Les Pineault-Caron et le Moyen Âge

Si les Pineault-Caron ne représentent pas le Québécois moyen, ni même le Québécois moyen en faveur de la Charte des valeurs, leur conception pré-libérale de la politique et de la démocratie est largement répandue parmi les partisans du projet de loi 60.

Cinq jours après leur entrée fracassante au panthéon de la viralité Web, les Pineault-Caron font encore parler d’eux. Ils semblent avoir été de toutes les conversations de la fin de semaine, aux quatre coins du Québec, et ce n’est pas fini. Ils sont même retournés au Maroc malgré eux.

Leur désormais célèbre témoignage a bien fait rire. Certains extraits rejoindront peut-être «sauf une fois au chalet» et «pas l’temps d’niaiser» au rayon des mèmes locaux.

Mais sous la surface comique, le malaise n’est pas loin et le rire est souvent jaune. On sourit, on secoue la tête et on se dit que «ça se peut pas»… alors qu’on sait bien, au fond de soi, que ça se peut et que ce n’est même pas si rare.

Plusieurs s’en sont pris aux Pineault-Caron personnellement. Sur Internet et ailleurs, on a abondamment ridiculisé ces gens qui semblent avoir abordé leur voyage au Maroc avec le regard des visiteurs à un zoo, jugeant les pratiques d’humains exotiques à l’aune d’une normalité étroite dont ils sont visiblement incapables de s’extraire.

Mais il ne sert à rien de viser une famille en particulier ou de tirer sur le messager. Si les Pineault-Caron ne représentent pas le Québécois moyen, ni même le Québécois moyen en faveur de la Charte des valeurs, leur conception pré-libérale de la politique et de la démocratie est largement répandue parmi les partisans du projet de loi 60.

Cette vision stipule essentiellement que «les étrangers qui viennent chez nous doivent être comme nous autres» et qu’un des rôles du gouvernement consiste à imposer cette uniformité identitaire à tout le monde. L’intégration de la diversité culturelle est ainsi réduite à l’adage voulant que «à Rome, on fait comme les Romains» — sans préoccupation pour les libertés fondamentales, la protection des minorités ou les limites constitutionnelles au pouvoir de l’État. «Les étrangers qui viennent chez nous doivent se fermer la gueule et faire comme on dit». C’est de l’absolutisme politique digne du Moyen Âge, recyclé en nationalisme ethnique.

La pensée libérale, en contraste, pose que le pouvoir de la majorité n’est pas absolu, que tous les êtres humains sont égaux — sans égard au sexe, à l’origine ou à la religion, notamment — et qu’il existe une sphère d’autonomie personnelle que l’État ne peut contrôler, incluant la liberté de conscience et de religion. Si l’État veut limiter ces libertés fondamentales, il lui faut des justifications qui satisfont des critères rigoureux, et pas seulement l’invocation d’un malaise indéfini ou d’un sondage majoritaire.

Dans ce contexte, les étrangers ont beau venir «chez nous», il n’en demeure pas moins qu’il y a une limite à ce que notre gouvernement peut leur imposer, comme à qui que ce soit. Les individus sont égaux et libres jusqu’à preuve du contraire — et cette preuve est exigeante. Elle ne relève pas de l’anecdote, du sentiment ou du coup de tête. Pour les libéraux (au sens du libéralisme, pas au sens du PLQ), le «chez nous» se caractérise justement par notre respect des libertés fondamentales et des droits des minorités, contrairement aux sociétés non libérales que nous critiquons régulièrement.

(Notez qu’en dépit des insinuations de certains, le libéralisme n’a pas été inventé en 1982 par Pierre-Elliott Trudeau pour humilier le Québec. La pensée libérale est plutôt issue des Lumières ; elle repose sur les notions de tolérance et de liberté, et elle a été développée en réaction à l’absolutisme médiéval par plusieurs auteurs et philosophes, incluant le Britannique John Locke et les Français Montesquieu et Voltaire. Le libéralisme a notamment inspiré les révolutions américaines et françaises, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la Déclaration universelle des droits de l’homme [adoptée par l’ONU en 1948], de même que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne adoptée en 1975 — sept ans avant la Charte canadienne. Suggérer que le libéralisme — incluant les chartes des droits qui en découlent — est anti-Québécois, c’est comme prétendre qu’Internet existe pour nuire à l’encyclopédie Grolier.)

Pour le meilleur et pour le pire (mais surtout pour le pire), le débat sur la Charte des valeurs québécoises ravive l’opposition entre le camp des Lumières et celui du Moyen Âge.

Si vous êtes dans le camp des Lumières, vous considérez que les gens sont égaux et libres jusqu’à preuve du contraire, et que cette égalité et ces libertés — incluant la liberté de conscience et de religion — ne peuvent être limitées que lorsqu’on démontre clairement que les restrictions sont nécessaires au bon fonctionnement de la société. (Dire que quelque chose vous rend «mal à l’aise» n’est pas suffisant ; les problèmes doivent être réels et les démonstrations irréprochables.) Le critère qui s’applique est celui des chartes de droits, et notamment la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Ceci n’implique pas qu’il y ait toujours consensus. Dans les cas limites — tchador à l’Assemblée nationale, kirpan à l’école, témoin en niqab —, il peut y avoir des désaccords légitimes entre libéraux qui, bien que d’accord sur le principe de la liberté-jusqu’à-preuve-sérieuse-du-contraire, ne s’entendent pas sur la place exacte des limites. (Cela dit, très peu de libéraux considèrent l’interdiction du voile dans la fonction publique et parapublique comme raisonnable.)

Si vous êtes dans le camp médiéval, ces exercices chartistes ne vous intéressent pas. Vous considérez que «nous» pouvons imposer toutes les règles que «nous» voulons, simplement parce que «nous» sommes plus nombreux. Pas besoin de justification sérieuse : les individus — et particulièrement les nouveaux arrivants — n’ont pas de droits et libertés protégés. Il n’existe pas de sphère personnelle qui échappe au contrôle du gouvernement : la majorité l’emporte, peu importe. Le «pouvoir du peuple» est absolu, comme l’était celui des souverains du Moyen Âge.

Après tout, «nous» sommes chez nous et «nous» imposons ce que nous voulons aux «autres». Si quoi que ce soit nous agace — une façon de s’habiller, une façon de se nourrir, une façon de penser —, nous pouvons l’interdire sans autre justification qu’un «kesséçà c’t’affaire là ?» majoritaire. Suffit de mettre nos culottes et dire aux étrangers qu’ils doivent accepter d’être comme nous ou quitter le Québec. C’est la base de la pensée identitaire qui infecte actuellement quelques sociétés occidentales, dont le Québec.

