Les deux nations de Michael Ignatieff

Comment Michael Ignatieff voit-il le Canada, le Québec et la dualité nationale de notre curieux de pays ? Quelques phrases tirées d’un de ses livres, paru en 1994, peuvent nous éclairer sur la question.

Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, faisait récemment la tournée des médias pour la promotion de son nouveau livre, Terre de nos aïeux . À chaque entrevue, on lui a posé cette question : comment voit-il le Canada, le Québec et la dualité nationale de notre curieux de pays ? Et on a mis en doute sa sincérité en ce qui concerne la reconnaissance du Québec comme nation et sa compréhension du problème de la dualité.

Voici quelques phrases tirées d’un de ses livres précédents, sur les nationalismes, paru en 1994 (qui, celui-là, n’a pas été traduit en français : Blood and Belonging, Penguin Books).

« Ce qui est pour le Canada anglais un beau roman est pour son partenaire un mariage sans amour. »

« Le Québec, en tant que nation, n’a jamais eu besoin du Canada. »

« Les Canadiens anglais se demandent avec angoisse et perplexité quel est le grief du Canada français qui pourrait justifier la sécession. Mais c’est peut-être la mauvaise question. Le nationalisme québécois a depuis longtemps cessé d’être celui du ressentiment. […] C’est un nationalisme d’affirmation de soi. »

« Le pays est toujours ensemble, mais le coût pour concilier les deux nationalismes a été
30 ans d’impasses au cœur des institutions de la nation. »

Mais les indépendantistes aimeront moins celle-ci : « Voici […] une question fondamentale, qui vaut aussi pour l’Écosse et la Catalogne : si vous êtes déjà une nation avec une autonomie substantielle, pourquoi avez-vous besoin d’un État indépendant ? »

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