Les beignes contre les livres

Le maire de Toronto, Rob Ford, est déterminé à sabrer dans les dépenses de sa ville, mais ça ne se fait pas sans vagues. Même au beau milieu de l’été. Il vient en effet de trouver sur sa route l’énergique auteure Margaret Atwood qui a décidé d’utiliser sa force de frappe pour combattre la fermeture de bibliothèques publiques.

Le maire Ford avait promis en campagne électorale de couper dans le gras. Pour y parvenir, la ville a commandé une série de rapports à la firme KPMG qui a, parmi ses nombreuses suggestions, proposé de réduire le nombre de succursales, les heures d’ouverture et les programmes offerts par les bibliothèques publiques.

La réaction n’a pas tardé, mais c’est le frère du maire et conseiller municipal de son état, Doug Ford, qui a vraiment mis le feu aux poudres – et donné un cheval de bataille aux opposants – en affirmant sur les ondes d’une radio torontoise qu’il y avait plus de bibliothèques par habitant à Toronto que dans toutes autres villes dans le monde. Il a même dit qu’il y en aurait même davantage que de Tim Hortons, du moins dans son arrondissement.

Ses affirmations ont vite été démenties. Selon le syndicat des employés des bibliothèques, Toronto aurait une bibliothèque par 28 120 habitants, soit moins que Hamilton, Ottawa et Vancouver, mais plus que Montréal et Calgary. Pour ce qui est des Tim Hortons, ils seraient trois fois plus nombreux que les bibliothèques dans l’ancienne ville d’Etobicoke dont un des quartiers est représenté par Doug Ford.

Sur la Toile, le ressac a été immédiat, en particulier sur Twitter. C’est d’ailleurs sur ce réseau social que Margaret Atwood s’est rapidement activée pour mobiliser ses fans qui sont au nombre de près de… 230 000. Ses interventions ont eu un effet bœuf, provoquant la paralysie d’un site logeant une pétition en faveur du maintien des bibliothèques.

La réaction de Doug Ford? Il a envoyé paître l’auteure, disant qu’elle n’avait qu’à se faire élire. Et qui est Margaret Atwood après tout? Il ne saurait même pas reconnaître s’il la rencontrait sur la rue, a-t-il dit.

De l’huile sur le feu et le début d’une bagarre qui pourrait coûter des appuis au maire Ford et à son frère. Un conseiller, partisan du maire, a averti qu’il n’appuierait pas son plan de compression si les bibliothèques étaient touchées et des citoyens ont fait savoir qu’ils retireraient leur vote au clan Ford si leur succursale devait fermer.

 

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Il n’a pas a dire cette mouvance populiste et anti-dépenses gouvernementales est truffé d’étroit d’esprit. Je ne connais pas alors je méprise.

Belle bande de tatas

Nous assistons à la création d’une nouvelle pensée philosophique: Le timhortonisme dont le maître à penser est nul autre que Stephen Harper.

Ho! Trop de bibliothèque par habitant!

C’est vrai qu’un citoyen instruit est un citoyen responsable, la droite n’en veut pas…

Que dire de plus?

Comme cela est fâcheux de constater que des arguments simplistes et élémentaires tels : réduire artificiellement le fardeau des taxes, comprimer les dépenses de l’administration sans égard à la répartition des tâches, accroitre artificiellement les niveaux de risques (dépenser toujours plus pour la sécurité) et j’en passe… Que tous ces arguments qui reposent sur des parangons souvent faux ou édulcorés… Que tout cela puisse ainsi porter sur une part importante de la population qui forme autant d’électeurs gagnés à des causes qui se bornent à occulter la réalité.

Comme cela devient bien fâcheux que tout cela fît la différence lors d’élections. Ce qui est terrible, c’est de constater que de taper à qui mieux mieux sur les instruments de la culture, conforte bien des électeurs dans leurs choix jusqu’à se croire qu’on les a compris.

Décidément Winston Churchill n’avait pas raison, il n’est rien de plus pire et de plus infâme que cette chose informe qu’on appelle démocratie 🙂

Je serai un peu hors sujet mais…

quelle desagreable surprise que de savoir qu on trouve Plus de bibliotheques a Toronto en moyenne
qu a Montreal !

Reveillez vous Montrealais !

Ford est une grosse pointure controversé de la droite canadienne.

Tout cela cache mal un désire d’autodafé refoulé.

La culture doit servir l’intérêt partisan, sans quoi son avenir est incertaine….

On suggère au maire et à son frère de faire en sorte d’ouvrir des mini-bibliothèques dans les Tim Horton.

Mentalité de beignet: [Des bibliothèques] « il y en aurait même davantage que de Tim Hortons »

Cette droite là me fait honte dans son manque de culture.

Par contre les gauchistes québécois n’ont pas à pavaner s’il prend montréal en exemple pour justifier les coupes de bibliothèques…

Et pendant ce temps à montréal on continue d’augmenter le nombre de col bleus et la masse salariale. Un jour ça devra changer et ça pourrait faire mal.

Il semble que plus rien ne distingue les canadiens-anglais des américains.

Ils élisent des populistes, des démagogues, des créationnistes et des «religious nuts». Ils ont une profonde aversion contre les intellectuels et l’érudition. Ils semblent préférer ce genre de bourru mal léché à un sage érudit!

Avec ce même genre d’individus à la tête de notre gouvernement fédéral, ceci n’est peut-être qu’un avant goût de ce que nous réserve les prochaines années…

Les canadiens les élisent et les québécois les subissent!

Tranquillement, mais sur tous les fronts, la droite prend l’espace; aucune gêne pour afficher la bêtise; la subversion est remplacée par la submersion; peu à peu, et sur tous les fronts on sent le discours se radicaliser et, se ridiculiser.

Lamentable… merci de nous tenir au courant, madame Cornellier. J’ai republié ce texte sur Facebook. Aussi, merci Michel Girard pour votre commentaire aussi amusant et délicieux que juste. Je me suis permise de vous citer aussi sur Facebook, avec guillemets et indication de la source.

Je me demande où on s’en va avec ces obsédés de Tim Hortons que sont les Ford sans oubliez Harper ?? Je vois le mur approché, approché, approché. Et je parle pas du mur du Tim Hortons au coin de ma rue….

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