Les étudiants perdants

L’annulation rapide de la hausse des frais de scolarité par le nouveau gouvernement Marois a poussé les dirigeants étudiants à déclarer «victoire». Avec raison.

Mais il pourrait y avoir un bémol de taille.

Et si, dans les faits, cette victoire à court terme se transformait en défaite pour des milliers d’étudiants à plus long terme?

C’est tout à fait possible.

Voici pourquoi:

Peu importe la manière de voir le conflit, ceux qui voulaient éviter une hausse rapide des frais de scolarité ont gagné.

À court terme, les dirigeants étudiants ont même eu droit à un «bonus»: le gouvernement Marois conserve pour cette année seulement la bonification au régime de prêts et bourses mis en place par le gouvernement Charest pour compenser en partie l’effet de la hausse (qui n’a plus lieu). Le beurre et l’argent du beurre…

Une anomalie qui vise surtout à mettre les étudiants dans une bonne disposition avant le sommet sur l’enseignement supérieur où le gouvernement péquiste proposera une indexation des frais au coût de la vie dont les fédérations étudiantes ne veulent pas. De plus, ça évite le casse-tête administratif d’ajuster les prêts et bourses de milliers d’étudiants déjà en session. Le genre de perte de temps qu’un gouvernement minoritaire veut éviter.

Mais à plus long terme, on peut penser que le régime de prêts et bourses reviendra à ce qu’il était avant la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest. Logique. (À moins que le sommet sur l’éducation réserve une surprise et en décide autrement.)

D’ailleurs, le cadre financier du Parti québécois, présenté le 24 août dernier en campagne, prévoit la fin de la hausse ET la fin des bonifications au régime de prêts et bourses. Normal, dans la mesure où une partie (35 %) de la hausse des frais de scolarité servaient à financer la bonification des bourses.

C’est là que ça se corse. Des milliers d’étudiants pourraient être perdants.

Sur sa page Facebook, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, affirme que le mouvement étudiant a «réussi à gagner ce combat pour que tous puissent débuter et terminer des études universitaires, peu importe le milieu socio-économique d’où ils proviennent.»

Pendant le printemps étudiant, j’ai souvent répété que «frais de scolarité» et «accessibilité aux études» ne sont pas synonymes. Plusieurs études ont démontré que la fréquentation universitaire ne varie pas en fonction des frais de scolarité, même lorsqu’ils sont élevés. Les enfants des familles aisées, surreprésentés à l’université, poursuivent leurs études tout en payant une part plus importante des coûts de leur scolarité. À l’inverse, ils sont les premiers avantagés par de faibles droits de scolarité.

Ce dont il faut s’assurer, c’est que les jeunes des familles plus pauvres ou de la classe moyenne inférieure, moins porté sur l’université, continuent leurs études et aient accès à leurs rêves.

La meilleure façon d’y parvenir est avec un bon système de prêts et bourses.

Or, dans le conflit du printemps, les bonifications au régime de prêts et bourses ont été moins visibles (et rien pour aider, le gouvernement a été mauvais dans ses communications…)

Pourtant, la grève étudiante avait permis des gains majeurs sur ce plan. Le gouvernement a bougé. Des gains aujourd’hui fragiles, sinon appelés à carrément disparaître avec le retour au statu quo d’avant la hausse.

Et qui va en souffrir? Les familles à plus faible revenu et ceux de la classe moyenne.

Plus précisement les jeunes issus des familles aux revenus entre 28 000 $ et 45 000 $ par année, soit 79 000 étudiants au cégep et à l’université.

(Pour plus de détails, vous pouvez consulter le document le plus complet à ce jour, avec exemples concrets à la clé, du fiscaliste Luc Godbout, de l’Université de Sherbrooke, spécialiste en la matière.)

