Les choix de Denis Coderre

M. Coderre ne laisse d’autre choix à Richard Bergeron que de reprendre son rôle de «critique en chef» des décisions de l’administration municipale.

La formation du comité exécutif est un exercice délicat à Montréal, l’une des rares villes où le fonctionnement du conseil municipal ressemble en grande partie à celui de l’Assemblée nationale. La composition de ce cercle restreint, dont le rôle est semblable à celui du cabinet au gouvernement provincial, obéit à la fois à des objectifs stratégiques et politiques, tel que le démontrent les choix de Denis Coderre.

En campagne, M. Coderre a insisté sur la nécessité d’abandonner la proverbiale ligne de parti. Que le maire le veuille ou non, la composition de son comité exécutif annonce pourtant le retour de la ligne de parti.

Pour avoir assisté à plusieurs séances du conseil, j’avoue que l’imposition de la ligne de parti peut transformer les débats les plus simples en interminables foires d’empoigne. Quand un maire et son équipe bénéficient d’une majorité au conseil, la ligne de parti permet de mener à terme un programme politique et, dans le meilleur des mondes, de livrer la marchandise promise en campagne.

Puisque le maire Coderre ne dispose pas d’une majorité de sièges au conseil, il n’a guère le choix de tendre la main à l’opposition.

M. Coderre a offert des postes à deux membres de la Coalition Marcel Côté, soit Russell Copeman (habitation et urbanisme) et Réal Ménard (environnement, parcs et espaces verts). Il a aussi annoncé son intention de recruter le candidat défait, Marcel Côté, pour le conseiller.

Ce faisant, M. Coderre amorce un rapprochement qui lui permettra fort probablement de compter sur l’appui de la Coalition dans les moments critiques. Il faut 33 des 65 votes pour avoir une majorité au conseil. Si jamais ils unissent leurs voix, les 27 élus de l’Équipe Coderre et les 5 de la Coalition Côté se rapprocheront du seuil où les dissidents seront dans l’impossibilité d’imposer leurs vues.

Le maire Coderre ne fera pas de quartier à Projet Montréal. Malgré sa récolte de 19 conseillers, l’opposition officielle est complètement exclue du comité exécutif. M. Coderre ne laisse d’autre choix à Richard Bergeron que de reprendre son rôle de «critique en chef» des décisions de l’administration municipale.

Les débats seront fortement polarisés, ne serait-ce parce que c’est la seule option qui reste pour Projet Montréal et les trois candidats orphelins de l’équipe de Mélanie Joly.

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