L’avenir politique de Thomas Mulcair, du Bloc québécois et du Parti conservateur

Stephen Harper laisse un mouvement conservateur uni, qui aspire à prendre le pouvoir lors de chaque élection. C’est son véritable héritage.

Conservative leader Stephen Harper along with his wife Laureen wave to supporters in Monday, Oct. 19, 2015 in Calgary. THE CANADIAN PRESS/Jeff McIntosh
Photo: Jeff McIntosh/La Presse Canadienne

PolitiqueLa poussière retombe tranquillement sur les élections fédérales, et le verdict des citoyens permet de tirer quelques conclusions pour chacun des partis qui n’ont pas accédé au pouvoir. De quoi alimenter les inévitables réflexions sur l’avenir des chefs et l’orientation des partis.

Nouveau Parti démocratique

La défaite est amère. Pour la première fois de son histoire, le NPD aspirait à former le gouvernent lors du lancement de la campagne électorale. Les attentes étaient élevées pour le parti, son chef et ses conseillers. Les résultats n’ont pas été à la hauteur, les néo-démocrates ayant récolté 19,7 % des votes et 44 élus. Les militants ont la mine basse, leur parti est de retour au 3e rang, dans le rôle de «conscience du Parlement» qu’il a traditionnellement occupé. Le NPD a perdu des piliers du parti dans l’Atlantique (Jack Harris, Megan Leslie et Peter Stoffer) et en Ontario (Paul Dewar, notamment). La carte entièrement rouge dans les Provinces maritimes et la ville de Toronto fait particulièrement mal. Sans cette vague presque sans précédent, la soirée aurait été moins pénible.

Malgré le constat d’échec, la direction du NPD devra faire attention de ne pas tout peindre en noir. La panique et la colère sont rarement de bonnes conseillères. La vague orange au Québec en 2011, aussi soudaine que forte, cache une partie du portrait. Le NPD vient de réaliser la deuxième récolte en importance de son histoire, avec 44 députés, tout juste devant les 43 obtenus par Ed Broadbent en 1988, longtemps considéré comme la mesure étalon du NPD. Broadbent avait alors obtenu 20,4 % des suffrages, alors que cette année, le compteur s’est arrêté à 19,7 %. Mis à part 2011, Mulcair a fait mieux à sa première campagne que Jack Layton en 2006 (29 sièges et 17,5 %) et 2008 (37 sièges et 18,2 %). Layton a eu besoin de temps pour s’imposer, et il a eu la chance d’avoir un parti traditionnellement patient avec ses chefs.

 Le parti aurait avantage à rester attrayant pour une majorité d’électeurs, et à ne pas se cantonner dans une niche trop étroite ou «radicale» à gauche. Jusqu’à la fin de la campagne, les sondeurs montraient que plus de 40 % des électeurs considéraient encore le NPD dans leurs choix potentiels. Mulcair enregistrait de bons résultats en ce qui a trait à la crédibilité du chef et à sa capacité de devenir premier ministre. La volonté de changement, plus forte que tout, en a conduit bon nombre à se tourner vers le Parti libéral en fin de course, afin de se débarrasser de Stephen Harper. Le vote stratégique a joué un rôle prépondérant cette année. Un facteur qui a miné une campagne néo-démocrate qui se voulait trop rassurante et pas assez inspirante.

Le NPD est désavantagé par le système électoral actuel. Avec 19,7 % des voix, il n’a obtenu que 13 % des sièges. Dans un système proportionnel, il en aurait récolté 67. La possibilité que ce scrutin ait été le dernier fait à partir du système uninominal à un tour devrait faire réfléchir les bonzes du parti sur le positionnement de la formation.

Ce qui a été décrit comme un «recentrage du parti» par beaucoup n’est pas uniquement le fruit du travail de Thomas Mulcair. Celui-ci a continué de faire ce que Jack Layton avait entrepris, soit présenter le NPD comme une solution de rechange aux deux autres partis, une formation qui aspire à gouverner. Le NPD avait besoin d’être dépoussiéré, mais cela n’en fait pas un parti affairiste ou centriste pour autant.