Quelques chiffres:

– Avant la hausse des frais de scolarité du gouvernement Charest et les modifications au régime de prêts et bourses, la gratuité scolaire (des mots que la CLASSE adorent) était effective pour les étudiants dont le revenu des parents était inférieur à 28 000 $ par année. En clair, les bourses couvraient tous les frais de scolarité, et davantage. Après la réforme 2012, le seuil de la gratuité scolaire effective (certains disent« implicite») était passé à 45 000 $ de revenu familial.

– Une gratuité scolaire pour les jeunes issus des familles avec un revenu de 45 000 $ et moins, ce n’est pas parfait, mais ce n’est pas rien. Le revenu médian des familles avec enfants au Québec est de 63 700 $. Ça veut dire que la moitié des ménages avec enfants touchent moins que cette somme annuellement. En chiffre, ça représente environ 425 000 familles. (Chiffres du budget du Québec 2009-10.)

– Une fois la réforme à terme, en 2018, ce seuil de la gratuité scolaire effective aurait été de 51 142 $. Toutes les familles avec moins de revenu que 51 142 $ recevraient plus de bourses que le montant des frais de scolarité.

– Avant la hausse des droits et la réforme du régime de prêts et bourses en 2012, les bourses commençaient à diminuer à partir d’un revenu des parents à 28 389 $ et devenaient inexistantes à 46 000 $ de revenu familial. Après la réforme, les bourses commençaient à diminuer seulement à 45 000 $ et devenaient inexistantes à 71 900 $.

– Le nombre de boursiers universitaires passaient de 46 300 à 74 900 à terme. Et de ces 74 900, la moitié bénéficiait d’une gratuité scolaire effective.

Autre facteur à prendre en considération: les prêts.

Il pourrait aussi y avoir des perdants chez les familles de la classe moyenne supérieure, ceux dont les parents gagnent plus de 76 500 $. Ces jeunes n’ont pas accès aux bourses, puisqu’ils viennent d’une famille mieux nantie aux yeux du gouvernement.

Si le gouvernement revient au statu quo d’avant la réforme 2012, les prêts étudiants seront plus difficiles, voir impossibles, à obtenir.

Avant la réforme 2012, l’accès aux prêts prenait fin lorsque le revenu familial atteignait 76 500 $. Après ce seuil, si vos parents refusaient de vous aider financièrement à poursuivre vos études, il fallait contracter un prêt personnel à la banque (bonne chance!) ou alors utiliser l’argent gagné à mesure dans un travail à temps partiel. Ce qui, pour certains, ajoutait à la précarité financière (cet argent ne va pas pour combler d’autres besoins de logement ou de nourriture).

Après la réforme 2012, les prêts du gouvernement devenaient accessibles jusqu’à un revenu familial de 115 000 $. Bref, plus de flexibilité pour les jeunes dans les familles qui gagnent entre 76 500 $ et 115 000 $.

Vrai que c’est de l’endettement. Mais vaut-il mieux rembourser cette somme au gouvernement, avec des modalités flexibles, lorsque l’étudiant arrive sur le marché du travail et fait plus d’argent, ou alors le forcer à dépenser à mesure ce qu’il touche dans un travail à temps partiel? Et avec le remboursement proportionnel au revenu, la réponse devient encore plus simple.

Les seuls jeunes qui étaient perdants sur toute la ligne avec la réforme 2012, étaient ceux dont les parents font plus de 115 000 $ de revenu familial. Pas de bourses, pas de prêts. Rien. Eux peuvent se réjouir de la victoire de cette semaine sur l’annulation de la hausse des frais de scolarité.

C’est beaucoup de chiffres, mais qui pointent tous dans la même direction: si les étudiants et leurs dirigeants troquent la victoire sur les frais de scolarité contre un retour au régime précédent des prêts et bourses, les moins nantis de la société et les jeunes de la classe moyenne qui veulent aller à l’université vont y perdre au change.

L’objectif n’est pas de défendre la réforme Charest, mal expliquée par le gouvernement précédent et menée dans la confusion par un parti qui n’avait plus d’autorité morale. Il y avait des failles, dont certaines ont été colmatées sous la pression des étudiants.