*          *          *

Dans son témoignage, Mme Caron s’est particulièrement indignée du fait que les musulmans «prient à quatre pattes sur un petit tapis» et qu’ils enlèvent leurs chaussures avant d’entrer dans la mosquée.

C’est l’étrangeté de ces pratiques qui l’a choquée, et non un quelconque danger identifiable. Elle n’a pas ressenti le besoin de justifier sa réaction — et la nécessité de légiférer — en expliquant en quoi ces pratiques étrangères menacent l’ordre public, la sécurité ou un principe de justice. Elle est simplement «restée marquée» par des coutumes qui lui ont paru étranges, et qui devraient être interdites pour cette raison.

Après que Mme Caron eut été troublée par les prieurs de la mosquée, elle est retournée dans «l’étobus». On a ri de son accent. Mais ça, ce n’est pas très grave.

Par contre, comme plusieurs partisans identitaires de la Charte des valeurs, Mme Caron croit visiblement qu’il suffit de dire «voyons, c’est quoi c’t’affaire là ?» pour justifier l’interdiction des signes religieux et l’imposition par l’État d’une norme identitaire uniforme — sans égard aux droits des minorités, aux libertés protégées ou aux limites constitutionnelles. Et ça, c’est effrayant.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

50 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Vous n’étiez pas au monde en 1975 quand la Charte a été adoptée: moi j,y étais. ET comme tous ceux qui étaient là à l’époque, on en a aucun souvenir parce qu’il n’y a eu aucun débat.
En 1982, personne n’a vu l’impact de la Charte Trudeau (la Charia Trudeau). A l’époque on n’en avait que pour le coup d’État de Trudeau et le Québec humilié. Rien sur la Charte.
Aujourd’hui on se retrouve sous la gouverne de juges, nommés par Ottawa, qui n’en finissent plus de piler sur nos droits collectifs. Toutes les minorités ont des droits, sauf nous.

PS: Vous avez vu les derniers sondages? Ca monte, ca monte et ca monte. C’est le Québec profond qui crie: respectez-nous. Respectez nos valeurs, notre culture, nos traditions. Si ca ne vous plait pas, y’a tout le Canada. Toute l’Amérique. Le reste de monde pour prier à 4 pattes.

Je l’ai déjà écrit sur d’autres blogues de l’actualité, nous sommes tous des minorités ambulantes. Pas besoin d’être noir, jaune, bleu, voilé, pour être une minorité. Nos opinions peuvent être minoritaire et je souhaite juste pouvoir les exprimer sans crainte quelque forme de représaille que ce soit (en autant que je n’appelle pas à la haine ou à la menace d’un prochain).

Aussi, l’Amérique s’est construite sur l’immigration. Nous sommes tous l’immigrant de quelqu’un sauf des amérindiens et selon moi ce sont les seuls qui pourraient demander le respect de leurs traditions puisqu’ils sont les premières nations. Nous ne pouvons importer des solutions européennes où les racines de peuples sont profondes de plusieurs siècles ce qui modifient leur perception au sol.

Finalement, vous dites « Respectez nos valeurs, notre culture, nos traditions ». Moi aussi, j’aimerais que l’on respecte nos valeurs de liberté ce que ne fait pas la charte. Au fait, quelles sont ces valeurs qui sont fondamentalement différentes des autres nord-américains que nous devons les protéger de façon plus spectaculaires?

On parlait de l’époque de Duplessis comme de la grande noirceur à cause de sa chasse aux syndicalistes, aux communistes et aux témoin de Jéhovah. J’ai comme l’impression que la noirceur s’abat sur les lumières avec notre chasse à l’Islam!

Et le sondage que vous évoquez j’y ai vu autre chose et ce n’est vraiment pas la même chose que vous. J’ai vu beaucoup de Pineault-Caron et une faillite de notre système d’éducation.

1) Les Québécois ont l’un des plus hauts taux d’éducation au monde. Pres de 12 ans de scolarité (contre 9 à peine pour les Francais)
2) Dans les test PISA, nous élèves se classent parmi les meilleurs
3) Y’a plus de 100,000 Tremblay au Québec. A l’origine,un seul était un immigrant. Nous sommes chez nous ici. C’est le seul endroit au monde ou on peut le dire.

Amusons-nous un peu. Je reviens sur vos deux commentaires. « Respectez nos valeurs, notre culture, nos traditions. » Je repose la question : quelles valeurs, quelle culture et quelles traditions? Notre tradition catholique? Nos églises sont vide. Notre culture française? On a accueilli à bras ouverts ces africains du nord justement parce qu’ils parlent français. La laïcité? Un concept que l’on ne parlait pas à grande échelle voilà à peine 10 ans! Difficile de dire qu’on a une longue tradition dans ce domaine.

J’arrive maintenant à votre « nous » Qui sont ces « nous ». J’ai impression que des québécois de souche aiment plus Boucar Diouf qui est au Québec depuis 1991 que Sugar Sammy qui est pourtant né ici. Je ne vous mets pas des mots dans la bouche, mais pour plusieurs le recours au nous est utilisé en opposition à « eux » et « eux » c’est souvent n’importe qui qui ne pense pas la même chose qu’une certaine majorité francophone. Quand on entre dans ce débat nous-eux, on joue un jeu dangereux, très dangereux.

Et les autochtones(an 1000), les écossais (1759), les anglais(1759), les juifs (1791), les irlandais (1840), les allemands, les italiens, les français, les maghrébins? Le « nous » peut compter plusieurs identités, religieuses, ethniques, linguistiques, professionnelles ou autres. Si nous avons un des plus haut taux d’éducation au monde, c’est aussi grâce à l’Université McGill, Concordia, Bishop, pas seulement à celles de Montréal, Laval, Sherbrooke ou l’université du Québec.

Ici avec ce projet de charte,il n’est nullement question de »dicter » quelque façon de vivre à quelque »communauté » que ce soit. Il est simplement question de créer notamment une fonction publique…
(cet espace – vous savez – qui fait très bien vivre ($$$) tous ceux et celles qui sont supposés y être pour SERVIR les QUÉBÉCOIS(ES) .
..une fonction publique, sans oublier qu’elle est supportée par les taxes de tous les Québécois(es) et où on demande aux commis de l’État de LAISSER AU VESTIAIRE leur signe religieux (pas de le brûler ou de le détruire) en entrant et de le reprendre en sortant. Est-ce une revendication qui va empêcher les Québécois qui le souhaitent, de pratiquer leur religion partout ailleurs dans l’espace privé et public. Certes NON. Alors il faut cesser de faire passer notre société accueillante et ouverte pour une société MOYENÂGEUSE et ANTI DROITS ET LIBERTÉS. Certains seraient tentés de penser: donne à manger à un cochon et il viendra chier sur ton perron, mais ils ne feront que le penser.

