Les Albertains font mentir les sondeurs

La progressiste-conservatrice Alison Redford a remporté son pari: perpétuer la dynastie de son parti en renouant avec le conservatisme plus modéré de Peter Lougheed et en misant sur l’ouverture de sa province vers le reste du pays, plutôt que sur un retranchement derrière un «mur pare-feu». Elle a rallié des libéraux et perdu à peine six sièges pour obtenir une majorité confortable. Ouvertement déçue, Danielle Smith, du Wildrose Party, a dû admettre que le conservatisme social d’une bonne partie de sa base et qui a refait surface en fin de campagne ne fait plus autant recette. L’inexpérience de son équipe aurait aussi été un facteur. Comment expliquer alors qu’à peu près tous les sondeurs et oracles aient prédit sa victoire? À mon avis, trop de gens ont négligé le très grand nombre d’indécis qui ont changé la donne dans les derniers jours de la campagne, une fois les derniers sondages complétés.

L’attention portée aux indécis est en baisse depuis plusieurs années, depuis que les maisons de sondages et/ou les médias n’en font plus état au moment de rendre publiques les enquêtes d’opinion. Il y a des exceptions. Heureusement. Durant cette campagne, l’Edmonton Journal et le Calgary Herald ont publié un sondage Léger Marketing qui, deux semaines avant le vote, mentionnait le taux d’indécis parmi les électeurs susceptibles de voter. Ce taux dépassait 19,7 %. Le sondage montrait aussi que parmi les électeurs ayant fait leur choix, les deux partis étaient au coude à coude. La semaine suivante, le taux d’indécis était de 17,8 % et l’écart entre les deux partis, bien petit. Tout était donc possible, mais le nombre d’indécis à lui seul aurait dû inciter tout le monde, y compris les médias, à la prudence. Et encore plus en fin de parcours puisque le Wildrose a connu un dernier droit difficile.

Depuis quelques années, l’univers des firmes de sondages est en ébullition. De nouveaux joueurs ont fait leur entrée. Les enquêtes se multiplient, mais les erreurs aussi. Chaque élection amène maintenant sa part de remises en question. On se dispute autour des méthodologies employées, des conclusions tirées des résultats et du traitement fait par les médias. Cette élection ne fera que relancer la controverse.

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Il semble plutot que la gauche, apeurée à l’idée de le Wildrose prenne le pouvoir, se soit rallié aux Conservateurs à la dernière minute.
Un déplacement de quelques points peut faire toute une différence en sièges.

44% pour le PCC
34,5% pour le Wildrose

Pourtant cet écart de moins de 10% a résulté en 61 sièges pour le PCC et 17 pour le Wildrose. Dans une proportionnelle, le gouvernement aurait été minoritaire. Les sièges remportés par le Wildrose se retrouvent presque exclusivement dans le sud de la province et dans les contés ruraux.

Le vrai sondage il se déroule devant la boîte de scrutin et les candidats ayant fait des déclarations pour le moins controversées ont été défait. Mme Smith a été trop molle dans sa gestion de ces écarts de conduite et elle en a subit les conséquences.

Heureux de voir que les albertains ne sont pas aussi «red-neck» que l’on pouvait le croire.

L’on verra bien comment ils se débrouilleront dans la position d’opposition officielle, si c’est pas plus concluant que la défunte ADQ au Québec, et bien … Goodbye Mrs Smith…

Une autre chose qui me rassure, dans la province où les théories libertariennes ont un pouvoir d’attraction réel, ils n’ont pas pu faire mieux que ça.

Alors imaginé au Québec. Leur chien est mort … de rire…

Au Québec,C’est-y pareille?
L’on remarque les nombreux sondages qui sont déjà en marche et qui de plus en plus pouris la décision des électeurs,surtout les indécis,les anglo et les groupes ethniques.Car au Québec pour les Libéraux c’est très important.Charet le sait bien et il s’en sert à profusion le moment venu.
Il devrait y avoir une règlementation concernant le nombre de sondage permis avant et pendant les élections.Doit-on laisser les sondeur dicter les décisions des électeurs?Ma réponse est:NON!

Pas pantoute. Le NPD (la gauche) c’est maintenu par rapport aux elections precedentes. C’est le centre (liberal) qui a appuyé les conservateurs.