Il s’agit plutôt, pour les étudiants, de bien penser au type de victoire qu’ils souhaitent obtenir. Car il y a celle sur les frais des scolarité et l’idéologie qui l’accompagne. Et il y a la réalité des familles et des étudiants moins fortunés, le plus important à ne pas perdre de vue.

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Appelons cela le « principe des garderies à 5$ ».

D’un point de vue fiscal, à la base (je ne sais pas aujourd’hui) le système ne coûtait rien à l’État. On prenait l’$ de retours d’impôts sur les frais de garde pour les investir dans des bas frais au jour le jour. Ce fut le succès qu’on connait. Revenez à l’ancien système et vous verrez la chute dans les inscriptions, même si vous pouvez prouver par a + b qu’en bout de ligne, les parents ne dépenseront pas plus.

C’est la même chose pour les études. Si vous envoyez le message que ça coûte cher, que c’est réservé à une élite, plusieurs vont choisir d’autre voies.

Et l’argument que les enfants de parents fortunés bénéficient d’un système avec de bas coûts est fallacieux. Ce sont les parents fortunés, qui payent à la base plus d’impôts et de taxes, qui contribuent le plus au financement des services publics. Il n’est que juste qu’ils bénéficient de ce qu’ils payent, sans payer deux fois! Cela crée deux catégories de citoyens. Faudra-t-il sortir notre déclaration d’impôts pour recevoir un service de l’État?

Alors non, c’est une vrai victoire pour l’accessibilité aux études et, j’oserai dire, pour l’égalité entre les citoyens. Le partage de la richesse doit se faire dans la déclaration d’impôts, pas les services.

Hum… C’est moi ou votre raisonnement est difficile à suivre?

Si, comme vous l’affirmez, la fréquentation universitaire ne varie pas en fonction des frais de scolarité, pourquoi une modification des prêts et bourses, qui servent en grande partie à éponger lesdits frais de scolarité (surtout si on les augmente), auraient, eux, un impact sur la fréquentation?

Il faut choisir… Les frais (modifiés ou non par les bourses), ça affecte la fréquentation ou ça ne l’affecte pas???

Faut pas oublier que des parents qui gagnent plus de 115 000 $ peuvent, pour différentes raisons, refuser de payer les Études de leurs enfants.

Excellente analyse! Il n’y a rien à ajouter sauf que je me demande si les associations étudiantes qui disent représenter tous les étudiants, ce que je doute, ont bien évalué les enjeux? Ce qu’ils veulent entendre c’est «gratuité-gratuité».
L’exposé des propositions libérales sont la gratuité et plus encore. Maintenant, avec cette annonce c’est à mon avis un recul et retour à la case départ. Le PQ ne voudra certes pas reprendre les propositions du PLQ pour se démarquer et errera dans des dédales afin de se sortir de ce bourbier. Ce que redoute le plus, c’est l’éventualité que cela nous coûte plus cher que ce que le PLQ avait prévu après toutes les concessions.

Toute cette discussion théorique est bien belle mais elle occulte un aspect troublant de la réalité étudiante. Celle des étudiants « adultes » c’est-à-dire ceux qui effectuent un retour aux études, comme moi. Nous sommes pris dans une situation où nos frais de subsistance sont loin d’être les mêmes que les étudiants habitant chez leurs parents, nous avons parfois des enfants, parfois une hypothèque, bref notre réalité est bien différente. Pourtant, l’aide financière aux études ne prend pas cette aspect là en compte. Ainsi, même si mes revenus sont plus « élevés », environ 22,000$ par année, mon revenu disponible est moindre que ceux de mes collègues de classe qui travaillent seulement l’été tout en habitant chez leurs parents. De plus, je n’ai accès qu’à des prêts qui ne couvrent pas même la totalité de mes frais de scolarité. Cette situation me place automatiquement dans la précarité financière alors que je rame pour payer mes impôts et les taxes municipales sur ma (petite) propriété. Il est extrêmement difficile pour les gens dans ma situation d’accéder à l’université et je trouve très dommage que nul n’est pris la peine d’en parler.

