Les 2 grands chantiers de la campagne: langue et éducation

Nous sommes dans la dernière ligne droite de la campagne électorale. Les promesses des partis sont maintenant connues. À la lumière de l’ensemble de ces propositions, certaines visions se détachent.

Bien sûr, on parle depuis quatre semaines de lutte à la corruption, d’économie, de ressources naturelles, de santé…

Mais lorsqu’on examine en détail les idées des partis, on se rend compte que deux pièces sont plus cohérentes et élaborées que les autres. Elles regroupent un ensemble d’éléments qui peuvent jeter les bases d’importantes réformes aux répercussions à long terme (bonnes ou mauvaises, selon le point de vue) sur la société québécoise.

Deux visions aux grandes ambitions. Et aux inévitables controverses.

La langue au Parti québécois.

L’éducation à la Coalition avenir Québec.

Voyons de plus près.

D’abord la nouvelle loi 101 que Pauline Marois souhaite déposer dans les 100 premiers jours d’un gouvernement péquiste et la citoyenneté québécoise qui suscite déjà bien des grincements de dents.

La chef du PQ a même dû reculer 24 heures après un point de presse sur sa proposition de citoyenneté québécoise, affirmant qu’elle ne s’appliquerait finalement pas aux anglophones et aux autochtones déjà au Québec, mais seulement aux nouveaux arrivants.

Le PQ souhaite, avec cette citoyenneté:

Faire passer un test linguistique aux immigrants pour leur donner le droit de se présenter à des élections scolaire, municipale ou provinciale; avoir le droit de présenter une pétition à l’Assemblée nationale et pouvoir contribuer à un parti politique.

(Notons, au passage, que le Québec contrôle la majorité de son immigration et que la connaissance du français est déjà un élément important dans les critères d’admission.)

Lorsque le PQ avait abordé cette idée en 2007, il avait subi les remontrances de la Commission des droits de la personne et plusieurs experts juridiques avaient déclaré que cette proposition de citoyenneté québécoise est discriminatoire et contraire aux chartes des droits et libertés. Il y aura donc du travail au PQ pour convaincre du bien fondé de cette idée.

(D’ailleurs, pour un parti qui s’opposait férocement à la Loi 78 du gouvernement Charest en soutenant qu’elle contrevient aux chartes des droits et donc à la liberté des citoyens, une telle proposition sur la citoyenneté québécoise, qui sera traînée à coup sûr devant les tribunaux, est plutôt étonnante…)

Du côté de la nouvelle loi 101, le PQ propose:

– Application de la Charte de la langue française aux entreprises de 11 à 49 employés. Une mesure qui touche 54 000 entreprises.

– Fin des exceptions à la Charte accordées aux grandes entreprises qui oeuvrent dans l’exportation, comme Bombardier.

– Interdiction aux francophones et nouveaux arrivants de fréquenter les cégeps anglophones. Une mesure qui toucherait 8 000 élèves.

– Fin des écoles passerelles

 

«Il faut prendre les moyens pour s’assurer d’avoir les outils nécessaires pour protéger le français comme langue commune au Québec. Le français est le fondement de notre identité, c’est lui qui nous définit, qui nous distingue», a affirmé Pauline Marois.

Le Parti québécois estime que l’usage du français comme langue commune à Montréal recule et que cette situation justifie les grands moyens.

Cette vision suscite déjà son lot de critiques, y compris dans les rangs du Parti québécois. Priver des adultes de leur liberté de choix en éducation ne passe pas comme une lettre à la poste, même si le PQ affirme que la langue utilisée au collégial dicte souvent la future langue de travail. Le débat des chefs à Radio-Canada a montré que la pente est savonneuse, même pour Pauline Marois, qui a peiné à défendre son idée.

Louis Bernard, ancien grand mandarin de l’État qui a participé à la course au leadership du PQ en 2005, affirme que c’est carrément une erreur.

