Les Patriotes: en sait-on assez ?

Une histoire à la fois riche, tragique et passionnante

On célèbre ce lundi, et depuis 2003, la « Journée des Patriotes ». L’existence de ce mouvement progressiste, laïc, démocrate, francophone mais ouvert au fait minoritaire, constitue la source de toute l’histoire politique québécoise depuis.

Ceux des Patriotes qui se sont accommodés de la conquête et ont voulu, ensuite, en limiter les dégâts; ceux des Patriotes qui l’ont toujours refusé et qui se sont réincarnés chez les souverainistes.

S’il y a donc un acte fondateur de la politique québécoise, il se trouve là, dans les événements du début du 19e siècle, dans cet extraordinaire et résiliente volonté du peuple de ce coin d’Amérique de faire respecter son droit démocratique de se gouverner lui-même (le gouvernement responsable) et son droit à faire respecter sa langue.

On trouve aux États-Unis des historiens de la révoluti0n américaine et pas une année passe sans que plusieurs ouvrages ne soit consacrés à cette période — relectures, réinterprétations, débats historiques et politiques. De même les historiens français ne cessent de creuser les archives pour éclairer encore et encore leur révolution et leur passé. Il en est de même pour toutes les nations.

Toutes ? Non. Il existe une nation qui, inexplicablement, ne dispose dans son corps professoral universitaire d’historien aucune personne qui ne soit intéressée par la période initiatrice de son parcours politique. Il s’agit, évidemment, du Québec.

La « Coalition pour l’histoire », formé de jeunes historiens intéressés par l’histoire politique du Québec et dirigée par Éric Bédard, de la TELUQ, dénonce ces jours-ci de curieux trou de mémoire.

Dans n’importe quel pays normal, il existerait au moins une chaire de recherche universitaire dédiée à des événements aussi considérables. […] En effet, aucun département d’histoire francophone au Québec ne dispose d’un professeur-chercheur reconnu pour ses travaux sur les rébellions de 1837/1838.

La Coalition précise « francophone » car il appert que:

les seuls chercheurs universitaires reconnus pour leurs ouvrages sur les événements que nous commémorons aujourd’hui oeuvrent à McGill et à Bishop tandis qu’aucun ne se retrouve dans des universités francophones.

Or lorsqu’un chercheur se concentre sur un pan précis de l’histoire, il peut déposer des projets de recherche auprès des organismes subventionaires, mobiliser des doctorants et des étudiants de maîtrise et diriger leurs travaux, faire, donc, croître la connaissance et le débat. Aucune université francophone ne s’y emploie.

Un point d’entrée

Étonnant.

Personnellement, j’ai abordé le sujet un peu à reculons. Comme une histoire qu’on croît connaître et qu’on ne veut pas se faire raconter à nouveau.

Mais quand je me suis plongé, il y a plusieurs années, dans la somme que constitue « L’histoire des Patriotes » de Gérard Filteau, je fus emporté par la force du récit, des personnages, des conflits, des espoirs et des déconvenues.

Publié à la fin des années 1930 mais s’appuyant, déjà, sur une base documentaire également britannique, le bouquin est criant d’actualité — sauf pour son parti pris pro-clérical.

C’est qu’il fut publié à l’origine en 1938, puis souvent republié, plus récemment en 2003 par Septentrion.

Un document essentiel, un monument qui, à lui-seul, plaide pour une véritable et constante recherche historique sur ce moment que l’on célèbre aujourd’hui, sans vouloir vraiment, semble-t-il, le connaître.

 

 

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Démocrates? Vraiment? Ils s’opposaient au droit de vote des femmes.Arrêtez de rire du monde M. Lisée!

Le peuple Québécois a été conquis par la force et réduit à l’esclavage économique pendant au moins 2 siècles. Pourtant, ce peuple d’ingrats préfère voter politiquement pour un parti fédéraliste et fout dehors les seul qui défendent ses intérêts à Ottawa. Un peuple qui ne se sent fier d’être ce qu’il est qu’une ou deux journées par an ne mérite pas d’être fêté. IL mérite de disparaitre, assimilé, dans l’indifférence générale.

Au risque de dire une évidence: La rébellion des patriotes n’est pas abordée parce qu’il s’agit d’une défaite. Notre psyché collective traumatisée n’en regarde donc pas les causes ou les conséquences, elle n’en regarde que l’issue immédiate: on a ENCORE perdu.
C’est d’autant plus évident qu’on tente d’assimiler la rébellion des patriotes à tout ce qu’elle n’est pas pour des fins de basses propagande. Sait-on, par exemple, que Louis-Joseph Papineau a fait reconnaître le droit de votes à tous les citoyens SANS ÉGARD À LA RELIGION alors qu’ils siégeait à l’Assemblée? Que, grâce à lui, les Juifs ont donc eu le droit de vote ici avant partout ailleurs dans l’empire Britannique ?
En connaître plus sur ce grand leader serait une source d’inspiration pour bien des Québécois.

Je sais que le rapport est loin mais…
Avez-vous déjà lu le roman de Jules Vernes; La famille sans nom ? C’est intéressant de voir comment jules verne, 50 ans plus tard, interpret cette époque. J’ai bien aimé 😉

Vous avez raison. On ne connait pas assez ce moment charnière de notre histoire. C’est épouvantable.

Pour en rajouter, on peut aujourd’hui lire dans La Presse que les rébellions de 1837/38 est un moment de notre histoire. Que le drapeau des patriotes est mal perçus par les Québécois et que les Patriotes étaient des extrémistes violents.

L’article de la presse, rédigé par un professeur de l’Université d’Ottawa (dont La Presse a « omis » de dire qu’il est un ancien ministre sous John James Charest), accuse même les patriotes d’être à l’origine de l’Acte d’Union (qui nous plaçait comme une minorité en nous annexant à l’actuel Ontario) et du Rapport Durham qui disait de nous que nous étions des incultes et que pour notre bien nous devions assimiler.

Absolument rien n’est écrit sur l’appel à la liberté de ces rébellions. Rien n’est dit sur le courage des Canadiens-français qui se sont battu pour pouvoir se diriger eux-mêmes et qui ont fini brûler dans une église à St-Eustache.

C’est seulement après avoir vomi sur le mouvement des Patriotes, après l’avoir discrédité que l’auteur rappelle le courage des Patriotes d’avoir défendu «des idéaux démocratiques, réformistes et républicains tout à fait légitimes.»

