Les conservateurs et Attawapiskat: punir ceux qui osent se plaindre

La communauté autochtone d’Attawapiskat, située près de la rive ontarienne de la Baie James, a dû déclarer l’état d’urgence pour attirer l’attention sur le triste sort d’une partie de sa population: un manque criant de logements, des maisons surpeuplées, d’autres trop délabrées pour y rester, des familles vivant dans des remises et des abris de toile et de bois, sous des températures sibériennes. Il aura fallu que les images surgissent sur YouTube pour que l’indignation atteigne vraiment son comble. Et ce n’est pas le gouvernement qui a répondu le premier, mais la Croix-Rouge.

Ottawa a envoyé des fonctionnaires sur place pour évaluer la situation, mais la réponse politique a été sidérante. À mots de moins en moins couverts, on a blâmé le conseil de bande. Le premier ministre Stephen Harper a annoncé que la gestion des fonds fédéraux versés à la bande serait maintenant confiée à une tierce partie. Une mise en tutelle, ni plus ni moins. On procèdera aussi à une vérification des comptes de la bande pour les cinq dernières années afin de comprendre pourquoi on n’a pas obtenu les résultats escomptés.

Le conseil de bande d’Attawapiskat est pourtant un des rares – le ministre des Affaires autochtones, John Duncan, l’a lui-même admis aux journalistes avant de comparaître en comité parlementaire- à publier ses états financier et les salaires des membres du conseil. Sur le site du conseil, on peut remonter jusqu’en 2005. Le personnel du ministère des Affaires autochtones et du Nord les ont-ils au moins lu? La vérificatrice générale Sheila Fraser a souvent déploré le poids administratif imposé aux bandes par le ministère, des rapports en série que les fonctionnaires ne se donnaient même pas la peine de lire.

Ce qu’on trouve sur le site du conseil est fort utile. On apprend en particulier que depuis presque toujours, le conseil a reçu des miettes pour faire face à la crise du logement qui l’accable. Il faut savoir qu’Assawapiskat n’est accessible que par voie aérienne pendant huit mois de l’année et qu’y construire une maison extrêmement modeste peut facilement coûter 250 000 $. Bref, loger tout le monde quand on connaît un boom démographique, c’est exhorbitant.

Sous les conservateurs, la communauté a bel et bien reçu tout près de 90 millions entre le 1er avril 2006 et le 31 mars 2011. Mais de cette somme, seulement 8,6 millions étaient destinés au logement. 8,6 millions sur cinq ans. Et on ne peut pas faire une moyenne car un peu moins de la moitié des fonds – 4 millions – a été versée en 2009-10 alors que la mise en oeuvre du plan de relance économique du gouvernement battait son plein.

L’essentiel des 90 millions sont allés ailleurs. Pour répondre à d’autres urgences, à d’autres besoins. Environ la moitié des fonds ont été consacrés à l’éducation. Les autres postes de dépenses importants sont toujours la santé, les infrastructures, l’administration et l’aide sociale.

Et pour ce qui est de l’éducation, il faut savoir que l’école primaire d’Attawapiskat est fermée depuis 2000 à cause d’un problème de contamination. Les enfants poursuivent leurs études dans des classes portatives et une petite extension de l’école secondaire. Le conseil aimerait depuis longtemps construire une nouvelle école primaire, mais Attawapiskat ne figurait toujours pas, en 2008, sur le plan prioritaire d’immobilisations à long terme de la section ontarienne du ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien. En 2005, les libéraux avaient – bien tardivement – promis d’agir. En 2007, les conservateurs ont annulé le projet sans donner de raison. Maintenant, on promet une nouvelle école pour 2013.

C’est à se demander qui a besoin de supervision…

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C’est rare que j’appuie les conservateurs mais sur cette question ils ont raison.

La réserve est mal gérée. Ils ont une crise du logement malgré le fait qu’ils ne payent pas d’impôts et qu’ils reçoivent des millions en subventions.

Ils vivent dans un endroit isolé et ça leur coûte cher. Mais est-ce la faute du reste de la société?

Est-ce que leur donner un autre 90 millions à gaspiller réglerait le problème? Évidemment pas. Il faut s’assurer que les choses sont bien gérées et la tutelle est le meilleur moyen.

La force tranquille de la répression conservatrice…

On commence par museler avec toutes sortes de subterfuges ceux qui parlent trop fort ou qui ont des opinions divergentes du gouvernement Royal Harper du Dominion de Sa Majesté la Reine du Canada.

Une fois que leurs opposants se sont vu couper les vivres, ils n’ont qu’à faire semblant de rien et proclamer haut et fort qu’ils rallient la majorité de la population.

C’est simple, mais Ô combien efficace…

Vôtre jupon dépasse Madame, avez-vous trouvé dans les bilans financier le salaire des administrateurs et leur comptes de dépenses, ben non ils sont confidentiels, avec plus de 90 millions$ DEPUIS CINQ ANS qu’ils ont reçu il y a anguille sous roche, donc avant de critiquer le gouvernement Harper attendez donc les conclusions de l’enquête et prenez quelques minutes pour le lire.Je serais très curieux de connaître le compte de banque de ces administrateurs.

Cela fait des décennies qu’épisodiquement ressortent de telles affaires…une pauvreté criante côtoyant les gros 4X4 des chefs et alphabétisés de la tribu.Il paraît que les communautés autochtones qui choisissent de se passer des gouvernements réussissent mieux que les autres…leur principal problème semble en être un d’estime de soi…aide-toi et le grand esprit t’aidera. Cessons de les infantiliser et qu’ils arrêtent de mettre sur le dos des blancs tous leurs problèmes. Mais c’est probablement trop simple et pas assez avantageux pour les cupides des 2 côtés.

Quand on a voulu se débarrasser de la question autochtone après avoir tenté de les éliminer de façon directe ou indirecte,on a rien trouver de mieux que de créer des réserves comme les ghettos africains en Afrique du Sud. Depuis ce temps, la situation désespéré des autochtones nous revient dans la figure comme un boomerang et évidemment nous ne cherchons pas de solutions durables à un problème permanent et insoluble avec l’approche conventionnelle.En Abitibi, la même problématique se pose avec au moins trois communautés surpeuplées et à court de logements convenables ce qui provoque chez eux des relations malsaines et tendues dans ces villages en retrait.Il est intéressant de comparer la situation plus enviable des Cris du Québec qui ont su profiter des fonds de la Convention de la Baie James en mettant sur pied des entreprises qu’ils contrôlent et celle des Algonquins pauvres et mal logés de Kitcisakik,de Winneway et du Lac Simon.L’éducation est toujours la pierre angulaire de tout peuple qui veut s’affranchir et il est manifeste que cette dimension est absente des communautés autochtones en général.Leur jeter la pierre ne va pas régler les criants problèmes qu’ils ont à solutionner,ils ont besoin de soutien et de fonds substantiels pour s’en sortir et le gouvernement fédéral de Harper manque à ses devoirs de tuteur puisque les autochtones ont encore, sous la loi sur les Indiens le statut de citoyen mineur donc de pupille quoi.

45 millions ont été consacrés à l’éducation? Ils doivent être éduqués en pas pour rire!

Ceci dit, la position idéologique de la blogueuse et du NPD est 100 fois meilleure: on double le 90 millions et, si après 2-3 ans ça paraît pas trop, on double encore le budget, et ainsi de suite.

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