«Personnellement, je suis très mal à l’aise de penser que le Québec va limiter le droit de nos jeunes adultes qui veulent fréquenter le cégep de choisir l’institution qui correspond le mieux à leur choix de vie et à leurs ambitions», affirme Louis Bernard dans un texte intitulé «La loi 101 n’est pas un ersatz pour la souveraineté», publié sur le site du Huffington Post.

L’ex-président de la FECQ et candidat du PQ dans Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, affirme que convaincre les jeunes d’accepter l’application de la loi 101 au cégep sera un «défi important» puisque c’est un «débat qui divise beaucoup les gens». «Si on forme le prochain gouvernement, on va avoir beaucoup de travail à faire à ce niveau-là», a-t-il confié au Devoir. Sans parler du casse-tête de structure pour adapter le réseau francophone à l’arrivée de 8000 nouveaux étudiants.

Faire appliquer la loi 101 aux 54 000 petites entreprises du Québec ne sera pas une mince tâche bureaucratique.

N’empêche, la vision du PQ est cohérente. On peut aimer ou non ces engagements, demander des ajustements, mais elles forment un tout, une proposition concrète à la population. Le parti estime qu’il faut un coup de barre pour ancrer davantage le français dans la métropole. Et ne lésine pas sur les moyens pour y arriver, quitte à y aller d’une nouvelle salve de mesures coercitives musclées. Fini la sensibilisation et les incitatifs.

Les transformations dans la société seraient importantes. À la hauteur des critiques et de la controverse.

Aux citoyens de juger.

Pour François Legault, c’est le système d’éducation qui a besoin d’un coup de barre. La série de propositions dans la plate-forme de la CAQ est aussi longue qu’ambitieuse. En tout, la CAQ veut investir 1 milliard de plus par année dans les écoles.

La CAQ propose:

– Ajout de 5 heures par semaine à l’horaire des écoles secondaires pour favoriser l’aide aux devoirs et les activités parascolaires comme le sport, les arts ou la lecture. C’est l’école de «9 à 5».

-Offensive contre le décrochage scolaire, notamment avec l’ajout de professionnels spécialisés.

– Abolition des commissions scolaires afin d’accroître l’autonomie des écoles (création de 39 centres de ressources pour aider les écoles)

– Amélioration de la rémunération des enseignants en fonction du profil sociodémographique de l’école

– Évaluation des enseignants et formation continue

– Réduction de la hausse prévue des droits de scolarité à l’université (200 $ par année et indexation par la suite). Amélioration du régime d’aide financière aux études

– Hausse du financement des universités en échange d’un effort de rationalisation des dépenses

– Création d’un cours sur l’entrepreunariat et les finances personnelles au secondaire

– Augmentation des visites culturelles pour les étudiants

– Abolition du cours d’éthique et de culture religieuse au primaire. Ces heures seraient consacrées à d’autres matières.

 

«Le meilleur investissement qu’une société puisse faire dans cette perspective est de se doter d’un système d’éducation de haut calibre. Ce sera la priorité absolue d’un gouvernement de la Coalition Avenir Québec. La relance du Québec doit impérativement passer, comme ce fut le cas durant la Révolution tranquille, par une revalorisation de l’éducation et par des investissements massifs dans ce secteur», affirme François Legault.

La Fédération des commissions scolaires (FCS) a vivement critiqué cette réforme, alors que les compagnies de transport scolaire ont évoqué des coûts supplémentaires et un casse-tête logistique pour le retour des enfants à la maison. «Le budget global des autobus au Québec est autour d’un demi-milliard de dollars, ça serait encore plus coûteux», dénonce la présidente de la FCS, Josée Bouchard.

Hors de Montréal, on s’inquiète de la disparition des commissions scolaires, souvent un lien important dans la communauté. Et de la sécurité des enfants qui doivent marcher, le soir, l’hiver, jusqu’à la maison. Les professeurs se demandent si un brassage de structure est vraiment nécessaire.

L’Association des commissions scolaires anglophones, de son côté, s’inquiète des plans de la CAQ… et du PQ.