Légitime…Rien de plus. On parle de liberté, d’auto-détermination et de démocratie et M. Pelletier les qualifie seulement de légitime. Pour lui, les idéaux défendu par les Patriotes n’étaient pas fondamentaux, de premières importances, capitales, mais seulement justifiés. Une option parmi tant d’autre.

Rien sur la volonté d’auto-détermination, de l’appel à l’égalité et la liberté. On dilue ses concepts forts par des concepts flous et mornes comme réformistes et républicains.

La Presse de commémorer un grand moment de notre histoire. Au lieu de souligner la fierté des Canadiens-français, elle lui crache dessus.

Après on va dire que les fédéralistes qui se retrouve dans ce journal ne sont pas des aplaventristes et qu’ils sont des personnes fières.

Le mouvement patriote est l’extrême opposé des séparatistes d’aujourd’hui. Les premiers voulaient créer une république bilingue avec une ouverture sur les anglophones; les seconds veulent un Québec unilingue français ou seul le français est parlé et ou les anglophones sont méprisés.

C’est d’ailleurs le mépris, UNIQUEMENT, qui soutient les séparatistes. Il n’y a aucune raison chez eux

Dans les extraordinaires héros canadiens ignorés, parce qu’indépendantistes, il y a Léo Major. Aucun héros réel ou imaginaire de l’histoire, même Hercule, ne dépasse ses exploits. Lors de la Deuxième Guerre, à lui seul il a capturé 100 Allemands; encore à lui seul il a libéré une ville ; et lors de la guerre de Corée, là où une division de 10 000 soldats américains a échoué, il a repris avec une vingtaine d’hommes une colline protégée par 14 000 soldats chinois. Tout cela après avoir perdu un oeil, s’être fait briser le dos et avoir refusé à chaque fois d’être rapatrié. Sa personnalité indépendante et sa finesse psychologique expliqueraient ses exploits. Incroyable qu’il n’y ait pas de livre ou de film sur ce héros réel qui dépasse les mythes. La Hollande, elle, a su le reconnaître. http://fr.wikipedia.org/wiki/Léo_Major

Serait-ce la fuite en avant ou les séquelles du mépris dont nous avons été victimes dans le passé?
En réalité, notre igno
rance montre notre peu d’intérêt pour tout ce qui touche à la situation réelle du Québec, passée ou future.

Les Québécois ont comme une honte de leur HISTOIRE. Ils ne la connaissent pas et pis encore, ne veulent même pas la connaître.
Les Québécois ne connaissent pas leur littérature, leur musique, leurs peintres, encore moins leur théâtre! En bout de ligne, ce sont des « acculturés » uniquement axés sur la consommation de vedettes et de stars, la preuve étant cet engouement pour les « diseux de blagues » infects, vulgaires et même pas drôles.
Oh, il y a bien quelques exceptions bien connues, les Vignault, Deschamps et quelques autres dans l’imaginaire, mais nos grands ont maintenant sombré dans l’oubli ou encore pire ,l’indifférence de la mémoire collective.
Notre histoire,c’est l’histoire qui définit un PEUPLE, ne vit plus, n’est devenue qu’un souvenir lointain. Notre NATION se meurt puisqu’elle est devenue alzeihmer!

Je propose que le Bloc cree une bourse eclair pendant qu`il leur reste quelques fonds.Ca me donnerais l`impression que j`ai bien fait de les soutenir si longtemps.
Andre de Calgary

Je possède un exemplaire du livre de Filteau. Recu en cadeau. Un incontournable pour qui s’intéresse à l’histoire de notre nation.

Mise à part un pub très discrète dans certains journaux, je ne vois aucune participation gouvernementale officielle à cette fête, rien à l’agenda du PM, aucun communiqué, désintérêt manifeste. Et, dans le Journal de Québec, 3 ou 4 vendeurs de chars célèbrent encore la « fête de Dollard »

Comment comprendre cet absence dans nos universités francophones, doit-on rappeler aussi cette caractéristique québécoise qui fait de nous un peuple distinct est de ne pas vouloir se souvenir…

L’exposition et la visite guidée de l’ancienne prison ( Au pied du courant) ayant détenue certains patriotes ( rue De Lorimier et Notre-Dame est.) est un autre point d’entrée, afin d’en savoir plus sur ces républicains magnifiques!

Pour les mordus;

sachez que certaines prisons d’Australie ET de Tasmanie ont toujours les registres originaux des arrivées de bateaux en provenance des différents pays du Commonwealth ( dont les bateaux ayants faits escale au Canada).

Ils ont même un programme informatique retraçants les noms de famille des divers « pensionnaires », mis à la disposition des touristes.

En terminant, en Tasmanie dans l’une des prison, ils ont même reconstitués le parcours de certains des prisonniers. Ils nous donnent la fiche signalétique d’un des prisonniers, et ipso-facto nous devenons ce prisonnier pendant 1 heure…visite des cellules et cachots, et etc…

L’idée est bonne. Très tasmano-australienne.

Je l’ai moi-même experimenté.

Avons-nous, comme société, atteints la maturité suffisante pour aborder cette page de notre histoire ?

Lord Durham dans son rapport croit sincèrement que l’Empire Britannique fera preuve d’altruisme en mettant en place toutes les conditions menant à l’assimilation de la communauté française en Amérique du Nord. Peut-être n’avait-il pas tord.

À l’époque, au milieu du 19ième siècle, les sujets de l’empire britannique pouvaient-ils espérer une meilleure vie que les colonisés français. Pensons aux colonies françaises de l’époque …

Je crois que le problème des Canadiens de 1867, qui étaient essentiellement d’origine française et catholique tenait plus au statut conceptuel de colonisés assujettis à une autorité extra-territoriale qu’à la notion de français ou de britanniques.

Nous ne pouvons refaire l’histoire mais si les canadiens de l’époque avaient été assujettis à la métropole française plutôt que britannique, comment les choses auraient-elles tournées ?
Maître Anglais ou maître Français ?

Le Québec du XXIième siècle a hérité d’une histoire qui identifie l’empire britannique comme son seul bouc émissaire. Mais sa vraie bataille est bien celle de la souveraineté, tous colonisateurs confondus.

Il serait donc intéressant qu’un ou des chercheurs historiens compétents alimentent notre réflexion face à notre quête d’autonomie. Peut-être y trouverions-nous les vrais motivations pour nous permettre d’avancer vers l’état normale d’une société: sa souveraineté.

À partir du moment où une société est reconnue elle devrait, de facto, se voir octroyer l’ensemble des pouvoirs lui permettant d’exprimer ses valeurs propres sans autres influences extérieures que celles qu’elle acceptera volontairement et sans contrainte, donc de son propre chef.

