Les filles ne sont pas drôles

Quoi qu’en disent les jovialistes et ceux qui ont un talent fou pour ne pas voir l’évidence, en 2014, la femme n’est toujours pas l’égale de l’homme, comme l’explique le blogueur Mathieu Charlebois.

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Illustration : Getty Images

En 1989, le groupe Milli Vanilli était au sommet des palmarès, Guy Lafleur signait avec les Nordiques et Lucien Bouchard devenait ministre de l’Environnement.
Politique

De cette époque faite d’un duo qui ne chante pas, d’une équipe de hockey à Québec et d’un Lucien Bouchard qui protège la nature, il ne reste rien. C’est une ère révolue.

Pourtant, 25 ans plus tard, voilà que résonnent les coups de feu d’une tuerie qui a beaucoup en commun avec celle de Polytechnique, autre fait tragique marquant de 1989. C’était vendredi dernier, à Isla Vista, aux États-Unis. Le tueur, Elliot Rodger, a emporté avec lui six innocentes personnes.

Le jeune homme était membre de forums machistes sur le Web, il a écrit un manifeste de 140 pages expliquant que tout cela est la faute des femmes, et il a enregistré une vidéo où il annonçait son intention d’aller dans un dortoir de femmes pour y tuer des «blondes idiotes».

Bref, il ne lui manquait qu’un chandail «I hate bitches», un tatouage du Doc Mailloux et la chanson «Blurred Lines» (*) qui joue dans le tapis afin de compléter son tour du chapeau du parfait misogyne.

Mais n’allez pas clamer pour autant qu’il s’agit d’un crime misogyne et antifemmes. Il se trouvera inévitablement quelqu’un pour vous répondre que c’est d’abord et avant tout l’acte d’un fou, sans autre signification.

Ouais, c’est ça. Et Hitler n’était pas antisémite, il était juste fêlé de la capuche. (Le point Godwin est atteint, on pourra donc s’en passer dans les commentaires.)

L’un n’exclut pas l’autre. C’était un fou si vous voulez, mais il était aussi misogyne.

Il a pu trouver, en ligne et dans la vraie vie, un terreau pour faire pousser ses idées. Entre autres, sur des sites où des hommes déversent leur haine des femmes et des «féminazis». En ligne, même les choux de Bruxelles ne reçoivent pas autant de haine, eux qui ont fait souffrir Dieu sait combien de personnes, dont nombre d’enfants.

*     *     *

Pendant ce temps, au Nigeria, on kidnappe de jeunes filles qui ont le mauvais goût de vouloir s’éduquer et d’aller à l’école.

Les pleutres du groupe Boko Haram, dont le nom peut être traduit librement par «Non mais, on était-tu bien au Moyen Âge ?», ont peur de l’éducation des femmes. Ils ont bien vu ce que ça peut donner dans d’autres pays. Ici, par exemple.

Les femmes commencent par l’éducation. Elles entrent ensuite sur le marché du travail.

Puis, elles demandent le droit de vote et la première chose qu’on sait, c’est qu’il y en a une qui devient chef de parti, puis première ministre, et elle laisse son parti en ruines à l’élection qui suit.

Mais ces intégristes s’inquiètent pour rien. Même avec un CV en béton, les femmes passent quand même après les hommes, quand vient le temps de choisir un chef de parti.

Laissez-les avoir l’éducation. Le plafond de verre se chargera du reste.

*     *     *

À l’avenir, si Boko Haram cherche à s’éviter des ennuis, on pourrait leur conseiller de venir enlever des femmes autochtones ici, plutôt que des écolières au Nigeria.

Depuis 1980, on a recensé 1 181 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées. Alors qu’elles ne forment que 4,3 % de la population canadienne, les autochtones composent 16 % des femmes victimes d’homicides et 11,3 % des femmes disparues au pays.

Ne vous attendez pas pour autant à voir Laureen Harper, la moue triste, tenant un écriteau «Bring back our sauvagesses !». Le gouvernement Harper s’en fout (et même pire), et tant qu’on ne retrouvera pas une de ces femmes en train de boucher un pipeline, ça ne risque pas de changer.

Amnistie internationale, Human Rights Watch et même l’ONU réclament une commission d’enquête nationale. En vain.

Les groupes autochtones tentent actuellement de convaincre l’organisation ayant le plus d’influence auprès de notre PM, Tim Hortons, d’entrer dans le bal.