François Legault assure que l’approche 9 à 5 ne serait pas «mur à mur» et serait implantée là où c’est possible. Le chef de la CAQ est tellement convaincu que son chantier est essentiel pour l’avenir du Québec qu’il a même mis le pied dans le champ miné du débat de valeurs sur l’effort, l’éducation et le dépassement de soi…

Peut-on appliquer l’ensemble de cette réforme? Difficile à dire. Des ajustements seront probablement nécessaires.

Mais tout comme la langue au PQ, la CAQ est cohérente. Il y a une volonté d’arrêter les demi-mesures pour tenter véritablement quelque chose. La décrochage n’est pas uniquement un problème scolaire, c’est également un désastre économique et social dans une société du savoir, surtout chez les garçons. Qu’une plate-forme ose en faire une grande priorité est en soi une bonne nouvelle.

Encore là, le brassage ne se ferait pas sans heurts.

Aux citoyens de prendre la décision finale.

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D’un grand journaliste que je respecte, avoir l’impression que la plate-forme de la CAQ «ose faire une grande priorité» l’éducation… c’est troublant.

Car, le monde de l’éducation est un grand monde complexe (vous le soulevez) et les «demi-mesures» ne font que rarement concensus.

Au delà de votre analyse plutôt intéressante, il y a les propositions de la CAQ qui sont troublantes :

– débat de structures
– débat de conditions des ressources humaines
– débat des ajouts des ressources humaines
– débat des heures d’ouverture d’une école.

Je résume bien entendu. Mais il manque un fil philosophique conducteur. Ou du moins on sent un peu l’administrateur.

Tous les autres parties politiques offrent des solutions. Un exemple qui n’a pas été repris par les médias : les maternelles 4 ans par le PQ. Étant dans le monde de l’éducation, je peux vous affirmer des attentes du milieu sur les maternelles 4 ans (avec les ressources nécessaires).

Le monde de l’éducation est complexe. Enseigner est une facette de l’humanité complexe. La réduire à des opportunités administratives c’est troublant.

Si je peux me permettre: tout le monde est spécialiste de l’éducation : c’est troublant également.

La CAQ offre ce que les faux spécialistes de l’éducation souhaitent : on coupe, on dégraisse et le gros bon sens fera le reste. Et ce sans mobiliser les acteurs de l’éducation. Je me répète… mais c’est troublant.

Est-ce que j’ai une solution ? En partie. Mais elle n’est pas intéressante : et si on pouvait décréter des Etats Généraux de l’éducation tous les 4 ans ? J’aimerais également le proposer pour la santé, l’accompagnement des aînés, l’énergie…

Informer les citoyens. Faire circuler des informations rares sur les conditions essentielles en éducation selon les chercheurs en éducation.

Au moins les faux-spécialistes de l’éducation pourront citer les Etats Généraux à tous les 4 ans …

Merci de votre analyse … Quand même !

Je déplore un peu que le programme linguistique du PQ (tout commes les mesures de la CAQ en éducation), dans ses détails, soit transformé en enjeu électoral. Ce sont des enjeux beaucoup trop sérieux, à mon avis, pour le contexte d’une campagne, où de plus ces programmes sont attaqués superficiellement ou démagogiquement pour motifs stratégiques. Je rêve d’un jour où ce genre d’enjeux seraient évoqués en campagne mais plutôt proposés dans les détails par le parti au pouvoir en cours de mandat, puis soumis à une consultation populaire.

Je ne suis pas spécialiste (loin de là), mais en me basant sur ma réalité de Montréalais (souverainiste, d’ailleurs), certaines des mesures linguistiques me semblent un peu manquer la cible.