Les sondages prennent trop de place particulièrement lors des élections. Ils encouragent le comportement mouton. Combien de fois n’a-t-on pas entendu, mi à la farce, mi sérieusement, qu’on devrait tout simplement déterminer les élus par sondage. Nous économiserions beaucoup d’argent.

Heureusement cette élection albertaine porte un coup dur aux sondeurs, les obligeant à un peu plus d’humilité.

J’ai toujours été partisan d’un boycottage des sondages d’opinion sur les partis politiques, surtout en période électorale. Mais même en dehors de ces périodes, les partis politiques se servent servilement des résultats des sondages pour dire ce que les gens veulent entendre mais non pas en fonction de leurs croyances et de leurs valeurs.

Il en ressort un triste effet de mode. Tel parti dira blanc aujourd’hui alors qu’hier, il disait noir car il se se conforme naturellement à l’opinion publique révélée par les sondages.

Les sondages semblent bien être devenus un mal nécessaire bien qu’ils faussent trop souvent l’esprit de la démocratie. Mais en réalité c’est la publication des sondages dans les médias qui cause réellement problème car les résultats influencent directement l’opinion publique qu’on souhaite justement mesurée. Donc les sondages à répétition ne mesurent-ils d’abord leur propre influence ?

«Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité.»
[Milan Kundera]

Il y a deux grands problèmes avec les sondages. Le premier est que, de plus en plus, les sondages sont fondés sur des échantillon non-probabiliste, c’est-à-dire que leurs résultats ne peuvent être généralisés au reste de la population, notamment parce que plusieurs sont faits par Internet.

Le deuxième est la répartition des indécis. Par exemple, un sondage CROP publié hier faisait état de plus 20 % d’indécis. Plutôt que de donner les résultats réels, c’est-à-dire les intentions de votes recueillies et les indécis, on réparti les indécis entre tous les partis, selon des formules parfois douteuses. Dans le cas du CROP d’hier, ça donne comme résultat que le PLQ recueillerait 30 % des votes alors que le taux d’insatisfaction envers le gouvernement libéral est de 73 %. On se retrouve donc avec des « résultats » qui montrent que des instatisfaits voteraient quand même pour le PLQ (30 % d’intentions de votes pour 27 % de satisfaits). Je vous laisse juger…

Et que dire des abstentions? Pour qui auraient-ils voté?

Par exemple, si on ne compte que ceux qui ont voté aux dernières élections, Harper n’a obtenu que 24% des votes (soit 40% des 60% qui sont allés aux urnes).

Depuis que le monde est monde, la droite a toujours eu mauvaise presse…C’est le méchant qui est contre les pauvres, qui est radin et qui refuse d’aider les démunis. Pour la gauche, elle a bonne presse. Elle passe pour toujours vouloir aider les pauvres, propose de voter des montants d’argent pour lancer de nouveaux programmes sociaux qui visent toujours les mêmes buts.

Cependant, les gouvernement de gauche n’ont jamais marché, ont toujours produit des déficits et se sont toujours avéré extrêmement inefficaces. C’est pour cette raison que la vrai gouvernance, ie celle qui marche, est toujours à droite.

Dans le fond, le Wild Rose avait raison sur un grand nombre de points de son programme. Comme déclarer que le Québec reçoit 8,5 G$ en péréquation principalement fourni par l’Alberta et qu’en plus les Québécois, au lieu de les remercier leur chient littéralement sur la tête en condamnant sur l’exploitation des sables bitumineux.

Mais, que voulez vous, les arguments de gauche c’est toujours vendeur…Comme on dit, on ne peut pas être contre la vertu!

Heureux de voir que de nombreux Québécois se sont intéressés à l’élection albertaine. Dans mon comté d’Edmonton (Edmonton Goldbar)où résident beaucoup de francophones et qui depuis de nombreuses années était détenu par les les libéraux c’est le parti conservateur qui l’a remporté. Il est vrai qu’il y avait une nouvelle candidate pour remplacer le député libéral qui avait décidé de ne pas se représenter mais il ne fait nul doute que de nombreux libéraux ont voté stratégiquement. Et puis le fait que Mme Redford parle français a probablement été un atout pour le parti.

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