*     *     *

Jusqu’à tout récemment, le gouvernement et les Forces canadiennes n’étaient pas trop pressés d’intervenir non plus quant aux problèmes d’agressions sexuelles dans les rangs de l’armée.

Alors qu’il n’a fallu qu’un chien mort en service pour pondre une «loi en l’honneur des sacrifices quotidiens que font les policiers et leurs animaux aidants», ça aura pris un reportage d’une vingtaine de pages pour qu’il se passe quelque chose dans ce dossier.

Ma comparaison est boiteuse ? Si c’est le cas, elle risque bien de boiter encore un bon bout de temps avant qu’on ne s’en occupe. Après tout, comparaison, c’est un mot féminin. On peut parier que si c’était un exemple qui boitait, on agirait sans doute plus rapidement.

*    *    *

Des nouvelles déprimantes sur les femmes, je pourrais en énumérer encore un autre 800 mots. Facilement. Sauf que je suis censé écrire de l’humour, et on le dit souvent : les filles ne sont pas drôles.

Elles ne sont pas drôles à gagner moins d’argent que les hommes, à se faire dire de ne pas se couvrir avant d’entendre qu’«habillée comme ça, c’est pas surprenant qu’elle se soit fait violer», à devoir encore et encore se battre pour le droit de disposer de leur corps… Pfff ! Même quand on fait un infarctus, c’est mieux d’être un homme !

Non, les filles ne sont pas drôles.

Quoi qu’en disent les jovialistes et ceux qui ont un talent fou pour ne pas voir l’évidence, en 2014, la femme n’est toujours pas l’égale de l’homme. Au mieux, elle est l’égale d’un homme roux. Et encore.

*    *    *

(*) «Blurred Lines». Vous savez, la chanson qui dit «Aweye donc. Tu dis non, mais tu le sais que tu veux… Aweye donc…» ? Hey, chose : la dame a dit non. Si ta réponse à un refus, c’est de te bouger le bassin en chantant le contraire, ce n’est pas un Grammy que tu mérites : c’est une ordonnance de non-communication.

P.-S. — Il existe une théorie qui veut que, dans Internet, les commentaires sous un article défendant un point de vue féministe justifient l’existence même du féminisme. Ne vous gênez pas pour faire mentir cette idée.

P.-P.-S. — Dernière chose : c’est ce mercredi la journée sans maquillage. Le jour où les hommes auront une «journée sans rasoir» ou une «journée qu’avec des bobettes propres», on pourra commencer à prétendre que les attentes sociales sont les mêmes pour les hommes et les femmes. Et pourquoi pas 365 jours de « Journée habille-toi comme tu veux et maquille-toi comme tu veux, ce n’est pas de nos affaires » ?

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. Il est aussi chroniqueur musique pour le magazine L’actualité depuis 2011 et collabore au webmagazine culturel Ma mère était hipster, en plus d’avoir participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut le suivre sur Twitter : @OursMathieu.

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C’est super que les femmes se défendent et avancent, ça, on adore. Par contre, il faut faire attention à une certaine culture plus nocive qu’autre chose et qui a cours de par l’utilisation des drames particuliers. Par exemple, sans visiblement s’en rendre compte, de nombreuses jeunes filles utilisent ces drames, parfois allant les chercher dans les coins les plus reculés de la planète, pour diminuer l’ensemble du caractère masculin ou de ce qui est considéré comme quelque chose de masculin dans la société. Par la suite, ces personnes viennent nous dire que les hommes n’ont rien à dire sur les femmes… Sauf qu’il ne faut pas réfléchir longtemps pour se rendre compte qu’elles se donnent le droit aux pires réductions pour faire exactement ce qu’elles ne veulent pas qu’on leur fasse.

Cela et les féministes frustrés sont les deux groupes de féministes qui ne sont pas vraiment utiles à la cause, elles crient, elles courent dans tous les sens, mais elles n’avancent pas nécessairement dans un sens meilleur que ce qu’elles dénoncent. Par ailleurs, dans le mouvement féministe il y a d’excellents éléments, très réfléchis et posés, et surtout, beaucoup de femmes autonomes et déterminées qui sont déjà des résultantes d’actions féministes plus réfléchies des dernières décennies. Les femmes seront partout, les admissions dans les facultés universitaires le prouvent déjà; les femmes sont en train de prendre le dessus. Les féministes frustrés voudraient tout demain. On pourrait peut-être comprendre la hâte, mais on ne peut excuser le manque de tempérance, sachant la lenteur avec laquelle une société se transforme. Alors, pendant que certaines chialent dans leur salon et sur Facebook, plusieurs femmes qui ne s’associent pas vraiment au féminisme plus qu’à l’humanisme avancent et transforment le monde ; elles se tiennent debout, elles inspirent, autant les femmes que les hommes.

