Les conservateurs et les médias

Les conservateurs ont une nouvelle bête noire: les médias. Ils les ont souvent pris en grippe par le passé, mais ces jours-ci, c’est une marotte.

Hier soir, lors des cérémonies d’ouverture du congrès au Parti conservateur, la sénatrice Pamela Wallin, une ancienne de CTV, a lancé le bal avec quelques coups de griffe à la ronde , rapidement suivi par un autre sénateur ET ancien de CTV, Mike Duffy. Puis, dans son discours, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, s’en est pris à la cible favorite des conservateurs, CBC/Radio-Canada. Stockwell Day, qui parlait après lui, a évité de viser un média en particulier, mais les a tous invités à faire preuve de maturité en cessant de ridiculiser les conservateurs.

Le média le plus prompt à se moquer des gens n’a rien d’un chantre de la gauche. Sun News, la chaîne anglophone de nouvelles continues de Québécor attaque tout ce qui n’est pas à droite. (Parlez-en à Margie Gillis.)

M. Day semble aussi avoir oublier que lors de la dernière campagne électorale, SunNews et tous les journaux à grand tirage de SunMedia étaient dans le camp conservateur et férocement anti-libéral et que pratiquement tous les journaux de l’importante chaîne Postmedia News (anciennement CanWest) ont appuyé le PC, tout comme le National Post et le Globe and Mail, en éditorial. On avait trop des doigts d’une seule main pour compter les quotidiens ayant appuyé d’autres partis.

Mais se plaindre de la sorte renfloue les coffres. La culture du PC, nouvelle mouture, est fortement inspirée de celle du Reform, un parti populiste et de protestation qui prenait fait et cause pour les gens de l’Ouest face aux élites politiques, bureaucratiques, juridiques et médiatiques du Canada central. Ils se présentaient en «outsiders» méprisés par les «insiders», un discours qui fait encore vibrer une corde sensible même si aujourd’hui, ces anciens réformistes sont au pouvoir, majoritaires.

Ils contrôlent la bureaucratie, dominent l’arène politique, y compris en Ontario, nomment les juges et écrivent les lois. Les seuls acteurs qu’ils ne contrôlent pas sont les médias, alors ils s’en servent pour fouetter les troupes et continuer à se présenter en victime. À preuve, cette lettre que le président du parti John Walsh a fait parvenir à ses membres récemment et que le site de nouvelles politiques ipolitics.ca a obtenue. M. Walsh sollicite des fonds pour contrer les attaques des médias et de cette nouvelle «élite de faiseurs d’opinion». Il affirme que les médias – qu’il ne nomme pas – combattent les conservateurs parce que ces derniers menacent leurs intérêts. Il fait donc appel aux vieux réflexes d’assiégés de ses partisans pour leur tenir tête et, surtout, remplir les coffres du parti.

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Vous gagnez votre vie à faire du Harper bashing et vous vous désolez que le PCC ne soit pas en amour avec les médias. Plus rien ne me surprend!

Il est vrai que plusieurs grands médias canadiens ont pris fait et cause pour les Conservateurs lors des dernieres élections.

Il est également vrai qu’au Québec et à Radio-Canada, bien au contraire, il serait difficile de nier un farouche sentiment anti-conservateur. Juste de voir la gueule d’enterrement de l’équipe de la de la soirée électorale de la RDC était révélateur…

A regarder la distributuion du vote, on serait porté de conclure que les media font l’opinion. (a moins bien sur que ce ne soit le contraire…) 😉

Excellente chronique, Madame Cornellier. Le Parti conservateur, à force de restreindre l’information communiquée aux médias (voire à la population), récolte ce qu’il a semé.

Les conservateurs vont mettre la hache dans la CBC/SRC (ils doivent trouver 4G$ de coupures récurrentes annuellement).

Les conservateurs vont mettre au pas les médias qui oseront les critiquer (Pensée unique pour un futur parti unique. N’oubliez pas qu’ils vont couper les vivres à tous les partis politiques. Seuls ceux ayant une capacité d’organiser de lucratives campagnes de financement auront voix au chapitre.)

Les conservateurs vont continuer à forger l’opinion publique à coup de propagande.

C’était déjà amorcé lorsqu’ils formaient un gouvernement minoritaire, ceux qui ne les ont pas vu venir ont pratiqué l’aveuglement volontaire.

Maintenant qu’ils sont majoritaires et qu’ils tiennent les rênes du pouvoir à deux mains vous croyez qu’ils vont se gêner?

Les Conservateurs savent que c’est le travail du journaliste Daniel Leblanc qui fut l’élément déclencheur du scandale des commandites. La presse libre se doit de surveiller et de faire une critique du gouvernement. Alors on discrédite toute critique. Ce qui est dommage c’est de voir jusqu’à quel point la corruption conservatrice s’est propagée dans les média. Vous nommez Pamela Wallin, mais surtout Mike Duffy, des propagandistes malhonnêtes qui ont finalement été récompensés pour leur travail pour le parti, aux frais des contribuables.

Un bon journaliste soulève les faits, les vérifie et les confrontes aux protagonistes.

Si les conservateurs n’aiment pas répondre aux questions, c’est assez révélateur…

Aussi, leur obsession à ne parler qu’en terme d’argent, qui n’est qu’un outil et non pas une finalité, est tout aussi révélatrice…

Les conservateurs parlent PIB, sécurité et richesse personnelle, mais omettent de parler de salaire médian (pas moyen), du taux de criminalité en baisse depuis 1990 et des indices de litératie comme d’espérance de vie. Bref, les conservateurs vous promettent vaguement plus, mais ne vous parlent jamais des résultats vérifiables…

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