Les conservateurs désormais favoris

Contre toute attente, les conservateurs d’Erin O’Toole profitent d’un élan certain. Mais au Québec, rien ne bouge. 

Montage L'actualité

Ç’a été une (autre) semaine de campagne à oublier pour les libéraux de Justin Trudeau. Alors que les appuis au Parti libéral du Canada (PLC) s’effritent dans un grand nombre de régions clés du pays, plusieurs sondages indiquent que les conservateurs sont en tête des intentions de vote. Pour ce qui est des projections de sièges, conservateurs et libéraux se trouvent maintenant nez à nez.

Mais le fameux « momentum » de cette campagne, lui, est nettement du côté des troupes d’Erin O’Toole. Faisons un retour sur les sondages de la semaine qui se termine.

  • En début de semaine, les maisons Angus Reid, Léger, Abacus Data et Ipsos ont toutes publié des résultats montrant que le PLC avait perdu des plumes depuis le lancement de la campagne. Avec des intentions de vote plus serrées (particulièrement en Ontario), ces sondages par Internet accordaient au PLC des avances nationales de un à quatre points.
  • Toutefois, selon les sondages quotidiens de Recherche Mainstreet, EKOS et Nanos, les chiffres se seraient considérablement détériorés pour Justin Trudeau durant la semaine, de telle sorte que ces trois instituts mesurent, en date de ce matin, que les conservateurs sont en avance à l’échelle du pays. Le Parti conservateur du Canada (PCC) aurait d’ailleurs retrouvé des niveaux d’appuis comparables à ceux de 2019 dans l’Ouest canadien, région qui, depuis l’élection d’Erin O’Toole à la chefferie du PCC en août 2020, semblait plutôt tiède à l’égard du nouveau chef conservateur.
  • Les appuis au NPD sont demeurés généralement stables au cours de la semaine, avec des résultats nationaux de 19 % à 22 %. Les troupes de Jagmeet Singh sont en voie de réaliser des gains potentiels en Ontario et semblent avoir gonflé quelque peu leurs appuis dans les Prairies. Au Québec, il faudra surveiller si le retour de l’ancienne députée Ruth Ellen Brosseau fera bouger l’aiguille. Évidemment, sans un sondage local dans Berthier-Maskinongé, il sera difficile de savoir si la candidate possède des chances réalistes de reprendre cette circonscription qu’elle avait perdue par une mince avance du Bloc québécois en 2019.
  • Pour le Bloc québécois, les sondages de la semaine indiquent tous des intentions de vote sous la barre des 30 % au Québec. Les appuis enregistrés oscillent entre 23 % et 29 %, des chiffres en dessous du résultat de l’élection de 2019, ce qui laisse croire que certaines circonscriptions bloquistes gagnées de justesse il y a deux ans pourraient être en danger. D’ailleurs, avec la montée en popularité d’Erin O’Toole ailleurs au pays, Yves-François Blanchet n’aura d’autre choix que d’en faire une cible. Bloc et PCC se battront pour des tranches d’électeurs similaires au Québec, particulièrement ceux de la Capitale-Nationale, de plusieurs circonscriptions de banlieue ainsi que les électeurs plus âgés. Selon le dernier sondage pancanadien de Léger, le Bloc n’obtiendrait la faveur que de 20 % des Québécois de 18 à 34 ans. Chez les 55 ans et plus, ils seraient plus de 40 % à vouloir voter pour la formation indépendantiste. Ailleurs au Canada, les conservateurs enregistrent de bons résultats spécialement auprès de ces électeurs.
  • Au Parti vert du Canada, le député Paul Manly mène présentement une chaude lutte contre les conservateurs et le NPD pour tenter de garder sa circonscription de Nanaimo-Ladysmith, sur l’île de Vancouver. Si la tendance se maintient, l’ancienne chef Elizabeth May pourrait de nouveau se retrouver la seule élue de son parti.
  • Finalement, les chiffres divergent quelque peu quant aux appuis pour le Parti populaire du Canada de Maxime Bernier. Les sondages par appels automatisés de Mainstreet et EKOS ont mesuré des appuis nationaux jusqu’à 6 % et 7 % pour le PPC, mais les autres maisons obtiennent plutôt de 2 % à 4 %. Maxime Bernier pourra-t-il se faire élire en Beauce ? Difficile à évaluer pour l’instant, d’autant plus que c’est au Québec que les appuis du PPC sont le plus bas parmi les régions traditionnelles de sondage au Canada.

Voici la mise à jour de la projection du vote Qc125. Nous remarquons que le Parti conservateur s’est hissé en tête de peloton, et ce, pour la première fois depuis le début de la pandémie. Toutefois, l’écart actuel entre le PCC et le PLC est inférieur à l’incertitude de la projection, donc il s’agit toujours d’une égalité statistique :

Néanmoins, même si les deux partis de tête demeurent techniquement à égalité, un est en chute et l’autre en progression depuis le jour 1 de la campagne. Voici les projections du vote fédéral depuis le début août :

Comment ces projections du vote se traduisent-elles en nombre de sièges ? Voici le résultat :

Encore une fois, les projections du Parti libéral et du Parti conservateur tournent autour des mêmes valeurs. Toutefois, dans ma chronique de lancement de campagne il y a deux semaines, le PLC se trouvait à une moyenne de 166 sièges. Il a donc chuté en moyenne de deux sièges par jour depuis.

Or, nous n’avons pas encore observé de mouvement notable dans les intentions de vote au Québec. En fait, à l’exception du modeste recul du Bloc, les intentions de vote québécoises ressemblent sensiblement aux résultats de l’élection de 2019. Reste que ces quelques points de moins au Bloc pourraient profiter au PLC et lui permettre d’enregistrer quelques gains au pays de François Legault :

Le PLC est présentement projeté à une moyenne de 42 sièges au Québec, soit 7 de plus qu’en 2019. Le scénario souhaité par Yves-François Blanchet, c’est-à-dire remporter une majorité des circonscriptions fédérales au Québec (au moins 40), quoiqu’il ne soit pas hors de portée, n’est pas le plus probable actuellement :

Contre toute attente, les conservateurs devraient maintenant être considérés comme les favoris pour remporter cette élection générale fédérale, et ce, quelques jours à peine avant la tenue des premiers débats des chefs. Certes, la mise à jour d’aujourd’hui place le PLC et le PCC à égalité, mais un parti est en chute libre et l’autre, en forte progression.

Reste à voir si le PCC saura conserver cet élan dans les intentions de vote jusqu’au jour J.

En 2015 et en 2019, Justin Trudeau avait connu ses meilleures performances de campagne, alors qu’il était au départ le négligé de la course et tirait de l’arrière. Parviendra-t-il à répéter cet exploit, ou la campagne de 2021 aura-t-elle été la « campagne de trop » ? Il lui reste peu de temps pour retrouver sa « touche magique ».

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Pour tous les détails de cette projection fédérale, consultez la page de Qc125 Canada. Pour trouver votre circonscription, consultez la liste complète des circonscriptions fédérales ici ou utilisez les pages régionales suivantes :

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