Les portes tournantes

Nouveau coup de théâtre dans le dossier de l’environnement et des ressources naturelles.

McCarthy Tétrault annonce que Me Pierre Renaud, ex-président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), se joint «à titre d’avocat-conseil»au «groupe du droit des affaires» du prestigieux cabinet d’avocats.

Ce faisant, Me Renaud y rejoint, entre autres, l’ex-président du PLQ, Marc-André Blanchard, de même que l’ex-premier ministre et ex-chef du PLQ, Jean Charest – lequel, en 2007, nommait Me Renaud à la présidence du BAPE.

Rappelons aussi qu’en juin 2012, le gouvernement Charest renouvelait son mandat pour un autre cinq ans. Quatre mois plus tard, le nouveau gouvernement Marois, dont son depuis ex-ministre de l’Environnement, Daniel Breton, lui montrait la porte.

Dans son communiqué de presse, McCarthy Tétrault précise la raison principale de l’embauche de Me Renaud:

À l’heure où l’acceptabilité sociale constitue la pierre angulaire de tout projet d’investissement, s’adjoindre l’expertise d’un ancien président du BAPE représente une première au Québec, mais aussi un atout enviable pour plusieurs de nos clients du milieu des ressources naturelles.

Et d’ajouter que:

La crédibilité, le leadership et les compétences de Me Renaud ajoutent une expertise sectorielle unique et une compréhension approfondie des enjeux environnementaux, du développement durable et de la responsabilité sociale des entreprises. L’arrivée de Me Renaud chez McCarthy Tétrault renforce notre engagement de répondre toujours plus adéquatement aux besoins de nos clients et de mettre à leur disposition des ressources de haut calibre.

Quant à Me Renaud, il y déclare ceci :

Je suis fier de me joindre à un cabinet qui, grâce à la notoriété de ses avocats, jouit d’une réputation prestigieuse dans de nombreux secteurs d’activité dont l’environnement, les ressources naturelles et le droit autochtone, et qui a participé à certaines des plus importantes transactions internationales. (…) Par mon expertise et mes connaissances dans le secteur de l’environnement et du développement durable au Québec, je veux contribuer au succès de nos clients en les accompagnant de façon stratégique sur le plan de l’acceptabilité sociale, et ce, dès le début de leurs projets ainsi qu’au cours des processus d’autorisation, de consultation et de participation publiques, dont celui du BAPE.

Ce qui tombe bien pour cette firme, laquelle, comme elle le précise elle-même:

agit pour le compte de ses clients de l’industrie de l’énergie et des ressources naturelles dans certains des plus importants projets mis en œuvre au Canada. Au Québec, le cabinet est largement considéré comme le conseiller juridique de premier choix, ayant représenté des entreprises de toutes tailles dans le cadre d’opérations se rapportant au secteur de l’énergie.

On comprendra ici qu’une telle acquisition est fort stratégique. 

Elle arrive au moment où le gouvernement Marois poursuit le Plan Nord; où les minières, gazières et pétrolières se pressent de plus en plus dans de nombreux projets d’exploration et d’exploitation des ressources naturelles au Québec et au Canada; et où, des questionnements se font de plus en plus entendre quant aux impacts possibles de cette atmosphère de Klondike sur la protection de l’environnement et le développement durable.

Pouvoir s’adjoindre dans un tel contexte, les services experts d’un ex-président du BAPE –  «une première au Québec» -, ce n’est pas rien.

Ce qui, considérant que Me Renaud présidait le BAPE il y a de cela moins de quatre mois, risque tout de même de soulever quelques questions dans le département de l’éthique et de la déontologie.

Cela étant dit, de toute évidence, nous ne sommes pas ici dans le domaine de la légalité. Me Renaud ne fait rien d’illégal en occupant son nouveau poste.

Ce qui n’empêche pas de se questionner sur un passage aussi rapide à un poste où son «expertise unique» – dont fait partie au premier chef  ses responsabilités récentes à la tête du BAPE -, offrira à cette firme, selon ses propres termes «un atout enviable pour plusieurs de (ses) clients du milieu des ressources naturelles».

Prenons, par exemple, le Code de déontologie des membres du BAPE.

À l’article 18, il y est stipulé que «le membre qui a cessé d’exercer ses fonctions doit se comporter de façon à ne pas tirer d’avantages indus de ses fonctions antérieures au service du Bureau».

