Les députés prennent-ils leur rôle suffisamment au sérieux ?

« J’ai déjà affirmé qu’il n’y a pas un député qui a lu un projet de loi sur lequel il a voté. »

Photo © Clement Allard / La Presse Canadienne
Photo © Clement Allard / La Presse Canadienne

Pour de nombreux politiciens, être député représente une opportunité plutôt qu’une vocation. Après tout, les parlementaires n’ont pas reçu de formation pour devenir des figures publiques, explique Denis Vaugeois, ancien ministre des Affaires culturelles et des Communications sous René Lévesque, dans une lettre publiée cette semaine dans Le Devoir.

FouineurL’affaire Yves Bolduc a incité Denis Vaugeois à prendre sa plume. Même s’il défend le député de Jean-Talon, il reste persuadé que « la fonction de député ne laisse pas de place pour du travail rémunéré ». Surtout, il voit dans cette polémique un écho des problématiques sur lesquelles il s’était déjà penché.

Après avoir publié un rapport sur le rôle du Parlement et des députés, en janvier 1982, certains de ses collègues lui ont fait part d’un certain malaise. « Des députés aussi fringants que ceux du Parti québécois vivaient mal la réalité parlementaire. Je me souviens que l’un d’entre eux, après ma présentation, me confia : “Je commence enfin à comprendre ce que je fais ici !” »

Prennent-ils leur rôle suffisamment au sérieux ? « Pour la plupart, oui », a expliqué Denis Vaugeois en entrevue à l’émission Puisqu’il faut se lever, à l’antenne du 98,5 fm. « Mais j’ai déjà affirmé qu’il n’y a pas un député qui a lu un projet de loi sur lequel il a voté. »

Selon l’ex-politicien, également historien et cofondateur des Éditions du Boréal, le député évolue trop souvent dans la marge. « La première utilité d’un député est de déterminer quel parti pourra former le gouvernement. Ensuite, on lui demandera de voter selon la ligne de parti. Dans les commissions parlementaires, s’il appartient au groupe ministériel, il applaudit le ministre qui prend toute la place. Autrement dit, il est préférable d’être dans l’opposition si on est simple député. »

C’est cette ligne de parti qui fait tant de tort aux députés et qui « tue la politique », croit Denis Vaugeois. La première recommandation de son rapport visait d’ailleurs à garantir une certaine indépendance aux parlementaires, notamment au travers du vote secret. N’en déplaise à certains…

« Un bon jour, les députés se mirent d’accord pour élire leur président au vote secret. Mais en 2008, lorsque Jean Charest a appris l’élection de François Gendron, il a piqué une crise ; tout comme l’auraient fait Lucien Bouchard et tous les autres premiers ministres depuis ce temps », se rappelle-t-il dans Le Devoir.

Selon Denis Vaugeois, il est nécessaire de réformer en profondeur l’Assemblée nationale. « Je relis mon rapport et s’il avait été appliqué dans une plus large proportion, Yves Bolduc en aurait eu plein les bras avec son travail de député. Avec l’exceptionnelle préparation qui est la sienne, il aurait été de tous les comités et de tous les débats. »

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Au lieu de jouer au golf comme plusieurs autres députés et même comme Obama, le Docteur Bolduc a préféré soigner nos malades québécois et on lui reproche???

Francois 1

As te lire, tu es toujours, toujours a contre courant. Même dans la situation la plus imbécile, tu trouves le moyen d’en remettre.

Et pour commenter le blog….. la plupart des députés sont des plantes vertes. Gilles Vaillancourt ancien maire de Laval l’a dit, s’entourer de plantes vertes est bien plus facile à gérer….. le partie Libéral l’a bien comprit, M. Charest l’appliquait à la lettre.