui viennent avec, ce n’ est pas une bonne solution!

Investir dans l’ industrie et l’entreprise privée, dans la recherche, c’ est une toute autre chose! Là ça vaut la peine.

C’est exactement ce que j’entendais dans mes propos, la recherche et le développement notamment, c’est important.

Votre commentaire souffre de plusieurs erreurs de raisonnement. La première est que les états ne remboursent pas leur dette et elles n’ont pas à le faire puisque les états sont intemporels. Elles laissent rouler la dette, c’est-à-dire, lorsque vient les échéances, elles empruntent à nouveau.

Deuxième erreur, c’est que vous ne tenez pas compte de l’inflation lorsque vous supposez une augmentation des taux d’intérêt. Si les taux montent, c’est dû en grande partie à l’inflation. C’est donc en fonction du taux d’intérêt réel qu’il faut examiner les variations de la dette. De plus, vous ne tenez pas compte du taux de croissance du PIB et des revenus et dépenses de l’état qui sont les autres facteurs importants lorsqu’on examine la dette d’un état.

Même avec un déficit, si le taux de croissance du PIB est supérieur au taux d’intérêt réel, les dettes d’un état diminuent.

Par distraction, je me rend compte que j’ai mis à quelques endroits le pronom « elle » lorsqu’il est question de l’état. C’est une erreur, qu’on me pardonne.

Comme je l’ai expliqué, les taux d’intérêts dépendent du taux directeur et de la solvabilité des emprunteurs, j’aurais pu ajouter le volume des prêts et la durée des amortissements. L’inflation peut certes avoir un impact également sur le calcul d’un taux, mais il ne devrait pas être un argument premier, car aucun État n’est gagant à avoir de la sur-inflation.

Ce qui pose actuellement problème, c’est que certains prêts peuvent avoir un rendement négatif quand on prend en compte le taux concédé versus l’inflation. Ce sont ces aspects qui plaideraient en faveur d’une hausse raisonnable des taux qui selon les professionnels devraient pour être profitables se situer entre 3,5 et 5%.

**** Petite correction : « mais il ne devrait pas être un argument premier, car aucun État n’est gagant à avoir de la sur-inflation » : mais elle ne devrait pas être (…), car aucun État n’est gagnant (…).

« L’inflation peut certes avoir un impact également sur le calcul d’un taux, mais il ne devrait pas être un argument premier… »

En tout cas, la Banque du Canada ne partage pas votre avis parce qu’elle se fait un devoir de cibler l’inflation à 2 % en jouant sur son taux directeur. Hors, comme il est écrit ci-dessous, l’inflation joue un rôle important sur la décision d’augmenter ou de réduire le taux directeur, et il est normal de déduire qu’une hausse du taux directeur et des taux d’intérêt en général est due à une hausse de l’inflation.

« … la Banque s’est plutôt attachée, lors du renouvellement de l’entente en 1995, à maintenir, à moyen terme, l’inflation au taux bas, stable et prévisible de 2 % par année, soit le point médian de la fourchette de 1 à 3 % utilisée. […]

La cible de maîtrise de l’inflation aide la Banque du Canada à déterminer les mesures de politique monétaire à prendre pour préserver la stabilité des prix à moyen terme.

Pour atteindre la cible d’inflation, la Banque ajuste (augmente ou réduit) son taux directeur (le taux cible du financement à un jour 1 ), qui influe à son tour sur d’autres taux d’intérêt au sein de l’économie. » Banque du Canada, La cible de maîtrise de l’inflation, document PDF : http://www.banqueducanada.ca/wp-content/uploads/2010/11/cible_maitrise_inflation.pdf

@ Marc Sauvageau,

À l’origine du débat, la question était de savoir si les taux d’intérêt concédés par les institutions prêteuses allaient augmenter ou bien pas. Que la Banque centrale se fixe des cibles (pas toujours atteintes) pour maintenir un niveau stable de l’inflation, cela ne change rien à l’affaire. Aucun taux de base ne peut juguler l’inflation et vous devriez regarder plutôt — pour étayer votre raisonnement -, quels sont les facteurs susceptibles de générer l’inflation.

En période de forte croissance économique, la plupart des marchés ont une tendance à générer de l’inflation. À ce moment, les banques centrales augmentent leurs taux d’intérêt, ce qui théoriquement a pour effet d’augmenter le loyer de l’argent. Ce qui aurait pour effet toujours théorique de réduire sensiblement l’expansion ou dans le meilleur des cas de la stabiliser.

Dans une économie de marché, ce n’est pas la Banque du Canada qui fixe les taux d’intérêts. Elle a un rôle de régulateur. En revanche les taux d’intérêts tiennent compte du taux de base de la banque centrale. Toutefois, les banques ou autres institutions prêteuses ne sont pas obligées de répercuter l’accroissement du taux directeur et elles ont toujours la possibilité de moduler leurs propres taux si elles souhaitent néanmoins soutenir avantageusement l’expansion.

Aucune banque centrale ne prendra le risque d’augmenter ses taux jusqu’au point de briser la croissance pour sauver l’inflation. Si tel était le cas d’ailleurs, les banques centrales seraient un puissant régulateur et tous les produits et services augmenteraient de façon radicalement stable de 2% tous les ans.

D’autre part, les taux de la banque centrale influent aussi sur le marché obligataire, une trop forte hausse des taux d’intérêts entraine un transfert de l’épargne vers d’autres produits de placements. Et le cas échéant la fuite des capitaux, laquelle peut accentuer le rythme de la dévaluation. Hors la pire chose qui soit, c’est un rythme incontrôlable de l’érosion monétaire précisément. Lorsque la valeur de la monnaie peut également influer sur le taux d’inflation puisque cela est directement liée aux prix à payer des importations ou à l’augmentation des marges bénéficiaires en cas de raréfaction.

Aussi la Banque du Canada joue sur plusieurs tableaux puisqu’elle doit autant que faire se peut veiller à maintenir au huard une valeur équitable dans le temps.

— Au risque de me répéter, le débat portait sur les taux d’intérêt et non sur les taux d’inflation. C’est pourquoi, j’estime que mon raisonnement en cette matière était bon.

« En période de forte croissance économique, la plupart des marchés ont une tendance à générer de l’inflation. À ce moment, les banques centrales augmentent leurs taux d’intérêt »

C’est le même raisonnement qui est l’essence de mon second commentaire.
@ Serge Drouginsky
« Au risque de me répéter, le débat portait sur les taux d’intérêt et non sur les taux d’inflation. C’est pourquoi, j’estime que mon raisonnement en cette matière était bon. »

Je comprends un peu mieux votre première réplique suite à mon commentaire, sauf que mon premier commentaire ne s’adressait pas à vous, mais à Martin Beaulieu qui supposait qu’une hausse du taux d’intérêt nominal augmenterait automatiquement la dette, sans tenir compte du taux d’intérêt réel (moins l’inflation) qui est l’une des variables qui influence l’augmentation ou la diminution de la dette.

@ Marc Sauvageau,

Voilà qui est fort bien. — Quoiqu’il en soit, je suppose que le débat était ouvert. Usuellement, c’est pour cela que je précède mes réponses de manière adressée. C’est que lorsqu’il y a plusieurs commentaires superposés cela permet de savoir plus exactement à qui les commentaires se trouvaient initialement destinés.

— Enfin, l’objectif de l’exercice n’est-il pas d’échanger pour faire progresser le débat, si possible ?