Les coulisses de l’ascension de Philippe Couillard

Philippe Couillard a réussi là où tous les autres chefs politiques québécois ont échoué depuis Robert Bourassa, en 1970: devenir premier ministre à sa toute première expérience électorale à la tête de son parti. Comment y est-il parvenu? Qui est vraiment le premier ministre du Québec?

La couverture du livre «La Naissance d'un chef», sur les coulisses de l'ascension de Philippe Couillard comme chef du PLQ, puis premier ministre.
La couverture du livre «La Naissance d’un chef», sur les coulisses de l’ascension de Philippe Couillard comme chef du PLQ, puis premier ministre.

Le voilà! J’y ai mis la touche finale en juin dernier, alors le voir apparaître — en feuilles et carton — dans les kiosques, librairies (et boutiques en ligne) provoque une drôle de sensation. Le projet de livre est maintenant concret.

«La Naissance d’un chef», publié aux Éditions Rogers dans la collection L’actualité, est disponible. (Pour obtenir les détails sur la vente, c’est par ici. Toutes les bonnes librairies en ont reçu des exemplaires.)

J’y raconte, en 144 pages, les coulisses de l’ascension de Philippe Couillard, d’abord comme aspirant-chef au Parti libéral du Québec lors de la course au leadership, puis comme premier ministre, notamment le soir des élections du 7 avril dernier. L’ouvrage retrace environ 18 mois — très mouvementés — dans la vie de Philippe Couillard, afin d’en faire le portrait.Politique

Ce livre n’est pas un essai sur le gouvernement Couillard, ni une thèse pour décortiquer ses intentions en matière de politiques publiques. Ce n’était pas l’objectif. De toute manière, j’en aurais été incapable. J’ai terminé le livre seulement quelques semaines après les élections d’avril.

Le livre vise une autre cible. On connait assez peu nos politiciens. Leurs origines, leurs objectifs, leurs craintes, leurs forces et faiblesses. Pourtant, il s’agit là de clés utiles pour comprendre les décisions qu’ils prennent dans l’exercice de leurs fonctions. Un bon portrait nous permet de saisir l’homme et de mieux décoder ses réflexions et ses ambitions.

Les citoyens prendront les positions qu’ils veulent sur les différentes actions du gouvernement, mais en connaître davantage sur celui qui dirige le Québec permet d’avoir un jugement plus éclairé.

Philippe Couillard a réussi là où tous les autres chefs politiques québécois ont échoué depuis Robert Bourassa, en 1970: devenir premier ministre à sa toute première expérience électorale à la tête de son parti.

Comment y est-il parvenu? Qui est vraiment le premier ministre du Québec?

Ceci dit, avant de vous souhaiter une bonne lecture, voici trois extraits du livre, pour vous donner une idée de l’ouvrage.

Chapitre 1 – La décision

Le long tunnel de la mine du lac Herbin, près de Val-d’Or, s’arrête dans un amas de roches et de grillages, à 1 700 m sous terre. Des relevés sont en cours pour mesurer la concentration d’or, et Philippe Couillard écoute les explications du vice-président à l’exploitation de QMX Gold Corporation, Patrick Sévigny. Mais le candidat libéral est un peu distrait par la foreuse manuelle, quelques mètres plus loin.

Il s’approche de l’engin, dont la longue mèche est plantée dans la paroi du tunnel. «Est-ce que je peux essayer?» Le front du mineur se plisse de doutes. «Allons, j’ai déjà percé des cerveaux, je devrais être capable de percer du minerai!» lance Couillard dans un éclat de rire qui fait retrousser sa barbe grisonnante et sautiller ses lunettes de protection. Le jeune homme lui cède sa place. L’ancien ministre de la Santé s’amusera pendant une bonne minute.

De retour à la surface, Philippe Couillard poursuit la visite des installations, serrant des mains et distribuant les bonjours aux 130 employés de QMX. Lorsqu’il entre dans le garage des camions, un mécanicien moustachu d’une cinquantaine d’années, l’air espiègle, entonne «Libérez-nous des libéraux», du groupe Loco Locass.

«Je suis certain que vous vous ennuyez de nous!» réplique Philippe Couillard, conscient qu’en ce 29 novembre 2012 les modifications aux redevances minières envisagées par le gouvernement Marois inquiètent les travailleurs de cette industrie cyclique, surtout ceux des petites sociétés minières aux faibles marges de profit, comme QMX.

Les hommes entourent le candidat pour une photo. «Je te veux à côté de moi!» lance Couillard au chanteur moustachu, qui sourit en s’approchant.

