Les préposés au sens (II)

 

Dans la première partie de mon analyse post-attentat du 4 septembre, je faisais état des «diagnostics» instantanés, non informés de faits que nous ne possédons pas encore, qui ont suivi le geste tragique posé par Richard Henry Bain.

Appelant à exercer une retenue quant à ses motivations que nous ne connaissons pas encore, j’expliquais aussi pourquoi cela n’exclut pas pour autant que l’on réfléchisse, que l’on regarde de plus près ce phénomène proprement politique qu’est la multiplication dans les médias anglophones d’accusations de «xénophobie» contre le nationalisme, le mouvement souverainiste et la loi 101.

Et ce, j’insistais, indépendamment de l’attentat du 4 septembre.

Dans cette deuxième partie, j’analyse les «raisins de la colère» anglophone; propose l’anatomie de ce que j’appelle le discours «xénophobiste» de ces médias; fais état d’un leadership anglo-québécois rentré dans ses terres; reviens sur quelques épisodes particulièrement troublants de ce discours; et, enfin, conclue sur l’importance de ne pas fermer les yeux sur ce type de rhétorique.

Les raisins de la colère anglophone

C’est surtout en juin 1968, avec la «crise de Saint-Léonard» que les passions se sont déchaînées dans les médias anglophones pour ce qui est de la période post-1960.

À cette époque, leurs parents comprenant rapidement qu’ici, la langue de la mobilité sociale était l’anglais, 85% des enfants d’immigrants fréquentaient des écoles primaires et secondaires de langue anglaise.

Au point où la commission scolaire catholique de Saint-Léonard décida d’imposer le français comme seule langue d’enseignement de la première années de primaire. Un geste audacieux pour le temps.

Une crise linguistique, une vraie, s’en est suivie. Incluant des affrontements violents entre parents italophones, francophones et anglophones.

Mais c’est avec la Loi 22 – adoptée en 1974 par le gouvernement Bourrassa et faisant du français la seule langue officielle du Québec – que les médias anglo-québécois joueront encore plus nettement ce qu’on appelle en sciences politiques un rôle d’«agents de représentation et de socialisation».

«Agents de représentation» parce que leurs éditoriaux, chroniques et reportages ne visent pas qu’à informer, mais aussi à «représenter» les intérêts de la communauté anglophone. Bref, ils parlent en son nom.

Et «agents de socialisation» parce que la manière dont ils rapportent et analysent les événements qui touchent leur communauté ont également un impact sur la perception qu’en aura celle-ci.

Ce faisant, sur les questions touchant au nationalisme et aux lois linguistiques, on y pratique un journalisme de «représentation». Donc, politisé et prenant ouvertement partie pour les intérêts de la communauté dont ces médias sont issus. En cela, ils sont ce qu’on appelle des «acteurs politiques».

Les mots choisis pour présenter l’information à leur communauté sont en partie un reflet de ce qu’ils y entendent. Mais au fil des dernières décennies, ils en sont venus aussi, sur certains sujets, à contribuer à garder ses perceptions figées dans le temps.

Comme «agents de représentation», ces médias s’adressent aussi à l’«Autre» : soit aux francophones et tout particulièrement aux souverainistes, ceux qui cherchent à «briser leur pays». C’est bien évidemment eux, les «méchants» de la pièce.

Anatomie du discours «xénophobiste»

En 1991, je terminais un mémoire de maîtrise en science politique. J’y avais répertorié et analysé le discours politique des leaders et des médias anglophones de la loi 22 à l’échec de Meech en passant par la loi 101.

Publié en 1992 chez Boréal sous le titre «L’invention d’une minorité. Les Anglo-Québécois», je rappelais que dans les années 60, alors que les francophones enclenchaient une ère de libération nationale et économique, de nombreux anglophones se sentaient de plus en plus, disons, à l’étroit.

(Cette semaine, à l’émission «Plus on est de fous, plus on lit», le journaliste Jean-Philippe Cipriani rappelait justement la pertinence de mon premier livre, encore aujourd’hui, en 2012. Pour écouter cet extrait, c’est ici.)

Vivant ce processus comme une menace, les leaders de la communauté anglophone en vinrent à rejeter l’affirmation de plus en plus marquée de la langue française en la représentant comme une volonté d’exclure les non-francophones de la société québécoise, voire même en les «opprimant».

Pour mon mémoire, j’avais répertorié, décortiqué et analysé un impressionnant corpus d’écrits et de déclarations des leaders de la communauté anglophone, incluant ses médias.

Le premier constat fut que le discours dominant de ses leaders s’était forgé essentiellement en réaction au processus de minorisation politique, économique et linguistique vécu par les anglophones pendant la montée du nationalisme québécois moderne des années 60 et 70.

Cette montée comprenant la possibilité que le Québec se sépare un jour du Canada.

Mais attention. Cette analyse portait non sur LA communauté anglo-québécoise – laquelle est complexe et diversifiée -, mais sur les déclarations de ceux et de celles disant parler en son nom.

Ce faisant, ils jouaient au sein de leur propre communauté, de même que face aux francophones et au reste du Canada, un rôle politique de représentation et de socialisation.

Dans mon livre, les exemples sont nombreux, mais pour les fins de ce billet, résumons leurs principaux messages récurrents, symboles, références et connotations ainsi:

– Légiférer sur la langue française est un geste d’intolérance, de repli sur soi, d’exclusion, de xénophobie, d’anglophobie, d’oppression.

– Face à cette «exclusion» représentée, les anglophones se disent par conséquent être exclus, rejetés, mal aimés, non appréciés, ou opprimés. (C’est ce que j’ai nommé le discours de victimisation.)

– La pérennité du français n’est pas menacée. Le Québec n’a jamais été aussi français. Ce sont les institutions de la communauté anglophone qui sont en danger.

– Le mouvement souverainiste et la réalisation de son objectif pose un danger immédiat au respect des droits des minorités.