Combien de fois a-t-on entendu, pendant cette campagne, l’affirmation que le PLC avait débordé le NPD sur sa gauche…? Le génie de Justin Trudeau et de son équipe aura été de faire croire que «déficit = progressiste». Comme si l’idée d’équilibrer le budget était une mesure de droite, alors que tout dépend des choix qui sont faits. De plus, le NPD n’avait pas la marge de manœuvre des libéraux, qui ont gouverné le pays pendant 80 des 110 dernières années et qui ont un lustre de crédibilité économique pour polir cette promesse des déficits et la rendre acceptable. Si Mulcair avait promis des déficits, il aurait été torpillé au Canada anglais. Il a fait ce qu’il a pu avec l’image que traîne le NPD, notamment en Ontario.

À la lecture de la plateforme du NPD, il ne fait pourtant aucun doute que ce parti est encore une formation de gauche — hausse d’impôt pour les grandes entreprises, opposition à la loi C-51, programme d’assurance-emploi plus généreux, opposition au Partenariat transpacifique, programme environnemental étoffé, etc. Limoger le chef sur la base d’un parti qui aurait perdu son âme me semble un peu court. À moins de répudier également la rénovation entamée par Jack Layton.

Si Thomas Mulcair ne reste pas en poste — parce qu’il aura décidé de démissionner ou parce que son parti lui aura montré la porte —, le prochain chef ne sera pas évident à dénicher. Aucun de ses rivaux lors de la course à la direction de 2012 ne peut prétendre avoir de meilleurs atouts en réserve. De plus, le NPD doit maintenant tenir compte du Québec sur une base permanente. La vague orange n’a pas tenu le coup, mais le NPD est tout de même la deuxième puissance politique fédérale au Québec, avec 16 députés et 25,4 % du vote. Le caucus du Québec sera le plus imposant du parti, devant la Colombie-Britannique (14 élus) et l’Ontario (8). Le chef doit être bilingue et sensible à la culture québécoise. Fini l’époque où une Alexa McDonough pouvait diriger le NPD. Il faudra que les militants et les bonzes du parti gardent cette nouvelle réalité en tête.

Bloc québécois

Sans Gilles Duceppe, aucune analyse n’aurait été nécessaire. Le Bloc aurait simplement disparu du paysage politique. Son retour a sauvé les meubles. Le parti est passé de 4 à 10 élus.

Mais il y a peu de bonnes nouvelles à l’horizon. Mis à part Louis Plamondon, les 10 élus du Bloc québécois ont profité de l’hésitation des électeurs entre le NPD et le Parti libéral pour se faufiler. Le vote du Bloc a reculé, passant de 23,4 % à 19,3 %.

Depuis 2004, le Bloc perd des plumes lors de chaque élection. C’est le quatrième scrutin où son appui recule. Il n’a pas atteint le seuil de 12 députés qui permet d’être un parti reconnu à la Chambre des communes, qui vient avec des budgets de recherche et un temps de parole décent aux Communes et dans les comités. La fin des subventions publiques aux partis politiques, depuis 2014, aura un effet dévastateur sur les finances du Bloc québécois. Le parti avait économisé au maximum de 2011 à 2014, pendant que les subventions existaient encore, afin de se permettre une dernière campagne nationale digne des belles années, avec autocar, pancartes, publicités, etc. Dorénavant, le Bloc devra compter uniquement sur l’appui financier de ses militants, dont la majorité aura les yeux rivés sur Québec et le Parti québécois d’ici 2018.

La question nationale, sur la scène fédérale, n’a pas mobilisé les électeurs. Le Bloc n’a pas fait le plein des votes souverainistes. Gilles Duceppe a longtemps plaidé que la vague orange était un accident de parcours dû à la popularité de Jack Layton. Si le NPD a perdu la majorité de ses sièges, il a tout de même récolté plus de voix et de députés que le Bloc, même sans Layton. Et les électeurs ont choisi en grand nombre un parti, celui de Justin Trudeau, qui prône la ligne dure sur le 50 % + 1 des voix advenant un référendum. Le même Trudeau qui, en 2006, s’opposait à la reconnaissance de la nation québécoise à la Chambre des communes. Ça ne veut évidemment pas dire que tous ceux qui ont voté pour lui sont d’accord avec ces positions. Le désir de changement a provoqué bien des conversions soudaines. Mais ça montre à quel point la question nationale, même si le Bloc a fait campagne sur ce thème pendant une bonne partie de la course (souvenez-vous des pancartes «Qui prend pays prend parti»), n’est actuellement pas un facteur dans la décision des citoyens au fédéral.