Un rituel semblable se répétera pendant le périple de deux jours en Abitibi. À Amos, Philippe Couillard visite une scierie et l’usine d’eau Eska. À Malartic, un CLSC et un centre d’hébergement et de soins de longue durée. À Val-d’Or, un centre d’amitié autochtone. À Rouyn-Noranda, ce sont des entrevues télé et radio… Un rythme de campagne électorale, avec un horaire réglé à la minute, et ce, depuis l’annonce de sa candidature dans la course au leadership du PLQ, le 3 octobre 2012.

«Je réalise pour la première fois que je n’ai plus 20 ans», dit Philippe Couillard, attablé au restaurant en ce vendredi matin de novembre où le mercure a chuté à – 27 °C à Rouyn-Noranda. Le candidat libéral, 55 ans, vêtu d’un simple jean et d’un chandail de laine marron, a les traits tirés. «C’est l’exercice le plus exigeant de ma vie. Quand j’étais ministre ou chirurgien, je gérais mon temps. Là, c’est sept jours sur sept.»

Pourquoi ce rythme endiablé, alors que la vaste majorité des personnes rencontrées ne sont pas des militants en mesure d’élire le prochain chef? Certaines ne savent même pas qui sont Philippe Couillard, Raymond Bachand et Pierre Moreau! «J’en profite pour améliorer ma connaissance du Québec, développer mes idées. J’en retiens des exemples concrets dans différents domaines», explique Philippe Couillard durant le trajet de plus d’une heure en voiture qui nous ramène à Val-d’Or. «Le soir, avec les cinq à sept, c’est le temps des militants.»

Une autre longue journée s’achève. Il interroge son organisateur local, Martin Veilleux, installé au volant. «Nous serons en retard de 15 minutes au rassemblement militant», dit celui-ci. «Appelle pour les prévenir, c’est la politesse élémentaire», répond Philippe Couillard.

Le soleil se couche sur la neige et un reflet orangé perce les épinettes noires. Un paysage de carte d’assurance maladie défile le long de la route. Philippe Couillard, assis à l’avant, fait un signe vers la droite. «Je suis venu pêcher le doré par ici, il y a quelques années, avec Pierre Corbeil [ancien ministre et ex-député d’Abitibi-Est].»

Grand amateur de pêche, Couillard replace ses souvenirs en fonction des endroits où il a déjà taquiné le poisson. Ici, la truite avant un souper de financement; là-bas, le brochet avec ses trois enfants… Et la pêche au saumon à la mouche, son sport de prédilection. «Ce n’est pas la prise du poisson qui est le plus important, dit-il. C’est le décor, la forêt. Et le haut niveau de difficulté. J’ai tendance à me désintéresser de quelque chose que je fais bien. Avec la pêche à la mouche, tu peux toujours t’améliorer. La perfection n’existe pas.»

Et il y a l’élégance, le style du pêcheur debout dans la rivière, sa canne à bout de bras, souple, qui fend l’air. Lorsque Philippe Couillard enseignait la neurochirurgie à l’Université de Sherbrooke, au tournant des années 2000, il comparait les opérations à une œuvre d’art. «L’élégance du geste est importante pour arriver aux résultats», disait-il à ses étudiants, souvent perplexes.

Rien d’étonnant à ce que la femme de Philippe Couillard, Suzanne Pilote, ait surnommé son homme «l’ours». Parce qu’il aime le poisson et la nature, mais aussi en raison de son allure — un peu rond, costaud, barbu — et de sa démarche lourde, qui balance de droite à gauche. Une image si forte que lorsqu’il était ministre de la Santé (2003-2008), les hauts fonctionnaires et les employés de son cabinet le surnommaient ainsi en son absence!

[…]

Chapitre 4 – L’épine Arthur Porter

[…]

L’équipe ne prépare aucune attaque contre Raymond Bachand et Pierre Moreau, même si leurs points faibles ont été consignés dans un document dès le début de la course. «On a fait nos devoirs, mais ce rapport ne servira pas. Le patron ne veut pas», dit Harold Fortin. Le passage de Raymond Bachand à la tête du Fonds de solidarité de la FTQ, de 1997 à 2001, au moment où l’entrepreneur Tony Accurso faisait la pluie et le beau temps dans le milieu de la construction — et était un partenaire important du Fonds —, en fait partie.

Aucune défense particulière n’est préparée contre des attaques sur les liens de Philippe Couillard avec Arthur Porter.

Le samedi 26 janvier, 45 minutes après le début du débat en anglais, à l’Université Concordia, Raymond Bachand dégaine. Philippe Couillard vient d’affirmer que la commission Charbonneau aurait dû être mise sur pied plus rapidement. L’ancien ministre des Finances lance: «Pendant que Pierre et moi combattions la corruption, tu faisais des affaires avec Arthur Porter!»