Bref, c’est un discours qui emprunte à la rhétorique de groupes véritablement opprimés. Alors que, dans les faits, la minorité anglo-québécoise est dotée d’une panoplie complète d’institutions importantes. Une situation unique au Canada pour une minorité de «langue officielle».

Ce qui nous ramène à une observation faite dans les pages du Devoir par Nicolas Lévesque, philosophe-psychologue-psychanalyste : « dès qu’il y a un vrai mouvement social, il y a malheureusement, trop souvent, une réponse de quelqu’un qui refuse que son image bouge. Il faut être capable de perdre pour avancer.»

En effet, pour plusieurs anglophones, les quarante dernières années au Québec les ont mis face à un mouvement socio-politique dont un des effets principaux fut de remettre en cause le pouvoir social, politique et économique de leur communauté.

Le tout, accompagné de lois linguistiques restreignant la place de l’anglais dans l’espace public. Sans oublier, par la suite, deux référendums sur la souveraineté et un sur un l’accord constitutionnel de Charlottetown.

Dans les années 70 et 80, en réaction à la première élection du PQ, à la loi 101 et à la tenue prochaine d’un référendum, ils furent quelques centaines de milliers à quitter le Québec. Ceux qui sont restés ont dû apprendre à composer avec la nouvelle réalité québécoise.

Certains l’ont fait avec plus d’ouverture, d’autres, avec moins.

Or, malgré cette lente adaptation d’une communauté anglophone qui se diversifie de plus en plus, la rhétorique «xénophobiste» est demeurée un élément rhétorique central de ses principaux médias.

Comme si ces derniers étaient restés quelque peu figés dans le temps pendant que la communauté qu’ils «représentent», elle, change et s’adapte lentement tout en demeurant profondément fédéraliste et attachée au Canada.

C’est un peu comme si, 44 ans après la fondation du PQ, face à ce dernier, à la loi 101 ou même aujourd’hui, au débat sur la laïcité – lequel se tient pourtant dans plusieurs pays occidentaux -, ces médias étaient en quelque sorte figés politiquement dans les années 60 et 70. Soit au moment-même du choc politique et culturel que fut pour la communauté anglophone la montée du nationalisme québécois moderne.

Et donc, même en 2012, francophones, groupes de pression ou parti politiques, dès qu’ils sont nationalistes ou souverainistes, y sont encore souvent soupçonnés de crime de lèse-minorités.

Ce préjugé, parce qu’il est constamment repris par les médias anglo-québécois, ne fait rien non plus pour amoindrir sa portée dans le reste du Canada.

À force de représenter au reste du Canada et du monde une communauté anglo-québécoise exclue, dont les droits seraient bafoués, pas étonnant que le nationalisme québécois y soit de plus en plus délégitimé pour cause de xénophobie chronique appréhendée.

Ce qui, en passant, a également l’avantage de conforter le ROC dans la perception qu’il a développé de lui-même en tant que modèle mondial de «tolérance» et de «diversité». Mais ça, c’est une autre histoire…

Un leadership anglo-québécois rentré dans ses terres

Or, si dans la communauté anglophone, il existe aussi de toute évidence des individus capables d’«ajuster» leur image du Québec moderne tout en conservant leur attachement au Canada, ce progrès peine encore à rejoindre leurs «agents de représentation», dont il ne reste à peu près plus que les médias.

Car chez les francophones et même la classe politique québécoise, on semble avoir raté quelque de chose de majeur.

Soit que depuis le dernier référendum, à mesure que la «menace» effective d’un troisième s’estompait, le leadership anglo-québécois est tout simplement rentré dans ses terres. Sans combat, plus besoin de combattants…

Il n’y a plus d’Alliance Québec. Son successeur – le Québec Community Groups Network -, n’a rien de la visibilité ou des porte-parole connus qu’avait Alliance Québec avant son virage radical opéré sur ses derniers milles.

Il n’y a plus vraiment de Parti égalité. Plus de ministres anglophones influents. Quant aux leaders d’opinion reconnus comme tels par leur propre communauté, on peine à en trouver.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas une vie «communautaire» chez les anglophones. Il y en a. Dans les faits, il existe aussi plusieurs communautés dans la grande communauté anglo-québécoise. C’est leur leadership politique et leurs leaders d’opinion qui ne répondent plus à l’appel et qui ne se sont pas renouvelés pour autant.

Ne reste plus que leurs médias, ou presque.

Encore une fois, la rhétorique «xénophobiste» n’est pas présente dans tous les médias anglophones, tout le temps, ou chez tous ses artisans. Elle y est néanmoins dominante dès que l’actualité s’y prête.

Et donc, sans surprise, elle a refait surface dans la campagne électorale de cet été en réaction à la «menace» d’une victoire du PQ, d’une nouvelle loi 101 et même, d’une charte de la laïcité.

Tout comme elle l’a fait dans plusieurs médias anglo-canadiens hors Québec où même les mots «fascisme» et «nettoyage ethnique» pour qualifier les aspects «identitaires» du programme péquiste ont opéré un retour en force.

Encore ce mardi, dans une seule chronique à The Gazette, on trouvait des mots comme «xenophobic», «media hunt for unilingual anglos», «verbal anglo-bashing», harassment of people for speaking English in public», «anti-English».  Or, les mots ont un sens…

En passant, pendant plus de dix ans, j’y ai moi-même signé une chronique hebdomadaire fort appréciée des lecteurs de The Gazette. Non pas pour y «convaincre» qui que ce soit de quoi que ce soit, mais pour apporter aux lecteurs des analyses nettement plus proches de celles qu’il auraient retrouvées dans les journaux francophones.

Mais aujourd’hui, force est de constater que cette diversité des voix, même aussi minime et hebdomadaire qu’elle était, y est malheureusement moins présente.

Or, le plus troublant est qu’encore aujourd’hui, les messages et les référents recensés dans mon mémoire de maîtrise terminé au début des années 1990 sont toujours présents dans plusieurs médias anglophones dès que l’actualité s’y prête.

Ici et dans le reste du pays, d’ailleurs. Plus ça change…

De fait, cette rhétorique «xénophobiste» sur le mouvement souverainiste, le nationalisme québécois et les législations linguistiques, on l’a lue et entendue à diverses époques.

