Les défis de Joe Oliver, ministre des Finances

Le remplaçant de Jim Flaherty, Joe Oliver, 74 ans, est un ancien banquier originaire de Montréal qui a travaillé pour Merrill Lynch. Coup d’œil sur l’héritage laissé par l’un et les défis qui attendent l’autre.

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Photo : Adrian Wyld/La Presse Canadienne

Le 18 mars, le ministre des Finances, le regretté Jim Flaherty, a annoncé son départ. Son remplaçant, Joe Oliver, 74 ans, natif de Montréal, est un ancien banquier qui a travaillé pour Merrill Lynch.

Ce député de Toronto était ministre des Ressources naturelles avant sa promotion.

Coup d’œil sur l’héritage laissé par l’un et les défis qui attendent l’autre.

L’héritage de Jim Flaherty

– Baisse de deux points de la TPS

– Diminution de l’impôt des entreprises

– Création du compte d’épargne libre d’impôt (CELI)

– Réforme de la péréquation

– Mise à la porte de 20 000 fonctionnaires

– Compressions de 13,7 milliards de dollars par année dans les dépenses de programmes (10,1 %)

– Plafonnement des transferts en matière de santé aux provinces à partir de 2017

– Resserrement de l’accès à la propriété

– Entente sur l’harmonisation des taxes de vente avec trois provinces, dont le Québec

Les priorités de Joe Oliver

– Gérer le retour aux surplus budgétaires. Ottawa s’attend à dégager un excédent de 6,4 milliards de dollars l’an prochain, année électorale. Qu’en fera le ministre dans ce contexte ?

– Justifier le fractionnement des revenus entre conjoints ayant des enfants. Stephen Harper et Joe Oliver se sont engagés à faire appliquer cette mesure controversée, une promesse électorale de 2011. Il s’agit d’une opération comptable qui permettrait aux membres d’un couple, à des fins d’impôt, de se « transférer » jusqu’à 50 000 dollars entre eux, afin de ramener le revenu du plus haut salarié dans une catégorie d’imposition inférieure. Des études ont conclu que les 10 % des ménages les plus riches du pays toucheraient 31 % des bénéfices de cette mesure, alors que les 10 % les moins riches, à peine 3 %. Jim Flaherty s’opposait à ce fractionnement.

– S’imposer au G20. Jim Flaherty était un acteur de premier plan du G20 des ministres des Finances. Joe Oliver devra y maintenir l’influence du Canada.

– Créer la Commission nationale des valeurs mobilières. À part l’Ontario et la Colombie-Britannique, aucune province ne souhaite adhérer à une telle commission. Le Québec et l’Alberta sont les plus farouches défenseurs du modèle actuel, qui permet à chaque province une autonomie dans ce domaine. Le ministre devra convaincre toutes les provinces.