Dans l’auditorium, des murmures et quelques huées se font entendre. Les conseillers de Couillard s’envoient des textos, dans lesquels dominent les jurons. Sur scène, Philippe Couillard encaisse. «Je ne vais pas utiliser une basse tactique comme tu viens de le faire. Je peux faire de la culpabilité par association, moi aussi», dit-il avec calme. Il regarde Raymond Bachand et fait une pause de trois secondes qui paraît une éternité. «Mais je ne vais pas le faire. C’est ridicule et non productif.»

Sur les réseaux sociaux, les amateurs de politique s’enflamment. Des sympathisants de la CAQ et du PQ s’en donnent à cœur joie, convaincus d’avoir trouvé la faille dans l’armure du meneur. Des journalistes avancent que les adversaires du PLQ ont certainement isolé ce passage pour le ressortir en campagne électorale…

Après le débat, Philippe Couillard offre aux journalistes l’une de ces réponses dont il a le secret, plus proches de la philosophie que de la politique: «On fait des choix dans la vie. J’essaie que dans mon cœur ne viennent jamais la haine et la rancune.»

Raymond Bachand explique qu’il a été «piqué» par Philippe Couillard sur le bilan du gouvernement Charest en matière de corruption et qu’il a lancé son attaque instinctivement. «J’ai des émotions», dit-il aux médias.

Dans le camp Couillard, on ne croit pas à la thèse de l’improvisation. Dans les jours suivants, Raymond Bachand poursuit l’offensive dans les quotidiens et à la radio, ce qui confirme la stratégie délibérée. À La Presse, il en rajoute: «Vous ne vous associez pas à quelqu’un pour partir une compagnie si vous ne le connaissez pas.»

L’équipe Couillard comprend rapidement pourquoi son adversaire fonce. Les assemblées locales qui choisiront les délégués en vue du congrès doivent commencer dans moins de 10 jours, le 4 février. «Si Bachand n’ébranle pas les militants maintenant, qu’il ne les force pas à reconsidérer leur choix, c’est terminé pour lui», explique Philippe Dubuisson.

Philippe Couillard est sur la défensive. Il explique qu’Arthur Porter a été nommé par le conseil d’administration du CUSM en 2004 — et non par lui ou son gouvernement. Il ajoute que le contrat de construction du nouveau CUSM, accordé à SNC-Lavalin (et pour lequel l’Unité permanente anticorruption a lancé un mandat d’arrêt contre Arthur Porter et quatre autres personnes soupçonnées d’avoir touché des pots-de-vin de 22,5 millions de dollars), l’a été en 2010, «deux ans après mon départ de la politique!»

[…]

Chapitre 7 – La victoire électorale

La campagne électorale de 34 jours, déclenchée par la première ministre Pauline Marois le 5 mars 2014, vient de prendre fin. Confiante de pouvoir obtenir un mandat majoritaire, elle a sabordé son gouvernement. Le vent n’a toutefois pas tourné en sa faveur.

La petite suite avec salon, au cinquième étage de l’hôtel du Jardin, à St-Félicien au Lac-Saint-Jean, est tapissée de sourires depuis plusieurs minutes. «C’est pas croyable !», lance le chef libéral, Philippe Couillard, à l’intention de la dizaine de proches collaborateurs réunis avec lui pour suivre les résultats électoraux en ce lundi 7 avril 2014.

Il est à peine 20h50 et l’écran de télévision, qui diffuse Radio-Canada, affiche alors 78 candidats libéraux élus ou en avance sur 125, soit une forte majorité parlementaire — il terminera avec 70. «Je savais qu’on allait l’emporter, mais à ce point?», lance-t-il à la ronde.

Le directeur de la campagne libérale, Christian Lessard, grand et mince dans son complet gris taillé sur mesure, entre dans la suite. Philippe Couillard se lève de la causeuse en cuir brun qui fait face à la télé et se dirige de son pas lourd — il n’est pas surnommé « l’ours » pour rien — vers la porte pour l’accueillir. C’est leur deuxième victoire, après la course au leadership.

« Bonsoir, monsieur le premier ministre », lance Lessard, souriant, avec un mélange d’humour et de fierté. Philippe Couillard l’entoure de ses bras. « Merci pour tout, Christian », dit-il, la voix brisée par l’émotion et les yeux humides.

Plus tôt dans la journée, Christian Lessard avait prévenu son chef que tout semblait en place pour une victoire. Son calcul l’amenait à «un plancher» de 68 députés du PLQ. «Si la CAQ n’avait pas remontée dans la dernière semaine, on frisait les 75 circonscriptions», lui a-t-il dit en fin de journée, après avoir reçu les informations de ses organisateurs sur le terrain.