Je tiens à saluer toutes les femmes qui ont des rêves et qui ont entrepris de partir à la conquête de ces rêves. Je vous souhaite de grands rêves et de grandes réalisations. Pour les féministes de blog, qui cherchent la sensation, je vous souhaite de lâcher votre petite opinion et d’agir en être libre, de ne plus vous sentir ostraciser, de faire de vous des êtres si réfléchis et déterminés à atteindre la vérité (avec diligence) que vous n’aurez plus besoin de la sensation pour faire mouvoir une émotion vide, mais vous pourrez convaincre et inspirer tous par la profondeur de vos propos. Bien que je ne m’attende pas véritablement à l’accomplissement de se dernier but, je tiendrai simplement à saluer encore une fois, toutes ses femmes qui investissent le monde, you rock ! 🙂

Vous avez bien raison. Après cette longue énumération de faits et de situations, LA chose dont il faut impérativement discuter, c’est de qui est une bonne féministe et qui est une mauvaise féministe.

Les vraies affaires.

Merci, Monsieur Abassin, d’avoir utilisé le masculin (ce faux épicène du pluriel…) pour parler des « féministes frustrés » qui vous dérangent, mais je dois vous corriger d’emblée. Ces « féministes frustrées » ne forment pas un sous-groupe du mouvement féministe : par définition, toutes les personnes qui adhèrent aux valeur d’égalité que revendique le féminisme sont frustrées. Moi le premier, je suis un homme, je suis féministe ET je suis frustré !

Et on s’entend que « frustré » n’est pas le bon mot. Je suis abasourdi, enragé, découragé, furieux…

Aujourd’hui encore, des femmes meurent, elles meurent parce que certains hommes se donnent le droit de les « punir » de ne pas répondre à tous leurs désirs… comme si être l’objet de tels désirs n’était pas aussi être chosifié par ces désirs…

… elles meurent pendant que certaines personnes, hommes comme femmes, se donnent le droit de rendre celles-ci responsables de ces besoins inassouvis… comme si un désir et un besoin, c’est la même chose…

… elles meurent alors que d’autres se donnent le droit de marginaliser ces morts, de les traiter comme des événements isolés, en parlant de l’aliénation et de la maladie mentale des brutes qui les commettent… comme si le nombre de ces individus ne révélait pas justement une réalité on-ne-peut-plus sociale !

Si de telles tragédies continuent de survenir, à toutes les échelles (de la plus simple violence conjugale au massacre d’inconnues comme il y a eu en Californie au début de la semaine), c’est qu’il existe un discours qui les rend inévitable, inexplicable, fatidique.

Et nous sommes toutes et tous responsables de ce discours, même sans y participer consciement, notamment quand on se donne le droit de dire comment doit agir une « vraie » femme, un « vrai » homme, une « vraie » féministe…

P.S. Aviez-vous lu le P.S. qui terminait l’article de ce blogue ?

Hitler a fait un acte réfléchi, planifié sur plusieurs années. Il l’a fait en toute conscience de cause. Il ne souffrait pas de trouble mentaux, aussi horribles furent ses agissements. À la lecture du « manifeste » d’Eliot Rodger, on comprend rapidement que le gars avait une absence totale d’empathie, une incapacité à décoder les signaux de communication de ses pairs, entre autre. En m’improvisant psychiatre, je dirais que ça ressemble à de la sociopathie, ou encore à quelque chose dans le spectre de l’autisme. Le fait qu’il ait d’ailleurs tué plus d’hommes que de femmes démontre, je crois, une incongruité de plus entre ses écrits, sa pensée, et ses agissements.