À l’article 19, il y est précisé que «le membre qui a cessé d’exercer ses fonctions ne doit pas divulguer une information confidentielle obtenue dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, ou utiliser à son profit ou pour un tier de l’information non accessible au public».

Sans présumer de rien, il reste que ses nouvelles fonctions seront, selon les termes de Me Renaud, de «contribuer au succès de nos clients en les accompagnant de façon stratégique sur le plan de l’acceptabilité sociale, et ce, dès le début de leurs projets ainsi qu’au cours des processus d’autorisation, de consultation et de participation publiques, dont celui du BAPE».

En introduction du Code de déontologie du BAPE, il y est également précisé que ce Code «complète et adapte les régles générales prévues par le Réglement sur l’éthique et la déontologie des administrateurs publics» et qu’un «manquement à la déontologie peut entraîner des sanctions de la manière prévue à chapitre VI du règlement».

Ce règlement prévoit, entre autres choses, ceci :

Art. 17 : «L’administrateur public qui a cessé d’exercer ses fonctions doit se comporter de façon à ne pas tirer d’avantages indus de ses fonctions antérieures au service de l’organisme ou de l’entreprise.»

Art. 18 : «L’administrateur public qui a cessé d’exercer ses fonctions ne doit pas divulguer une information confidentielle qu’il a obtenue ni donner à quiconque des conseils fondés sur de l’information non disponible au public concernant l’organisme ou l’entreprise pour lequel il a travaillé, ou un autre organisme ou entreprise avec lequel il avait des rapports directs importants au cours de l’année qui a précédé la fin de son mandat. Il lui est interdit, dans l’année qui suit la fin de ses fonctions, d’agir au nom ou pour le compte d’autrui relativement à une procédure, à une négociation ou à une autre opération à laquelle l’organisme ou l’entreprise pour lequel il a agi est partie et sur laquelle il détient de l’information non disponible au public.

Rappelons ici que l’annonce de Me Renaud par McCarthy Tétrault fut faite moins de quatre mois après son départ du BAPE.

Quant aux sanctions prévues au chapitre VI, on peut y lire ceci :

37.  Aux fins du présent chapitre, l’autorité compétente pour agir est le secrétaire général associé responsable des emplois supérieurs au ministère du Conseil exécutif (MCE) lorsque c’est le président du conseil d’administration ou un administrateur public nommé ou désigné par le gouvernement ou un ministre qui est en cause.

(…)

40.  Sur conclusion que l’administrateur public a contrevenu à la loi, au présent règlement ou au code d’éthique et de déontologie, l’autorité compétente lui impose une sanction.

Bref, encore une fois, sans présumer de rien, ce passage rapide et sans précédent d’un ex-président du BAPE à une firme privée dont certains clients importants profiteront de son expertise unique – incluant «en les accompagnant de façon stratégique sur le plan de l’acceptabilité sociale, et ce, dès le début de leurs projets ainsi qu’au cours des processus d’autorisation, de consultation et de participation publiques», dont celui du même BAPE – ne va pas sans soulever quelques interrogations. Par ailleurs, avec ou sans codes formels.

Cela dit, il est possible qu’un cabinet aussi renommé que McCarthy Tétrault ait déjà fait ses propres vérifications pour s’assurer que sa nouvelle recrue n’enfreint pas les codes d’éthique auxquels il était soumis au BAPE .

À moins que Me Renaud n’ait fait lui-même sa propre vérification auprès du Ministère du Conseil exécutif (MCE). Difficile de le savoir, par contre – le MCE ne pouvant dévoiler lui-même si un ancien administrateur public aurait ou non demandé conseil du secrétaire adjoint à l’éthique.

***

Des tigres de papier?

En bout de piste, cette nomination n’a rien de bien exceptionnel en soi. Du moins, dans la mesure où elle s’inscrit dans une série de passages rapides au privé d’anciens élus, administrateurs publics ou hauts-fonctionnaires dans des domaines d’expertise étroitement reliés à leurs responsabilités publiques.

Ce qui ne va pas sans soulever de sérieuses questions quant à l’efficacité réelle, dans le concret des choses, de tous ces codes d’éthique et de déontologie que l’on multiplie ces dernières années dans les appareils publics et gouvernementaux – à tous les paliers -, en réaction au bris de confiance qui s’installe de plus en plus entre les citoyens et leurs institutions.

Nul doute que la multiplication des parachutes dorés et des portes tournantes entre le privé et le public fait également partie des nombreuses causes de ce bris de confiance.