Entre autres, lors de l’adoption de la loi 22 en 1974; l’élection du PQ en 76; l’adoption de la loi 101 en 77; le premier référendum en 80; la loi 178 en 88, l’accord du Lac Meech de 1987 et le statut de société distincte qu’il aurait conféré au Québec; l’élection du PQ en 1994; le deuxième référendum en 1995; les menaces de partition en 1996; la Loi sur la clarté en 2000; etc….

Et, bien sûr, encore aujourd’hui.

La seule chose apte à calmer éventuellement le jeu côté rhétorique extrême est le fait que le PQ soit sorti de cette élection les mains liées avec un gouvernement très minoritaire.

D’autres tempêtes inoubliables…

Les exemples de cette rhétorique «xénophobiste» ont beau être nombreux depuis des décennies, mais il en demeure tout de même des plus spectaculaires que d’autres… Si vous me passez l’expression.

En effet, qui peut oublier, après Meech, la tempête Richler?

En 1992, Mordecai Richler signait un article fracassant dans le New Yorker et un best-seller «Oh Canada! Oh Quebec! Requiem for a Divided Country».

Son message : la loi 101 est anglophobe et les nationalistes québécois, des antisémites, des xénophobes, des tribaux, et j’en passe. Bref, Richler, de par son statut d’auteur respecté internationalement, aura fait un tort considérable à la réputation du Québec.

Se nourrissant des pires préjugés et prenant plaisir à les alimenter à son tour, son livre fut un succès retentissant au Canada et à l’étranger. En Grande-Bretagne, il fut même «adapté» pour la télévision par la prestigieuse BBC incapable devant Richler, du moindre recul critique.

Et comment oublier l’inoubliable Jan Wong? Un véritable cas d’espèce de cette même rhétorique «xénophobiste». Un cas d’espèce autant pour le fait que son article fut approuvé pour publication que pour le fait que son patron, pendant toute une semaine, l’avait malgré tout défendue bec et ongles.

Rappelons qu’en 2006, dans un article de deux pages paru dans le non moins prestigieux Globe and Mail, la journaliste n’hésitait pas à lier les tueries de Dawson, de la Polytechnique et de Concordia aux effets de la loi 101 :

It isn’t known when Mr. Gill’s family arrived in Canada. But he attended English elementary and high schools in Montreal. That means he wasn’t a first-generation Canadian. Under the restrictions of Bill 101, the province’s infamous language law, that means at least one of his parents must have been educated in English elementary or high schools in Canada.

To be sure, Mr. Lepine hated women, Mr. Fabrikant hated his engineering colleagues and Mr. Gill hated everyone. But all of them had been marginalized, in a society that valued pure laine.

Malgré ce passage odieux, l’article fut approuvé pour publication. Par la suite, malgré la flopée de plaintes de francophones reçue au Globe and Mail, la direction de l’époque s’est entêtée pendant toute une semaine à défendre sa journaliste.

Ce fut seulement une fois que Jean Charest et Stephen Harper, inquiets de l’impact possible que pourrait avoir cette histoire au Québec, firent chacun parvenir une lettre cinglante de protestation au journal que l’éditeur du G&M consentit à présenter ses excuses sept jours après la parution de l’article.

Il faut dire que les deux premiers ministres n’avaient pas mâcher leurs mots. Dans sa lettre, le nouveau premier ministre Harper dénonçait les mots de Wong comme étant «grossly irresponsible». Et surtout, qu’il était «completely prejudiced to lay blame on Quebec society in this manner». Le mot-clé ici était «prejudiced».

Mais attention. Les «excuses» de l’éditeur Edward Greeenspon ne portaient pas sur ce que Wong avait écrit.

La décrivant comme «an extraordinarily talented feature writer», qui avait écrit un article «exceptionally moving», Greenspon disait ne regretter qu’une chose.  Soit que le passage contentieux de Wong ait été inclus dans un «reportage» et non dans un article d’«opinion» : «To the extent it may have been used, it should have been put into a separate piece clearly marked opinion.»

Ce n’était donc pas ce que Wong avait écrit qui posait problème à ses yeux, mais le fait que ce ne soit pas dans une chronique… Mauvaise page, quoi.

Enfin, aussi récemment que la semaine dernière, Conrad Black, se fendait d’une opinion cinglante et d’une irresponsabilité désolante.

Selon l’ex-magnat de la presse, l’attentat au Metropolis pourrait être annonciateur d’autres épisodes violents perpétrés par des anglophones aussi «frustrés» par leur «oppression» que les «Canadiens français» pouvaient l’être à l’époque du FLQ.

Avertissement : la lecture de l’extrait suivant n’est pas fait pour les âmes sensibles.

Catégorie : «ça ne s’invente pas».

And it is a cautionary election because the outbreak of violence that killed a bystander as Ms. Marois addressed her supporters, and was intended for her, could portend that Quebec cannot go on forever acting out its frustration at not being able to square the circle and have all the above-enumerated goals at once by squeezing cultural minorities. Either Quebec is a place of freedom of expression, as proclaimed by Franklin D. Roosevelt and Winston Churchill in the Atlantic Charter agreed in Newfoundland in 1941, and solemnized in the Universal Declaration on Human Rights in 1948 and in the principal state papers of Canada, or it is not.

Continuously irritating the local representatives of the 90% majority English-language group of North America above the Rio Grande, and of almost 20% of the population of Quebec, who have enjoyed an official status in Quebec since the end of the Seven Years War in 1763, and plumbing ever deeper depths of absurdity and pettifogging oppression, could lead to more violence.

When a bomb went off at the Montreal Stock Exchange in 1969, the founder of the Parti Québécois, René Lévesque, regretted it, but said it was “the result of frustrations.The French-Canadians don’t have a monopoly on that sensation, and should not under-estimate their talent for provoking the same feeling in others.

Bref, si quelqu’un a tracé un lien entre des gestes de violence et le nationalisme québécois, c’est bien Conrad Black lui-même.