Tous les points litigieux ne devraient relever que d’une négociation d’égal à égal avec si nécessaire, un arbitrage international mutuellement consenti d’une autorité morale acceptée par les deux partis.

Les Québécois favorables à la souveraineté du Québec auraient donc avantage, selon moi, à s’attaquer à la notion de souveraineté sans faire une mise en cause directe de l’empire britannique comme étant responsable de notre situation actuelle. Nous devrions donc essentiellement concentrer notre démarche sur la nécessité pour une société reconnue distincte de contrôler TOUS les plans de sa vie.

«On paie mal un maître en ne restant toujours que l’élève.»
Ainsi parlait Zarathoustra
[Nietzsche]

Il y a plus récent que l’ouvrage de Filteau! Le grand spécialiste de l’insurrection patriote depuis quelques années est sans nul doute l’historien Gilles Laporte, « patriote de l’année »! J’ajoute Yvan Lamonde et son « Histoire sociale des idées au Québec » qui a bien étudié la pensée de Louis-Joseph Papineau et l’influence américaine dans le projet patriote.

Non nous n’en savons pas assez et ce n’est pas Benoît Pelletier qui nous en apprendra…

Cyberpresse-2011 05 22-Benoît Pelletier-Le drapeau des Patriotes dérange toujours-

http://www.cyberpresse.ca/opinions/201105/20/01-4401497-le-drapeau-des-patriotes-derange-toujours.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_place-publique_1242600_accueil_POS1

Le drapeau des Patriotes dérange toujours !? Hé comment !

Il dérange les partisans de l’État du Canada où trône sans rupture la même Couronne illégitime que les Patriotes ont voulu renverser !?

Le texte de Benoît Pelletier ( professeur titulaire, faculté de droit UOttawa ; ministre du gouvernement Charest 2003-2008 ) intitulé le « Le drapeau des Patriotes dérange toujours » contient plusieurs erreurs de fait et de logique, pas étonnant que sa conclusion en souffre. Il établit une erratique relation de cause à effet entre l’action démocratique des Patriotes de la Société des Fils de la liberté et la réaction autocrate délétère de la Couronne britannique.

Mais si M. Pelletier veut nous dire que ce n’est pas par les armes que ce peuple pourra victorieusement répliquer à la violence armée ou celle du statu quo de blocage et de tutelle mis de l’avant par la Couronne canado-britannique et ses partisans canadianisateurs, nous sommes d’accord, c’est en faisant l’UNION de nos forces démocratiques pour contrer ce qui dans l’État britannique ancien a toujours nié la primauté démocratique de la souveraineté du peuple souverain que nous étions au Québec, et pour contrer ce qui sous l’actuelle Couronne canado-britannique nie cette primauté. Des États qui sans rupture se sont succédés tous illégitimement depuis la Conquête sur notre territoire national du Québec, sans jamais avoir obtenu le clair OUI de la démocratie québécoise. Le Canada unilatéral actuel ne passe pas au Québec, ses partisans sont incapables de l’obtenir ce OUI, ce pourquoi ils ne l’ont jamais sollicité. Ce défaut n’est pas un clair OUI.

Le drapeau des démocrates et républicains Patriotes certes dérange… et ce n’est pas en induisant ce peuple en erreur comme le fait M. Pelletier dans son article publié le jour de la Fête des Patriotes que ce grand dérangement pourra s’estomper de nos mémoires et disqualifier l’action qu’il nous faut déployer aujourd’hui pour que s’impose la démocratie sur notre sol national pour que soit légitimement renversé l’État illégitime actuel.

De un, l’image du drapeau qui illustre l’article n’est pas celui des patriotes, mais bien une version contemporaine qui ajoute au drapeau tricolore trans-national des Patriotes de 1837-38 l’image d’un patriote peinte en 1887 ( ou 1904? ) par l’artiste Henri Julien (1852-1908) illustrateur au Montréal Star, 50 ans après que ce drapeau eut été brandi par les Patriotes dans leurs manifestations et hauts faits d’armes.

De deux, Benoît Pelletier erre quand il décrit l’action des Fils de la Liberté « … ce mouvement armé qui parut amateur et mal organisé, et qui orchestra de nombreux actes de violence et des manifestations sans toutefois avoir été largement appuyé par la population du Bas-Canada. »

Ici l’amalgame est pur sophisme abuseur. « Orchestrer » d’une part des « manifestations » et d’autres parts « de nombreux actes de violence » ne peut se retrouver logiquement dans la même phrase pour conclure qu’il s’agit là de deux choses pareillement nuisibles. Elles ne sont absolument pas du même ordre. Sans parler du fait que les Fils de la Liberté ont oui organisé des manifestations pacifistes, mais ce sont bien les milices orangistes loyalistes qui ont orchestré la mise à feu de la révolte et alimenté ensuite ce feu de violence. Les milices des Fils de la Liberté ( http://grandquebec.com/histoire/fils-de-la-liberte/ ) effectivement étaient mal organisées pour leur défense, ce pourquoi Papineau leur destinait une action tout autre, ce pourquoi elles ne sont pas parvenues à vaincre les forces de l’empire infiniment supérieures en nombre. C’est une erreur stratégique qui nous sert de leçon fort utile, nous n’avons pas récidivé.

L’amalgame fallacieux de M. Pelletier accrédite l’idée fausse que les Patriotes ont attaqué l’Empire. La réalité est toute autre. Ce sont les miliciens orangistes loyalistes qui ont, en leur jetant des pierres, attaqué le 6 novembre 1837 les manifestants désarmés réunis par les Fils de la Liberté. Ces mil Patriotes n’ont pas répliqué et se sont dispersés à la fin de la manifestation. Les orangistes les ont ensuite traqués dans les rues de Montréal, non sans blesser à coup de gourdins plusieurs d’entre eux qui rentraient chez eux, éborgnant T.-S. Brown et blessant au genou M. André Ouimet, président des Fils de la Liberté ; non sans ensuite investir, saccager et piller les presses du « Vindicator, qui était le seul journal de langue anglaise appuyant les revendications des Patriotes » (1), puis les résidences des plus illustres d’entre eux dont celles du Dr Gauvin, de Joshua Bell ( second de T.-S. Brown) et de Louis-Joseph Papineau qui n’était pas présent à la manifestation.

« Les journaux anglais de Québec et de Montréal jetèrent le blâme sur les Fils de la Liberté qui, la veille, avaient tenu une réunion dans les bureaux du journal. Quelques journaux annoncèrent aussi que les assaillants étaient les Fils de la Liberté. » (1) C’était, et c’est toujours faux.

