Les médias : l’ennemi des conservateurs

Un courriel du Parti conservateur dénonce la nomination d’un journaliste, Colin Horgan, à titre de conseiller senior chez les libéraux. Mais l’équipe de Stephen Harper semble avoir oublié que plusieurs députés, ministres et sénateurs conservateurs disent avoir déjà été journalistes à un moment ou à un autre, explique Manon Cornellier.

Le Parti conservateur est un maître dans l’art de la collecte de fonds. Son truc favori est d’attiser le vieux réflexe d’exclus et le sentiment d’assiégés des anciens réformistes. On se trouve un ennemi aux contours mal définis et on dit que le parti a besoin de fonds pour le combattre.
Politique

Les fonctionnaires, les juges, les sénateurs (jusqu’à ce que M. Harper en ait nommé un grand nombre) ont fait partie du lot. Puis il y a eu les environnementalistes, les syndicats, les groupes de pression, et j’en passe.

Le dernier ennemi en lice est la presse parlementaire qui serait, aux dires du PC, à la solde du Parti libéral du Canada.

C’est ce qu’affirme sans ambages le directeur des opérations politiques du parti, Fred DeLorey, dans un courriel de sollicitation de fonds envoyé cette semaine, quelques heures à peine après le passage d’un journaliste au Parti libéral.

manon

Parlant de ce qui attend le parti lors des prochaines élections, il écrit : «Ils ont choisi leur camp et ils sont prêts. Comme nous ne pouvons pas passer par l’intermédiaire des médias, nous devrons communiquer directement avec les électeurs par tous les moyens possibles». Il demande donc un don de 5 dollars pour financer, entre autres choses, des publicités télé et radio.

Une presse libérale ? M. DeLorey semble avoir oublié que plusieurs députés, ministres et sénateurs conservateurs disent avoir été journalistes à un moment ou à un autre. Mike Duffy et Pamela Wallin n’étaient-ils pas membres de la presse parlementaire ?

* * *

À propos de Manon Cornellier

Manon Cornellier est chroniqueuse politique au Devoir, où elle travaille depuis 1996. Journaliste parlementaire à Ottawa depuis 1985, elle a d’abord été pigiste pour, entre autres, La Presse, TVA, TFO et Québec Science, avant de joindre La Presse Canadienne en 1990. On peut la suivre sur Twitter : @mcornellier.

Laisser un commentaire

La diabolisation d’Harper par les journalistes québécois n’est pas surfaite. Oui! la presse s’acharne sur Harper.

Brian Mulroney récupère un anniversaire pour pourfendre Harper.. et louanger Trudeau.

Avec les bons soins de nos médias, aux prochaines élections de 2015 le Québec sera invité à voter pour l’inoffensif Justin Trudeau!!!.. Stephen Harper est trop solide.. il nuit au projet d’indépendance du Québec, peut-être? L’économie canadienne se porte trop bien avec lui.

Stephen Harper réagit à une presse qui lui est hostile..

Juste une question : combien de billets Mme Corneillier a-t-elle écrit pour l’Actualité pour approuver une politique ou une action réalisée par le gouvernement conservateur? Une ou deux sur 100 chroniques. Même avec ce faible pourcentage je me donne une marge d’erreur car je n’arrive pas à m’en rappeler une seule. Et on me dira que ce gouvernement est 100% mauvais ou inefficace en tout temps tous les jours? Allons soyons honnête svp. Ma conclusion, oui beaucoup de médias sont biaisés, désolé! En passant, cette partisannerie tout azimut d’un certain milieu journaliste peut expliquer la baisse de lectorat de certains médias.

Harper, l’ennemi numéro 1 du Canada.
Ce réformiste religieux rétrograde nous a fait reculé de 60 ans en moins d’un décennie.

Au prochaines élections c’est « tous contre les réformistes ».

Vous êtes l’illustration vivante de ce qu’affirment les conservateurs! La frénésie pro-libérale est toutefois plus ontarienne. Ici les journalistes sont encore déchirés entre leur ancien Bloc et le le Bloc 2.0, le NPD.