Le parti n’ayant pas commandé de sondage interne lors des deux dernières semaines de la campagne, Christian Lessard et son équipe ont fait confiance aux sondages publics des médias et aux organisateurs régionaux pour faire leurs prédictions. Lessard jugeait inutile de «gaspiller» de l’argent en coups de sonde, alors que tout se passait bien. Les sondages et groupes de discussions, le PLQ les avaient menés avant le début de la campagne, pour calibrer le message.

Le slogan «Les vraies affaires», qui a fait beaucoup jaser pendant la campagne, a été déniché à la suite de ces groupes de discussions avec des citoyens, à peine trois semaines avant le début de la campagne électorale. L’objectif : viser les caquistes mous, intéressés avant tout par l’économie et les finances publiques, qui pouvaient basculer dans le camp libéral.

À la télé, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, adresse un discours combatif à ses militants en ce soir d’élection. Dans la suite de l’hôtel du Jardin, le nouveau premier ministre et son entourage écoutent avec attention. Vers la fin de son allocution, elle interpelle Philippe Couillard et demande qu’une charte de la laïcité rassembleuse soit adoptée. Il est temps de mettre ce débat, qui a fait rage pendant tout l’automne 2013, derrière nous, dit-elle. « On a quatre ans pour le faire », lance le chef de cabinet de Couillard, Jean-Louis Dufresne, debout à l’arrière de la petite suite.

« Non », le reprend immédiatement Philippe Couillard, avec un air grave qui surprend son équipe. « On va faire ça rapidement, dès le début du mandat. » Les résultats électoraux continuent de s’afficher à l’écran que sa première décision de chef de gouvernement est déjà prise.

Les 24 dernières heures de la campagne électorale passées aux côtés du chef libéral — depuis son rendez-vous le matin chez la coiffeuse jusqu’au souper chez lui, avec sa garde rapprochée, en passant par l’annonce des résultats — ont permis de comprendre le cheminement de Philippe Couillard. Le chef libéral n’est pas devenu premier ministre uniquement grâce à la déconfiture du Parti québécois. Après un automne 2013 difficile, le chef libéral s’est profondément remis en question durant le congé de Noël. Il a dû réapprendre à faire de la politique. Infatigable critique de lui-même, il prend soin de ne pas répéter la même erreur deux fois.

Plus tôt dans la journée, lors d’un déplacement en voiture entre Saint-Félicien et Dolbeau-Mistassini, où il se rendait saluer ses bénévoles au local électoral, Philippe Couillard m’avait confié avoir souffert du débat sur la charte des valeurs et vouloir tourner la page. « Nous allons légiférer sur ce qui fait consensus. On va mettre des balises aux accommodements religieux, les services seront donnés et reçus à visage découvert, on va inscrire la neutralité religieuse de l’État dans la Charte des droits et lutter contre l’intégrisme. On va régler ce dossier une fois pour toutes ! »

Il dit avoir appris de l’épisode de l’ex-députée Fatima Houda-Pepin, qui a quitté le caucus libéral en janvier, après des semaines de tergiversations et de désaccords à propos de la position du PLQ sur la charte de la laïcité, position qu’elle jugeait trop molle. « J’ai dépensé beaucoup de “capital politique”. Même si mes conseillers me disaient de la mettre à la porte dès l’automne, j’ai accepté de rouvrir le débat. Je savais que j’en paierais le prix, parce qu’en politique moderne, accepter de réexaminer sa position, c’est mal perçu. C’est sain, mais ça passe mal. Ça m’a pris énormément d’énergie pour un enjeu qui est devenu très personnel. Je ne laisserai plus ça arriver. »

Voilà. Maintenant, à ceux qui vont se procurer le livre, je vous souhaite une bonne lecture!

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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Vous avez piqué ma curiosité,et en plus c’est très bien écrit »Un paysage de carte d’assurance maladie défile le long de la route » .

Ça semble intéressant comme livre, mais je ne perdrais pas mon précieux temps à lire sur un chef libéral. Ceci dit, on attend de voir s’il va légiférer sur la laïcité. Il se disait pressé. 6 mois plus tard, toujours rien. Bravo Philippe. Un autre mensonge libéral. Faut-il vraiment s’en étonner ?

Bien voyons donc ! Ca fait a peine 6 mois qu’il est au pouvoir et le partie Liberal est tout a l’envers avec sa maniere de gouverner ! Ce n’est pas un chef mais plutot un vrai Pirate ! Pensez – y !!

J’avais beaucoup d’estime pour Alec Castonguay. J’en ai beaucoup moins maintenant ! Par exemple, que nous apprend-t-il sur l’affaire Porter ? Pourtant super-importante. Rien, seulement les états d’âme de Philippe Couillard et le rapport de citations. Trop facile monsieur Castonguay. Les faits, où sont les faits qui pourraient nous éclairer sur cette ténébreuse affaire ?