Ici, Benoît Pelletier nous refait le coup de la désinformation impériale… il jette à sa manière le blâme sur les Fils de la Liberté et leur supposé « radicalisme ».

Toutes choses égales par ailleurs, c’est comme s’il fallait justifier le fait que l’armée égyptienne n’aurait rien trouvé de mieux après l’attaque meurtrière des chameaux lancée par les pro-Moubarak contre les manifestant,es pacifistes, que de charger la foule manifestante pour écraser la révolution égyptienne. N’est-on pas en guerre contre la Libye de Khadafi parce qu’il aurait répliqué à une rébellion armée… par les Occidentaux?

« … ne l’oublions pas, la défaite des Fils de la liberté a engendré des conséquences politiques lourdes pour les Canadiens-français comme le rapport Durham et l’adoption de l’Acte d’Union, par lequel ont été unifiées les structures politiques du Haut et du Bas-Canada, c’est-à-dire l’Ontario et le Québec d’aujourd’hui. »

Non pas ! Et il ne faut pas l’oublier. Ce n’est pas le « radicalisme » des Patriotes qui a produit les outrances du Rapport Durham, mais bien plutôt le mépris impérial et la condescendance suffisante de son auteur. C’est bien la fin de non-recevoir contenue dans les 10 résolutions connues sous le nom de Résolutions Russell du 6 mars 1837 qui a mis la table pour que soient imposées ensuite les mesures déplorées par Benoît Pelletier pour contrer l’adoption des 92 résolutions le 21 février 1834 par les représentants du peuple siégeant à la Chambre d’assemblée du Parlement du Bas-Canada.

Comme si, n’eut été de l’action défensive des Fils de la Liberté, cette Couronne qui s’impose toujours aujourd’hui sans le clair OUI de la démocratie québécoise, avait eu l’intention hier de se réformer pour se conformer aux 92 résolutions pacifiques des patriotes alors qu’aujourd’hui la même Couronne refuse toujours de se soumettre à la primauté démocratique de la souveraineté du peuple du Québec, est-ce parce que nous avons pris les armes !? Comme si les milices orangistes loyalistes du Doric club notamment n’avaient pas attaqué une manifestation pacifique des Fils de la Liberté, n’avaient attaqué et blessé des patriotes et saccagé et pillé leurs résidences provoquant une défense pareillement violente.

Morale, nous ne vivons toujours pas sous République, et ce n’est pas parce que nous avons pris les armes ou que nos revendications serait par trop radicalement démocratiques. Nous vivons toujours dans un État à la démocratie tronquée au sommet et c’est là un unilatéral effet du bon plaisir Souverain de Sa Majesté canado-britannique derrière laquelle se cache la ploutocratie apatride de l’oligarchie d’affaires multianitionalisée qui contrôle en sous-mains le Parlement d’Ottawa qui contrôle cette Couronne illégitime. Au sommet de cet État illégitime du Canada de 1982, trône sur le territoire national du peuple souverain du Québec, non pas La Majesté de Sa Volonté libre, mais bien toujours celle indigne de la même lignée Souveraine qui nous a conquis, qui prétend que nous lui avons été cédés légalement et à bon droit ( comme si un peuple pouvait être objet de Cession ), et qui est la même Couronne qui aujourd’hui est contrôlée par le seul Parlement d’Ottawa sur lequel ce peuple n’a pas de prise et n’en aura jamais.

Et si nos irresponsables gouvernements sont élus, c’est grâce à cette action radicalement démocratique des Patriotes. Ne reste qu’à l’achever en nous donnant un État responsable, donc nommément élu par le peuple. Ce qui n’est pas le cas actuellement et n’a jamais été le cas.

«… le Parti patriote s’est radicalisé, a préconisé de façon ouverte l’indépendance du Bas-Canada face à l’Angleterre, et a même eu recours aux armes. »

Le fait qu’un État démocratique qui émane de la base au sommet du peuple souverain que nous sommes sur notre sol national du Québec est de l’avis de Benoît Pelletier le fait d’un radicalisme ontologique déplorable. Cette exigence démocratique justifie à elle seule par son supposé radicalisme la réplique autocrate violente de l’Empire. Les patriotes n’auraient pas dû exiger que s’impose la primauté démocratique de la souveraineté du peuple sur son sol national. La violence morale et physique produite par les partisans de l’autocrate mainmise impériale britannique aurait dû prévaloir. Il aurait fallu que les Patriotes renoncent à l’effectivité de leurs « idéaux démocratiques, réformistes et républicains tout à fait légitimes » et acceptent la fin de non-recevoir de la Couronne britannique, notamment en cessant de manifester pacifiquement pour ne pas susciter la violence orangiste loyaliste.

Quant au patriote que l’illustration du texte de M. Pelletier fait apparaitre sur ce drapeau, elle est le fait de l’artiste Henri Julien qui illustre en 1887, 50 ans après les faits l’archétype du citoyen-milicien.

Il peint un homme portant « les signes distinctifs du [ Québécois ] de l’époque : la tuque, la pipe, la ceinture fléchée et les mocassins. [ Il ] se porte à la défense d’une autonomie politique revendiquée par les élus de la Chambre d’Assemblée (composée majoritairement de Canadiens-Français), sans pouvoir réel devant les membres non-élus du Conseil Exécutif (composé de l’élite bourgeoise britannique).

Ce citoyen, Henri Julien le campe dans la posture et dans l’allure du milicien, c’est-à-dire d’un habitant qui se fait momentanément soldat. »

Le Patriote de Julien aurait un ancêtre – du moins un ancêtre graphique. Il s’agit du « Canadien allant à la guerre », une illustration que Bacqueville de la Potherie exécute vers 1690 pour son Histoire de l’Amérique septentrionale. Du temps de la Nouvelle-France, l’habitant devait être en mesure de se faire milicien à tout moment, afin de se défendre ou de mener des actions contre les ennemis d’alors qu’étaient les Iroquois et les Anglais.