Maintenant, il y a encore beaucoup de travail à faire pour enrayer le sexisme à notre époque. Cependant, n’oublions pas que les hommes sont 15 fois plus représentés que les femmes en prison. Qu’ils sont 3 fois plus susceptibles d’être victime de meurtre que les femmes, qu’ils ont 4 fois plus de chance de finir dans la rue, qu’ils vivent en moyenne moins longtemps, qu’ils se suicide environ 7 fois plus que les femmes, etc.

Il y en aura pour dire que c’est la faute des hommes tout ça. Qu’il y a quelque chose de « défectueux » dans notre ADN. Il y en a aussi qui blâment les victimes de viol, disant que quelque chose dans leur comportement ou leur habillement a contribué au crime. Il y en a d’autres, des racistes, qui diront que si les noirs aux états-unis sont, quoi, 5 à 10 fois plus susceptibles de commettre des crimes violents que les blancs, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche dans leur ADN. Bien entendu, ça prend un bigot pour croire à ces explications.

Mais alors pourquoi ce deux poids deux mesures? Serait-ce parce que les hommes sont, à la base, « dispensables »? En d’autres termes, pour la minorité des hommes qui réussissent à s’élever au dessus de la mêlée, les « mâles alplha », oui, la société les avantage. Mais pour le reste, pour la majorité, notre société leur est sans merci. Leur valeur est moindre que celle des femmes. Malheur à ceux qui tenteront de présenter ce point de vue en société. Il sera instantanément ridiculisé. Allez, avouez que c’est tentant non?

Eliot Rodger avait le syndrôme d’Asperger, un trouble effectivement situé dans le spectre de l’autisme – mais ce n’est probablement pas seulement sa frustration face à la difficulté d’interpréter les expressions faciales et d’avoir des comportements répétitifs qui l’ont poussé à commettre des meurtres. Et bien que des hommes aient également été assassinés à Isla Vista, on ne peut absolument pas nier que son but, son « motive » comme on dit dans les émissions policières made in USA, était un compte à régler avec le sexe opposé. Il y en a qui crient au massacre misandre malgré qu’il ait rendu cette intention claire comme du cristal – ne tombons pas dans ce piège.

Ensuite, juste à côté de ces statistiques sur les hommes à la rue et en prison, il y a les statistiques sur la prostitution, l’écart salarial, les agressions sexuelles, la dépression, la violence conjugale…et bien que plus d’hommes que de femmes soient victimes de meurtres, ces crimes sont le plus souvent commis par des hommes eux-mêmes (à 90% aux USA). Les problèmes vécus par les hommes sont réels et ne doivent pas être négligés; toutefois, ceux des femmes méritent aussi qu’on s’y attardent sans qu’immédiatement la discussion soit ramenée sur le fait qu’il y a aussi des hommes qui souffrent.

Pour finir, je considère que de dire que les mâles « alphas » ont la part du lion tandis que la masse masculine est défavorisée versus la femme moyenne est une vision assez myope de la situation. Le concept du privilège social peut nous aider à comprendre en quoi exactement: de nombreuses hiérarchies se rencontrent dans la société (genre, orientation sexuelle, couleur, richesse, âge, handicaps, etc.). La condition de chaque individu détermine dans quelle mesure il ou elle est privilégié. Ce privilège ne revient pas à avoir tout cuit dans le bec, loin de là, mais bien de bénéficier de certains avantages invisibles qui viennent avec le fait d’être né du bon côté de la hiérarchie. Par exemple, ça fait partie du privilège blanc de ne pas se faire fouiller systématiquement aux aéroports, et ça fait partie du privilège riche de pouvoir choisir dans quel quartier demeurer. De la même façon, ça fait partie du privilège masculin de ne pas avoir à craindre le harcèlement sexuel en sortant dans la rue, ou, à compétences égales, d’avoir de meilleures chances d’être engagé pour un emploi.

Le privilège masculin ne veut pas dire que les problèmes des femmes sont la faute des hommes: il signifie que les problèmes vécus par les deux sexes sont causés par les reliquats du système de genre dans lequel nos ancêtres ont vécu.

Re P.-S.: Ça a pas été long.

J’ai adoré le texte, vraiment, clair, pertinent, drôle (eh oui, faut l’faire), j’y aurais ajouté les milliers de femmes lapidées, tuées, défigurées par l’acide pour crimes d’honneur, et l’honneur de qui, on n’a pas à se poser la question, mais bon, on peut pas tout avoir. Mais les commentaires ? Que dalle. Je n’y ai rien que compris, sauf que ce n’est pas la faute des hommes si des femmes se font violer, tuer, lapider, voiler… ? Comme l’a twitté qq une, me souviens plus qui, on apprend à nos filles à ne pas se faire violer, apprenez-vous à vos fils à ne pas violer ?