Tant qu’il y aura des électeurs prêts à voter pour le Bloc québécois, le parti aura une pertinence. C’est aux électeurs de décider quand un parti doit éteindre les lumières et quitter la scène. Les souverainistes ont le droit d’être représentés à Ottawa. Mais le Bloc comme force rassembleuse des Québécois, comme ce fut le cas de 1993 à 2008, semble pour l’instant appartenir au passé, étant donné la reconfiguration du paysage politique fédéral au Québec, avec un NPD qui s’enracine, un PLC qui reprend de la force et un Parti conservateur difficile à déloger à Québec et au centre de la province.

Parti conservateur

Stephen Harper a perdu le pouvoir après 10 ans, frappé comme par la foudre par une volonté de changement qu’il a lui-même alimentée avec des politiques et une attitude polarisantes. Il laisse toutefois un parti en bonne santé, avec 99 députés et le titre d’opposition officielle. La machine de financement est redoutable, et le profilage des électeurs sympathiques à la cause conservatrice, grâce aux bases de données, est très efficace.

Le PCC a récolté 35 % des suffrages en Ontario, province dont les 121 circonscriptions sont cruciales à tous les partis qui veulent former le gouvernement. S’il n’a obtenu que 33 sièges, c’est en raison de l’effondrement du vote du NPD, passé de 25 % à 16,6 % des voix. Le vote anti-Harper s’est réuni sous une seule bannière pour le battre dans cette province, ce qui a nui aux conservateurs (ils ont obtenu 27 % des sièges avec 35 % du vote). La reconstruction, avec le bon chef, ne s’annonce pas comme un chemin de croix (contrairement à ce qu’il y aura à faire dans les Maritimes).

Au Québec, les dirigeants du parti sont certainement déçus du vote populaire, qui n’a pas bougé (16,5 % en 2011, 16,7 % en 2015), malgré l’accent mis sur la politique du parti concernant le niqab dans les cérémonies de citoyenneté. Toutefois, la concentration du vote aide les troupes conservatrices, qui passent de 5 à 12 députés. Un record au Québec depuis la réunion de la droite, en 2003, et ce, malgré l’usure du pouvoir et la forte volonté de changement exprimée par les Québécois. Toutes les vedettes du parti ont été élues, à commencer par de nouveaux visages, comme Gérard Deltell et Alain Rayes, qui vont amener un second souffle aux communications du mouvement dans la province. Il y a un fond bleu au Québec, et les conservateurs vont souhaiter bâtir sur cette fondation. Cependant, un peu comme le NPD, ils devront surveiller le choix du prochain chef: il devra parler français et être sensible à la réalité du Québec.

Stephen Harper laisse un mouvement conservateur uni, qui aspire à prendre le pouvoir lors de chaque élection. C’est son véritable héritage. Il a su tenir les différentes factions qui poussent dans des directions parfois difficiles à concilier avec l’exercice du pouvoir: des conservateurs sociaux qui côtoient des conservateurs fiscaux, des libertariens avec des conservateurs plus rouges, plus centristes, etc. Harper parti, est-ce que la colle va tenir? Qui sera assez fort ou rassembleur pour reprendre le flambeau et établir des priorités qui font consensus? Réunir l’Est et l’Ouest, la mentalité populiste avec le pragmatisme… Le défi sera grand. Le mouvement conservateur subira un test de maturité dans les prochains mois.