D’autant que l’on demande en plus aux citoyens de croire que rien, absolument rien, des connaissances privilégiées  acquises dans un poste public de haute responsabilité ne profitera ensuite à ceux et celles qui empruntent ces portes tournantes, ni à leurs nouveaux employeurs ou leurs nouveaux clients.

Dans cette filière lucrative, mais parfois controversée, des ressources naturelles, ces connaissances et les réseaux qui viennent avec, sont précieux. Les enjeux financiers, ici, se chiffrent pour les prochaines années dans les milliards de dollars.

Alors que les gazières, pétrolières et minières cherchent tous les moyens possibles pour persuader les gouvernements et des citoyens récalcitrants à certains de leurs projets qu’ils passent le test de l’«acceptabilité sociale», il leur devient de plus en plus important de recruter dans les talles du personnel politique, d’ex-élus, de hauts-fonctionnaires ou d’administrateurs publics, lesquels connaissent bien ces dossiers et les obstacles qu’ils auront à tenter de contourner pour leurs nouveaux patrons ou clients.

L’Association pétrolière et gazière du Québec a même réussi à recruter un ex-premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, qui, parmi toutes ses autres activités professionnelles, préside ce lobby depuis 2011. C’est dire toute l’importance des enjeux financiers et politiques inhérents à cette filière.

Même chose pour les firmes d’avocats-conseils, de services-conseils, de fiscalité et autres, lesquelles comptent quant à elles les mêmes gazières, pétrolières et minières parmi leurs clients.

En fait, dans cette filière comme dans d’autres, on ne compte plus les portes tournantes entre le public, le politique et le privé. Le nom de Pierre Renaud s’ajoutant aujourd’hui à une bien longue liste. Le privé connaît et apprécie la valeur potentielle de ces recrues.

Surtout que ces grands sauts professionnels sont non seulement parfaitement légaux, mais qu’ils finissent toujours aussi par ne jamais vraiment contrevenir clairement et directement à la lettre ou la virgule exacte de tel ou tel article de tel ou tel code d’éthique. Du moins, c’est ainsi que se terminent presque toujours ces histoires.

D’où l’impression que tous ces codes prennent de plus en plus des airs de tigres de papier dans la mesure où, en bout de ligne, ils semblent manquer de «dents» pour qu’on puisse les appliquer de manière concrète lorsque nécessaire.

Bien sûr, on entend beaucoup dire que tout le monde, après tout, a le droit de gagner sa vie…

Mais se garder une petite gêne d’au moins une année lorsqu’on a eu accès à des informations très privilégiées dans un poste public, serait-ce vraiment trop demander?

Bref, doit-on vraiment faire tourner les portes aussi rapidement et aussi souvent entre le public et le privé?

 

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De la collusion et de la corruption comme tout le reste! Des gens de la haute qui s’encoquinnent! Qui se parlent et qui agissent en cachette, derrière les rideaux!

Après, y nous comptent n’importe quel sornette, n’importe quel mensonge ou n’importe quelle demi-vérité.

As would say the other half, I am pissed1

C’est à se demander à quoi servent les codes de déontologie.
Par exemple, Couillard qui a baffoué celui des médecins, ce M. renaud qui ignore le sien, les ingénieurs, selon la commission Charbonneau,dont le seul code valable semble être celui de s’enrichir.
Ne vaudrait-il pas mieux d’avoir des lois et règlements plus contraignants avec des sanctions extrêmement rigoureuses plutôt que ces codes dont on multiplie le nombre?

Mais on aura tout vu,les libéraux qui ont travaillés pour faire démissionner Mr Breton ex ministre de l’environnement pour des contraventions et des loyers impayés,dans un mauvais moment de sa vie,et là l’ex du Bape est employé par la firme Renaud avocats,un peu plus 5 mois de son renvoi du Bape et est engagé pour aider les entreprises du commencement à la fin de leur projet,aucune allure.Le gouvernement devrait s’en mêler, parce qu’il vient de déclarer se servir sa son expertise du Bape en connaissant tout,et surtout les secrets,où les infos confidentiels du Bape.Avant un an,il ne peut pas,en plus ce qu’il vient de déclarer publiquement,je pense quil a matière à poursuite.Les libéraux font toujours pire que les autres partis et ne sont jamais sommés par les tribunaux.La justice est rendue où,tous font n’importe quoi,n’importe comment et jamais de sanction,je suis vraiment écoeurer de ce qui se passe.