Tout le monde le sait que les hommes sont opprimés partout dans le monde….. -_-

Merci pour le texte Mathieu Charlebois!

Finalement, on nous donne le droit d’être un peu féministe… Faudrait surtout pas « crier » trop fort, d’un coup qu’on dérangerait quelqu’un.

Mon très cher et honnête Mathieu,

Vous dites: « Quoi qu’en disent les jovialistes et ceux qui ont un talent fou pour ne pas voir l’évidence, en 2014, la femme n’est toujours pas l’égale de l’homme », mais avez-avous réfléchi au capital de reconnaissance qu’une telle réalité socioéducative pourrait saupoudrer? Vous aurez obtenu un satisfecit, ceci dit ce n’est qu’en pansant votre faconde odalisque que vous obvierez naturellement la gasconnade des ecueils. N’en déplaise à la vacuité de cet article, vous savez ce qu’ils énoncent : la palinodie ignée d’éden n’effémine pas certes l’ubiquité intrinsèque du chancre féministe.

À ma souvenance, la salacité peut demeurer quiète en autant que le zélateur narre le faix. Je vous saurai donc gré de ne pas trop obombrer une femme délétère, mon tout à fait libidineux Mathieu, puisqu’à l’endroit de votre jactance, votre vain babil pourra éventuellement s’en retrouver… hiémal.

Hostilement,
Dagobert Mac-Mahon

Sérieusement?! satisfecit, gasconnade des ecueils, faconde odalisque, vacuité, palinodie ignée, ubiquité intrinsèque, souvenance, salacité, zélateur… Surtout que vous n’êtes pas gêné de parlé de la jactance de Mathieu quand vous avez deux paragraphe rempli de mots abscons pour dire pas grand chose.

C’est le commentaire le plus ridiculement pédant que j’aie lu depuis longtemps. À défaut d’être utile dans cette conversation, vous m’aurez au moins fait marrer un bon coup, alors merci quand même.

Lorsque vous dites: « Pendant ce temps, au Nigeria, on kidnappe de jeunes filles qui ont le mauvais goût de vouloir s’éduquer et d’aller à l’école. » il manque dans votre propos: » et aussi on torture, brûle vif et assasine de jeunes garçons qui ont le mauvais goût de vouloir s’éduquer et d’aller à l’école » Probablement un petit bogue!

Quand on pointe un fait, on ne dit pas pour autant que les autres faits n’existent pas.

Sortez vos violons en lisant les Olivier, Marcel et cie…Après la misère des riches, voici la misère des hommes! (D’ailleurs, les riches sont souvent des hommes.) Je donne un conseil aux gars qui se lamentent : oubliez l’ADN défectueux et devenez féministe, vous verrez ça rend moins bête et brutal, ça allonge l’espérance de vie, et ça diminue considérablement les chances de finir en prison ou de mourir dans un bain de sang!

Ben moi (je me moi), je l’ai aimé ton (votre?) article!
Zéro pertinence, mais je tenais à le dire quand même! C’est intéressant et bien dit, et drôle! Une chance que t’es pas une fille, sinon ça aurait pas été drôle t’sais.

PAS DRÔLES? Votre article m’a fait rire aux larmes.. .

En voyant le titre, je croyais que vous alliez parler du peu de femmes humoristes dans notre décor québécois, alors que les hommes occupent les planches, les écrans et les festivals avec leur testostérone bien aiguisée. Mais vous avez tout à fait raison, quand on regarde en dehors de chez nous, c’est vraiment encore plus inquiétant.

Mais comme les femmes occupent 50% de la population mondiale et qu’elles ont le rôle de peupler la planète d’hommes et de femmes, elles ont déjà une place enviable et c’est parfois cette capacité, cette suprématie qu’on leur reproche. Et la façon dont elles l’utilisent. Pensez seulement aux femmes qui tombent enceinte pour retenir leur homme… Quel gâchis!

