Les leçons de Val-d’Or

Dans le monde policier anormal du Québec, il était parfaitement normal de confier l’enquête initiale à la SQ.

Lise Thériault (Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne)
Lise Thériault (Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne)

PolitiqueEncore une fois, il a fallu des journalistes d’enquête pour faire bouger les choses au Québec.

Au lendemain d’un reportage accablant d’Enquête sur des allégations d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir par des policiers de la Sûreté du Québec (SQ), à Val-d’Or, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a remué ciel et terre pour donner l’impression que les autochtones ne sont pas des citoyens de seconde classe, et pour casser cette désagréable impression d’impunité policière.

Ses larmes étaient sincères. «Il est temps qu’on fasse quelque chose», a dit la ministre émue et «aussi choquée que la population». La femme en elle a été interpellée par le reportage d’Enquête. Des femmes autochtones de Val-d’Or affirment qu’elles sont brutalisées et agressées sexuellement par un groupe de policiers qui les paieraient tantôt en argent, tantôt en cocaïne.

La ministre Thériault a vite repris ses instincts de politicienne, lors de son point de presse chargé d’émotion, jeudi, en pourfendant les journalistes qui ont remis en question l’inaction de son ministère.

Le cabinet de Mme Thériault a été informé en mai dernier des allégations d’inconduite qui pesaient sur les policiers. «On n’aurait pas pu faire plus», a-t-elle dit. Il ne s’agissait après tout que d’allégations au sujet de policiers non identifiés et les victimes étaient inconnues.

La ministre a raison et tort à la fois. Elle a raison de dire que le Ministère ne pouvait pas se mêler de l’enquête policière. Il n’y a que dans les républiques bananières où l’absence d’un mur de béton entre le politique et le policier est tolérée. Elle a tort, terriblement tort, d’affirmer qu’il n’y avait rien à faire avec des allégations.

Si les enquêteurs de la SQ, chargés d’enquêter sur les inconduites alléguées des policiers de la SQ (cherchez l’erreur), avaient mené l’ombre du début d’un semblant d’enquête, nous n’en serions pas là. Comme la journaliste Josée Dupuis, ils auraient trouvé des plaignantes.

La SQ aurait pu aller encore plus loin, en corroborant leurs témoignages, en identifiant les policiers suspects, et en prenant les mesures qui s’imposent pour les retirer de la circulation pour la durée de l’enquête.

Rien de tout ça ne s’est matérialisé. Dans cette histoire comme dans tant d’autres, il y a un avant et un après le passage des journalistes d’Enquête.

Après la diffusion du reportage, la ministre Thériault a annoncé la suspension immédiate de cinq patrouilleurs de la MRC de La Vallée-de-l’Or, et de trois autres policiers. Ginette Séguin a été nommée directrice par intérim du poste de la SQ à Val-d’Or, et l’enquête a été transférée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), par souci de transparence.

La ministre Thériault a bien pris soin de ne pas désavouer la SQ. Ce n’est pas en raison de lacunes dans l’enquête de la police provinciale qu’elle a refilé le dossier au SPVM, mais plutôt parce que le public «ne fait pas confiance» à l’enquête initiale de la SQ, a-t-elle expliqué.

Une belle pirouette pour cacher une inquiétante vérité. La ministre Thériault n’a ni le coffre ni l’étoffe pour tenir tête à la SQ. Bien peu de politiciens osent le faire. À l’Assemblée nationale, les critiques ont visé davantage la ministre Thériault — une cible facile depuis sa nomination — que la SQ.

De son côté, la SQ semble dépassée par l’ampleur des événements. Le porte-parole Guy Lapointe, à qui les hauts gradés refilent toujours l’ingrate tâche de défendre l’indéfendable, a rappelé que les huit policiers ciblés bénéficient de la présomption d’innocence.

Le débat n’est pas là. Personne ne remet en question le droit des policiers mis en cause à la présomption d’innocence. La critique médiatique et sociale porte sur la qualité et la célérité de l’enquête initiale de la SQ.

Il est possible que des barrières culturelles aient freiné la progression des enquêteurs. La méfiance à l’égard des figures d’autorité est inscrite dans la mémoire collective des peuples autochtones. Un héritage de dépossession, d’abandon, d’abus et de ghettoïsation de la part des institutions publiques nuit fort probablement aux chances de succès d’une enquête aussi délicate.

Il faut se mettre à la place des femmes autochtones qui auraient été agressées par les policiers de la SQ, si une telle chose est envisageable. Une «grosse police» de la SQ qui arrive de Montréal n’a aucune chance de recueillir leurs confidences sur des agressions subies aux mains de collègues qui portent le même uniforme.

Même en éliminant la dimension autochtone de l’histoire, le résultat de l’enquête aurait-il été différent? Aucune femme n’oserait dénoncer des agressions subies aux mains d’un policier auprès des collègues, lointains ou immédiats, de l’agresseur. Cela va de soi.