La croyance populaire est que le BAPE est un lieu où des projets sont analysés objectivement et de manière impartiale.

M. Renaud, en joignant cette firme d’avocats qui défendent des clients qui ont de gros intérêts financiers, démontre plutôt clairement son penchant favorable envers les compagnies minières, pétrolières et gazières. Alors du temps qu’il était président du BAPE, a-il exercé sa fonction en toute impartialité?

Pourquoi n’a-t-il pas joint, exemple, Greenpeace ou Eau secours? Cela ne règle pas le problème de déontologie, mais cela montre que M. Renaud a été nommé à ce poste pour sa vision néolibérale des enjeux environnementaux.

Espérons que le nouveau président du BAPE et expert en environnement, Louis-Gilles Francoeur, saura trouver un meilleur équilibre entre les nombreux groupes d’intérêts et le département de l’acceptabilité sociale.

À cette question : Bref, doit-on vraiment faire tourner les portes aussi rapidement et aussi souvent entre le public et le privé? Je répondrais :

Si elles tournaient de temps à autre vers l’alternatif et le communautaire, il me semble que ça donnerait un peu d’espoir dans le genre humain.

M.Renaud a été congédié par le PQ donc il a droit de gagner sa vie comme tout le monde. Si il aurait démissionné pour acceder à ce cabinet il y aurait peut-être des points ?????

Mme Legault écrit: «Me Renaud ne fait rien d’illégal en occupant son nouveau poste.» Après avoir pris acte de l’évidence je dirais que c’en est ainsi car aucune loi n’encadre ce phénomène qu’elle nomme les portes tournantes, mais que moi je nommerais les ponts communicants.

Je pense que la question est celle-ci : dans le cadre de fonctions TRÈS stratégiques et bien rémunérées, devrait-il exister une période d’attente statutaire pour agir dans le même champ d’expertise ?

Une autre question pourrait également poindre : est-ce que Me Pierre Renaud, ex-président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), se joint «à titre d’avocat-conseil»au «groupe du droit des affaires» du prestigieux cabinet d’avocats McCarthy Tétrault sera principalement et vraisemblablement appelé à défendre des intérêts privés ou ceux des citoyens représentés par leur gouvernement ? Poser la question est sans doute y répondre.

Les bons mercenaires sont, de tous temps, d’excellents soldats qui agissent pour ceux qui les paient le mieux. Et je suis persuadé que, la nuit venue, ils dorment très bien. Beaucoup mieux que beaucoup d’honnêtes citoyens, travailleurs non-spécialisés, qui jonglent une partie de la nuit pour savoir comment ils réussiront à « envoyer » leurs enfants à l’université.

«Confronté à une épreuve, l’homme ne dispose que de trois choix : 1) combattre ; 2) ne rien faire; 3) fuir.»
[Henri Laborit]

Madame Legault, vous faites bien d’éduquer le peuple de ces faits.
En ce moment il n’y a personne pour défendre le peuple contre les profiteurs du système. Il doit surtout y avoir des journalistes qui veille au grain et rapportent les actions de ces profiteurs. C’est encore une foi l’élite qui graisse l’élite. Le peuple lui est »chlorophormé » vis a vis ces injustices, quand il s’agit de dénoncer un bénéficiaire du bien être social qui abuse du système le peuple a le bras long et fort. A force de l’éduquer cela devrait augmenter les profits des manifactures de casseroles.

Comme le disait Mario G., (30 janvier à 19:39), si Me Pierre Renaud avait quitté volontairement ses fonctions pour aller chez McCarthy Tétrault, on aurait pu se questionner sur ses intentions. Mais le cas est différent, ici; Me Renaud s’est fait carrément limoger par l’ancien ministre Daniel Breton, non pas pour cause d’incompétence – puisque Breton a lui-même mentionné que ses compétences n’étaient pas en cause, mais plutôt parce que celui-ci, manifestement, ne lui aimait pas la face! Devant un tel comportement, Me Renaud a tout simplement bien fait d’offrir ses compétences à d’autres.

Et à lire les extraits du communiqué émis par le cabinet McCarthy Tétrault, et rapportés ici, il semble que ces compétences soient définitivement reconnues.

Quant à celles de l’ex-ministre Breton, celui-ci doit encore les chercher, parmi son lot de bouteilles vides!