Dans le milieu du travail, probablement pas. J’en ai fait l’expérience moi-même. Pas dans les petis commerces anglophones, mais plutôt dans les compagnies, surtout celles gérées par des compagnies étrangères. Le seul rampart que les gestionnaires locaux ou les employés ont pour empêcher un employeur étranger (Américain, bien sûr, mais si ça se trouve les compagnies françaises qui fonctionnent entièrement en anglais incluant à Paris sont encore pire) d’imposer un fonctionnement complet en anglais c’est la loi 101. Au niveau commercial, ceux qui ne respectent pas la loi sur l’affichage sont plus souvent qu’autrement des chaînes… américaines. Même à Westmount, je peux me faire servir en français presque partout (même dans une librairie anglophone), sinon parfois par des étudiants étrangers qui ne trouvent pas d’emplois dans les quartiers mixtes ou francophones. Se faire servir en françcais, c’est encore plus vrai (quoiqu’avec le vieillissement des unilingues, de moins en moins) si les employés sont jeunes. Les anglo-montréalais sont très conscients des difficultés sur le milieu du travail pour les unilingues.

Ces 25 dernières années, j’ai vu d’un côté l’anglicisation de Montréal, mais également les progrès peut-être moins visibles mais bien présents de sa francisation. Dans mon quartier multi-ethnique dont les communautés sont souvent plus près culturellement des anglophones la situation a bien changé depuis 25 ans. Au début l’anglais dans les commerces étaient encore très présent, maintenant c’est une question de choix – les employés sont bilingues. Je cotoie chaque jour ces « enfants de la loi 101 ». Si beaucoup ont un intérêt restreint pour la culture francophone, ils demeurent parfaitement fonctionnels en français, contrairement souvent à leurs parents de première génération. J’habite près de l’université McGill, et les anglophones unilingues que je cotoie maintenant ne sont presque plus jamais « Montréalais », ni même québécois. Ce sont des étudiants étrangers (incluant les canadiens… mes voisins ontariens ont passé 4 ans à Montréal et ne peuvent toujours pas m’addresser plus de quelques mots en français. Ma voisine vancouveroise elle est devenue parfaitement fonctionelle en français en un an.. en étudiant à McGill, c’est pas mal!).

Bloquer l’accès au cégeps anglophones, ça me semble être priver les francophones qui visent une carrière internationale de pouvoir se doter du bagage nécessaire pour être vraiment fonctionnel en langue anglaise à l’extérieur du Québec, en plus de rendre plus difficile l’adaptation d’étudiants francophones ou allophones à l’université anglophone. Autant je suis d’accord avec les limitations actuelles avec aux niveaux primaire et secondaire, autant j’ai de gros doutes au niveau collégial… et tout ça pour seulement 8000 étudiants.

Nonobstant que les mesures soient bonnes ou non, je trouve que le PQ a fort mal « joué ses cartes », et depuis longtemps. L’approche est trop antagoniste. Il faudrait en finir un jour avec les mesures mal présentées qui entretiennent les tensions et ressentiments entre anglophones de souches et francophones à Montréal, et peut-être qu’un jour on devrait se décider à arrêter de parler d’anglicisation et à viser plutôt l’américanisation, qui est dans le fond le vrai problème qui freine les gains qu’on a fait avec les politiques – le même auquel presque toutes les grandes villes non-anglophones du monde font face: l’omniprésence de la culture américaine et ses tendances hégémoniques qui s’infiltrent partout, et pas seulement au niveau linguistique, qu’on laisse « nos anglos » un peu tranquilles. Tout un contrat, pas mal plus compliqué que d’avoir bilinguisé nos anglos, bien sûr.

J’aimerais bien mieux voir une approche culturelle au problème s’ajouter aux mesures linguistiques proprement dites (les lois sont nécessaires – surtout au niveau de la vie publique et du marché du travail, mais on doit aller plus loin, différemment). Je me réjouis de voir plus d’anglophones ou d’allophones fonctionnels en français et surtout d’enfants de la loi 101 sur la scène médiatique et culturelle, mais il en faudrait bien plus, et faire une place encore plus grande à la culture tant québécoise que francophone dans les écoles – et lâcher un peu Yves Thériault ou le Survenant et penser un peu plus aux Robert Lepage et cie.