Et c’est sans mentionner que presque toutes les universités QUÉBÉCOISES sont CONTRE leur charte!!!

Votre comparaison avec l’époque duplessiste est juste. L’imposition d’une doctrine athée confinant les croyants à la dissimulation et leur refusant l’accès aux postes gouvernementaux me fait grandement penser à l’époque ou les non-catholiques ne pouvaient exercer leur religion dans la sphère publique et étaient privés d’accès aux emplois publics. Les gens voient l’athéisme comme l’expression de la rationalité, ce qui justifie à leurs yeux de l’imposer aux croyants ignares; mais en vérité, ça relève tout autant de la croyance d’affirmer que Dieu n’existe pas que d’affirmer qu’il existe. En ce sens, en imposant l’athéisme par-dessus tout le reste, on impose une croyance et on force ceux qui croient aux choses à se cacher. Belle évolution !

Bravo pour votre texte. J’ajouterais seulement que si un journaliste ou un député demande encore à P. Couillard: « Un chauffeur de taxi/pilote d’avion/coureur automobile/dentiste/contorsionniste/homme-grenouille/scaphandrier (etc.) en tchador, c’est-tu correct? », je fais une dépression nerveuse!

Je connais des personnes d’un certain âge qui pensent que le projet de loi va interdire toutes les religions, partout, et sous toutes leurs formes. Doit-on alors faire comme vous, et associer ce point de vue à ceux qui opposent la charte?

Ça se joue à deux ce jeu là, M. Lussier.

« Pour les libéraux (au sens du libéralisme, pas au sens du PLQ), le «chez nous» se caractérise justement par notre respect des libertés fondamentales et des droits des minorités … » De quel droit des minorités fait allusion Jérôme Lussier ? Les chartes protègent bien les droits individuels de nous tous, mais le droit des minorités ça n’existe pas. Quand on connaît toutes les difficultés qu’on eut les groupes de travailleur pour faire reconnaître devant la cour Suprême, un droit collectif comme le droit d’association.

De quelle minorité parle-t-on au juste ? Un groupe d’individus marginaux dans un mouvement religieux ne forme pas une minorité, par plus que les Hells Angels forment une minorité.

Je trouve que le témoignage de la famille Pineault-Caron a le grande mérite de l’authenticité, celui encore de mettre un visage, humain faut-il le souligner, sur un courant d’opinion qui existe réellement au Québec ; se draper avec hauteur sous la toge de l’indignation ne réglera jamais en rien le problème.

La vérité est qu’il existe toutes sortes de problématiques avec l’immigration. La vérité est que cet afflux de personnes venues de toutes parts du monde peut ne pas être bien ressenti. C’est humain, c’est physique, c’est aussi psychologique. La vérité est que cela peut-être ressenti ailleurs dans le monde et même ailleurs au Canada.

Personnellement, je comprends que des personnes qui vivent au Québec de longue date, soient choquées par des usages, les apparences ou encore des meurs qui peuvent leur sembler singulières. Cela ne signifie pas en effet que ces personnes soient racistes. Elles veulent simplement qu’on les prenne en compte. Je pense en ce sens que comme immigrant nous devons respecter les usages et les coutumes des personnes qui nous accueillent et éviter de les achaler.

Lorsqu’on arrive dans un pays nouveaux, nous sommes des hôtes après tout au début ; c’est peu à peu que nous devenons des citoyens à part entière. Que nous nous acclimatons.

À la base de toute attitude, il y a un besoin de reconnaissance, la reconnaissance ne peut se faire que dans la réciprocité. C’est donc une part de l’effort qui revient aux nouveaux arrivants de se reconnaître et de s’identifier a leur nouvelle société d’accueil et non plus spécialement aux québécois de devoir endurer sans broncher des usages qui objectivement peuvent leur paraître étranges ou qu’ils ne comprennent tout simplement pas.

Dans la vie nous devons tous faire notre petit bout de chemin, cela a tellement bien meilleur goût quand nous parcourrons tous un petit peu de la route ensembles. — Peut-être est-ce le temps de mettre de côté nos solitudes réciproques pour s’entendre sur le fait que ce qui nous divise ce n’est pas une burqa, une kippa ou un crucifix de plus (fusse-il au mur d’une Assemblée nationale) ; lorsque ce qui compte vraiment, c’est ce qui nous unis ; c’est travailler forts pour former une communauté humaine solidaire, une et indivisible.

Et puis faire des exercices à quatre patte en descendant lentement sa tête vers le sol, on trouve cela aussi dans le yoga ; c’est très bon pour rééquilibrer notre énergie, nous connecter avec la terre et cela ne nuit en rien au bon fonctionnement de la circulation sanguine !

Non mais vraiment, il faut avoir un grave manque de culture philosophique et historique – et souffrir de la double ignorance – pour avancer que les partisans de la Charte des valeurs sont assimilables à des adversaires des Lumières! Croire que le pouvoir du peuple ou de la majorité ne saurait souffrir de limite est une position assez répandue à l’époque des Lumières. Cependant, c’est plutôt une position que défendaient des représentants des Lumières dites « radicales » comme le Britannico-Américain Thomas Paine ou le philosophe genevois Rousseau… Sans oublier le fait que plusieurs représentants des Lumières – Voltaire, Diderot, etc. – étaient des monarchistes qui fréquentaient les cours des despotes éclairés de l’Europe de la fin du XVIIIe. L’opposition entre les Lumières et le Moyen-âge n’est pas une opposition entre des défenseurs des droits individuels d’une part, et des absolutistes d’autre part… C’est une opposition entre ceux qui croient l’autorité suprême dans la société doit être religieuse et/ou traditionnelle, et ceux qui croient que la raison doit pouvoir tout critiquer, ce qui inclut bien sûr les préjugés religieux! Donc, rien avoir avec l’actuel débat sur la Charte.