En ce qui concerne le délai, qu’on semble ici vouloir fixer à une année, entre le départ d’une personne d’une fonction publique, et son arrivée à une fonction semblable dans le privé, celui-ci pourrait potentiellement être accompagner d’une prime de départ supplémentaire, équivalente à durée de ce délai (un an, ici) en salaire, qui viendrait s’ajouter à toute prime de départ prévue au contrat d’embauche de ladite personne. Une telle condition sera inévitablement exigée par tout nouveau titulaire de poste si l’on tend à appliquer une telle politique.

Quant à ceux qui exigent des codes plus sévères, comme François Ricard (30 janvier à 15:21), on risque alors de ne plus avoir de candidats compétents, comme Me Renaud, pour combler des postes de première importance, mais plutôt des candidats de piètre qualité, comme Daniel Breton, qui montrait une belle rigueur, en façade, mais dont personne n’a vu les travers qui ont entraîné sa démission, et auxquels personne ne veut se voir associé.

À part chez Eau Secours, peut-être…

Bon…un autre « scandale » créé de toute pièce par une séparatiste anti-Libérale en manque d’action.

Devant le peu de succès de la Commission Charbonneau à débusquer des Libéraux coupables de corruption (jusqu’à maintenant, c’est presqu’exclusivement au niveau municipal que les choses se corsent!), fallait bien qu’un(e) nationaliste sauve les meubles et tente de faire diversion.

Toutefois, cette Madame Legault, qui semble s’offusquer pour un rien lorsque ça touche au Parti Libéral du Québec, ne dit mot du fait que le dernier témoin en lice de la Commission Charbonneau ait mentionné clairement qu’il a arrosé trois (3) partis politiques provinciaux, dont le Parti québécois, qui, lui, prétend laver plus blanc que blanc.

Le témoin en question confirme par ses dires, les résultats de la Commission Moisan.

Vous avez bien fait d’évoquer le mot « Klondike » qui suppose le développement sauvage et l’opportunisme qu’inspire cette « fièvre de l’or » qu’a connu l’Amérique. Par toutes les fibres de leur organisation, les libéraux s’en donnent à coeur joie dans les réseaux de l’exploitation. L’immunité que leur offre la lenteur des analyses déontologiques leur permet de mettre la main sur tout ce qui bouge et tel est le terrain que leur a préparé Jean Charest sous la directive de l’Empire Power Corp.en plaçant des hommes sans scrupules dans des milliers de postes de direction. Ainsi fut conçu et réalisé sans éclat, la ré-ingénierie de l’État au sus d’une population aveuglée par des médias serviles. Nous y voilà. Le virus néo-libéral à l’action.

Il est remarquable de constater à quel point une personne peut être obnubilée par ses propres idées fixes. Ceci est clairement démontré encore une fois par le dernier commentaire # 9.

Pour l’auteur de ce commentaire rien des problèmes qui peuvent surgir au Québec à un moment ou un autre ne peut avoir une origine autre que les séparatistes. Tout dépend des séparatistes. Ils sont partout. On se croirait revenu à la chasse aux communistes aux USA, au maccarthisme du début des années 50.

À cette époque de folie, tous les problèmes des USA avaient une origine : les communistes. C’est l’idée fixe de ce personnage, Joseph McCarthy, qui fut condamné par le Sénat américain en 1954.

Les idées fixes sont la plupart du temps expliquées par une crainte et une haine qui n’ont rien de rationnelles et qui occupent tout l’espace intellectuel et émotif de celui qui en est affligé.

Ainsi dans le cas du commentaire # 9, l’idée fixe selon laquelle les séparatistes sont responsables de tout ce qui arrive au Québec, on remarque clairement qu’elle tord et déforme tout l’univers intellectuel et émotif de l’auteur. À le lire, on devrait comprendre que la corruption et la collusion où qu’elles se manifestent ne s’expliquent que par la seule présence des séparatistes.

« Les idées fixes sont bonnes cavalières, elles reviennent vite au galop. »
[ Emmanuel Wathelet]

Depuis quand l’éthique et la déontologie sont des préoccupations libérales. Le gouvernement ne fera rien et en plus ils ( les libéraux) s’en fiche royalement. On pourrais dire qu’il s’agit de collusion.