Dans le monde policier anormal du Québec, il était parfaitement normal de confier l’enquête initiale à la SQ. C’est la règle. Il faut la changer, et au plus vite.

Lors de la commission d’enquête sur la création d’un Bureau des enquêtes indépendantes, de nombreux groupes, y compris la Commission des droits de la personne, ont demandé d’élargir le champ de compétence de ce nouvel organisme, qui est toujours en gestation après 900 jours.

La loi forcera le transfert des enquêtes ciblant des policiers au Bureau dans les situations où une intervention policière a fait des morts ou des blessés graves. Les cas d’agressions sexuelles ne sont pas assujettis à la nouvelle loi.

Le président de la commission, Jacques Frémont, réaffirme qu’il n’est pas trop tard pour modifier la loi et inclure les agressions sexuelles dans la définition de blessures graves. Val-d’Or nous rappelle cruellement pourquoi il a raison.

Les commentaires sont fermés.

Imaginez le genre de collaboration des témoins devant les enquêteurs de la SQ qui enquêtent sur la SQ…

Only in Québec…

Ouais vous avez tout à fait raison …. c’est pas des enquêteurs qui devraient enquêter sur des crimes mais bien des plombiers….. ridicule….
Vous engraissé un problème qui n’existe que dans la tête des conspirationniste. La police qui enquête sur la police? Oui monsieur. Et si vous prenniez ne serait-ce que le tier du temps à raconter pareil connerie pour fouiller les dossiers d’affaires internes, vous verriez que quand il le faut, le travail est fait et bien fait.
L’expérience d’un comité indépendant qui supervise les enquêtes internes (devrait-il avoir une formation de policier pour comprendre le métier!?) a éte fait en Ontario et cela n’a absolument rien changé (sauf beaucoup d’argent d’investi) parce qu’il n’y a rien à changer.

Regardez le reportage d’un oeil critique et posez vous des questions…. 200$ la fellation? Payé avec de la cocaïne? Ouais…. j’imagine que votre prochain billet concerne le tournage de l’homme sur la lune qui fut inventé à Area 51….

La plupart des juridictions qui sont au fait du problème de la police enquêtant sur la police ont établi un système d’enquêtes indépendantes et ça fonctionne. Pour l’oeil critique, on repassera…

Il n’y a pas de femmes partis ce enquêteurs… Comment ça se fait ?

Pourquoi les médecins enquêtent sur la pratique de médecins fautifs ? Pourquoi les infirmières enquêtent-elles sur des actes de mauvaise pratique professionnelles auprès d’autres infirmières ? Pourquoi certains médecins sont suspendus par leurs pairs et perdent parfois leur droit de pratique et pourquoi a même r`ègle s’appliquent aux infirmières, aux avocats et aux notaires. C’est parce qu’il faut connaître la pratique et la déontologie de chaque profession alors, je vois mal pourquoi la SQ ne pourrait pas enquêter sur la conduite de certains de leurs policiers.

Il s’agit de se mettre à la place des victimes des « agents de la paix » pour se rendre compte que ca n’a aucun bon sens qu’elles se confient à d’autres « agents de la paix » du même corps policier. Qui sait s’il ne sont pas ripoux eux aussi?

Si le Québec était victime d’un attentat terroriste (la police s’est pratiquée la semaine derrière), vous sentiriez-vous en sécurité avec une fille comme Lise à la tête de la police?
Il y a longtemps que cette fille a dépassé son seuil d’incompétence.
Sa réputation, surfaite, vient du homerun qu’elle a frappé contre les syndicats de la construction. Une pure chance. Depuis, elle vogue de désastre en désastre.
Espérons qu’on n’aura jamais d’attaque terroriste sous son règne parce que moi j’aurais vraiment peur.

Ça manque de résonnement vos commentaires sur la S.Q.et la ministre et voilà je ne suis pas policier

…et à quels « désastres » exactement faites-vous référence?

Les problèmes des Indiens existent depuis des dizaines d’années. Ils ne datent pas d’hier soit dit en passant.

Qu’ont fait les autres gouvernements précédents pour les régler au juste? Hein?

Entendu à la radio hier: nous donnons environ l’équivalent de $300,000.00 PAR FAMILLE et PAR ANNÉE aux Indiens au Québec. Quelqu’un sait-il ce qu’ils en font?

Monsieur Veilleux (représentant des policiers), hier au Téléjournal Montréal, a dit que le manque de ressources des policiers pouvait expliquer en partie le comportement des policiers. Et ce matin, à la radio de Radio-Canada, j’entendais un chef des Premières Nations ((en train de réunir plusieurs chefs de diverses communautés autochtones) a laissé entendre qu’il y a présentement un bris de confiance entre le système de justice et les populations autochtones. Je constate que, de part et d’autre, on tente de déplacer le problème : l’émission Enquête traite de la violence de quelques policiers face à des femmes autochtones vulnérables et c’est de cela qu’il s’agit, pas de manque de ressources ni de système de justice déficient. Encore sur le dos des femmes autochtones, certains groupes veulent obtenir de l’argent supplémentaire ou peut-être un système de justice parallèle…

Ben, coudonc, on peut pas ignorer le problème sous jacent au sort déplorable des femmes autochtones au Canada! C’est un problème systémique et ce qui arrive à Val d’Or en est une illustration mais c’est aussi la pointe de l’iceberg.