Qu’on soit femme ou homme, tout est dans les valeurs humaines et le respect que l’on déploie envers les autres humains. Exploiter les femmes, les réduire au rang d’animal, leurs enlever toutes chances d’évolution professionnelle ou personnelle, ce sont tous des gestes de désespoir de la part de ceux (hommes ou femmes) qui n’ont pas encore compris: ils ont été mis au monde par une femme… Mais les bébés éprouvettes auront-ils cette préoccupation?

Je suis une femme, mère de jeunes hommes, et je suis loin d’être féministe.

Rester neutre dans un tel débat, c’est tout un exploit!

Vous croyez en l’égalité entre les hommes et les femmes ?
Je ne voudrais surtout pas vous décevoir, mais vous êtes féministe.
Pourquoi vouloir rester neutre dans une question aussi simple ?

Je l’ai déjà été, féministe. Le divorce récent de mon fils et l’attitude de son ex, tout le harcèlement dont nous avons été la cible, me fait croire que les victimes n’ont pas de sexe. Et plus j’en parle autour de moi, plus je vois comme la coutume est maintenant répandue d’accuser les hommes de tous les maux.

Et j’aimerais qu’on aide les « bourreaux », pas seulement les victimes… Bourreaux = hommes ou femmes…

Je suis d’accord avec Niouininon. Vouloir la justice entre les hommes et les femmes n’est pas être féministe. Les féministes et masculinistes tirent sur une couverte qui n’est pas dans le même lit. Des problèmes, il y en a des deux côtés, mais ne touche pas les mêmes sujets. Le viol est aussi inacceptable que la violence psychologique et l’utilisation de failles dans la justice pour empêcher un père de voir ses enfants jusqu’à la fin de sa vie. La haine n’a malheureusement pas de sexe et frappe sur plusieurs flancs.

Oui, un quidam qui prend les armes et tire dans le tas, c’est quelqu’un qui est déboussolé. Qui est cinglé, en tout premier lieu. Entre Dawson et Polytechnnique, ce n’était pas le sexe des victimes qui était le dénominateur commun. On pourrait aussi parler de la fusillade de l’Assemblée Nationale. La différence est que Polytechnnique, à tort ou à raison, a été récupéré comme quelque chose qui fait maintenant partie de la « Cause ».

Mais attendez que je vous rappelle. Polytechnnique, c’était surtout la réponse lamentable du SPCUM – Les policiers attendant sagement l’arrivée des SWAT, plutôt que de se mouiller. Pour moi, c’était surtout cela, l’horreur de la Poly. Que l’on ai honoré la mémoire de ces femmes en se promettant de faire mieux pour les filles, je veux bien. Mais cela a sagement escamoté la vraie tragédie de la Poly – que l’on était mal équipé pour faire face à ce genre d’évènement. Que des cinglés/déboussolés, il y en a.

Et parfois, elles enlèvent des enfants.

La maladie mentale frappe sans discrimination.

C’est un peu irrespectueux d’encore essayer de dire que le shooting de Isla Vista était misogyne.

Le gars était visiblement misogyne, mais sur 7 victimes tuées, 2 sont des femmes, quatre sont des hommes. Get your facts straight

Très bon article! 🙂
Juste une petite remarque, si elle n’a pas déjà été faite: le Boko Haram ne s’oppose pas qu’à l’éducation des filles, mais à l’éducation occidentale pour tous les jeunes. Ils s’en sont déjà pris plusieurs fois à des écoles de garçons. J’avais vu pas mal de critiques (rebogguées par des féministes principalement) sur tumblr sur le fait qu’on avait tendance à faire de ce groupe des talibans, alors que la situation nigérianne est particulière, et c’est tout de même un pays où les filles sont majoritairement (dans les 60% je crois) scolarisées. Enfin, c’est certain que ce groupe défend une vision archaïque de la société nigérianne qui méprise les femmes, mais je pense que c’est quand même important de ne pas raccourcir ce problème à ceux qu’on connaît mieux. 🙂

À lire les commentaires sur ces textes qui osent utiliser le mot « féminisme » (et dans ce cas-ci c’est pire, c’est un homme qui l’utilise), je suis toujours flabbergasté de constater à quel point des homme ressentent le besoin de se défendre, de démontrer, statistique à l’appui, comment les hommes sont aussi maltraité, qu’il y a les bonne et les mauvaises féministe, etc…. Non mais de quoi, ils ont peur ? Qu’on arrive un jour à avoir une société équilibré ? Quel désastre ce serait, non mais…