Gilles Bousquet :
« Faut pas oublier que des parents qui gagnent plus de 115 000 $ peuvent, pour différentes raisons, refuser de payer les Études de leurs enfants. »

Quels sont ces raisons? Tous les parents devraient mettre de l’argent de côté pour leur(s) enfant(s). Au fil des années, cet argent fait des intérêts et personne n’est pris à la gorge lorsqu’il est temps d’aller à l’université et de rembourser pendant et après. Ça s’appelle avoir le sens des responsabilités. Si ça peut être difficile à réaliser chez les gens qui ont un faible revenu, les ménages qui gagnent 115 000$ ont aucune raison valable à mon avis.

Mon expérience d’étudiante qui vient d’une famille très pauvre, c’est que même si tu as la chance d’avoir accès à l’aide financière aux études, l’endettement fait peur. Nous n’avons pas cette culture-là de dire « j’emprunte pour investir dans mon avenir et ça va me rapporter ». On est tellement habitué à vivre au jour le jour et à craindre le pire.

Le montant de mon prêt étudiant m’angoissait beaucoup pendant mes études et c’est seulement depuis que je travaille que je réalise que s’endetter pour obtenir une formation qui te mène à un bon emploi, ça vaut la peine.

Peut-être que c’est un sujet qui devrait être abordé dès le secondaire. Moi au cégep on m’a juste dirigé vers l’aide financière et donné un prêt sans jamais me parler de planification financière. J’étais déjà endettée de 10 000$ avant même de mettre un pied à l’université. Je ne blâme pas ceux que ça peut décourager.

L’analyse est éclairante dans le sens qu’elle met en lumière que le coût des études ne se résume pas aux simples frais de scolarités.

Ce que j’ai de la difficulté à comprendre de la part de mes concitoyens c’est qu’ils sont prêts, pour la plupart, à investir massivement dans le béton et l’asphalte pour maintenir nos infrastructures en état de bon fonctionnement, alors qu’ils sont récalcitrants lorsqu’il s’agit d’investir pour maintenir notre niveau de matière grise collective à un niveau qui soit compétitif avec les autres collectivités de la planète.

Pourtant, le béton et l’asphalte se mettent à dépérir dès que la construction de l’infrastructure physique est complétée. Au bout d’un certain temps il ne reste plus rien et il faut recommencer. Malgré cela, on comprend tous que c’est nécessaire de le faire quand même.

L’éducation, quand à elle, n’est pas un bien qu’on doit amortir sur un certain nombre d’années. Une personne éduquée, dans la plupart des cas, aura au cours de sa vie, amené à la société des apports dont pourront bénéficier les générations futures. Qu’il s’agisse d’avancements technologiques, de l’investissement de leurs surplus de revenus, de l’attirance d’entreprises étrangères toujours à la recherche de main-d’oeuvre spécialisée ou simplement par la transmission à leur progéniture du goût de l’apprentissage, le bénéfice collectif est indéniable.

Malheureusement, beaucoup de mes concitoyens considèrent toujours l’éducation comme une dépense alors qu’ils voient la réfection des routes et des égouts comme un projet de société.

C’est vraiment navrant.

L’éducation universitaire gratuite serait un désastre, rapidement les universités privés apparaitrait, en chargeant 5 fois plus comme en France, il n’y a pas de miracle..le beurre et l’argent du beurre…phénomème occidental d’enfant gatés, mais il est apparu un nouveau phénomène ces dernieres années en Europe, les pays qui font faillite et doivent tout couper, pour le vrai, peu importe les émeutes de la rue, ils n’ont pas d’argent…ici dans ce pays qui n’est pas un et n’en sera de toute evidence jamais un non plus, le faux pays des non-sacrifices, des je veux ici et maintenant…c’est de la haute philosophie quécoise…

Ça y est, vous m’avez convaincu du bien fondé de la méthode américaine.

