Les Américains prennent-ils la pandémie au sérieux ?

Des résultats de sondage (et des photos de plages en Floride) indiquent que nos voisins du Sud n’ont pas tous le même sentiment d’urgence face à l’avancée du virus.

Photo : capture d'écran du réseau MSNBC.

Les dernières données sur la propagation de la COVID-19 chez nos voisins du Sud ne sont pas reluisantes : en ce matin du 19 mars, on y dénombre maintenant plus de 10 000 infections confirmées. Les courbes de propagation indiquent que les États-Unis semblent être sur la même trajectoire que l’Italie, selon les données compilées par l’Université Johns Hopkins :

Notez que l’axe vertical du graphique ci-dessus est une échelle logarithmique — la courbe américaine n’est donc aucunement en train de s’aplatir.

Le Pew Research Center, aux États-Unis, a publié hier un grand sondage sur l’épidémie et la perception qu’ont les Américains du travail des médias et de la classe politique. À la question « Croyez-vous que l’épidémie du coronavirus est une menace majeure à l’économie américaine ? », une majorité claire de répondants, soit 70 % d’entre eux, ont dit oui. Lorsque l’on analyse les résultats selon les lignes partisanes, on remarque qu’il y a peu de différence entre la perception qu’ont les électeurs démocrates et républicains :
Au total, 77 % des démocrates affirment que le coronavirus est une menace à l’économie américaine, contre 62 % des électeurs républicains. Il ne s’agit pas d’une différence majeure.

Toutefois, les réponses à la question « Croyez-vous que l’épidémie du coronavirus est une menace majeure à la santé de la population américaine ? » indiquent que les Américains sont hautement divisés le long des lignes partisanes :
Sur l’entièreté de l’échantillon, environ la moitié des répondants (47 %) affirment que le virus est une menace à la santé des Américains, mais cela ne comprend qu’un tiers des répondants républicains ! Il y a quelques semaines, alors que la Chine et la Corée du Sud étaient toutes deux au pire de la crise et que l’épidémie prenait de l’ampleur en Italie, le président Trump a maintes fois répété que le virus était un canular (hoax) et que les médias amplifiaient artificiellement la crise. Selon les données de ce sondage, on remarque que ce point de vue (évidemment infirmé par les scientifiques depuis) reflétait celui de nombreux électeurs républicains.

D’ailleurs, on observe aussi un clivage majeur entre électeurs démocrates et républicains quant à la gestion de la couverture de l’épidémie par les médias. À la question « Croyez-vous que les médias ont exagéré les risques de l’épidémie du coronavirus ? », voici les résultats :
Une majorité d’Américains, 62 %, croient que les médias ont amplifié la crise, mais cette proportion grimpe à 76 % parmi les électeurs du parti de Trump.

Est-il possible qu’une fraction importante de nos voisins du Sud ne prennent pas cette pandémie au sérieux ? Les autorités des Centers for Disease Control (CDC) ont pourtant publié des communiqués clairs sur les dangers d’une propagation rapide du virus, mais, jusqu’à maintenant, beaucoup de villes et d’États n’ont toujours pas sonné l’alarme ni mis en place des mesures d’urgence afin d’encourager le confinement de la population.

En plein milieu de la relâche printanière, les plages de la Floride sont toujours bondées…

L’État américain le plus touché pour l’instant demeure New York (plus de 3 000 infections confirmées), suivi de l’État de Washington, sur la côte ouest (1 200 infections). Nous suivrons la progression de l’épidémie chez nos voisins du Sud afin de savoir si la courbe américaine suivra celle de la Corée du Sud — où la situation s’est stabilisée — ou celle de l’Italie, où le bilan est catastrophique.

Vous avez des questions sur la COVID-19 ? Consultez ce site Web du gouvernement du Québec dédié au coronavirus.

Vous avez des symptômes associés à la maladie ? Appelez au 1 877 644-4545 ou consultez un professionnel de la santé.

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