Le milicien [ neufrançien ] se bat le plus souvent aux côtés d’Amérindiens alliés. Sa tenue en porte la marque : il couvre ses jambes de mitasses, chausse des mocassins et marche en raquettes — trois emprunts aux autochtones. Lorsqu’il livre combat, il le fait souvent à l’amérindienne, c’est-à-dire qu’il privilégie les actions de guérilla à la bataille rangée. » (2)

Si la « Journée nationale des Patriotes a le mérite de rappeler à notre mémoire collective ce lien qui existe entre plusieurs de nos institutions et valeurs actuelles et ces hommes qui, courageusement mais maladroitement, ont défendu en 1837 et 1838 des idéaux démocratiques, réformistes et républicains tout à fait légitimes » c’est bien, contrairement à ce qu’affirme Benoît Pelletier, parce qu’elle permet de démontrer que ce qui dérange dans le drapeau des patriotes, ce n’est pas le « radicalisme » des Fils de la Liberté, mais bien l’écart qui existait et qui existe toujours entre nos institutions toujours impériales et nos valeurs anciennes et actuelles qui exigeaient, et qui exigent toujours, que l’État illégitime qui gouverne le gouvernement qui gouverne le peuple souverain du Québec se soumette sur SON sol national au principe premier de la démocratie républicaine, se soumette effectivement donc pour devenir légitime, à la primauté de la souveraineté démocratique du peuple du Québec. Ce qui serait faire preuve de « radicalisme » pernicieux d’après M. Pelletier.

Radicalement démocratique, oui !

Ce que refuse toujours de faire l’État illégitime du Canada, à savoir, solliciter et obtenir le OUI de la démocratie québécoise. Ce refus est radicalement anti-démocratique.

S’il y a un mérite à nous souvenir du sacrifice des patriotes « maladroits », c’est qu’il nous est permis de constater notre propre maladroite impéritie démocratique. En effet, dans cette démocratie canadian tronquée au sommet, bafouée, niée, ravalée, foulée aux pieds, règnent toujours sur le territoire national du peuple souverain du Québec une Couronne et sa légalité illégitime que nous n’avons encore pas su démocratiquement renverser. Si les armes sont impuissantes, il faut donc s’employer à démontrer la puissance du pouvoir démocratique de ce peuple souverain du Québec.

Pour cela, il faut sans délai ni condition, appeler le peuple souverain du Québec à INVALIDER tout État qui n’a pas obtenu le clair OUI de la démocratie québécoise. Ce peuple souverain rejette l’État unilatéral du Canada, voilà pourquoi les canadianisateurs se sont bien gardés de le solliciter ce OUI. Ils savent que ce serait NON.

Les démocrates, forcément souverainistes, partisans donc de la primauté effective de la souveraineté du peuple, doivent faire l’UNION de leurs forces citoyennes et politiques. La députation démocrate du Québec, toujours obligée de toujours siéger séparée à Québec et à Ottawa, doit s’engager se réunir sous Constituante bicamérale pour se prononcer et à appeler ce peuple souverain à trancher. Ou bien ce peuple accepte sur son sol national du Québec la tutelle autocrate qui s’abstient de solliciter son libre et démocratique OUI, ou bien ce peuple s’impose Souverain dans l’État, quel qu’il soit, passé, présent ou à venir, en tant que seule légitime autorité démocratique suprême sur son sol national du Québec et déclare INVALIDE tout État qui n’a pas ni sollicité ni obtenu son libre et démocratique consentement.

« … il n’y a d’autorité légitime que celle qui a le consentement de la majorité de la nation ; de constitutions sages et bienfaisantes que celles sur l’adoption desquelles les intéressés ont été consultés et auxquelles les majorités ont donné leur libre acquiescement. »

Extrait de la conférence de Louis-Joseph Papineau donnée à l’Institut canadien de Montréal le 17 décembre 1867 – Citation gravée sur le monument qui lui rend hommage à gauche de l’ANQ à Québec.

C’est radical ça !? Ça OUI, c’est radicalement démocratique !

Si on est un véritable démocrate, on ne peut plus se contenter de célébrer « des idéaux démocratiques, réformistes et républicains tout à fait légitimes » des Patriotes comme le fait Benoît Pelletier en blâmant les Fils de la Liberté d’avoir prix les armes pour se défendre, aussi maladroitement qu’ils l’ont pu faire : il faut se commettre ou se démettre.

Il faut de plus avoir la noblesse de se hisser à la hauteur de la hauteur de celles et ceux qu’on célèbre si on ne veut pas déshonorer leur mémoire et se déshonorer soi-même. Déshonorer la mémoire de celles et ceux et qui sont « maladroitement » morts pour ces idéaux, fusil, couteau, fourche à la main, ou désarmés, par balle ou la corde au cou ; et, la moindre des choses est de s’engager à appeler ce peuple souverain du Québec qui nous est cher et qu’on prétend défendre et aimer, à se prévaloir des pleins pouvoirs démocratiques qui sont les siens et qui lui permettent autant de valider un État démocratique légitime sur SON territoire national – quel qu’il soit, selon son bon plaisir Souverain – que d’INVALIDER sur ce même territoire, TOUT État qui n’a pas NI sollicité NI obtenu le clair OUI de la démocratie québécoise.

Ce qui oblige à la face du monde libre et démocratique l’État illégitime du Canada à soit quitter le Québec s’il lui est intolérable de se gouverner démocratiquement de sa base à son sommet, soit l’oblige pour être légitime, à adopter des Actes constitutifs démocratiques qui se soumettent à la primauté démocratique du bon plaisir Souverain du peuple souverain du Québec et qui l’obligent, parce que ce serait bien le cas, à obtenir son « libre acquiescement » pour être reconnu légitime par ce peuple souverain dans le cas où une éventuelle République démocratique du Canada tient absolument s’appliquer démocratiquement sur SON sol national. À défaut, on ne peut être que complice d’un État d’occupation qui NIE la primauté effective de la souveraineté démocratique de ce peuple que nous sommes au Québec ; on ne peut qu’être l’équivalent collabo des loyalistes qui ont contré l’action démocratique des Patriotes et autres Fils de la Liberté pour que s’impose la Couronne illégitime usurpatrice qui trône toujours au sommet de l’État du Canada sans jamais ni l’une ni l’autre s’abaisser à solliciter et obtenir le clair OUI de la démocratie québécoise.

Une Couronne indigne et lâche qui dépêche aujourd’hui son petit-fils, Prince héritier en visite d’État à Québec, sous fausse représentation d’inconséquente lune de miel privée. Cette Couronne et ses Princes héritiers seront bienvenus en visite d’État sur le sol de la démocratie québécoise le jour où au nom de sa lignée Souveraine ses Princes abdiqueront de leur trône canado-britannique pour cesser de prétendre constituer et être la personnelle et charnelle incarnation de la souveraineté du peuple du Québec trônant à la tête d’un État illégitime abuseur, celui qu’ont voulu renverser nos devanciers Patriotes désarmés.

