Les deux décennies de Gary Doer

Gary Doer a mené trois fois le NPD à des victoires majoritaires au Manitoba. Cela fait de lui le politicien néo-démocrate qui a connu le plus de succès au Canada depuis Tommy Douglas (1944-1961).  Roy Romanow, qui a régné aussi longtemps sur la Saskatchewan que Gary Doer sur le Manitoba, n’avait pas réussi à conserver sa majorité gouvernementale jusqu’au bout.

Photo : Adrian Wyld / PC

Gary Doer a mené trois fois le NPD à des victoires majoritaires au Manitoba. Cela fait de lui le politicien néo-démocrate qui a connu le plus de succès au Canada depuis Tommy Douglas (1944-1961).  Roy Romanow, qui a régné aussi longtemps sur la Saskatchewan que Gary Doer sur le Manitoba, n’avait pas réussi à conserver sa majorité gouvernementale jusqu’au bout.

Ses collègues des autres provinces noteront que l’annonce de son départ coïncide avec son dixième anniversaire au pouvoir, une date-butoir que bien peu de premiers ministres arrivent à atteindre. Gary Doer était d’ailleurs le doyen des premiers ministres provinciaux; son collègue de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, élu pour la première fois en 2001, hérite de ce titre.

Les Michael Ignatieff, Pauline Marois et autres chefs d’opposition pourraient également trouver matière à encouragement (ou le contraire) dans le fait que Gary Doer s’est morfondu pendant dix ans dans l’opposition avant de mener son parti à la victoire électorale.

Même s’il avait dix ans de plus que Jean Charest, Gary Doer était un contemporain politique du premier ministre du Québec (et un ami). L’un et l’autre avaient fait leurs premières armes sur la scène canadienne pendant le débat de Meech. À l’origine, ils étaient dans des camps opposés.

Comme leader du NPD dans une Assemblée législative minoritaire, Gary Doer s’était servi de son veto sur l’adoption de l’Accord au Manitoba pour exiger une résolution d’accompagnement au projet. L’ayant obtenu, il n’avait cependant pas réussi à livrer le vote du député autochtone Elijah Harper dont le refus d’appuyer l’accord avait signé l’arrêt de mort du projet en juin 1990.