Or, Conrad Black, n’est pas un «fou» clinique, ni un dangereux illuminé «radical» prêt à prendre le maquis avec une arme automatique sous le bras, juste au cas où… C’est un ex-magnat de la presse, aussi déchu soit-il.

On voit dans cet extrait jusqu’à quel extrême peut mener un discours de victimisation aussi complètement déconnecté de la réalité. le tout combiné à un mépris profond pour un mouvement pourtant pacifique et démocratique.

Conclusion

La mémoire commande que l’on se souvienne, ou que l’on sache tout au moins, que dans les médias anglophones, cela fait déjà plusieurs décennies qu’on y dépeint le nationalisme québécois, le souverainisme et les législations linguistiques comme autant de menaces aux droits des anglophones et des minorités.

Qu’on les représente comme de la graine de xénophobie, d’intolérance, d’anglophobie. Et parfois même, d’intégrisme.

Les nationalistes québécois y sont trop souvent soupçonnés des pires intentions et déclarés coupables d’intolérance par association.

Pas dans tous les médias, bien sûr, pas sous toutes les plumes, mais souvent.

Maintenant, ce phénomène politique vieux de plusieurs décennies et réactivé cet été avec insistance avec l’élection possible d’un gouvernement péquiste avec un «agenda» /sic/ identitaire, aurait-il été l’élément déclencheur de l’attentat du 4 septembre?

Nul ne le sait. Les faits sur ce plan n’étant pas connus.

Refuser d’opérer un tel lien de causalité, par contre, ne devrait pas exclure une réflexion et une discussion éclairées, lucides, sur ces épithètes toxiques de «xénophobe», «anglophobe» et «intolérant» qu’on lance allègrement dans certains médias. Pas seulement «anglophones», mais en grande partie..

Pourquoi? Parce que cette réflexion est importante.

Elle est importante parce que le côté hargneux de ce discours empêche une compréhension plus factuelle et plus réfléchie de certains phénomènes politiques au Québec et au Canada.

Elle est importante parce qu’elle entretient chez plusieurs anglophones une vision d’eux-mêmes en tant que «victimes» et «exclus» alors que la réalité objective est toute autre.

Elle est importante parce que ce ne sont pas tous les anglophones qui se voient ainsi. Mais c’est ce que répètent, inlassablement, plusieurs de ceux qui parlent en leur nom.

Pour reprendre la conclusion de Nicolas Lévesque : « Il faut faire bouger les symboles, les mélanger, les penser, les mettre en mouvement, casser les images figées et les clichés, admettre la nouveauté, se rappeler qu’il n’y a pas de Bons et de Méchants. (…) On cherche tout de suite à comprendre. Alors qu’il faut d’abord penser.»

Et si on commençait?

D’autant que depuis quarante ans, ces «perles» ne viennent pas de vulgaires brûlots de villages isolés ou de pamphlets de groupuscules radicaux, mais de la plume de chroniqueurs, d’éditoriaux (lesquels parlent au nom même d’un journal), ainsi que certains intellectuels. Le tout, reproduit, à répétition, par des médias grand public.

Dans toute société démocratique, il existe certes une liberté d’exprimer de telles choses, mais cette liberté inclut aussi celle de pouvoir les dénoncer ou encore, de vouloir en débattre.

N’est-ce pas là ce qu’exprime en conclusion, dans les pages de La Presse, cet ingénieur qui pose une question assez fondamentale: «Pourquoi est-ce que je tolère le discours d’intolérance de mes voisins anglophones envers le mouvement souverainiste?».

Dans le courrier des lecteurs du journal The Gazette, une lettre au lecteur signée par un anglophone le disait en ces mots bien choisis:

We may never know whether the bullet that killed the technician Denis Blanchette was ultimately meant for Premier-designate Pauline Marois.

Many say that, in any event, this was an isolated act. Others hold the media somewhat responsible for the tragic event.

Is there a tendency in the media to inflame the passions with extreme rhetoric, instead of appealing to the mind with dispassionate analysis? Can this approach result in the straw breaking the camel’s back, pushing an already deranged person to the brink?

Richard Bain will be tried in the courts. But the question of the media’s responsibility for its contribution to toxic discourse should be tried in the media. It is not a frivolous question.

 

En effet…

 

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30 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Excellent rappel de FAITS. Qu’on en tire les conclusions qu’on veut dépend de notre perception sélective, du poids qu’on met à chacun des arguments. Ceci étant dit, il est impossible de faire raisonner un individu enfermé dans ses dogmes. J’ai eu de nombreuses discussions sur Twitter avec des individus de ce genre. Je me dois de les tolérer et le temps dira ce qui sera. En attendant je continue à gosser mon arbre, coup de couteau par coup de couteau, toujours à la même place, ce dont on a besoin c’est d’une Constitution claire et écrite mais surtout votée.

Excellent article!

Pour les intention précise de Bain. Ce n’est pas si important à mon avis. S’il avait crié « Les martiens se lève », comme Josh Freed l’aurait préféré, il aurait été déclaré fou. S’il avait crié « Les portugais se lève », « Les haïtiens se lève », « les plombiers se lève », il aurait été déclaré tout aussi fou. Il n’y a pas de tension avec les portugais, les haïtiens, les plombiers ou les martiens, personne ne serai accouru pour dire que ce geste n’est pas porteur de sens.

Mais il y a des mots porteur de sens, qui délimite des préoccupations. Il a dit « anglais ». Il aurait pu dire « hommes », ça aurait frappé fort. « Musulman » aurait fait son effet aussi, surtout chez l’Oncle Sam.

Attendre anxieusement le résultat de l’évaluation psychiatrique de Bain lui donne beaucoup trop d’importance. Qu’il ai choisit ce mot avec toute sa tête ou non, c’est pas grave. Nous l’avons entendu. On doit se demander pourquoi ça fait mal à entendre.

Madame Legault,

Quelle brillante analyste vous êtes !

Merci de nous permettre de mieux comprendre la réalité de nos compatriotes anglophones.

