Les candidats qu’on veut garder

Quelles places occuperont Bill Morneau, Lisa Raitt, Ruth Ellen Brosseau, Yves-François Blanchet et Elizabeth May à la suite des prochaines élections fédérales ?

Photo : Daphné Caron

Scrutin fédéral oblige, les portes tournantes de la politique canadienne vont se faire aller cet automne.

Voici cinq candidats qu’il ferait bon de voir ou de revoir à la Chambre des communes après les élections du 21 octobre.

Bill Morneau

En nommant un ministre des Finances dénué d’expérience en politique active, Justin Trudeau avait pris une décision aussi risquée qu’inédite. Ce n’est pas parce qu’on est doué en affaires qu’on est nécessairement doué pour évoluer, comme l’exige le rôle de grand argentier d’un gouvernement, sous les feux de la rampe médiatique.

Le député Morneau a appris les rudiments du métier de ministre à la dure, sous les tirs nourris de l’opposition conservatrice à l’époque de sa réforme du régime fiscal des PME.

En survivant à ce baptême du feu, il a confondu bien des sceptiques. Et, avec le temps, il est devenu une des valeurs sûres du gouvernement Trudeau. Son dernier budget, présenté en pleine crise au sujet du dossier SNC-Lavalin, a donné aux libéraux une de leurs rares bonnes journées de l’année préélectorale.

Bill Morneau a eu la chance de gérer les finances publiques du Canada alors que l’économie était en bonne santé. Plusieurs analystes voient des nuages à l’horizon du prochain mandat fédéral. Maintenant qu’il a fait ses classes, ce serait dommage de se priver de ses services.

Lisa Raitt

La chef adjointe des conservateurs aux Communes n’avait pas marqué les esprits lors de sa campagne à la succession de Stephen Harper.

Les limites très évidentes de son français, mais également des idées plus inspirées du courant progressiste, mal-aimé ces jours-ci au sein du mouvement conservateur, n’ont pas aidé sa cause.

Au quotidien, Mme Rait offre toutefois une solide performance parlementaire, sans les effets de toge caricaturaux qu’affectionnent un trop grand nombre de ses collègues.

Forte d’avoir dirigé trois ministères, elle a davantage d’expérience au gouvernement que son chef et il arrive que ça paraisse.

Le Canada n’a jamais eu de femme à la tête du ministère des Finances. Si les conservateurs débarquaient au pouvoir l’automne prochain, Andrew Scheer aurait une belle occasion de briser ce plafond de verre en nommant Lisa Raitt à ce poste.

Certains membres de son parti aimeraient même la voir prendre la place du chef conservateur de l’Ontario, Doug Ford. Ce n’est pas seulement parce que la barre est plutôt basse, à la lumière de la contre-performance du premier ministre Ford, que l’idée a du mérite.

Ruth Ellen Brosseau

Parce qu’elle avait été élue in absentia lors de la vague orange de 2011, personne ne donnait cher de la députée néo-démocrate de Berthier-Maskinongé à son arrivée aux Communes.

Huit ans plus tard, elle est devenue une membre incontournable de l’équipe néo-démocrate. Au cours du printemps, le Parti libéral lui a fait, en vain, des appels du pied. L’équipe de Justin Trudeau l’aurait accueillie à bras ouverts.

Les temps sont durs pour le NPD au Québec et la pente s’annonce raide pour ses députés sortants, en particulier à l’extérieur de Montréal. On ne la verra pas en action, tout au moins de sitôt, dans un conseil des ministres. C’est dommage.

Yves-François Blanchet

Depuis 2011, le Bloc québécois a été dirigé par cinq chefs non élus. Dans la mesure où cette période a vu se succéder deux gouvernements majoritaires, l’absence d’un chef aux Communes a constitué un moindre mal.

Mais les élections à venir pourraient se solder par un retour à une gouvernance minoritaire. Dans un contexte où la survie du gouvernement se négocie à la pièce avec les partis d’opposition, le Bloc aurait tout intérêt à ce que son chef soit sur la glace au quotidien.

Elizabeth May

Si le Parti vert réussit à faire élire un noyau de députés l’automne prochain, personne ne s’étonnera que sa chef conclue qu’elle a fait son bout de chemin et qu’il est temps de passer le flambeau.

Advenant un résultat serré cet automne, Mme May pourrait couronner sa carrière fédérale en détenant en tout ou en partie la balance du pouvoir aux Communes. Ou encore — si jamais Justin Trudeau est partant pour l’aventure qu’avait tentée Stéphane Dion en 2008 — en occupant un poste au sein du Conseil des ministres d’un éventuel gouvernement de coalition.

Je n’ai pas retenu le nom de Maxime Bernier, chef autoproclamé du Parti populaire, parmi les indispensables.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

2 commentaires
Les commentaires sont fermés.

« Je n’ai pas retenu le nom de Maxime Bernier, chef autoproclamé du Parti populaire, parmi les indispensables. » LOL