Comme le dis si bien la chanson »plus ça change plus c’est pareil ». Gratte moi le dos et je gratterai le tien.
Le gouvernement du PQ va-t-il réagir pour resserer toute cette question d’éthique et de moralité politique? Vont-ils appliquer la même logique à ce champs d’activité que celle appliquer aux nouvelles règles de financement des partis politiques? J’en doute malheureusement. Ce n’est pas assez »glamour », pas assez rentable politiquement. Ce sujet appartient aux branchés, à ceux qui questionnent et qui veulent aller au fond des choses.
Faut pas lâcher et persévérer si on veut qu’un jour le politique n’appartienne pas uniquement qu’aux exégètes.

C’est clair qu’une offensive se prépare au niveau des ressources naturelles.

Le passage de Renaud, que les partisans libéraux lus sur ce site semblent défendre comme l’un des leurs, à un cabinet privé spécialisé dans les mêmes eaux que le BAPE participe de la même logique que les passages de Nathalie Normandeau et Philippe Couillard au privé. Ces gens acquièrent une expertise au public et la revendent au privé avec forces bénéfices.

À une certaine époque, on aurait pu croire qu’une personne prenait de l’expérience sur le marché du travail, qu’elle se présentait ensuite en politique dans le but d’améliorer le système et ainsi contribuer au bien commun. Je pense à tous ces réformateurs qui ont entouré Lévesque dans l’équipe de 76.

Les temps changent…

La société civile va devoir attacher sa tuque avec de la broche. Bravo à la ville de Gaspé. Ça ne fait que commencer.

Qui est « l’autorité compétente » qui peut sanctionner un comportement délictueux envers un code d’éthique, une fois que l’employé a quitté l’organisation?

Merci mille fois pour vos commentaires éclairées sur les activités politiques et votre analyse si impartiale. Vous êtes carrément indispensable Mme Legault. Vous en dites beaucoup et avec une précision quasi chirurgicale, je n’ai rien d’autres à ajouter que: merci d’écrire et de persister! Je le répète: vous êtes indispensable
.

Bonjour,

Et dire que le magazine Macleans avait donc raison. Et pourquoi dans ce Québec, tous partis politiques confondus, les québécois « ont les doigts croches » quand il s’agit ce corruption et de collusion car après le politique, les portes s’ouvrent de partout pour obtenir « des fioles ».

Finalement, pour nos amis de la gang des péquistes, ceux qui croient « Croix de Fer et Croix de Bois se faire une pseudo souveraineté avec tout ÇA, il y a de quoi se « péter la fiole violemment sur un mur »…. Bien à vous, John Bull.

Selon certaines manchettes de médias anglophones la corruption dans le Rocanada est encore plus répandue qu’au Québec, alors comment peuvent-ils donc se faire un pays avec ça ?

Les codes de déontologie sont malheureusement pour le public, pleins de trous et d’échappatoires… Par exemple, comment prouver que l’ex-membre du BAPE aura « agi au nom ou pour le compte d’autrui, durant l’année qui suit la fin de ses fonctions » (article 18) ? … Sans agir directement, il peut très bien échanger ce qu’il sait avec les autres membres du cabinet d’avocat, pendant la première année… et travailler « underground »…

Que devrait-on faire d’un politicien, ou d’un haut-fonctionnaire, après l’avoir « remercié » pour ses bons services?

S’il met ses compétences au service d’une entreprise – surtout si celle-ci se trouve dans un champ de compétences connexe, on dira qu’il fera profiter son nouveau patron de ses « entrées » dans le système.

S’il prend un poste au sein d’un autre organisme gouvernemental, on dira alors qu’il cumule les pensions, les primes de départ, ou encore qu’il a contacté ses « ti-z-amis », etc.

S’il passe un an – ou tout autre délai prescrit – à ne rien faire, on insinuera qu’il fut trop grassement payé, à même les deniers publics, et qu’il faut « couper dans le gras ».

S’il va « flipper » des boulettes de viande, chez McDonald’s, on se plaindra que l’on gaspille ses talents, et ses compétences, ou pire encore, qu’il « vole » un job aux jeunes.

Je repose la question; que doit-on faire de ces personnes?

Les systèmes totalitaires avaient des réponses toutes trouvées; on l’envoyait en Sibérie; on le fusillait, en prenant soin d’envoyer la facture, pour la balle, à sa famille; on le conduisait dans un camp de concentration, bref, on s’en occupait de façon à ce qu’on ne le revoit plus.

Mais nous, dans notre société distincte, encore meilleure que le « plus meilleur » pays au monde, que devrait-on faire de ces gens?

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