Je ne vois cependant pas comment on puisse arriver à concilier deux nationalismes si antagoniques, quand ce ou celui qui est bon pour les uns est méchant pour les autres.

Bien dit!

J’ai travaillé 36 ans avec des anglos-canadiens. Normalement, tout baignait, le vernis tenait. Mais lors de crises : l’élection du PQ en 1976, le premier et le second référendum, les funérailles de Trudeau, le vernis sautait et le vrai visage paraissait. Ce n’était pas beau, mais révélateur.

Nous étions, sommes tolérés dans leur société. Un mal nécessaire. Nous sommes sensés demeurer à notre place, ne pas causer de remous, ne pas nous affirmer. Nous devons être de bons toutous bien élevés, bons chiens. C’est comme ça qu’on nous aime : serviles.

L’autre jour, à la radio de Radio-Canada, il y avait William Pitbul Jhonson. Fidèle à lui même : incapable de lâcher le morceau, nostalgique de l’époque où les anglos du Québec tenaient le haut du pavé. Un dinosaure. Il y avait de quoi pleurer tellement son discours était pathétique. Dieu merci, les autres participants étaient équilibrés, ouverts, de notre temps.

Tout espoir n’est pas perdu, mais il est grand temps que les réactionnaires se taisent et acceptent le changement pourtant démocratique.

Il faut donner du temps au temps. Je veux bien, mais jusques à quand, disait Ciceron?

Attentat au Métropolis
Deux sommités… sur la question se sont prononcés.
Le doc mailloux invité à l’émission de Denis Lévesque (LCN) et Alain Dubuc de La Presse à 24 heures en 60 minutes (RDI) ont mis leur compétance indiscutable à contribution ; on ne devrait pas aborder ces questions là présentement si ce n’est pour dire aux québécois de cesser d’être parano et de laisser couler l’eau sous les ponts. Le fruit n’est pas mûr pour remettre en question les médias haineux anglophones, encore moins les nôtres.

Pauline Marois dépeinte en Hitler sur Facebook

Voici un autre exemple de la loi de Godwyn, selon laquelle un débat qui dérape finira toujours par comparer la situation au nazisme.

Une page Facebook appelée MontrealOfficial, qui compte plus de 130 000 membres, a mis en ligne ce montage photo de Pauline Marois dépeinte en Adolf Hitler, accompagné de la phrase How long will it take her to fuck up Quebec? (Combien de temps lui faudra-t-il pour «chambouler le Québec»?).
http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/12/pauline-marois-hitler-facebook_n_1876610.html?utm_hp_ref=mostpopular

Bravo Mme Legault, et surtout enfin! Il était temps qu’une journaliste fasse un travail d’analyse sérieux sur la question des attaques haineuses des médias anglophones envers les Québécois. J’avais l’impression des fois que seul moi – un compositeur ! – avait examiné la violence des chroniques et de leurs commentaires : http://www.fredericchiasson.com/globe.html

Je trouvais désolant que la plupart des autres chroniqueurs (même dans le Devoir!) éludent la question du Quebec bashing dans les médias anglo-canadiens pour faire de douteuses homélies qui discréditaient tout lien même indirect entre l’attentat du 4 septembre et son contexte politico-médiatique. Si même les journalistes ne font pas leur travail d’analyse des faits pour s’agenouiller avec tant d’appels facile à la «vertu», à quoi sert le journalisme !

Au moins vous avez fait un travail consistant sur la question avec une analyse claire et dépourvu de débordements émotionnels. Non seulement vous avez examiné le phénomène mais vous proposez des arguments solides sur ses causes. On espère que cette chronique reste longtemps sur le web, et qu’elle soit traduite en anglais pour qu’enfin les médias anglophones réfléchissent sur eux-même…

Comme les commentateurs précédents, je vous remercie, Mme Legault, pour votre lucidité. J’ai toujours plaisir à vous lire.

Mais je désire dénoncer l’occultation dans les média, tant francophones qu’anglophones, de l’influence certaine de ce discours «xénophobique» qui a sans doute aidé Bain à passer à l’acte. Ni la Presse, ni le Journal de Montréal et TVA, ni, bien sûr, Radio-Canada, ni même le Devoir qui se dit indépendant, n’ont évoqué sérieusement l’influence de ce discours.

En plus, Bain n’a même pas été accusé de terrorisme, alors que les étudiants qui ont fait péter des fumigènes dans le métro, sans faire de victimes, l’ont été.

Et on discute actuellement de l’acquisition éventuelle d’Astral Media par Bell qui augmentera encore la concentration de la presse aux mains des oligarques Canadian…

Remarquable travail d’analyse. Resterait à poursuivre l’investigation pour savoir si certains politiciens et
leaders francophones, opposés au PQ et aux autres formations politiques souverainIstes, n’entretiennent pas le feu qui brule chez nos compatriotes anglophones à des fins strictement partisannes.

Mme Legault, votre très éclairante analyse me fait repenser à l’irresponsabilité crasse du jeu de l’autruche par le dernier régime libéral qui durant les neuf dernières années a balayé sous le tapis le dossier linguistique alors que pendant tout ce temps, à Montréal et dans les banlieues immédiates, on transgressait allègrement et impunément les dispositions de la Loi 101 ayant trait à l’affichage commercial.

Vous conviendrez sûrement que cette négligence volontaire de la part de l’État québécois a eu l’effet collatéral néfaste d’éveiller à nouveau l’espoir d’un retour au « good old time » chez la communauté anglophone, réflexe toujours présent dans le subconscient anglo-britannique impérialiste, celui de la pratique de l’assimilation lente et irrémédiable du conquis.

Notre nouvelle Première ministre, Mme Marois, et son caucus doivent lancer un message clair lors du Discours d’ouverture de la première session de notre Assemblée nationale, celui décrétant la fin de la récréation dans le dossier linguistique.