Pourrait-on tout de même relativiser? Au moins un tout petit peu?
Aux Us, qu’on nous sert souvent comme modèle d’ouverture, une partie non-négligeable de la population refuse le « ObamaCare » pcqu’ils croient dur comme fer qu’Obama est l’antéchrist!
http://dish.andrewsullivan.com/2014/01/21/the-cognitive-dissonance-in-west-virginia/
Les ignorants sont partout! Comme disait DeGaulle, « mort aux cons » est un vaste programme.
Personnellement, j’ai beaucoup voyagé, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, et même vécu à l’étranger.
Et j’appuie la Charte. Justement pcque j’ai vu la progression de l’islam politique dans ces pays et l’utilisation de leurs femmes par les islamistes pour marquer leur territoire.
Peut-être que si les québécois s’intéressaient moins au salaire de PK Subban et plus à ce qui se passe ailleurs, l’appui à la Charte serait-il encore plus fort.
Et ne me parlez pas de Philippe Couillard. Cet homme s’est fort bien accommodé d’un des régimes les plus liberticides au monde lorsque ça servait ses intérêts. Alors, lorsqu’il clame ses principes de liberté, laissez-moi douter…

Ouf, c’est un texte ou un raccourci intellectuel, le libéralisme contre le moyen-âge. Les superhéros contre les vilains tant qu’à y être, mais quel mauvais texte… Franchement, peu importe la position que quelqu’un peut avoir sur le sujet. Votre texte est rempli d’abérations et d’exagération de toute sorte. Apprenez à ne pas penser de manière dichotomique

Cher Mr Lussier,
Le concept d’inclusion que vous défendez porte en quelque sorte ce différentialisme ; consister à accepter, avec un maximum de droits et un minimum de devoirs, les nouvelles minorités ?

Quand je vivais en Europe, cette conception libérale de la société avait atteint son apogée il y a quelques années. Par la suite, au vu des scores des partis d’extrêmes-droites dans ces mêmes pays, j’ai vite réalisé qu’il y avait autre chose que le « juridique à outrance » que vous défendez comme pilier d’une société.

Quand le Front National est passé au second tour, je me souviens des libéraux partisans de la diversité, dans leur salon, loin des cités, coupe de vin à la main, qui se demandaient pourquoi ne l’avait pas venu venir. Des mesures de citoyenneté trop libérales devenu liberticides ? La faute des médias ? Le pauvre peuple ignorant ? L’identité joue encore un rôle important au XXI siècle ? La volonté populaire ?

La seul chose que je veux dire Mr Lussier, c’est qu’il y a autre chose que les concepts juridiques. J’ai connu la Yougoslavie. Quand on parle de race et de religion, d’honneur bafoué, d’identité menacé….les Chartes et les juristes…sa ne vaut plus rien….C’est pour cela qu’il faut prévenir et faire les bons choix de société sinon on sera malheureusement pris avec l’extrême-droite.

M. lussier,

Je suis de ces libéraux (les vrais, non du PLQ), qui éprouve un profond malaise quand je lis des textes comme le vôtre. Si le meilleur argument contre la charte est de traiter vos opposants de moyen-ageux, je comprend très bien pourquoi les pro-chartes gagnent. En plus du mépris, cela montre une certaine méconnaissance de l’histoire et des généralisations hâtives.

Aucune idée de ce que c’est la liberté car lorsque le nombre sera suffisant vous verrez vos institutions et mode de vie changer et chercherer cette liberté

En complément de votre texte: La commission de l’ignorance!!!

http://voir.ca/chroniques/theologie-mediatique/2014/01/22/la-commission-de-lignorance/

Extrait:

« Il est désolant de voir que depuis la commission Bouchard-Taylor, nous avons investi nos énergies et nos ressources financières dans de telles campagnes pour en arriver là. Nous en sommes aujourd’hui, encore, à étaler sur la place publique la somme de toutes nos ignorances, et le ministre Drainville semble tout bonnement s’en satisfaire, comme si nous progressions ainsi avec optimisme et bonhomie vers quelque chose de rassurant.
Dire que lors de notre dernière crise sociale, nous parlions de l’importance de l’éducation. À regarder cette commission parlementaire, on a peine à imaginer une démonstration plus patente de la nécessité d’investir massivement dans le savoir.
En attendant, nos impôts font du chemin…
… un chemin de croix. »

Fin de l’extrait.

On en est là au Québec péquiste…

Dé-so-lant!

Les Pineault-Caron ne sont pas représentatifs des québécois, mais il y a les Pineault-Caron dans toutes les régions. Et c’est en jouant la carte de la peur de l’étranger, en allant chercher ces « ticounes » que le PQ a toujours gagné ses élections. C’est encore vrai en 2014, malheureusement laissant de côté les vrais débats de fonds: l’économie, les finances publiques, la santé. Des domaines où le PQ est incroyablement incompétent.

Le passage de Pauline Marois en tant que ministre est aussi là pour le prouver. Son bilan est catastrophique, elle a détruit le Québec et ne s’en rends même pas compte.

L’une des idées les plus importantes des Lumières est la séparation de l’État et du religieux, hors c’est précisément ce que la charte vise à faire.
En outre, la charte n’interdit à personne de pratiquer sa religion au quotidien, chez soi ou dans un lieu de prière, ce qui correspond tout à fait à la pensée libérale.
Donc entre le Moyen Âge ou les Lumières, vous ne luttez peut-être pas du côté que vous pensez!

Vous avez raison de dire que la séparation de l’État et de la religion était la lutte principale des Lumières. Ils se sont battus pour que tous aient accès à la même justice et aux mêmes possibilités, indépendamment de leur religion. Jadis, il fallait être catholique pour avoir accès aux emplois gouvernementaux, et les Lumières se sont battus pour que la religion soit laissée de côté du processus de sélection. Maintenant, il faudra être athée pour avoir accès aux emplois gouvernementaux. Pensez-vous que les Lumières seraient d’accord avec la superposition d’une croyance par une autre? Parce que quoi qu’on en dise, l’athéisme (la croyance que Dieu n’existe pas) demeure une croyance, la croyance de la majorité, comme le catholicisme jadis. Le tout repose sur une mauvaise compréhension de ce qu’est la laïcité de l’État : ce n’est pas de gommer toute religion, c’est de s’assurer que tous les citoyens seront traités également, sans que leur religion ne joue aucun rôle dans leur traitement. La laïcité de l’État existe déjà au Québec et elle n’est pas menacée par une commis du bureau des passeports avec un voile sur la tête !

Neutralité de l’État signifie absence de préférence religieuse démontrée. Cela signifie qu’une personne travaillant pour l’État représente l’État, et qu’ainsi elle se doit s’en afficher la laïcité. Comme on a déjà souligné au cours des débats, la neutralité des employés de l’État est également une neutralité politique. Si par exemple, la souveraineté du Québec est aussi importante pour moi que pour vous la religion musulmane (c’est juste un exemple), en tant qu’employé de l’État je m’abstiendrai d’en porter les symboles lorsque je suis au travail.
Permettez-moi de terminer en disant que, pour ceux qui croient, la vraie foi se trouve dans le coeur et dans l’esprit, non dans un vêtement.