VIVE la République démocratique du peuple souverain du Québec ! Dégage William !

Luc Archambault, de Lévis –
Citoyen de l’à venir République démocratique du peuple souverain du Québec

(1) Source : http://grandquebec.com/histoire/6-novembre-1837/

(2) Le Devoir 2008 05 17 – Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier, codirecteurs du collectif Identité québécoise «À la défense du Patriote nouveau » http://www.ledevoir.com/non-classe/190083/journee-nationale-des-patriotes-a-la-defense-du-patriote-nouveau

Plusieurs commentaires sur l’ignorance des Québécois, mais peu de mention des médias orientés: ce qu’on ne dit pas n’existe pas. À la télé des « maîtres » tous doivent contribuer au rapetissement de la cause nationale: ce fut Catherine Kovacs qu’on mandata pour mentionner le « gala » de la « famille indépendantiste »dans l’Est de la ville (opposition officielle oblige) et embarrasser Pauline en lui demandant si elle va continuer malgré la déroute du Bloc. Et elle termine en glissant sur la marche des 200 manifestants partis du Pied du Courant pour terminer au Carré St-Louis… cooooommmme à chaque année…. étire-t-elle avec impatience, pour montrer au « maître » de quel côté elle couche vraiment!

En tant qu’historien, je vous invite à ne pas instrumentaliser les faits historiques. Les Patriotes étaient peu nombreux et très peu populaires auprès de la population de langue française au Bas-Canada (Québec). Aussi, il ne faut pas oublier qu’un mouvement du même genre existait au Haut-Canada (Ontario). Aussi, l’un des motifs premiers de mécontentement de ces deux mouvements étaient d’ordre économique (maintien du système d’agriculture versus le développement du système marchand/capitaliste). De plus, comme toujours, les historiens doivent «découvrir» la nature des choses entre ce que les pros et les antis patriotes ont écrits à l’époque et c’est là que réside la difficulté de bien cerner le fond des choses. Maintenant, pourquoi il y a peu d’historiens qui veulent travailler sur notre histoire: tout simplement parce que nous n’avons pas accès à toutes les archives du gouvernement canadien. Que le Canada (et les autres provinces canadiennes) nous permettent de piocher à loisir dans les archives et vous alles voir que nous nous ferons un plaisir, une joie profonde même, de revisiter notre histoire.

@Maxime Normandin
Vous oubliez que les moeurs changent. Les suffragettes c,est au débuts du 20ème siècle me semble, et même le scrutin universel était une chose nouvelle.

La Constitution Américaine était progressiste; mais les noirs ne pouvaient pas voter. Et l’esclavage était permis.

Les temps changent, et les idées aussi.

@lemoutongris

Le mouvement souverainisme a des idiots de droite, oui; mais il est progressiste, civique, ouvert aux autrres cultures et pas anti anglais, juste pro-français.

Regarder le programme de QS et son programme d’idées pour un pays.

Il est à noter aussi que pour une minorité de la Gauche Canadian, le drapeau québecois est mauvais; un signe un peu xénophobe religieus – la croix chrétienne (comme les pays Scandinaves et UK), et le fleur de lys, symbole d’une certaine droite (monarchiste) française…

Ils seraient pour que nous adoptions à la place le Drapeau des Patriotes.

Monsieur Lisée, croyez-moi, les conséquences, positives j’en suis certain, de ce pavé que vous venez de jeter dans la mare, ne tarderont pas à apparaître au grand jour. »Le Québec a le pouvoir de changer les choses », disait le slogan d’un parti politique lors des élections fédérales récentes! Même si le Québec n’a pas changé les choses en la faveur de ce parti,(ni en la faveur du Québéc lui-même, à mon humble avis) je reste néanmoins convaincu que le Québec, à travers ces élections, a su démontrer que son pouvoir de changer les choses doit être pris encore plus au sérieux. Les universitaires francophones du Québec vous surprendront, très prochainement et très agréablement, j’en suis persuadé!

Que symbolise la couleur rouge sur le drapeau des patriotes?

Est-il vrai que PLUS de « patriotes » (anglophones ceux-là!) ont été pendus en Ontario qu’au Québec?

Je n’ai jamais compris pourquoi le PQ qui ont été pendant 17 ans au pouvoir n’ont pas mieux fait pour l’enseignement de l’histoire.

Dommage parce que l’action des Patriotes fut exceptionnelle,inspiré de la révolution américaine dans le but de se doter d’une république.

Un drapeau qui dérange selon Pelletier. En fait le drapeau qui illustre l’article en question n’est pas celui des Patriote.

Bonjour,
Encore une autre fois, les nationalistes québécois en faisant fi de l’Histoire au début des années 1960 ont voulu récupérer l’Histoire des Patriotes en faisant mentir l’Histoire selon leurs mauvaises habitudes. Les Patriotes étaient des libéraux avant le temps en cette Terre d’Amérique en étant influencés par le Siècle des Lumières. Le Canada fut fondé par l’Union du Haut Canada et du Bas Canada par ces patriotes qui devinrent aussitôt les GRITS pour se muter comme LIBÉRAUX FÉDÉRAUX.
Finalement, le plus grand des Patriotes fut l’illustre Monsieur Pierre Elliot Trudeau qui, en rapatriant la Constitution de Londres paracheva le travail amorcé par les Patriotes du Haut Canada et du Bas Canada. Haro sur les baudets nationalistes au trognon qui ont fait mentir l’Histoire en la déformant pour mieux se l’approprier….. Bien à vous, John Bull.

Les livres qui m’ont le plus passionné sur cette période sont les quatre livres de Paul Rochon.

Ce ne sont pas des livres d’un historien dont c’est la profession mais il y a une émotion telle dans ces livres que vous ne les lâchez pas une fois que vous en avez entrepris la lecture. Paul Rochon était journaliste.

Ces livres ne sont sûrement plus disponibles de nos jours mais on peut peut-être les trouver dans certaines bibliothèques.

En voici les titres:

1837, La petite histoire des Patriotes, Les Editions du Taureau,Montréal, 1987

1838, L’histoire oubliée des Patriotes, Les Editions du Taureau, Montréal, 1988

1839, La lente agonie des Patriotes, Les editions du Taureau, 1988, Montréal,

LES DERNIERS PATRIOTES, Les exilés de 1840 vous parlent, Montréal, 1993.

Ces livres sont d’une lecture facile. Ils sont plus accessibles que le livre de Filteau. Mais ils contiennent sans doute des erreurs. Aucun livre d’histoire n’en est à l’abri.