Cordialement, JPG

Merci pour cette remise en contexte! Chose certaine, ces dérapages verbaux dans certains médias anglophones et surtout leurs récurrences au moindre sursaut politique ne doivent surtout pas rester sans réponse . Nous avons des médias qui ont la responsabilité de rétablir les faits , le contexte ,et notre gouvernement de re-expliquer les besoins liés à notre société distincte, ses besoins et objectifs identitaires légitimes. La survie de notre société distincte, souveraine ou fédérée, se fera avec et non contre nos minorités.Bref, une bonne stratégie soutenue de sensibilisation de nos minorités anglos et autres à nos objectifs d’affirmation nationale demeure urgente ici au
Québec. Pour le ROC, regardons si nos députés fédéraux du Quebec ne doivent pas être interpelés et intervenir lorsqu’il y a dérapages médiatiques envers le Québec.

J’ai lu votre analyse comme une bouffée d’air frais.
Mais cela ne m’empêche pas d’être sceptique, très, face à la suite des choses. Quand l’affirmation n’est pas perçue comme quelques chose de légitime au départ, et c’est il me semble ce que votre analyse démontre très bien, il n’y a pas d’autre choix que de se taire ou de quitter. Un partenaire, un travail etc.Nous sommes pris dans une dynamique dysfonctionnelle depuis tellement d’années! Je pensais, en vivant la mobilisation du printemps, que nous avions surmonté la peur. Mais elle est toujours présente et le drame du Métropolis ne la diminuera pas.

Oh! Madame Legault! comment, alors, ne pas penser à un complot!? Je vous le demande bien! Merci encore de votre analyse très bien étayée! Et là-dessus, je peux dire, après vous avoir lue, que mon commentaire n’est vraiment pas émotif!

Encore un complot… Eh misère.

Ça me fait penser à Amir et sa théorie du complot des Américains qui auraient sciemment démoli les tours le 11 septembre…

Je préfère attendre les conclusions de l’enquête faite par des PROS; cependant, l’une de mes premières impression est que l’on est vite sur la gâchette de l’héroïsme non?

M. Courage a déclaré que ni lui, ni son compagnon de travail ne sont des héros. Ils étaient sortis fumer une cigarette…et se sont fait tirer dessus.

Z’étaient au mauvais endroit au mauvais moment.

Pour la suite, on verra après l’enquête.

Dix oppressions au Canada, dont certains sont reconnus comme génocides, en deux siècles d’histoire commune!!!

Quitte à vous surprendre, Chuck Guitté exprimait la vérité et la perception d’Ottawa, lorsqu’il parlait des commandites, lors de la commission Gomery : « Nous étions en guerre! ».

http://www.ledevoir.com/politique/canada/73173/commission-gomery-charles-guite-un-modele-a-suivre

Quand René Lévesque prit le pouvoir le 15 novembre 1976, Roméo Leblanc était ministre de Trudeau et il avait dit que face aux séparatistes que le Conseil des ministres du Canada devenait un »war room ».

Ottawa et les anglais ont toujours été en guerre contre la nation Québécoise!

1. En 1970, lors de la crise (sic) d’octobre;
2. En 1940, la crise de la conscription, Camillien Houde, maire de Montréal, est interné dans un camp de concentration en Ontario ;
3. En 1917, la crise de la conscription, 1er avril 1918 à Québec où l’armée canadienne a ouvert le feu sur ses propres citoyens et tuée quatre personnes dans la foule et fait plus de 70 blessés ;
4. En 1900-1920, lors de l’élimination des droits des francophones en Ontario, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, etc.…
5. Entre 1870 et 1930, l’exil de millions de Québécois aux États-Unis (13 millions en 1980);
6. En 1885, lors du massacre des Métis et la pendaison de Louis Riel;
7. En 1837-38, lors des patriotes;
8. En 1759-1800, lors de l’occupation militaire;
9. En 1759, suite à la prise de Québec, Wolf à fait éliminer plus de 30% de la population du Québec lors de ces génocides, en plus des violes et des pillages;
10. En 1755-1763, lors de la déportation des Acadiens.

Les 10 pires moments de l’histoire du Québec
http://www.youtube.com/watch?v=G6j85oXCyqU&feature=share

Puissante analyse, Mme Legault.

La mise en perspective historique, c’est à dire dans le temps, est extrêmement intéressante et importante.

De votre analyse ainsi que des faits des derniers temps une question s’est progressivement imposée chez moi.

Considérant que la quête de l’autonomie politique est le préalable nécessaire à l’autonomie économique, sociale et culturelle, à quoi tient que jamais aucun groupe de Québécois anglophones n’aient jamais proposé des modalités d’accéder à la souveraineté qui satisfassent leurs demandes ? Dit autrement, à quoi tient le fait qu’aucun groupe de Québécois anglophones ne soient jamais impliqués dans la quête de la souveraineté ?

En effet je pense que la création d’un nouveau pays est de nature à ouvrir des perspectives emballantes, stimulantes et offre à tous les citoyens une occasion formidable d’actualiser le potentiel de TOUS les citoyens qu’ils soient francophones, anglophones et allophones et ce aux niveaux économique, culturel, social, etc.

Certains me croiront être un optimiste invétéré mais je suis persuadé que la souveraineté du Québec se fera un jour ou l’autre et que le Québec deviendra un État souverain, avec ou sans la communauté anglophone. Conséquemment les citoyens québécois doivent s’assurer qu’aucune porte ne soit fermée et si des groupes refusent de participer à cette marche, NOUS, tous les citoyens du Québec, devrons accepter de vivre avec cette désolante réalité et ses implications. N’oublions pas que les absents ont toujours tort !

«[…] Une conviction bien assurée détruit l’information qui la dément.»
[Edgar Morin in « Pour sortir du XXè siècle »]

La citoyenne Gladu écrit: « Comment, alors, ne pas penser à un complot!? »

Comme le montre bien Hannah Arendt dans ses ‘Origines du totalitarisme’, la pensée conspirationnelle repose sur un refus de la contingence – il n’y a pas de coïncidences, le hasard n’existe pas – et « ordonne les faits avec une cohérence qui n’existe nulle part dans le domaine de la réalité. »

Tout à fait d’accord, M. Morissette, avec votre idée d’interpeler nos députés fédéraux. Au fait, ils étaient où dans l’avalanche des propos haineux pendant cette campagne? ah oui, c’était pas leur élection. C’était celle d’un pays étranger? La tentative d’assassinat de la Première Ministre du Québec, c’était rien du tout pour les néodémocrates que nous venons d’élire?