Je ne sais trop par quel bout commencer..tellement je suis outré par la condescendance des propos de l’auteur de cet article. Je ne m’étendrai pas sur tous les raccourcis intellectuels malhonnêtes de ce texte, ni sur les propos méprisants à outrance à l’endroit des Pineault Caron (et sur tous les Québecois pro-charte par association douteuse »sur leur conception pré-libérale de la politique et de la démocratie »), parce que j’aurais besoin de 20 pages pour développer mes arguments.
Certes les P-Caron ont une culture à parfaire, comme nous tous d’ailleurs.Mais assimiler leurs propos (et tous les Québécois par association) à des gens dont la conception de la démocratie est plus près du Moyen-Âge que du camp des Lumières , c’est d’ajouter l’insulte à l’injure. C’est comme dire à tous ceux qui se prononceront en faveur de ce projet de charte, vous êtes des moyens-âgeux sans culture et sans respect des droits. Ce projet de charte qui se veut rassembleur par sa volonté de créer un espace de travail serein et libre de partisannerie politique et religieuse dans les lieux publics mérite d’être jugé à sa juste valeur par un autre acteur que quelqu’un dont le mépris déborde maladroitement sur une majorité de Québécois et Québécoises.

Ça me choque tellement ce genre de texte, les Québécois sont un des peuples le plus gentil et accommodent du monde, il ses plis volontiers à presque n’importe quoi, ayant presque peur d’exister. Il faut vraiment ne pas avoir voyagé dans sa vie pour dire que les Québécois ne sont pas accommodants, xénophobe et raciste. Les Québécois sont un peuple gentil et de manière générale calme. il a peur de s’imposer face à l’autre.
Un bon indicateur de cela, le racisme, qui à Montréal est pratiquement inexistant par rapport à nombre ds pays que nous admirons… Des peuples de conquérant.
Tous les Boucar Diouf et Normand Bratwait l’on dit. Aussitôt que tu voyages hors du Québec évidemment dans des pays à majorité caucasienne, il s’attende à des gestes ou propos racistes.
M. Bratwait racontait dans une entrevue cette année que lorsqu’il va au étas-unies, il s’habille de son plus beau veston pour ne pas trop se faire à coller dans les aéroports.
Nous nos grands terroristes ce sont les Pineault-Caron Wow, ça se fait peur, quand je les vois je suis terrorisé… Il son risible oui, mais dangereux sûrement pas. C’est un manque d’ouverture dont souffre ce couple et une méconnaissance des autres cultures, sans plus.
D’ailleurs avec vous remarque que c’est tellement facile de frapper sur un Québécois, règle générale il ne se défend jamais…

Cautionner que des « communautés » — en fait, des religieux fondamentalistes — dictent aux individus comment s’habiller, quoi manger et avec qui ils ont le droit ou non de faire des enfants… C’est donc ça le libéralisme ???

Non, mais dicter aux « communautés » comment ils sont sensés vivre (c’est-à-dire, de notre façon), ça s’approche du colonialisme culturel.

M. ou Mme Raman, votre remarque est très pertinente. Voilà le nœud de la question. En n’interdisant pas les signes religieux aux employés de l’État en contact avec le public, l’État cautionnerait des religions non-démocratiques qui imposent à leurs pratiquants des contraintes qui briment leurs libertés, notamment celles des femmes. Les anti-charte ont donc une conception biaisée de la liberté des individus. Ils veulent que l’État founisse un vernis de respectabilité et donc une valorisation de religions anti-démocratiques, anti-LUMIÈRE et sexistes. Les anti-chartes sont naïfs. Ils disent défendre la liberté des individus en faisant la promotion de religions qui sont contre la liberté des individus ?!? Cherchez l’erreur.

les légalistes et les biens-pensants d’un bord et le peuple de l’autre LOL. C’est quoi le problème avec les employés de l’état qui n’aurait pas le droit de porter des signes SUR LES HEURES DE TRAVAIL, après pas de problème. la fonction publique c’est un » NO GOD’S LAND ».

Je pense que vous choisissez très mal vos exemples pour ce qui est des pères du libéralisme et de l’égalité des personnes.

John Locke justifiait l’esclavagisme parce qu’il était favorable aux guerres (dont on ne peut pas dire qu’elles favorisent l’égalité des peuples ni des personnes), et que l’on pouvait notamment réduire les prisonniers de guerre en esclavage, par exemple (l’égalité des personnes, avez-vous dit ?)

Montesquieu était aussi favorable à l’esclavagisme, comme mesure économique (bien que certains disent que ses lignes écrites sur le sujet, pourtant très claires, étaient ironiques).

Quant à Voltaire, il possédait des esclaves dans l’industrie sucrière des Antilles et c’est l’une des raisons (pas la seule) qui lui a fait conseiller au roi de larguer le Canada en échange des Antilles. La raison officielle, « la paix vaut bien le Canada » peut facilement faire penser que les Français du Canada n’en valaient pas la peine, et donc qu’ils n’étaient pas si égaux que cela aux autres Français.

Si l’on revient à la Charte, elle est anodine à côté de tout cela. Le seul point de litige touche l’accoutrement, les signes religieux, non pas sur la rue, mais chez les fonctionnaires. Elle veut établir une neutralité uniforme chez les serviteurs de l’État, lui faire incarner la laïcité, pas imposer autre chose dans la rue (ce que l’Atatürk, père du premier vrai État laïque au monde, la Turquie, un pays musulman, avait pourtant fait en interdisant les signes religieux hors de lieux de culte). Est-ce qu’un accoutrement neutre est une hérésie ? Non, ce sont surtout les religions elles-mêmes qui ont toujourts créé des conflits, et c’est par projection des intolérants que les partisans de la Charte de la laïcité subissent tout ce qu’ils subissent aujourd’hui comme opprobre : ils doivent s’excuser de vouloir une neutralité religieuse et coutumière dans l’appareil d’État.

L’Histoire jugera quand la poussière sera retombée.

Vous avez raison de tempérer la vision idéalisée des Lumières. On pourrait faire le même exercice avec le Moyen Âge : c’est réducteur de ne le considérer que comme une période dominée par la religion, les historiens le perçoivent maintenant d’une façon beaucoup plus nuancée. Aussi, j’aimerais reprendre votre exemple de la Turquie : les signes religieux sont effectivement interdits de la fonction publique, et est-ce que l’État est pour autant neutre ? Non, les musulmans sont largement favorisés, notamment pour l’attribution des emplois. Au Québec, c’est l’inverse : on a droit de porter des signes religieux, mais l’État est complètement laïc, ce qui signifie que les gens ne sont pas traités différemment sur une base religieuse. C’est un parfait exemple que la neutralité des employés de l’État n’a aucun lien avec la laïcité de l’État. On peut porter le voile et faire sa job sans aucun préjugé religieux, et on peut ne pas le porter et néanmoins favoriser une religion au détriment d’une autre. La laïcité de l’État ne signifie pas la neutralité des gens, les deux n’ont aucun lien.