Parti vert du Canada

Elizabeth May est une bonne députée, élue dans le passé par ses pairs comme la meilleure du Parlement dans le sondage Maclean’sL’actualité. Elle a offert une visibilité sans précédent au Parti vert du Canada à son arrivée. Mais est-il temps pour elle de quitter la tête de la formation? La question se pose. Le Parti vert stagne. Il a récolté 3,9 % des suffrages en 2011, puis 3,4 % lundi. La formation, malgré de bonnes candidatures au Québec, n’a pas été en mesure de jouer dans la même ligue que les autres. Le parti va s’accrocher à l’espoir d’un nouveau mode de scrutin pour mieux se démarquer, mais il serait étonnant que le Canada se retrouve avec un scrutin proportionnel pur. Il y a plus de chances qu’un seuil minimal soit fixé, entre 3 % et 5 %, avant de commencer à récolter des sièges afin d’assurer un peu plus de stabilité au Parlement. Il est loin d’être évident que les verts seraient fortement gagnants. Un petit parti ne peut faire l’économie d’une réflexion sur son positionnement et sa direction s’il veut progresser.

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C’est le problème avec notre système qui n’est pas en mode proportionelle, comme la plupart des pays de l’OCDE. Les gens sont souvent obligés de faire des votes stratégiques. En plus, ça donne des résulats non-voulus, comme un gouvernement majoritaire (idem pour le Québec).

Je vais ajouter une note en mode coup-de pied dans la fourmilière: si la région de Québec veut être mise sur la map, va leur falloir un peu plus qu’un phare (qui a au moins dix ans de retard en terme de désign aritecturale, comparé au monde, pas juste à Québec) pour qu’on arrête de dire: «Québec c’est un grand village»…

Que voulez-vous dire par « proportionnelle » car il en existe plusieurs…

Notre mode de scrutin, le plus simple et le plus économique d’entre tous, est l’un des meilleur au monde mais il est imparfait (tout comme la proportionnelle d’ailleurs). Il apporte toutefois une stabilité gouvernementale incomparable. De plus, il fait en sorte que les petits partis extrémistes ont plus de difficultés à s’imposer.

Avenir et Bloc québécois dans la même phrase?

…Et sans rire en plus?

@ François 1, pour faire suite à votre commentaire, je m’amuse à coller deux citation de M. Castonguay. La première : « Tant qu’il y aura des électeurs prêts à voter pour le Bloc québécois, le parti aura une pertinence. C’est aux électeurs de décider quand un parti doit éteindre les lumières et quitter la scène. » et maintenant la seconde : « Un petit parti ne peut faire l’économie d’une réflexion sur son positionnement et sa direction s’il veut progresser. » C’est drôle on parle bien de deux parties qui ne sont pas reconnus officiellement à la chambre des communes… Juste amusant de voir le contraste.

Harper a mené les Québécois par le bout du nez, pendant 10 ans, raflant près de 500 milliards de nos taxes et impôts, avec seulement 16%
C’était l’un des meilleurs arguments que le Bloc avait mais qu’il n’a jamais utilisé!
C’est comme la monarchie (80% des Québécois sont contre)
Le nikab (93% des Québécois sont contre)
Le Lac Mégantic causé par Transport Canada et la Guerre en Afghanistan qui a fait 30 morts chez nos soldats pour rien
Pauvre Bloc.
Vous avez lu ce livre du prof de philo qui fait le procès du PQ et du Bloc
Les politiciens péquistes et bloquistes sont pitoyables. Ils sont incapables de mener un combat de libération nationale. Ils sont doux comme des agneaux.

@ M. Jack2, Puisque le fédéral investit 16 milliards de plus par année au Québec que ce qu’il récolte (selon l’Institut de la statistique du QUÉBEC!), on peut donc conclure que Harper a redonné 660 millards de dollars au Québec et cela pour récolter uniquement 16% du vote, on est vraiment des ingrats! Vous voyez M. Jack2, il y a souvent plus d’un angle pour analyser une situation!

L’étude est bidon.
Ils ont mis dans le 60G que recevrait le Québec, les 6G du service de la dette de Kanada
Cette année-là, Ottawa a fait un déficit de 24G. Facile de donner plus qu,on prend lorsqu’on endette les générations futures

En plus l’étude ne parle pas de l’effet désastreux de la maladie hollandaise sur l’économie québécoise

En me faisant un peu satirique, je vous dirais que votre angle d’analyse est fait avec des yeux croches. Votre analyse aurait eu plus de consistance, si vous aviez pu faire la différence entre un investissement et une dépense. Puisque, ces 16 milliards en question, sont des dépenses du gouvernement fédéral au Québec, dont au moins 6 milliards constituent le partage des intérêts de la dette du gouvernement fédéral. Un foutu investissement. Pour le reste, c’est de la comptabilité romanesque.