Les politiques linguistiques nous ont fait faire des progrès tangibles. J’aimerais bien qu’on songe un peu plus à d’autres approches, comme d’intégrer les communautés anglophones et allophones maintenant passablement bilingues dans notre univers culturel, qu’on l’encourage plus officiellement, et qu’on travaille sur les framcophones un peu plus aussi – cette détestable manie qu’ont la plupart des Montréalais de s’exprimer socialement en anglais avec des allophones et anglophones par exemple. Dieu sait qu’eux-mêmes nous reprochent souvent cette attitude, ce manque de cohérence. L’interculturalisme passe par là, à mon avis. Quand je vois pour piger un exemple parmi tant d’autres une Josée di Stasio faire place à de jeunes chefs montréalais issus de la communauté anglophone à son émission, je trouve que ça va exactement dans la bonne direction, comme de voir un Denis Trudeau avec Josée Legault, ou le chroniqueur anglophone de votre magazine. Tout ça se fait naturellement dans la vie de tous les jours à Montréal – de plus en plus au fil des années – mais il faudrait s’interroger pour voir s’il n’y a pas des mesures, des programmes pour encourager et accélérer le tout. Il y a des limites à vouloir et pouvoir ostraciser ou légiférer – un moment donné il faudrait se demander si les gens de langue maternelle autre que le français ont vraiment l’espace et les opportunités pour vivre en français et se sentir valorisés à le faire. Les tensions linguistiques ont principalement touchés la génération précédente. Pas certain que ce soit justicieux de repartir le même débat avec la génération « loi 101 » d’anglos et allos largement bilingue plutôt que de regarder des approches plus positives, surtout de l’avoir fait dans le climat volatil et trop souvent superficiel des campagnes électorales. Autour de moi, à part antagoniser les anglophones et fourni du combustible frais aux Don Macphersons de ce monde, je ne suis pas sûr de ce que le PQ a accompli avec ses annonces et surtout le moment qu’il a choisit pour les faire. Une amie anglo me disait il y a six mois qu’entre le conflit étudiant et Harper, elle ne voyait pas d’un si mauvais oeil le retour du PQ au pouvoir (pas de là à devenir souverainiste ou voter PQ) maintenant elle souhaite la défaite du PQ de tout son coeur.

À quand appel d’anglophones à un respect de la nation québécoise et de la langue française, langue officielle du pays Québec ? Quand la communauté anglophone cessera-t-elle de vivre au Québec comme en territoire conquis par les Britanniques en 1759, province léguée ensuite par ces derniers au Rocanada en 1982 ? La communauté anglophone du Québec n’aurait-elle toujours pas compris qu’elle a gagné une bataille en 1759 mais perdu la guerre depuis ? Plus jamais la nation québécoise ne tolérera ce comportement de l’anglo vivant à Montréal comme s’il vivait à Toronto et partout ailleurs dans le Rocanada, imposant sa langue à tous ses interlocuteurs au Québec comme il fait partout ailleurs dans le monde. Arrogant, despicable !!!

Voici un lien d’article pour susciter la réflexion. En dessous.

S’exprimer de façon propre en dehors de ce lien pour tous.
Vous oubliez, M.Castonguay que les universités de McGill et Concordia sont disponibles pour tous. Le Cégep en français donne une chance à l’enseignement primaire et secondaire en français pour les jeunes dont les parents sont immigrants de s’encrer à l’âge adulte pendant 2 ans seulement tandis que l’Université anglaise au française disponible dure 5 à 6 ans.

Le psychodrame est absurde d’autant que le Québec vit un bilinguisme fédéral qui tient peu compte du caractère insulaire presque du français au Canada par le biais du Québec. De plus, en Europe, les jeunes Français doivent s’expatrier pour étudier en anglais à New York ou Londres pas au Québec qui néanmoins veut se donner les moyens de maintenir Montréal ville française.

L’article de M.Dufresne en dit beaucoup plus..

