Les fantômes d’Union Montréal

Il y a tellement de squelettes dans le placard d’Union Montréal qu’on ne peut simplement plus fermer la porte et espérer qu’ils ne reviendront pas hanter les candidats à la mairie de Montréal.

Le premier débat des chefs, organisé par l’Institut du Nouveau Monde (INM), a donné lieu à des prises de bec mémorables à ce sujet.

«On va faire ça simple: il n’y a pas d’anciens d’Union Montréal chez Projet Montréal», a lancé un Richard Bergeron cinglant lors du débat de vendredi. La flèche visait Denis Coderre, qui a recruté 21 de ses 43 candidats parmi les anciens conseillers d’Union Montréal, une formation honnie, accablée par les scandales de financement illicite, et visée par une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Et dire que Denis Coderre s’est présenté comme «l’antidote au cynisme». S’il souhaitait un tant soit peu incarner le renouveau et le changement, il aurait dû fouiller ailleurs que dans les fonds de tiroir de la défunte formation des ex maires Gérald Tremblay et Michael Applebaum pour monter son équipe. Au moins, il pourra compter sur des conseillers d’une indéfectible loyauté, dotés de cette précieuse faculté de ne rien voir et de ne rien savoir qui a préservé Union Montréal de l’éclatement pendant trop d’années.

De tous les candidats en lice, Denis Coderre est celui qui s’est montré le plus accueillant pour les ex d’Union Montréal. La Presse rappelle encore aujourd’hui que 27 personnes liées au parti sont dans la ligne de mire des enquêteurs de l’UPAC, en s’appuyant sur des documents judiciaires lourdement caviardés.

Les documents ont permis aux enquêteurs d’obtenir les mandats de perquisition pour visiter l’hôtel de ville et les bureaux de six arrondissements en février dernier. L’enquête pour fraude et abus de confiance tourne autour du financement illégal d’Union Montréal. Les fonds publics auraient été détournés, dans six arrondissements, afin de rembourser les dépenses de publicité la campagne électorale de 2001. À l’époque, Union Montréal et la firme de communication mise en cause dans cette affaire (CJB, aujourd’hui Octane Stratégies) ont nié les faits.

Si l’UPAC termine son travail avant l’échéance électorale du 3 novembre, Denis Coderre pourrait regretter son magasinage au rayon des candidats usagés.

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Effectivement, dans la foulée du renouveau et de l’intégrité promis par Coderre, ça augure mal. Un nouveau parti avec des restes de table et une structure chancelante laisse présager une récette déja largement connu: Abus de confiance, fraude, malversation. Bravo Coderre.

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