Eh! Y a quelqu’un au bout du fil?

Je ne vois aucune allusion dans ce texte à un complot. Je vois une dérive continue et persistante des médias anglophones depuis la montée du nationalisme des francophones dans les années 70.

Leur lecture de cette réalité ne semble pas avoir évolué d’un iota. Ce manque d’éthique ne pouvait mener un jour ou l’autre qu’aux êvénements du Métropolis.

Je crois qu’â partir de maintenant, il faudra avoir à l’oeil les chroniqueurs de ces journaux, surtout ceux qui prétendent être québécois à part entière. C’est moins la sécurité des hommes et femmes politiques qu’il faut renforcer, que celle de notre intégrité en tant que peuple en marche ou non vers la souveraineté.

Très grand texte analytique à conserver.

Effectivement, pendant que les communautés francophones hors Québec fonctionnent pour leurs services par le critère -là où le nombre le justifie-, les anglophones du Québec absorbent la majorité ou presque de l’immigration non francophone tout en vivant à Montréal selon le cadre et modèle canadien à lequel ils se réfèrent puisqu’en tant qu’anglophones c’est eux qui sont majoritaires culturellement. Les anglo Québécois sont minoritaires dans cette province francophone mais essentiellement majoritaires par le plan légal canadien dominant comme majoritaires sur le plan du continent nord américain.

Les anglophones d’ici bénéficient de tous les services, de toutes les institutions, peuvent vivre à Montréal en anglais comme s’ils vivaient à Toronto s’ils ne dépassent pas le Quartier des spectacles même là, ils ne se retrouvent pas à Chicoutimi la francophone il s’en faut de beaucoup. Ils bénéficient de toutes les chaînes américaines pouvant ignorer la réalité québécoise sans problème.

Dire cela est connu à quoi ça sert alors?

Il faut dire cela: ce sont les nations ou groupes minoritaires existants qui sont coupables d’exister de vouloir prendre leur place. Que ce soit les Québécois ou différemment par exemple certains groupes de victimes, de groupes dominés, ils sont coupables de leurs protestations, de leurs révoltes un peu comme ces groupes étudiants du printemps coupables de ne pas vouloir américaniser l’éducation universitaire. Davantage évidemment ces groupes d’enfants en difficulté scolaire, intimidés et boucs émissaires de cours d’écoles, enfants abusés ou négligés par leurs parents qui tous en devenant adultes deviennent généralement des incompris comme les personnes gais, des mères monoparentales,etc..

Les Québécois eux seraient dans leurs variantes nationalistes des fascistes en germe, en action coupables d’être minoritaires dans un Canada qui a refusé bel et bien le développement de la culture de langue française de Victoria en Colombie britannique jusqu’à Toronto en Ontario. Créant le fossé actuel.

Le dilemme québécois et ça ce n’est pas la faute des anglophones: refuser de créer un pays du Québec par peur économique et politique, par indifférence hyper libérale individualiste envers ce qui dépasse son moi ce qui oblige à faire des lois pour protéger le français dans un cadre provincial de la part de la seule province à ne pas avoir signé la constitution tronquée de 1982. Un pays du Québec de facto ferait de la langue française la seule langue commune et officielle du Québec dans le respect de sa minorité existante choisirait la constitution selon sa conception des choses en respect des droits humains.

Voilà ce qu’il en est mais pas seulement.

Parce que ce qui caractérise le Québec c’est le constat que sa classe francophone dominante majoritairement s’accommode du statut politique subordonné du Québec, on accuse le PQ d’être incapable de faire aboutir son article 1 mais c’est bien plus que ça, la valse hésitation d’un L.Bouchard ces jours ci comme agent double d’un reniement de la voie québécoise sans le dire clairement, l’existence d’un parti libéral du Québec refusant obstinément la voie de la souveraineté décennie après décennie encourageant le bilinguisme et l’anglicisation de Montréal; la classe d’affaire francophone qui ne scrute que ses marchés sans considérations autres tout cela en dit long sur une dite élite qui serait confortable avec un Québec aussi bilingue qu’à Montréal. Bilingue dans le sens d’une anglomanie galopante.

Ainsi si une bonne partie du Québec économique et médiatique collabore avec l’état existant des choses et va jusqu’à prendre parti pour les énormités des médias anglophones de Montréal comme du Canada comme ces reportages deux fois plutôt qu’une sur les peurs des anglophones face au PQ au Téléjournal quelques jours après les circonstances de l’attentat au Métropolis. où dans un autre angle, ces défenseurs de la laicité interculturelle ou multiculturelle qui voient dans la vraie neutralité de l’État face aux religions une sorte de crime politique. Comme si la laicité classique de l’État français devenait un crime en 2012.

L’angle de vue hyper libéral imposant à notre époque en Occident comme au Québec tout refus de baliser les réalités de la société voyant dans l’intervention de l’État tout soupçon de totalitarisme ne trouvant que dans le commerce et le travail les raisons du vivre ensemble comme le slogan du PLQ -Tout pour l’économie- le démontre. Comme si le totalitarisme de l’économisme n’existait pas octroyant aux partis libéraux les opportunités de clubs privés ouverts aux collusions et actions mafieuses.

Radio Canada notamment qu’il faut nommer joue sa chanson comme réseau francophone fédéral avec sa subtilité pour dire dans de doux mots par contre contrairement à The Gazette ou le National Post que peut être la voie identitaire du PQ de Marois pourrait être dangereuse. Cet article notamment dans le site web de SRC du journaliste M.C.Auger tenu supposément au (devoir de réserve par son statut d’animateur journaliste le midi à la première chaîne) qui en août pendant la campagne électorale a carrément parlé du PQ comme du parti de l’interdit en rapport avec les cégeps français et la charte sur la laicité. Ici on trouve l’exemple que chez les Québécois francophones pas seulement chez J.Charest, C.St Pierre et L.Bouchard, on trouve l’illustration d’une irresponsabilité de notre apparente élite peut être trop colonisée pour ne pas faire autrement.