En fait, c’est plus de $21 MILLIARDS de PLUS que nous envoyons à Ottawa que notre gouvernement fédéral nous transfère généreusement si l’on inclut les dépenses faites par Ottawa au pauvre Québec.

Votre calcul est loin d’être aussi simple pour établir une telle conclusion.

Ce que vous ne dites pas, c’est que les dépenses gouvernementales n’ont pas toutes le même impact. Il est donc pertinent de voir quelles sont les types de dépenses que l’administration fédérale réalise au Québec.

Ainsi, l’ISQ nous dit aussi que le pourcentage total des dépenses fédérales au Québec (23%) a toujours été légèrement inférieur à son poids démographique (25%). Les deux types de dépenses dont le pourcentage a toujours excédé son poids démographique sont les Transferts aux particuliers (assurance-emploi, supplément de revenu garanti, etc.), en raison du taux de chômage et du taux de personnes âgées de 65 ans et plus historiquement plus élevés au Québec, et les Transferts aux administrations provinciales, probablement en raison de la péréquation, car le calcul des sommes envoyées aux provinces en vertu du Transfert canadien en matière de programmes sociaux et du Transfert canadien en matière de santé (contributions du gouvernement fédéral au financement des soins de santé, de l’enseignement postsecondaire, de l’aide sociale et des services sociaux), qui font partie de ce type de dépenses, est basé sur le poids démographique de chaque province.

Par contre, le pourcentage des dépenses en achats de Biens et services, qui permettent directement de créer des emplois (20% du 23% total), a toujours été nettement inférieur au poids démographique du Québec. Encore pire, le pourcentage des dépenses en Transferts aux entreprises a toujours été fortement inférieur (de 7 à 10 points de pourcentage) au poids démographique du Québec.

Cela correspond bien à un des principaux reproches des politiciens québécois, indépendantistes comme fédéralistes, à l’endroit des dépenses fédérales, soit qu’elles favorisent davantage les entreprises des autres provinces que celles du Québec. On l’a vu dans le plan de relance fédéral des Conservateurs après la crise de 2008, où l’industrie automobile ontarienne a reçu beaucoup plus que les industries québécoises en difficulté. Cela ne veut pas dire que ce type de dépenses doit être favorisé, mais que les données nous montrent clairement que les autres provinces sont favorisées à ce chapitre. Et que penser du milliard de dollars annuel donné par les Conservateurs aux pétrolières de l’Alberta, qui sont déjà multimilliardaires et qui n’en ont pas besoin?

S’il est clair que le Québec a toujours reçu de l’administration fédérale plus qu’il n’a donné, il l’est tout autant que les dépenses fédérales y ont toujours moins favorisé les achats de biens et services et le développement des entreprises que dans les autres provinces, ce qui nous permet de conclure que le régime fédéral semble plus intéressé à entretenir une forme de dépendance du Québec envers le fédéral plutôt que d’y investir comme dans les autres provinces dans des types de dépenses qui ont un impact indéniablement plus constructif sur le plan économique et à long terme.

Alors vous voyez qu’il y a d’autres angles pour analyser la situation que votre constat d’ingratitude du Québec fondé sur une fausse prémisse.

Harper a toujours refuser l’opinion soit des ses pairs ou adversaires ,,seulement lui et SES idées étaient bonnes au mépris de tous ,,de toute la classe ouvriere surtout ,,,environnement ,démocratie,respect.et bien d’autres mots sont exclus de sa pensée ..regardez la publicité qu’il a fait sur Trudeau ,cela s’est retourner contre les conservateurs,,,la loi du retour a frapper bon débarras

Je crois que dans un système proportionnel, l’électeur saurait que son vote ne serait pas perdu. Ceci encouragerait le vote pour les petits partis et le Parti Vert en profiterait sûrement !

Pas uniquement les petits partis. Ça touche tous les partis sans exceptions. Exemple: beaucoup de grands partis se ramassent dans l’opposition contre un parti qui est majoritaire mais avec presque autant de votes. C’est le nombre de députés qui compte.