L’éducation de F.Legault, Sébastien résume l’opinion mienne ici.

http://quebec.huffingtonpost.ca/maxime-duchesne/loi-101-cegep-mal-necessaire_b_1828058.html

Dans toutes choses, il y a le fond et la forme. C’est un peu comme en peinture, si vous n’avez pas un bon fond, votre peinture ne tiendra pas bien, va s’écailler ou ne sera tout simplement pas belle. Pour poursuivre la comparaison, si vous avez un bon fond et que votre peinture est de mauvaise qualité ou que vous n’avez aucune habileté pour peindre, eh bien, le résultat ne sera pas terrible !

Pour revenir dans le détail. On peut dire que Pauline Marois a bien raison dans le fond. Que le Québec n’est pas le premier foyer francophone pour rien et qu’il est absolument essentiel et capital de cultiver notre jardin, comme l’a si joliment mis Voltaire dans la bouche de Candide ou l’optimisme.

Et puis on peut dire que François Legault a aussi bien raison dans le fond et que des personnes qui sont bien éduquées ont plus de chance d’emprunter la bonne direction, que des personnes intelligentes qui restent sous-développées.

– Dans le fond tout le monde a raison !

Alors que faut-il faire ? C’est précisément là que la forme prend toute sa signification. Faut-il pour protéger la beauté de la langue, la culture française adopter des mesures un peu plus contraignantes ou faut-il laisser faire ? Dans ce cas la réponse est double : il faut être un peu plus contraignant et en même temps un peu plus créatif. Car la langue et la culture, c’est aussi un art de vivre à l’état pur.

Faut-il être plus dirigiste en éducation où construire des cadres de vie qui soient propices à l’épanouissement de l’instruction ? Ce que monsieur Legault propose, c’est de transformer la structure administrative pour dégager des fonds pour développer les ressources humaines en pédagogie. Est-ce que cette méthodologie est suffisante pour former la jeunesse ?

Telle est bien la question. On oublie ici l’essentiel, c’est que l’école est une seconde maison. Aussi faut-il transformer ou construire des écoles qui soient émotionnellement des foyers accueillants. Ce volet affectif et relationnel n’existe pas dans le programme de François Legault. Et ici pour se faire et paraphraser Jean de La Fontaine : « Ce n’est pas la forme qui manque le moins, ce sont les fonds qui manquent le plus ! »

Je vous dirait bien humblement qu’il n’est pas vraiment facile d’intervenir lorsqu’une situation se dégrade et qu’elle atteint un niveau de pourrissement avancé.

Pas facile pour la langue française à Montréal où se concentre les communautés venus d’ailleurs. Le message est contradictoire:on leur demande une maîtrise de langue française alors que, dans la réalité il faut les 2 langues pour se trouver du travail. Avec ça, vous avez des francophones qui n’osent pas exiger d’être répondu en français. On dirait un peuple qui n’a pas d’âme, qui n’a pas la fierté de sa culture et de sa langue.

Limiter les droits ou faire la promotion de notre culture et de la qualité de la langue? M.Lévesque aurait préférer d’en faire la promotion. Le problème c’est que depuis au moins 15 ans pratiquement rien n’a été fait alors..La solution rassembleuse et facile est de légiférer.

En ce qui concerne l’éducation, la proposition de M.Legault frappe fort et cible la structure comme remède aux maux du système. Va-t-elle succiter un courant, une responsabilisation des parents et des acteurs afin de faire chuter le décrochage? C’est un pari audacieux qui ne s’improvise pas en quelques coups de crayons.

Au delà des formules simplistes, j’endosse cette volonté d’agir et de le faire de façon frontale car autrement toute réforme est vouée à frapper un mur d’indifférence et de lourdeur. Il faudra que la CAQ paufine le contenu de ce projet afin de succiter un mouvement qui viendra aussi de l’intérieur.

M. Castonguay,

QUE FAITES-VOUS DE LA MORALITÉ CHEZ LES POLITICIENS ?

NE CROYEZ-VOUS PAS QUE ÇA DEVRAIT ÊTRE LÀ UN ENJEU MAJEUR ?

QU’EN FAITES-VOUS ?

«Combien de vertus apparentes cachent souvent des vices réels ! Le sage est sobre par tempérance, le fourbe l’est par fausseté.»
[Jean-Jacques Rousseau]