D’abord, oui il y a la police politique au Canada et le meilleur exemple fut la réunion du G7 et du G20 à Toronto il y a quelques années où il y a eu des abus de pouvoir commandés par les autorités politiques et ça arrive dans tous les cas où le politique est en jeu. De plus, il faut que quelqu’un soit responsable de la police devant le Parlement ou l’Assemblée nationale et dans ce dernier cas c’est la ministre de la Sécurité publique. Il devrait y avoir une meilleure séparation entre le politique et la police mais on en est pas là, bien au contraire, et la responsabilité ministérielle constitue un problème difficile à solutionner.

C’est un désastre depuis le début et je puis vous assurer qu’un policier va avoir beaucoup de difficultés à interroger une femme autochtone même s’il enquêtait sur une affaire qui n’implique pas de policiers et une policière aurait peu de chance de faire mieux. Il y a une méfiance envers la police chez les peuples autochtones et les abus de pouvoir sont fréquents et ce un peu partout au pays, quel que soit le corps policier impliqué.

Les autorités politiques auraient du savoir ça car c’est très bien documenté par plusieurs commissions d’enquêtes en partant de celle au Manitoba sur le meurtre de Betty Osborne dans les années 1970, en passant par la Commission royale d’enquête sur les peuples autochtones (rapport en 1996) et enfin le rapport préliminaire de la Commission de vérité et réconciliation (2015). Même le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a fait un rapport sur le sort inacceptable des femmes autochtones au Canada… Pas d’excuse pour le gouvernement d’avoir ignoré la situation explosive que cette enquête pouvait provoquer.

Enfin, faut aussi se souvenir que ce reportage a commencé par une enquête sur une femme autochtone disparue depuis plusieurs mois, Mme Ruperthouse, et que c’est ça qui a déclenché les témoignages des autres femmes qui se disent victimes d’abus de la part des policiers. En d’autres mots, ce ne sont pas ces femmes qui ont appelé les médias pour venir les rencontrer mais c’est un concours de circonstances provoqué par les journalistes de l’émission Enquête qui, en passant, ont fait du très bon travail et ont donné la chance à la ministre de faire quelque chose avant que l’émission ne soit diffusée.

Au risque de vous décevoir, ça paraît que la plupart des gens de Montréal ne connaissent pas les autochtones. Le problème qu’on vient de soulever dans les médias persiste depuis les années cinquante et soixante au moins. Les autochtones sont confinés dans des réserves, en pleine forêt. Les adultes travaillent très peu, mais boivent beaucoup. Quand ils sont en boisson, il leur arrive de s’endormir sur leurs propres enfants et de les étouffer dans leur sommeil. Quant aux Inuit, leurs enfants, à Iqaluit, n’ont plus d’oreilles car ils sortent dehors à moins quarante, sans tuque. La peau cuit au froid et les morceaux d’oreille tombent sur le sol. Bref, la vie autochtone est bien différente de la nôtre. Quand on ne travaille pas, on est pauvre. Quand on ne veut pas s’intégrer au monde moderne, on en arrache. Les Cris vivent au Québec et parlent anglais, allez comprendre. Les chefs de tribu conduisent leurs gros 4 x 4 et ne s’occupent guère des problèmes de violence dans les réserves. Les hôtels de Val-d’Or font face au problème autochtone. Un touriste de Montréal ne veut pas passer la nuit dans un hôtel bourré d’autochtones… bourrés. Bon, vous me direz que j’ai des préjugés. Allez voir l’urgence de l’hôpital Saint-Sauveur… des autochtones obèses qui mangent des chips, leurs parents malades, qui ont assez de fric de l’État fédéral pour remplir leurs pick-up de cochonneries achetées chez Walmart. Les autochtones ne sont pas tous comme ça, mais il y en a assez pour que la police ait son voyage. Cependant, ce n’est pas une raison pour abuser des femmes, autochtones ou pas. Nous vivons dans un monde bien malade et aucune commission d’enquête ne réglera le problème autochtone. Il faut fermer les réserves et sortir les Amérindiens de nos forêts. Ils y perdent leurs vies. Mais, croyez-moi, nos bons gouvernements sont bien contents de savoir que les autochtones vivent dans le bois et non dans nos villes. À Ottawa, sur la rue Rideau, il y a un refuge autochtone. Allez sur le Marché By et vous verrez des Amérindiens bien drogués à l’os, sans emploi, qui importunent les passants. On est bien loin des films avec Geronimo et la fierté indienne…