Quand on regarde l’historique des élections (fédérales, provinciales et municipales), tous les partis y ont goûté à un moment ou un autre. Et je ne parle que des fois où il y avait un grand écart entre le % de votes et le % de députés. Lorsque ça se rapproche sans être exact, ce n’est pas un gros problème à mon avis. Pas obligé d’être parfait. Surtout que, à mon avis, on doit chercher un certain équilibre entre meilleure représentativité et complexité de l’élection. Il existe beaucoup de façons de faire des élections proportionnelles. Certaines donnent de meilleurs résultats mais avec un système d’élections trop compliqués à mon goût.

La bonne nouvelle est que beaucoup de pays en font et qu’il serait facile de voir ceux qui sont les plus intéressants. C’est la volonté politique qui n’y est pas (pour faire changement).

@M. Guillaume, vous savez ce que j’ai entendu le plus au lendemain des élections? « Ouf, le gouvernement est majoritaire, on va avoir la paix pendant quatre ans ». Le système proportionnel donne souvent des élections à une plus haute fréquence! C’est aussi le prix à payer pour ce système.

Oui bon je me fie rarement à l’opinion populaire. Les gens ont souvent des opinions sur des choses auxquels ils ne connaissent rien.

Pour ce qui est du ouf ils sont majoritaires, c’est le problème avec le système actuel. On en vient à espérer le moindre des maux. Surtout que la campagne a été longue (merci le pcc) et que les gens étaient content qu’on en entende plus parler. Personnellement, je déteste les victoires majoritaires, surtout quand ce n’est pas représentatif, ce qui est souvent le cas.

Pour ce qui est des élections avec proportionnelles, comme je l’ai mentionné, il existe plusieurs façon de le faire et certaines sont meilleures que d’autres. À nous de choisir celle qui nous convient le mieux. On pourrais même l’améliorer. Je suis pour des élections à dates fixes.

Vous demanderez à ceux qui veulent avoir la paix dans 4 ans s’ils préfèrent renoncer à leur droit de vote ou s’ils préfèrent le conserver? Et après, on en reparlera s’ils veulent avoir la paix et s’ils sont cohérents avec leur conception de la démocratie.

En passant, dans les pays scandinaves, ça ne dérange personne d’avoir des gouvernement minoritaires et des élections. Et il n’y pas d’instabilité et ces pays avancent nettement plus vite que nous. Faut dire que leur taux d’analphabétisme est nettement plus bas qu’ici et que la culture citoyenne, politique et démocratique est importante pour eux, alors qu’ici on se préoccupe plus de l’image et du contenant que du contenu.

Tout-à-fait d’accord avec vous C.. Duplessis. Aussi longtemps que le système proportionnel ne sera pas en fonction, les libéraux seront malheureusement au pouvoir!

C’est une très belle analyse de la situation. Je suis cependant encore éberlué de l’élection du candidat conservateur dans Mégantic-L’Érable. La seule explication possible c’est que les autres partis auraient probablement pris pour acquis la grogne populaire contre le gouvernement Harper et ne se seraient pas méfiés de la machine électorale conservatrice.

Fort intéressante analyse de la part d’Alec Castonguay…comme c’est son habitude. Il aurait été intéressant de décortiquer quels auraient été les résultats au Québec, sans la présence du Bloc. J’ai toujours la conviction que la résurrection de Duceppe, et non celle du Bloc, avec 19,4% du vote, n’avait comme objectif que de couler le NPD.

Probablement mais il a aussi nui à la candidate libérale Michèle Audette (2ième dans Terrebonne) qui aurait été un député très intéressant pour les Libéraux (et pour sa circonscription) surtout qu’elle est autochtone et aurait pu représenter les autochtones francophones au sein du gouvernement Trudeau.