Je suis athée, mais quand je suis tenu d’assister dans ma communauté à une service religieux, catholique cela va de soi, et que l’on présente l’ostensoir, ostensible ou ostentatoire, comme on voudra, je m’agenouille poliment, laissant aux autres le soin de pencher la tête, baisser les yeux et attendre que l’ostensoir se tourne, qu’une petite cloche résonne ou que le curé passe à autre chose. Ces génuflexions paraîtront curieuses à messieurs et mesdames Ahmedkhan, Li, ou Voora, j’en conviens, mais on m’a enseigné, très jeune, à respecter les autres, ainsi que leurs croyances. Mes parents appelaient cela tolérance, mot issu les Lumières, notablement absent de « nos » valeurs tant célébrées depuis six mois. Je ne crois pas en Dieu, mais j’accepte le fait que d’autres puissent croire à Jéhovah, Vishnu, le Tout-Puissant, la planète Xanadu ou la glucosamine. Qu’ils se couvrent de colifichets, marmonnent leurs prières, enfilent des pilules ou boycottent les compteurs d’Hydro-Québec ne me dérange pas non plus, pourvu qu’ils ne m’importunent pas avec leurs préceptes, leurs peurs et leurs histoires saintes.
Cette discussion sur la Charte est parfaitement hors de propos, parce que n’on n’y traite pas de prosélytisme, mais d’us et coutumes. Les prosélytes, ce ne sont pas quelques femmes voilées, mais les prêtres, les imams, les scientologues et les idéologues au petit pied. D’ailleurs, ces communautés religieuses ou ces OSBL coiffés de l’aura de la compassion sont souvent exempts d’impôts et voient leurs écoles ou leurs lieux de prières subventionnés. Cherchez l’erreur.

Je trouve passablement prétentieux le fait de qualifier ceux qui sont pour les propositions gouvernementales de reliquats du Moyen-Äge… Et qui briment les libertés individuelles. Je ne sais pas si on vous a appris que dans une société la liberté ne signifie pas faire ce que l’on veut, de la manière que l’on veut, quand on le veut ainsi que de la manière que l’on choisit de le faire.

À cet égard, le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et aussi l’Australie ont, ou s’apprêtent à mettre en vigueur des lois pour justement réglementer le vivre ensemble. Ces pays qui avaient adopté le multiculturalisme le rejettent maintenant. Est-ce que ce sont des pays moyen-âgeux pour autant?

Et en passant ces pays, sont des pays normaux qui agissent et se comportent comme des pays normaux. Ils désirent préserver et intégrer les nouveaux arrivants à leur culture commune et à leurs valeurs communes. Il n’est pas question comme vous le laissez entendre de brimer des libertés, mais bien de respecter ce qu’ils sont. Retourneraient-ils au Moyen-Äge ces pays normaux?

1-Lire un texte où l’auteur associe ses adversaires au Moyen-Âge et ses alliés aux Lumières;

2-Réaliser que pour l’auteur, ceux qui veulent limiter la place de la religion dans la sphère civique représentent le Moyen-Âge et ceux qui s’y opposent représentent les Lumières (non, je n’ai pas inversé c’est bien ce que je voulais écrire!);

3-Imaginer Voltaire en train de vomir dans sa tombe.

Ce texte de M. Lussier décrit très bien la vision binaire (0 ou 1) des biens pensants, les bons ou les méchants, les bien- pensants ou les niaiseux, les gens frappés de la lumière ou les moyenâgeux, la religion ou l’athéisme, etc.

En fait, c’est un jugement de valeur. Qui peut se permettre de faire des jugements ex-cathedra, sinon Dieu ou Allah ou un dieu inventé ou patenté! Surtout quand on est en droit de s’attendre à de la tolérance de sa part et de la compréhension.

En employant une telle approche, on se rend compte que les anti-chartistes sont ceux qui veulent diviser en employant le mot « OU », parce que dans leur approche, ils sont incapables de dire le simple mot « ET », qui serait un mot inclusif propre à une discussion franche et honnête. Après tout depuis le début, ils nous rabâchent les oreilles justement pour nous dire que la Charte divise au lieu de rassembler. Alors que dans les faits, les écrits de ces anti-chartistes sont propres à créer la division.

Pour moi, cette vision binaire est une forme d’intégrisme, incapable d’accepter la différence, religieuse ou non, éduquée ou non, là où un minimum de respect serait nécessaire et doit s’imposer.

« Si vous êtes dans le camp médiéval, ces exercices chartistes ne vous intéressent pas. Vous considérez que «nous» pouvons imposer toutes les règles que «nous» voulons, simplement parce que «nous» sommes plus nombreux. Pas besoin de justification sérieuse : les individus — et particulièrement les nouveaux arrivants — n’ont pas de droits et libertés protégés. Il n’existe pas de sphère personnelle qui échappe au contrôle du gouvernement : la majorité l’emporte, peu importe. Le «pouvoir du peuple» est absolu, comme l’était celui des souverains du Moyen Âge. »

cet Extrait du texte, montre clairement une incompréhension des motivations réelles derrière la mise en oeuvre d’une telle charte.

Aveuglement Libertarien ou incompréhension du monde réel religio-politique des pays musulmans? La charte se veut être une réaction à une montée de certains extrémismes religieux. La charte n’a rien à voir avec l’imposition à une minorité, par une majorité qui aurait peur de ce qui lui est étranger. On semble parfois oublier qu’à la fin des années 90′, la Charia est passé à deux doigts de pouvoir entrer en vigueur au Canada. Ce n’est que partie remise. Certains tenteront dans le futur de la faire naître au Canada ou ailleurs. L’exemple de l’Europe à ce sujet est très révélateur.

La charte est une réaction à l’imposition de telles valeurs par certain groupe musulmans. Il me fait donc bien rire qu’il faille respecter les droits libertairiens de chacun, incluant ceux du culte religieux, pour ensuite se faire imposer ces valeurs religieuses (soit par des accomodements ou des pouvoirs démocratiques). Malheureusement, certains promoteur de l’Islam, ont l’idée d’imposer leurs valeurs religieuses à l’ensemble, lorsqu’ils en auront les moyen politique. Il faut vivre hors de son temps pour ne pas le voir. (ceci bien sur, ne vise pas la majorité des musulmans, pratiquant ou non, mais bien certaines de leurs élites).