Je tente ici une possible réponse à votre question. Je ne défend pas cette position, je ne fait qu’expliquer comment certains hommes voient la chose selon mon interprétation. Pour avoir voyagé beaucoup dans le monde, nous vivons, ici au Québec, dans la société la plus égalitaire au monde lorsqu’il est question de l’égalité des sexes, ça c’est un fait. Ceci dit, il y a encore place à amélioration, mais ce que voient et ressentent ces hommes qui critiquent les voies féministes c’est : vous voulez être l’égale de l’homme, mais vous ne voulez d’aucuns des inconvénients, vous voulez garder les privilèges d’être femmes et accéder à ceux des hommes, sans avoir droit aux inconvénients. De surcroît, c’est devenu courant dans la culture masculine d’être un homme, de tout encaisser et de fermer sa gueule, alors quand ils voient les femmes se plaindre à côté, alors qu’eux ont toujours tout encaissé, ils explosent et vivent ça comme une injustice. Montrez un groupe du doigt et il y aura toujours une bonne raison pour justifier les attaques. Ce que je conçois quand je vois ces hommes, ce ne sont pas fondamentalement des hommes qui détestent les femmes et ne veulent pas de leur accès à l’égalité, ce sont des hommes qui demandent que leur souffrance et/ou frustrations à eux aussi soit validée, car personne ne s’est jamais donné la peine de le faire, parce que socialement, il est convenu qu’un homme encaisse et ferme sa gueule.

C’est bon, féministes québecquois.e.s, l’Homme a parlé: « nous vivons, ici au Québec, dans la société la plus égalitaire au monde lorsqu’il est question de l’égalité des sexes, ça c’est un fait »! Plus besoins de se battre, on a déjà gagné! \o/
Plus sérieusement, je ne vis pas au Québec, mais votre affirmation me laisse vraiment perplexe. Les sociétés nordiques en Europe travaillent depuis longtemps sur la question du sexisme. Et je ne sais pas si vous avez déjà entendu parlé des sociétés matrilinéaires (par matriarcales, cela signifie juste qu’on considère que les biens se transmettent par les liens enfants-mère): http://antisexisme.net/2013/01/09/cultures-du-viol-1/

Ensuite, les accusations du genre vous voulez « les privilèges d’être femmes et accéder à ceux des hommes, sans avoir droit aux inconvénients. »
Allez-y listez moi les privilèges auxquels les féministes s’accrochent. Quelques rappels: si c’est pour me parler des entrées gratuites en boîte de nuit, comme dit l’adage « si c’est gratuit, c’est que c’est toi le produit ». La galanterie est dénoncée par une grande partie des féministes comme du sexisme bienveillant. La meilleure reconnaissance éventuelle de l’importance des mères vis-à-vis de celle des pères vient aussi du fait qu’on considère que toujours que femme=mère=celle dont LE rôle est de s’occuper des enfants=profondément réducteur.
Si vous arrivez à citer ne serait-ce qu’un seul « privilège » qu’une femme ne serait pas prête à échanger avec celui de ne pas connaître la peur du viol (ce qui ne veut pas dire que les hommes ne sont jamais violés, mais on ne leur apprend pas à avoir peur et à se comporter de manière qui permettrait soit-disant d’éviter le viol), avec la culpabilisation si ça arrive à la clé, de ne pas connaître le planfond de verre, de ne pas savoir que se ballader dans la rue=être sujette à des commentaires déplacés sur son apparence, de ne pas être sans cesse soumise aux contraintes de beauté actuelles pour être reconnue, de ne pas voir tout ce qui est associé à son genre dévalorisé dans la société (« pfff, c’est des trucs de filles, ça! »), de ne pas être plus suceptible que l’autre genre de se faire couper la parole ou d’avoir sa colère systèmatiquement mise sur le compte de l' »hystérie » ou de la frustration, eh bien, je vous tire mon chapeau!