SÉDUIRE LES QUÉBÉCOIS…FACILE! Vous êtes contre les pipelines et vous élisez ceux qui n’auront aucune honte à s’enrichir à les faire passer sur le territoire du Québec; vous êtes contre le niquab et vous élisez les libéraux qui se feront un devoir de leur donner la bénédiction au nom du sacré vote ethnique; vous êtes contre le partenariat du Pacifique qui va appauvrir les travailleurs, vous manifestez votre mécontentement concernant le bois d’oeuvre et vous élisez Denis Lebel du parti conservateur; vous voulez avoir un droit de véto dans le fédéralisme et vous élisez le fils du traître Trudeau qui nous l’a enlevé; vous en avez assez de l’austérité provinciale des libéraux et vous élisez Justin Trudeau camarade de Couillard; vous vouliez vous débarrassez des conservateurs et dans la région de Québec surtout, vous élisez 12 députés conservateurs (même les anglos n’ont pas voulu voter pour eux); vous vouliez une voix à la chambre des communes pour surveiller les intérêts des québécois et vous rejeter le Bloc québécois! JE NE COMPRENDS PAS VOTRE JUGEMENT! On dirait des adolescents incohérents! Vous avez succombé à la séduction des libéraux et des conservateurs et vous avez la naïveté de pouvoir vous plaindre un jour? ET BIEN DANSEZ MAINTENANT.

Cette élection est une mauvaise base pour évaluer l’avenir des partis politiques puisque l’héritage du PM Harper était au centre des préoccupations des électeurs. Les Verts ont payé cher le vote stratégique car on savait qu’il n’avait pas de chance de déloger Harper et que le choix se réduisait au NPD ou aux Libéraux. Par exemple l’île de Vancouver est complètement orange sauf pour la circonscription de Mme May mais en temps normal ils auraient pu élire quelques autres députés – au provincial Victoria est représentée par un député Vert. Le NPD ne devrait pas sous-estimer le vote stratégique de cette élection car il est probable que le PM Trudeau ne sera pas aussi polarisant que Harper, surtout si on intègre la proportionnelle au prochain scrutin.

Permettez-moi de me positionner un peu en porte-à-faux sur la supposée ligne dure de Justin Trudeau, face aux 50%+1 nécessaires à l’accession du Québec à l’indépendance. Hier encore en entrevue, Jean Chrétien rappelait que la position du Parti Libéral a toujours été claire sur le sujet. Ce qu’ils préconisent, c’est la « majorité qualifiée », cette règle correspond à plusieurs normes internationales en vigueur, notamment celles établies par la « Commission européenne pour la démocratie par le droit » dans laquelle le Canada est observateur.

À cet effet, pour en revenir au sujet, j’aimerais préciser que j’ai voté pour le NPD pour la quatrième fois et contribué à élire un député NPD dans un scrutin serrée.

Je dois dire pourtant que ce qui ma agacé dans cette campagne, c’est la multitude de postions difficilement soutenables de Thomas Mulcair, tant au niveau du Sénat, que pour la loi C-51, que pour le 50%+1, que pour ses postions ambiguës sur les oléoducs, que pour le port du voile intégral lors de cérémonies d’assermentation, etc.

Pour cela, je pense que c’est presque un miracle, si ce parti est parvenu à élire 44 députés. Et si ces députés sont élus, c’est essentiellement grâce à la voie de fidèles discrets qui tout comme moi sont allés voter pour le NPD contre vent et marée.

Thomas Mulcair a mené une campagne terne, dans laquelle on n’a jamais vu le vrai Thomas Mulcair, il a essentiellement joué un rôle de vendeur de vieux chars usagés. Le NPD a hélas voulu déloger les vieux partis en menant une campagne de vieux parti. Pourtant Mulcair avait eu pratiquement presque 4 années pour façonner un parti à son image, pour se démarquer, pour insuffler sa différence d’avec Jack Layton sur les instances de sa formation et pour ainsi se renouveler et devenir l’initiateur du changement.

Du point de vue de la communication. Le NPD — au lieu de tout centrer sur le chef — aurait dû s’inspirer des démocrates Étasuniens et de l’image insufflée par Hillary Clinton centrée sur les gens. Tous les gens dans leur infinie diversité.

À ce titre, je pense que Mulcair comme chef de ce parti a désormais plus que fait son temps. Tout comme son équipe de communication. De toute façon c’est toujours au pied du mur qu’on voit le maçon. Et pour monter un mur, cela nécessite aussi de savoir faire du ciment.