Le pouvoir et l’infuence politique de groupes religieux est toujours bien présent en nos sociétés modernes, et la démocratie et les soit-disant « Libertés individuelles », sont bien souvent au service de ces groupes d’influence politique.

De plus, voir la famille Pineault-Caron comme un modèle ou un calque du « pro-Charte » moyen, est très loin de la réalité. Si 60% des gens sondés en faveur de la Charte, sont tous aussi incultes et incrédules que cette famille, le Québec ne serait pas considéré comme une terre d’acceuil et de libertés. Le peuple Québécois, est l’un des plus ouvert à « l’Autre » et à l’acceptation des différences culturelles. Nos chartes des droits et libertés Canadienne et Québécoise en sont la preuve irréfutable.

Alors cher M. Lussier, je vous souhaite bonne chance pour la poursuite de vos idéaux, s’ils ne se reposent que sur les droits individuelles.

Michel Bellemare
résident de la ville de Québec

Comment les musulmans québécois, la communauté la plus instruite du Québec, peut-elle être la cible des jacasseries déshumanisants de la famille Pineault-Caron, des gens sans tact ni humanisme? Comment sommes-nous arrivés à tel appauvrissement culturel? Pourquoi l’auteur du projet le plus machiavélique qu’ait connu le Québec, j’ai nommé Drainville, est-il resté passible face aux propos honteux d’une famille qui a ridiculisé les Québécois? A ces questions les Québécois devront un jour répondre, une façon de demander pardon à la communauté musulmane sur laquelle le plus petit des esprits peut actuellement cracher son venin.

Mon cher Jérôme Lussier, je vous lis de temps à autres depuis le début de ce débat sur la Charte et il est évident que pour vous il y a, comme vous dites, « les Lumières », « les inclusifs » et il y a les autres « ceux du Moyen-Âge ». Vous vous drapez dans votre vertueux respect des droits et vous laissez planer l’idée – tactique largement utilisée par les anti-charte – que la Charte interdirait toute liberté religieuse. Alors que vous savez très bien que l’interdiction de port signes religieux ne s’appliquerait qu’au seuls employés de l’État et de ses institutions.
Plein de pays du monde ont adopté ce genre de politique laïque depuis plusieurs années, dont la très néandertalienne France et la non moins musulmane Turquie. La Cour européenne des droits de l’homme a en 2005 et à plus d’une reprise établi que l’interdiction du voile dans les universités de Turquie ne constituait pas une violation des droits. Mais ça vous préférez ne pas en parler. La Turquie, sous la domination islamiste du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, a récemment fait demi-tour et a ré-institué le droit du port du voile islamique dans la fonction publique et les universités.
Tout le monde sait que les propos de Mme Pineau-Caron devant la commission sur la Charte sont au mieux très amusants, au pire affligeants, voire xénophobes. Utiliser ce filon comme argumentaire relève de l’opiniâtreté, sinon de la mauvaise foi.

Le vestimentaire est la pointe du iceberg , nous sommes confrontés a une religion /culture/politique qui va a l’encontre de nos modes de vies .
Égalité homme femme, acceptations des gais ,fêtes civique ,châtiment pour délinquance, tolérance aux autres religions dans la mesure ou celles ci ne nous impose pas un un virage dans nos valeurs . les gens doivent s’adapter a la réalité Canadienne et non l’inverse .
S’adapter ne veut pas dire faire comme nous , mais accepter nos valeurs sociale
Dommage qu’une proportion importante de groupe sociaux politique et journalistiques essaie de faire passer le message de xénophobie ou raciste et même nazisme

Je ne peux penser à rien d’autre qu’une farce ou attrappe de la part du blogueur,et je propose pour l’éclairer, que l’on fasse comme Jean-Marc Parent l’a fait pendant plusieurs semaines lors de ses spectacles : «Flashons lui nos lumières pour qu’il retrouve le bon sens (Commun sense) ».

M. Lussier, si votre texte est conçu pour créer une polémique, BRAVO… quoique sa forme est très discutable, mais si il est conçu comme une vile PROPAGANDE… Honte sur vous.

Il démontre comment vous exploitez le côté noir de votre humanité pour servir vos petits intérêts. C’est vrai que pour certains: la fin justifie….

J’écris cela, en me demandant, si votre culture vous permet seulement de saisir mes propos…

« Si l’État veut limiter ces libertés fondamentales, il lui faut des justifications qui satisfont des critères rigoureux ».
Quelles sont ces libertés que nous voulons limiter? Le droit de pratiquer sa religion?Non, puisque tous ceux qui pratiquent une religion pourront continuer librement à fréquenter les synagogues,les mosquées,les églises et autres lieux de cultes;liberté de conscience ?Non, je la ramène à cette liberté de culte nullement limitée par le PL60; la liberté de s’habiller, se nourrir? Le PL60 n’intervient pas dans les cuisines et tous ceux et celles qui le voudront pourront porter le kippa,turban,hijab,etc. dans les lieux publics, lieux privés, rues,parcs,etc. ,et même au travail dans la plupart des entreprises privées.Bref, ce que vous appelez la limite des droits fondamentaux ,M. Lussier,se résument à laisser au vestiaire, les signes identito-religieux pendant 8 heures/jour /5 jours semaines pour les employés de l’État; en ce qui me concerne, ce droit loin d’être fondamental, est soumis à un acte de civisme plutôt élémentaire qui se veut le devoir de réserve de tout fonctionnaire de l’État quant à ses opinions politiques et ses convictions religieuses et devient encore plus justifié lorsque l’employé intervient directement auprès du contribuable. Bref, depuis quand la bienséance a besoin d’analyses statistiques justificatives? Les principes de laicité et neutralité de l’Etat face aux identités religieuses s’inscrivent dans un parcours qui a débuté il y a fort longtemps ;ces principes évoluent et nous sommes maintenant rendus à l’étape de l’enchâsser dans une charte.Le siècle des Lumières nous aura permis de nous libérer de l’obscurantisme en encourageant la transmission du savoir et le développement de la science.Par opposition aux superstitions et croyances religieuses.

Quand donc cessera t-on de répéter cette foutaise TOUS LES HUMAINS SONT ÉGAUX. Il n’ y a AUCUNE ÉGALITÉ., NULLE ! C’est ça la réalité! Nadine Magloire

Je suis prof de logique et il y a un problème dans votre position.