C’est souvent après avoir réfléchi à plusieurs aspect de la méthode équitable que je fini souvent par choisir la loi du marché comme la plus simple, la plus belle et la plus juste. C’est de considérer l’individu apte à prendre les bonnes décisions pour lui et la société lorsqu’on ramène entre ses mains les coûts et bénéfices réel de ses choix et ses capacités. Après 20 ans d’études ils sont apte à faire ce choix.

Je suis maintenant en faveur d’une hausse substantielle des frais de scolarité en proportion des coûts réels. Par contre je suis aussi en faveur que le gouvernement se porte garant du remboursement des dettes d’études. Tous les étudiants devraient pouvoir obtenir un emprunt sous ces conditions.

Le plus gros problème actuellement c’est que les étudiants pauvres ou ceux qui sont indépendant des parents à l’age d’université n’ont pas les fonds pour payer de tels frais. Ils faut qu’on leur paient ou qu’ils habite chez les parents. S’ils s’endettent et qu’ils paient après alors ils ont tous leur chance équitablement.

Par Et voilà, j’entends que les gens auront entre leur mains les statistiques salariales et le coût réel des études, ça sera à eux de balancer le pour et le contre, d’assumer leur dette et leur choix.

On part de l’hypothèse que ça rapporte de faire des études et que c’est payant pour la société. Selon cette hypothèse ça vaudra la peine de faire des études.

Le salaire d’emploi sera suffisant pour rembourser la dette et assurer une niveau de vie attrayant pour attirer les étudiants. Et voilà…

Sinon, il faudra bien admettre que ça ne vaut pas toujours le coût de faire des études!! Un manque de diplômé entrainera une rareté professionnelle et une hausse des salaires… et ça finira par valoir le coût de faire des études…

Le gouvernement pourrait mettre certaines règles ou incitatifs pour stabiliser le marché bien sur. Les entreprises ou les communautés qui veulent s’assurer une relève seront incité à offrir davantage de bourses.

Mais selon ce format, les étudiants seront bien plus soucieux de relever le niveau de qualité de nos universités. Autrement dit: Ils seront plus autonomes et responsables!!

Les étudiants se renseigneront mieux sur les bénéfices des programmes au lieu de seulement se laisser chanter la pomme par les université qui ne cherche qu’à augmenter leur quotas pour leur subventions.

Les étudiants qui changent de programmes régulièrement seront responsables de leurs choix financiers.

Au final lorsque l’état paye les études d’un jeune, c’est qu’il fait le paris que ce jeune contribuera davantage à la socité et qu’il fera de grande choses. C’est à nous de trouver le moyen d’arriver le plus efficacement à cette fin en étant équitable pour tout le monde.

Surtout, il faut que les enfants riches comme les pauvres aient un accès équivalent aux études. Pas de paliers salarial selon de revenu des parents. Trop injuste pour ceux qui sont aux marges de ces paliers.
Actuellement ces frais sont pris à même nos impôts. Le problème d’un tel éloignement entre les avantages et bénéfices de celui qui paie c’est que c’est fait de manière très inefficace. On le voit très bien. Les étudiants manifestent non pas pour augmenter la qualité et le financement des universités, mais pour obtenir la formation gratuitement.

Finalement est-ce que notre société sortira gagnante de payer cher une mauvaise formation offerte au rabais?

@ Eric Alvarez

« Faudra-t-il sortir notre déclaration d’impôts pour recevoir un service de l’État? »

C’est le cas en Italie pour l’éducation universitaire.

Je trouve surprenant que la façon dont vous présentez les hypothèses de travail concernant ce dossier, présume presque toujours que seul le statu quo peut remplacer l’inique politique libérale.

Vous soulevez sans doute de bonnes questions. Mais je suis certain que vous n’êtes pas le seul à le faire. Mais je suis également certain que la vrai solution au problème du financement des études n’est pas uniquement celle du PLQ. Mais ce qui était certain, c’est que le PLQ refusait complètement de voir d’autres avenues puisque Charest avait décidé de faire de ce conflit planifié son principal cheval de bataille.