Un petit mot de plus, sur le Parti Vert. Logiquement un parti comme celui-ci devrait attirer au minimum 10% du vote populaire. Ce qui manque à cette formation, ce sont des assises provinciales. Un tel parti devrait se structurer sous une forme de fédération de partis ayant à cœur les questions liées à l’environnement et regrouper toutes les ressources, entre autres les associations qui œuvrent pour l’environnement à fin de dresser un portrait unitaire vert lors des prochaines élections. Il existe bel et bien une « force verte » partout au Canada, il est temps de la regrouper comme force incontournable dans le paysage politique canadien.

Gilles Duceppe démissionns du Bloc…

Stéphane B.dard démissionne du PQ…

Tous les deux la même journée, tout juste après la débâcle des séparatistes lors de la toute dernière élection pan-Canadienne où ils ont PERDU un AUTRE 5% de leurs maigres appuis.

Les rats quittent le navire en perdition?

Et PKP qui tentait de nous faire croire l’autre soir que le minable résultat du Bloc était une « victoire »…

Misère…

« les 10 élus du Bloc québécois ont profité de l’hésitation des électeurs entre le NPD et le Parti libéral pour se faufiler. Le vote du Bloc a reculé, passant de 23,4 % à 19,3 % »

Le vote pour le Bloc aurait été beaucoup plus élevé si l’urgence de déloger Harper n’avait pas été aussi présente. Je connais un bon nombre de gens qui ont voté pour le PLQ ou le NPD seulement pour que Harper s’en aille. Ils sont des souverainistes convaincus qui voteraient oui à un référendum. Ceratins d’entre eux ne voyaient plus l’utilité du Bloc à Ottawa, mais l’excellente campagne de Duceppe les a réconcilié avec l’idée que le Bloc est indispensable à Ottawa, mais avant toute chose ils ne voulaient plus voir Harper en poste. Ceci dit, avancer l’idée que les Bloquistes élus l’ont été parce que les autres partis se sont séparés le vote de protestation ne reflète pas du tout la réalité.

Les Québécois voulaient se départir de Harper?

Comment expliquez-vous que les Conservateurs aient récolté LE DOUBLE de sièges au Québec et ont AUGMENTÉ leur % de votes?

N’importe quoi pour expliquer votre énième déculottée!!!

Il y a un petit « hick » dans l’analyse de M. Castonguay sur les conservateurs. Je ne sais pas si je suis le seul à avoir observé que M. Harper reste député dans le caucus conservateur. Quand on connait Harper, je souhaite tout le succès possible à celui (ou celle) qui sera élu comme nouveau chef du PCC. Disons que notre jovialiste Blainey ou notre beauceron national devient chef du PCC (pour rire), qui est ce que vous pensez qui va réellement diriger le partie avec M. Harper dans le caucus. J’aimerais être un petit oiseau pour voir ça.

@M. Vachon quand un chef élu démissionne le même soir qu’il a été élu on se dit que cela manque de respect pour ses électeurs. Quand il reste, on trouve ça louche et quand il va démissionner on va dire que cela va coûter de l’argent pour faire une élection partielle. J’émet une hypothèse: et si Harper démissionnait le lendemain de l’élection d’un nouveau chef qui ne serait pas député afin de lui offrir en attendant un comté sûr où se faire élire? On dira quoi à ce moment?

Démissionner de son poste de député ce n’est pas la même chose que démissionner d’un caucus un d’une position dans le parti. Les électeurs ont élu un député.

Note à l’auteur: vous avez parlé à plusieurs reprises des Maritimes (région comprenant 3 provinces) lorsque vs faisez référence aux provinces Atlantiques (dont il y en a quatre).

M. Castonguay,

Attention de ne pas comparer des bananes et des oranges: il n’y avait que 295 comtés lorsque le NPD de M. Broadbent a récolté 43 sièges en 1988..

dans les faits (toutes proportions gardées), les 44 sièges de 2015 sont un moins bon résultat pour le NPD que les 43 sièges de 1988..

Efectivement, le NDP a légèremenrt reculé en pourcentage de députés. Ceci dû au fait que le gouvernement a coupé dans les dépenses …et a donc augmenté le nombre de députés… Oh que je ne m’ennuirais pas d’harpeur…