Il faut quand même mentionner les travaux de Gilles Laporte, enseignant au cégep du Vieux-Montréal, qui est sans doute le plus grand spécialiste de ces évènements. Il est certes prof au collégial plutôt qu’à l’université, mais la qualité de ses travaux n’en est pas moindre.

Merci à ceux et celles qui ont donné leur vie afin de s’opposer aux abus des conquérants.

Et les traiter d’anti démocrates à cause du fait qu’ils ne reconnaissaient pas aux femmes le droit de voter ne connaissent rien à l’histoire. Non seulement le droit de vote n’existait-il pas en 1830-40, mais il ne sera acquis de longue lutte féministe qu’un siècle plus tard.

Avec une jeunesse quasi analphabète, le Québec est à se construire un avenir où l’aliénation sera grandissante.

Le déclin de l’Empire Américain…

Voici la déclaration de Jack Layton à l’occasion de la fête de Victoria:

« La fête de Victoria vise à rend hommage à la reine Victoria, première souveraine de la confédération du Canada, et à souligner la naissance de l’actuelle reine du Canada, Sa Majesté Elizabeth II. Ce jour nous rappelle la place qu’occupe le Canada au sein du Commonwealth et nos racines européennes. Il nous rappelle également notre histoire ainsi que les triomphes et les tragédies qui ont ponctué l’édification de notre pays. »

http://www.npd.ca/article/d-claration-jack-layton-chef-npd-l-occasion-f-te-victoria

Et rien sur les Patriotes.

Et c’est lui qui va défendre nos intérêts à Ottawa !

De là toute l’ironie de notre devise nationale, M. Lisée.

Lorsque je faisais mes études secondaires, il y avait des cours d’histoire du Québec et du Canada inclus dans le cursus scolaire. Depuis les deux dernières réformes, la place fait à l’histoire dans la formation académique au secondaire a rétréci comme peau de chagrin.

Les québécois ne veulent pas savoir, ni se souvenir. Ils préfèrent la connaissance de l’histoire des autres, la leur les indiffèrent et les indisposent. Serait-ce parce qu’ils ne veulent pas l’assumer?

Alors bis au commentaire de Max #9 et nous pourrons poursuivre notre lente agonie, car comme une bande de caves, il semblerait que nous ne serons jamais assez écoeurés de mourir!

Parmi les historiens des universités anglophones qui oeuvrent sur les patriotes, on retrouve des francophones: Yvan Lamonde comes to mind.

Cela dit, le fait soulevé par Éric Bédard est peut-être troublant, mais il ne devrait certainement pas nous empêcher de lire les historiens de langue anglaise qui ont écrit des ouvrages marquants sur le sujet. En voici deux à mon sens incontournables:
– Allan Greer, Habitants et Patriotes, la Rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada (Boréal, 1997).
– Elinor Kyte Senior, Les Habits rouges et les Patriotes (VLB, 1997).

@Jean Lapointe

Et monsieur KHADIR ET MADAME DAVID ?

http://WWW.QUEBECSOLIDAIRE.NET/ACTUALITE-NATIONALE

L’Actualité nationale sur le site de Québec Solitaire :

• AMPHITHEATRE DE QUEBEC

• une date fixe pour l’élection

• Commémoration de la Nakba et victoire de la démocratie en Palestine

• Manon Massé à Gaza

Rien ! Rien ! Rien ! Pour la fête nationale des Patriotes !!!!

Comme son nouvel ami progressif Jack??????

Mais pourquoi donc, M. Éric Bédard n’a-t-il créé la chaire de recherche sur les patriotes à la Téluq ? à ce que je sache, la Téluq est une des Universités faisant parti de l’UQ.

Avez-vous lu « Histoire sociale des idées aux Québec » de M. Yvan Lamonde ?
M. Lamonde traverse l’histoire du Québec en trois tomes, depuis la conquête jusqu’au XXeme siècle. Absolument fascinant.

En réponse à François 1: oui, il y a eu plus de patriotes «ontariens» pendus que de patriotes «québécois». Cela n’enlève rien aux réformes que ces deux groupes cherchaient à obtenir au point de vue de la représentativité et des actes qu’ils ont posé (et pour lesquels certains sont morts) en ce sens.

François 1 :
mai 24, 2011 à 5:35

Que symbolise la couleur rouge sur le drapeau des patriotes?
– – – – – – – – – – – – – – – – – – –

«La révolution de 1830 à Paris ranime l’espoir des Patriotes ». Cette révolution française de 1830 ou la révolution de Juillet dans le long cheminement en France vers la république, la première révolution date 1789 et même à la fin du règne de Louis XVI, guillotiné en 1793. La première république amène Napoléon 1 er Bonaparte. Il est chassé pour remettre un roi Bourbon, Louis XVIII, frère de Louis XVI, sur le trône français suivi d’un dernier frère, Charles X. Celui-ci doit abdiquer en raison de son attitude autoritaire et a entraîné la révolution de Juillet (1830) où le peuple est fatigué des excentricités des rois.

« Ainsi en Amérique du Nord britannique, dans le bas Canada, les Canadiens rêvent peu à peu de l’indépendance et se lancent dans une résistance légale. La rébellion s’anime. Elle prend les nouvelles couleurs, le bleu-blanc-rouge que Louis-Philippe 1er d’Orléans a adopté en France. Alors aux yeux des Patriotes, ce nouveau drapeau est un signe de ralliement et l’emblème de liberté. Dès ce moment, l’engouement républicain bat son plein chez les jeunes canadiens ».

« En France, la tournure des événements fait changer de roi qui passe des Bourbon aux Orléans. Par contre, au Canada, colonie britannique, les choses ne tournent pas dans le sens souhaité. Plusieurs des révolutionnaires ou patriotes sont soit déportés en Australie ou encore pendus au Pied-du-Courant, à Montréal, de 1839 à la fin de 1840. Est-il besoin de dire que la révolution a avorté ?»

Sources : John Hare, Les Patriotes 1830-1839, Édition Libération, Ottawa, 1971, p. 27, note 1.

http://le24juin.qc.ca/hcon4.html

« Le mouvement souverainisme a des idiots de droite, oui; mais il est progressiste, civique, ouvert aux autrres cultures et pas anti anglais, juste pro-français »

le mouvement séparatiste est nationaliste. Par définition, le nationalisme est à droite; c’est le nous contre eux. Il n’est pas aussi extrême que le British National Party, mais la crainte des anglais se fait sentir.

Il ne faut pas oublier l’enseignant et chargé de cours Gilles Laporte et les travaux de Jean-Paul Bernard sur le sujet.