Par ou commencer, je trouve déplorable que chaque foi que les femmes ai à faire face à la nature humaine on blâme l’homme… Oui ce n’ai pas toujours roses et non je ne suis nullement contre le fais que la femme intègre les divers milieux humain, mais je suis conscient d’une chose l’homme est, restera un animal!!! Alors avant que la femme est accès à autant de position clef, les hommes ce battais entre eux et oui le combat étais différent car nous sommes tous fais de la même façon!!! La femme, elle, arrive avec c’est points faible et l’homme étant le prédateurs qu’il est, as su les trouver et les exploites comme il la toujours fait. Je ne dis pas ici que la façon est bonne et justifiable, mais elle est ainsi car c’est notre nature. Bien sur je ne parle pas ici des femmes kidnappé ou de ces pauvres autochtones pris dans un milieux qui n’a pas encore su rentrer dans le nouveau millénaire. Mais bien de ces politicienne sans cran ou encore celle qui tente de monter les échelons de grandes entreprises et une foi en haut s’écroule en blâmant l’homme.Les femmes qui vont loin dans les divers milieux son bien souvent pire que les hommes et on en parle pas de celle là. Alors S.V.P. arrêter de toujours utilisé les même points de comparaison pour faire pitié, car non vous n’avez pas été toutes battue et violé et non vous n’avez pas toutes été obligé de vous plier a un homme méchant et sans compensions, ce n’est qu’une infime minorité et si vous parlez au bonne personne vous verrez que la majorité des femmes sont heureuse. Au final il y aura toujours plus d’homme tuer, violer, battue, kidnapper, forcé à l’exiles ou encore à ce faire exploser, combattre pour défendre leur pays, leur femme, etc. ( d’ailleurs je connais aucune femme qui est prêt à subvenir au besoin, protéger ou encore mourir pour l’homme qu’elle aime il y en as surement, mais je n’en ai jamais connue !!!) Mais ça, on en parle jamais car c’est juste des hommes …

Avons-nous nécessairement un besoin de plus de textes d’opinion sur ce problème, plus de chroniques enflammées et stylisées ? Ou simplement plus d’information journalistique digne du rôle d’organe démocratique qui l’incombe? Votre belle plume nous distrait de la réflexion plus qu’elle ne l’impose et j’en suis bien triste. Les textes d’opinion n’obligent pas le pouvoir à prendre acte sur l’information qu’on y expose. Le travail journalistique, lui, oui!

merci pour ce beau texte, c’est un éventail rapide et efficace de ce qui se fait vs ce que l’on dit ; ces beaux paradoxes de notre société philosophe, progressiste – conservatrice quand ça l’arrange – et qui est toujours la meilleure avant tout, surtout.
Il y a quelques jours, une mairie en France interdisait une affiche publicitaire où deux femmes (la même et son miroir en fait) étaient sur le point de s’embrasser. C’est vrai quoi… les enfants posaient des questions – pas sur le bleu du ciel ok, mais pour une fois que les parents connaissent la réponse, ils demandent une censure. La première chose que je me suis dit : et dire que ces mannequins sont habillées cette fois…

On parle beaucoup de violence de la part des hommes. Il est souvent facile de la voir parce qu’elle est physique.
Par contre, on parle peu de celle des femmes. On a une forte tendance à les victimiser. Je pense que plusieurs hommes violents sont aussi des victimes. Des victimes des violences des femmes, entre autre. Cette violence dont on ne parle pas, et qui est une violence psychologique, verbale, reliée à l’ostracisme et aussi à l’ignorance de l’autre.
Alors que bien des hommes se choquent et se battent, les femmes usent du verbe ou ignorent leur interlocuteur. On voit un comportement similaire chez le chimpanzé.

Il semble y avoir aussi une grosse différence du côté de la réconciliation. Il semble que l’homme oublie plus rapidement, mais que la femme garde rancune beaucoup plus longtemps. Chez le chimpanzé, les batailles entre mâles sont beaucoup plus fréquentes, mais il y a 50% de réconciliation. Chez les femelles, la réconciliation ne se fait que dans 20% des chicanes : la rancune, l’ignorance de l’autre, s’installe.
Les hommes et les femmes fonctionnent différemment dans les conflits. Dire que tout est la faute des hommes et que les femmes sont des victimes, c’est carrément simpliste. Chez les hommes misogynes, je serais curieux de savoir comment étaient leurs relations avec leurs mères, et s’ils sont devenus misogynes suite à un rejet par les femmes en général.

Très bon article, j’ai adoré lire ça! Ça fait du bien de voir un homme qui non seulement réalise la situation des femmes dans le monde, mais qui ose aussi en parler publiquement. M. Charlebois, vous entrez maintenant dans la même catégorie que Henry Morgentaler et Richard Poulin: des héros à mes yeux!!!