Les choix d’Applebaum

Le maire Michael Applebaum a deux choix devant lui: soit qu’il démissionne, soit qu’on le démissionne. Chose certaine, il aura l’occasion de se consacrer à temps plein à sa défense dans un avenir rapproché.

En riposte aux premiers reportages sur les enquêtes à son sujet de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le maire se targuait de ne pas être «achetable». Jouant les shérifs indignés à la suite de son élection, en novembre, il se disait prêt à traquer les corrompus qui avaient floué les Montréalais, dans la foulée des révélations de la commission Charbonneau sur la corruption endémique à l’hôtel de ville.

M. Applebaum se retrouve aujourd’hui dans l’exacte position du voleur (présumé) qu’il pourfendait avec tant d’énergie dans ses points de presse enflammés.

Quel redresseur! Le maire fait maintenant face à 14 accusations, dont fraude, complot, abus de confiance, corruption dans les affaires municipales. Il aurait accepté un pot-de-vin de 50 000 $ pour avoir facilité des changements de zonage dans son arrondissement de Côte-des-Neiges — Notre-Dame-de-Grâce. Parmi les coconspirateurs, non accusés, figurent des promoteurs qui avaient des liens avec Tony Magi, lié à la mafia.

Le gouvernement Marois n’a donné aucune seconde de réflexion à Michael Applebaum. La première ministre Pauline Marois, le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, et le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, lui demandent tous de partir. À l’hôtel de ville, les partis d’opposition réclament aussi son départ.

M. Applebaum doit faire connaître ses intentions durant la journée. Il n’a pas le choix de partir. S’il s’accroche au pouvoir, ses adversaires et les citoyens indignés vont se bousculer aux portes de la Cour supérieure pour le faire suspendre pour la durée de son procès.

En effet, le maire est un candidat idéal pour asseoir la jurisprudence de la nouvelle loi 10, surnommée la «loi Marcotte». Cette loi autorise la suspension d’un maire accusé au criminel pour la durée de son procès, lorsque les crimes qui lui sont reprochés se rattachent à l’exercice de ses fonctions.

Les citoyens ou  les élus peuvent déposer une requête en Cour supérieure, qui entendra l’affaire d’urgence, afin d’obtenir une décision rapide.

Michael Applebaum dispose de quelques heures à peine pour quitter la vie politique de sa propre initiative. Sinon, il devra subir l’humiliation d’un rendez-vous à la Cour supérieure. Le soleil se couche sur la brève carrière de ce shérif de pacotille.

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