@ Marc Demers (# 42):

Merci de votre réponse.

Donc, la fête des patriotes n’est pas exclusivement québécoise…

Ne devrions-nous pas alors la célébrer en communion avec nos frères ontariens?

@ Raymond Campagna (# 43):

Finalement, tout ça pour dire que le rouge symbolise les Britaniques?

Ce que je trouve étrange c’est que « notre » couleur bleue n’apparaisse pas… Pas vous?

« Ne devrions-nous pas alors la célébrer en communion avec nos frères ontariens? »

Dans mon livre d’histoire en secondaire 4, il y avait au plus 1-2 lignes sur le sujet. Comment espères-tu que les séparatistes s’en rappellent?

En 1837/38 nos Patriotes voulaient réaliser une véritable confédération canadienne avec le Haut et le Bas Canada, 30 ans avant la fause confédération qui était une fédération mal nommée » de 1867.

Une preuve solide : Un drapeau qui ne peut être ignoré est celui de la République du Canada, dont les restes sont exposés au « Vancouver Museum » dans le cadre de l’exposition « All About Blue ». Le texte sous le drapeau se lit comme suit (traduction libre) : « Ce drapeau au fond indigo vola pendant les Rébellions de Mackenzie-Papineau en 1837-1838. Le champ est chargé de deux étoiles blanches à cinq pointes hypothétiquement accompagnées d’une deuxième couleur et du mot liberty ». On interprète les étoiles comme étant les représentations du Haut et du Bas-Canada. De plus, on signale que ce drapeau semble dans la même lignée, du moins dans sa couleur, que d’autres drapeaux datés du XIXe siècle et symbolisant l’indépendance.

Il serait la première tentative de création d’un drapeau national sans que les Britanniques y soient représentés avant 1965 alors que l’unifolié est adopté comme le drapeau officiel du Canada. Le drapeau de la République du Canada, exposé à Vancouver, en est le dernier exemplaire reconnu. Il proviendrait du mât de la goélette « Anne » d’où il fut arraché lors de sa capture par les forces britanniques à Amherstburgh en janvier 1838. Lors de son procès pour trahison, le commandant du bateau, Edward Theller, avance que le drapeau du gouvernement provisoire et indépendant du Canada avait été planté en terre canadienne par des Canadiens.

@lemoutongris

Le nationalisme peut être au service de la gauche; Vietnam, par example. Nationalisme de libération.

Aussi, vous confondez nationalisme et citoyeneté ethniques VS civiques.

M’excuse, mais associer le souverainisme aux fascistes du BNP ou FN, c’est vraiment… n’importe quoi.

QS et cie, c’est pour sur bien moins à droite que VOUS. Parce que vous êtes vraiment à droite à lire vos constantes interventions, juste une droite anti-étatique, pendant inversé de l’anarcho-socialsme.

« Le nationalisme peut être au service de la gauche; Vietnam, par example. Nationalisme de libération. »

il y a toute une différence entre vouloir plus de libertés individuelles et vouloir transférer de maitre. Les ÉU se classaient dans la 1re catégorie, les séparatistes québécois dans la seconde (je ne connais pas assez de VN).

« M’excuse, mais associer le souverainisme aux fascistes du BNP ou FN, c’est vraiment… n’importe quoi. »

la seule différence est le niveau de violations des droits. Heureusement, le PQ ne veut pas expulser les anglais; il veut juste les mater

lemoutongris :
mai 26, 2011 à 18:57

Heureusement, le PQ ne veut pas expulser les anglais; il veut juste les mater.
– – – – – – – – – –

Vous jouez trop au nintendo !

Ridicule.

.Ridicule »

pas tant que ça. C’est sous la gouverne du PQ que j,ai eu mes cours d’anglais au secondaire, et ils étaient d’une facilité débilitante. Et que dire de cette volonté de bloquer le post-secondaire anglophone!

Les péquistes ont beau dire que l’anglais est important, leurs actions disent le contraire

Vous ne voyez qu’une infime partie du comportement des historiens. Ils ont presque disparus du domaine public. Ils aiment se parler entre eux.

J’ai commencé à `écrire sur l’abandon des profs du monde public. C’est tout a fait hallucinant. Je prévois l’imprimer sur le web fin Août.

Je cherche un endroit avec beaucoup de visibilité.
Car plein d’autres domaines ont augmenter leur rôle dans le public.

Richard

Ebauche de texte. Je cherche un lieu de diffusion pour brasser la cage.

On commence. Merci

Où sont perdus, nos historiens? Je me souviens

Lorsque j’ai pris ma retraite j’ai décidé comme activité de poursuivre un Bac en histoire.
Un domaine que peu de gens n’aime pas. Donc je me voyais entouré d’une belle cohorte de jeunes collègues.
De plus cette matière nous ouvre un nombre incalculable de portes. Un apprentissage de grande qualité, un monde de diffusions et de partage. C’est au mot partage et diffusion que j’ai réalisé que ce n’était pas le cas.

Si on regarde d’autres spécialités on réalise que les historiens se sont cachés du domaine public.
Les psychologues. Ceux-ci ont réussi malgré une image très négative a renverser la vapeur.
Un rendez-vous avec un psychologue il n’y a pas si longtemps c’était admettre presque que l’on souffrait de folie. Aujourd’hui pour un impressionnant nombre de situations les psychologues font parti de la solution. Cela ne s’est pas sans effort. Les psychologues et leur associations ont pris à cœur de pousser leur domaine d’expertise.
Les politicologues se sont créés une expertise en très peu de temps. Ils ont réussi à devenir les experts pour l’interprétation de l’actualité. Souvent ils utilisent des liens avec le passé. C’est le cas de plusieurs autres domaines.
Pendant ce temps là les historiens se terre on ne sait trop où. Alors qu’ils devraient mettre en valeur notre passé. Il serait intéressant que notre passé serve à mieux comprendre ce que nous sommes aujourd’hui. On peut utiliser notre propre histoire mais aussi toutes les autres domaines pour expliquer où nous sommes rendus. Même le papyrus pourrait être utilisé pour ce qui explique le bois et les papetières.
Il est décevant de constater l’absence totale des historiens dans notre vie. Une fois par année on entend une demande pour avoir plus de cours en histoire. Après ça ils disparaissent. Le demande est là. Que ce soit une chronique dans une émission, une série comme « L’histoire populaire du Québec ». Aujourd’hui presque toutes les communautés ont une société d’histoire.

Il est certain que ce n’est pas le même type d’histoire que celui enseigné à l’université.