Or c’est justement une des vertus d’états généraux à savoir, trouver des solutions et des consensus.

S’en remettre uniquement aux forces du marché de l’éducation est également une approche méprisable et très risquée en cela qu’elle ne prend que les aspects économiques à court terme des groupes d’intérêts les plus actifs. L’idée de la sagesse de la main invisible est complètement périmée. Wall Street nous en a donné la preuve à quelques reprises dernièrement. Faudrait bien finis par le comprendre un jour ou l’autre. Le plus tôt sera le mieux.

« Une des raisons pour lesquelles la main invisible est invisible, c’est peut être qu’elle n’existe pas. »
[Joseph Stiglitz, Quand le capitalisme perd la tête, 2003]

La gratuité scolaire, ça n’existe pas.
À un certain moment, quelqu’un doit payer.
Il faut déterminer qui va payer et quand.
De plus, il est impératif que chaque citoyen ait accès à l’éducation.
Il faut aussi tenir compte qu’un diplôme universitaire,selon le domaine en cause, ne coûte pas le même prix et ne rapporte pas le même argent.
Par exemple, il en coûte environ 100 000$ pour former un enseignant, 150 000$ pour former un ingénieur et plus de 250 000$ pour former un médecin.
Après cinq ans sur le marché du travail, l’enseignant gagnera en moyenne 60 000$ par année; l’ingénieur 120 000$; le médecin 300 000$ et plus.
Ces différents travailleurs paieront alors des impôts proportionnels à leurs revenus. Ils deviennent une source importante de revenus pour l’état. Ils remboursent ainsi les sommes investies dans leur préparation.
Pour s’assurer que l’état ait de bonne chance de récupérer les argents investis dans la formation de cette élite, il faudrait possiblement obliger les récipiendaires de travailler un minimum d’années au Québec. Cinq ans pour un enseignant; sept ans pour un ingénieur; dix ans pour un médecin. À défaut de quoi, le nouveau travailleur qui veut quitter immédiatement le Québec devrait rembourses la somme totale de sa tuition.

@François Ricard
« Après cinq ans sur le marché du travail, l’enseignant gagnera en moyenne 60 000$ par année; l’ingénieur 120 000$; le médecin 300 000$ et plus. »

Un professeur de Polytechnique, après plusieurs années, gagne 125 000$… Donc, votre moyenne pour un ingénieur semble lourdement exagéré. Je vous suggère le rapport annuel de l’ordre des ingénieurs du Québec. Vous y apprendrez, entre autre, que le salaire d’un ingénieur avec 35 ans d’ancienneté est de 130 000$.

Si nous voulons réussir à règler ce débat pour de bon, faudra commencer par arrêter de se fier à nos perceptions et regarder les éléments dans leur réalité.

Sur ce, bonne lecture! (Je ne suis pas enseignant, donc je ne peux être sûr, mais votre chiffre sur son salaire me semble tout autant gonflé que pour l’ingénieur!!)

@François Ricard

Vous considérez que les ingénieurs et les médecins remboursent leur frais d’études en payant des impôts et que ceux qui souhaitent s’expatrier avant d’avoir payé leur dû devrait se voir refiler la facture.

Est-ce que ça ne revient pas à payer une dette d’étude? Est-ce finalement par nos impôts ou par nos dettes on ne paient pas toujours de toute façon nos études?

La différence c’est qu’avec une dette d’étude les gens conserve la liberté de travailler où ils veulent comme ils veulent. C’est simplement une grosse différence de liberté civile et économique. Vous souhaitez garder ces gens en prison pour qu’ils fassent leur temps!

Autre grosse différence, c’est qu’en faisant payer les étudiants le montant réel de leur études ont baisserais logiquement les impôts d’autant. Ils ne paieraient pas deux fois leurs études.

L’objectif étant de donner accès aux études de qualité aux plus méritants peu importe leur classe sociale de départ.