Vous dites :

« Si vous êtes dans le camp des Lumières, vous considérez que les gens sont égaux et libres jusqu’à preuve du contraire, et que cette égalité et ces libertés — incluant la liberté de conscience et de religion — ne peuvent être limitées que lorsqu’on démontre clairement que les restrictions sont nécessaires au bon fonctionnement de la société. (Dire que quelque chose vous rend «mal à l’aise» n’est pas suffisant ; les problèmes doivent être réels et les démonstrations irréprochables.) Le critère qui s’applique est celui des chartes de droits, et notamment la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. »

– Problème : Pour bien des libéraux, les religions sont des éthiques basées sur des théories particulières sur l’origine de l’univers qui ne devraient pas plus être protégées légalement de manière spécifique que ne le sont d’autres théories éthiques. Elles seraient couvertes par la liberté d’expression et de conscience comme le sont l’utilitarisme de Mill ou l’existentialisme de Sartre, mais pas plus. C’est d’ailleurs ce que je pense : avoir une éthique qui prétend se fonder sur le surnaturel ne devrait pas donner de privilèges. Vous dites que les gens du camp des Lumières sont parfaitement satisfaits de nos deux chartes dans leur forme actuelle et des interprétations faites au sujet des clauses en jeu dans ces questions par la Cour suprême. C’EST FAUX. Vous laissez entendre que les nombreuses personnes qui critiquent la forme actuelle de nos chartes ou certaines interprétations de ce qu’on y trouve sont des gens qui sont contre le principe selon lequel les libertés fondamentales ne doivent être limitées que lorsqu’on démontre clairement que ces restrictions sont nécessaires au bon fonctionnement de la société. C’EST FAUX.

Vous continuez ainsi :

« Ceci n’implique pas qu’il y ait toujours consensus. Dans les cas limites — tchador à l’Assemblée nationale, kirpan à l’école, témoin en niqab —, il peut y avoir des désaccords légitimes entre libéraux qui, bien que d’accord sur le principe de la liberté-jusqu’à-preuve-sérieuse-du-contraire, ne s’entendent pas sur la place exacte des limites. (Cela dit, très peu de libéraux considèrent l’interdiction du voile dans la fonction publique et parapublique comme raisonnable.) »

– Problème : votre dernière phrase : C’EST FAUX, regardez autour de vous. Et pensez un peu au parallèle avec le devoir de réserve concernant les opinions politiques : y a-t-il régulièrement des montées aux barricades des libéraux pour s’opposer au devoir de réserve des fonctionnaires ? Non.

Vous continuez ainsi :

Si vous êtes dans le camp médiéval, ces exercices chartistes ne vous intéressent pas. Vous considérez que «nous» pouvons imposer toutes les règles que «nous» voulons, simplement parce que «nous» sommes plus nombreux. Pas besoin de justification sérieuse : les individus — et particulièrement les nouveaux arrivants — n’ont pas de droits et libertés protégés. Il n’existe pas de sphère personnelle qui échappe au contrôle du gouvernement : la majorité l’emporte, peu importe. Le «pouvoir du peuple» est absolu, comme l’était celui des souverains du Moyen Âge.

Problème : Ces gens existent -comme les Pineaut-Caron-, mais vous devriez, si vous cherchez vraiment honnêtement quelle est la meilleure position à adopter, rechercher les meilleures argumentations contre vos conclusions, en examinant les propos des gens des Lumières qui ne partagent pas votre point de vue, plutôt qu’en vous arrêtant aux moins bonnes argumentations de ceux qui ne pensent pas comme vous. Si vous ne le faites pas, vous pourriez à votre tour vous faire traiter d’obscurantiste moyen-âgeux.

Avec tout mon respect, Monsieur, vous devriez sérieusement revoir vos connaissances historiques ou plutôt, assimiler quelques bases en recherche. Depuis quand peut-on parler d’ « absolutisme » au Moyen Âge ? À partir de quelles sources pouvez-vous projeter une aussi simpliste et manichéenne sur un espace temps immense qui se déploie en 1000 ans d’histoire sur toute la diversité ethnoculturelle de l’Europe ? Voilà sans doute vos sources : un vague reportage de la BBC, l’arrière fond de votre dernier jeu vidéo, la vulgarisation de votre prof d’histoire secondaire IV ou au mieux de quelque prof que vous avez eu il y a plusieurs années aux études supérieures… tout sauf cela : une pensée nuancée apte à se confronter – avec tout l’effort que cela suppose – à l’altérité historique ?

Pourquoi je m’énerve ? Le monde du Moyen Âge est mort depuis bien longtemps ? Et quel mal y a-t-il au fond à utiliser la culture des autres pour faire valoir notre point de vue ? Et bien ce qui m’énerve c’est ça :

Vous faites l’apologie d’une vision tout en nuance pour aborder l’Autre culturel et vous vous contentez de tout ce qu’il y a de plus monochrome pour aborder l’Autre historique…. Cette attitude est grave et inquiétante. Quand le discours récité que vous avez appris sur l’islam sera épuisé (ou sur les gais ou les noirs ou peu importe qui dont vous aurez appris qu’il doit respecté), où irez-vous puiser les bases de votre respect de l’Autre ?

Les religions, un intrument de pouvoir dans le monde, ont causé et causent encore plus de souffrance et de morts que l’absence de religions. Même à l’intérieur d’une religion, le sang coule (chiites contre sunnites au Moyen-Orient). Les démocraties doivent s’assurer que le pouvoir du peuple confié à ses représentants soit exempt de toute influence religieuse réelle ou apparente d’où la nécessité d’interdire tous signes religieux portés par les élu(e)s et les employé(e)s de l’État.

Un point d’information : le régime turc actuel (je l’ai vu directement lors des événements de la place Taksim l’été dernier, où j’ai connu deux militants, musulmans, mais très laïques) veut revenir à l’avant-Atatürk : non seulement il permet les signes religieux musulmans, mais il veut interdire sur la rue des gestes aussi banals que tenir la main à sa dulcinée en public. C’est un régime islamique, on est loin du régime laïc absolu instauré par l’Atatürk, dont je parlais. Les révoltés en Turquie se réclament de l’Atatürk, ce que le régime actuel réprime plus ou moins modérément.

Certains esprits dits éclairés accusent les anti-charte d’avoir une vision binaire et simpliste du dossier, or, leur Bernard Drainville lui-même a déclaré, le plus sérieusement du monde ceci: « tu ne peux pas prétendre lutter contre l’intégrisme et être contre la Charte».

Source: http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201401/13/01-4728298-le-dangereux-sophisme-de-bernard-drainville.php

Pas assez binaire pour vous ça???

Comment voulez-vous avoir un débat sérieux lorsque le ministre qui a justement le dossier en main est aussi démagogue, et ressemble à s’y méprendre à Georges W. (vous êtes pour nous ou vous êtes contre nous!!!)???