Donnez leur accès au crédit étudiant, considérez le comme un prêt hypothécaire où tout les étudiants seraient admissibles.

C’est par la suite qu’ils profiterons des bénéfices de leur rigueur ou qu’ils subiront les effets de leur mauvais choix. La société entière bénéficiera de cette responsabilisation et la pression sera pour augmenter la qualité des études et non pour niveler par le bas!!!

Monsieur Castonguay,

Vous écrivez comme si l’accès au prêts et bourses était une panacée. Comme si, dès qu’on touchait un montant, celui-ci était suffisant pour assurer les besoins financiers, ne serait-ce que du strict minimum.

Or, la grille de calcul des frais de subsistance est ridiculement inappropriée. Même pour les chanceux qui reçoivent le maximum permis (et ils sont rares, les conditions d’admission sont à la fois byzantines et kafkaïennes) ce montant ne permet tout simplement pas de subsister tout en étant aux études. (Je peux vous fournir les grilles au besoin)

Or plus un étudiant travaille, plus ses bourses sont coupées. Prendre une session sabbatique pour se faire un fond, les bourses sont coupées. Le résultat est de maintenir les plus pauvres (et il faut l’être pour recevoir le maximum) dans la pauvreté pendant leurs études, et après grâce à l’endettement.

Bonifier le régime sans en revoir les fondements revenait à lancer des bonnes pommes dans un panier pourri. Vous écrivez du haut de votre tour d’ivoire. Les étudiants qui eux vivent avec ce régime ont compris les offres et les ont rejeté en toute connaissance de cause et de façon rationnelle.

Enfin! Je connais des gens qui vivent dans la misère, qui ruinent leur santé mentale et physique car perdre leurs bourses ruinerait leurs études. Le système de prêts et bourses est complètement pourri, voir dangereux pour les étudiants qui en ont besoin…

Autres pertes immédiates dans certains cas…simplement avec une modification de la valeur du crédit d’impôt ( comme mon fils l’a calculé):
«Pour ma session de 14 crédits, l’annulation de la hausse correspond à payer 118.53$ de moins. Ce qui sera compensé par une baisse de 118.53$ de ma bourse de l’AFE… donc rien ne change? Non.

Les frais de scolarité sont déductibles d’impôt (20% au provincial + 13.5% au fédéral). C’est donc 118.53$ * 0.335 = 39.70$ de crédits d’impôt en moins!»
Ce fameux crédit d’impôt que presque tout le monde a voulu oublier dans son discours..

Je me questionne sur un point et j’aimerais qu’on m’éclaire. On parle beaucoup en terme d’argent mais ce n’est pas tout. Certains étudiants réclament la gratuité scolaire pour les frais d’université.Mais n’est-ce pas risqué que le gouvernement, qui deviendra le payeur principal, ne s’ingère de façon indue dans la gestion des universités. Par exemple sur le choix des programmes, sur le nombre de place, etc. Je vois ce qui se passe aux niveaux primaires et secondaires et il n’y a rien pour me rassurer. Est-ce que cet aspect a déjà été soulevé et quelles en ont été les conclusions? Suis-je la seule à m’en inquiéter?

Est-il navrant que n’importe quel étudiant, qu’il soit d’une famille mieux nantie ou moins fortunée, perde. Les familles à plus faible revenu et celles de la classe moyenne souffrent le plus alors que les parents qui gagnent plus de 115 000$ ne reçoivent pas de bourses ou de prêts. Il est vrai que ces enfants sont plus riches que d’autres, cependant si leurs parents refusent de les aider financièrement de poursuivre leurs études, ils perdent car maintenant ils doivent trouver un travail à temps partiel pour payer leurs dettes. Ne-devrait on pas s’assurer que chaque étudiant puisse commencer et terminer des études universitaires, peu importe le milieu socio-économique d’où il provienne? Pourrait-on continuer à changer le régime pour qu’il soit juste pour tous?

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