La question forte. Si le Québec accepte son sort en se faisant influencer entre autres par les sirènes de Radio Canada ne trouvant un écho médiatique plus large sur sa situation que par le nationalisme de droite de Québécor ne trouvant pas encore suffisamment un contre pouvoir médiatique dans le web; la télé et radio restant trop forte encore comme le démontre la radio poubelle de Québec en arrière du succès local de la CAQ, comment donc le Québec peut avancer sans se faire hara kiri par des médias de masse tendancieux dont certains comme Radio Canada voudraient nous apprendre les -bonnes manières- avec les anglophones qui traitent les souverainistes de xénophobes?

Voici un texte qui s’est fait mobile, qui a dit haut et fort ce qui devait se dire.

Nous sommes nous Québécois nos pires ennemis voilà la première des réalités. De Canadiens français nous sommes devenus des Québécois maintenant nous devenons des Québécois francophones plus tard seulement des francophones comme dirait feu Pierre Falardeau parce que nous acceptons la volonté d’autrui, celle de nous culpabiliser de par notre différence.

Suite de mon commentaire #10:
Un autre exemple d’irresponsabilité crasse de la part de John James Charest et du PLQ en cours de campagne électorale appelant à un vote unanime des anglophones en sa faveur pour empêcher la catastrophe d’un référendum sur la souveraineté initié par seulement 15% d’électeurs de la rue.

F. Legault de la CAQ a également, toute la campagne durant, brandi l’épouvantail d’un rapt du RIP par les “caribous” souverainistes provoquant un référendum advenant la victoire du PQ.

Ces actions totalement irresponsables de la part de soi-disant amoureux du Québec ne venaient-elles pas renforcer voire même cautionner la diabolisation des souverainistes et par extension le peuple Québécois dans les médias anglophones ?

Mme Legault, je vous lève mon chapeau, je suis d’accord avec les commentateurs qui me précèdent et qui montrent retenue, intelligence et le même ton que vous. Allez-vous publier la version en anglais dans la Gazette? Dans d’autres publications anglophones? Si non, me permettrez-vous de vous soumettre ma traduction et de l’expédier aux journaux que vous choisirez? Vous avez tout mon respect. Je joindrais volontiers la version des commentaires aussi, ils pourraient être révélateurs pour les lecteurs qui n’ont que rarement le choix de perspectives.

Dans la dernière édition du Devoir, on peut lire des commentaires de quelques personnalités anglophones portant sur leur vision du Québec d’aujourd’hui.

On évoque entre autre les opinions de Graham Fraser et Reed Scowen selon qui étendre l’application de la loi 101 aux entreprises de 11 à 49 employés, empêcher la fréquentation des CEGEPs anglophones aux francophones et allophones ainsi que n’accorder une éventuelle citoyenneté québécoise qu’aux nouveaux arrivants ayant une connaissance appropriée de la langue française, équivaudraient, selon Scowen à une déclaration de guerre.

Il serait peut-être utile de constater que les mesures dénoncées, ne toucheraient nullement aux droits actuels de la communauté anglophone du Québec mais n’ont comme objectifs que la protection de la survie de la communauté francophone québécoise.

Les Québécois anglophones prendront-ils toujours les mesures de protection et d’avancement de la spécificité francophone du Québec comme nécessairement dirigées contre leur communauté ?

Pourront-ils un jour ou l’autre arriver avec des propositions acceptables pour les uns et pour les autres ? Ou continueront-ils à continuellement dire non ?

Mais je crois qu’il y a de l’espoir. Quelques personnalités n’abordent pas le problème avec les même à priori. Le Devoir en présente 6 qui ont des visions diversifiées du sujet. Ils mériteraient que les Québécois franco et anglo les écoutent plus …

«On est plus le fils de son époque que le fils de son père.»
[Proverbe africain]

L’histoire des caribous et des RIP a fait autant de mal à Pauline Marois lors du débat télévisé à TVA que la fausse déclaration de Parizeau sur les votes ethniques dont s’est servie malhonnêtement Jean Charest pour knokouter Bernard Landry à l’époque.
François Legault, tout comme Jean Charest se sont partagés la panoplie d’accusations gratuites à l’endroit du P.Q. utilisant les arguments de la peur et le retour des chicanes dans les familles sur fond référendaire pour faire frémir les plus téméraires d’entre nous. François Legault s’est même permis d’accuser Pauline Marois de favoriser le statu quo, de sa part, c’est plus que saugrenu.
En résumé, pour s’assurer d’un gouvernement péquiste majoritaire la prochaine fois, on peut compter sur un parti libéral affaibli suite au départ de son gourou tout puissant et un François Legault usé dans l’opposition et ses contradictions laissant les électeurs indifférents.
Une course à la chefferie au P.Q. est envisageable si Pauline Marois ne réussit pas à surmonter son hanticap de charisme dans l’opinion publique. Pour l’instant, je lui donne le bénifice du doute.

Mme Legault,

Votre texte est particulièrement significatif pour moi, car, j’ai travaillé quelques années à Winnipeg. Il nous indique d’où viennent ces préjugés et, surtout, pourquoi ces derniers perdurent dans la communauté anglophone.

Je peux vous dire que ces préjugés « anti-québec » existaient bel et bien dans les années « quatre-vingt ».

J’ai souvent confronté des anglos sur ces préjugés. La discussion ne durait jamais longtemps. Avec des faits, tous leurs arguments tombaient en quelques minutes. Des faits qui mettaient dans le soleil du jour toute leur ignorance.

Aujourd’hui, je ne veux plus aller « west of the border », je ne veux plus voir, ne serait-ce qu’une fois, de « grim face ». « I don’t fell wellcome ». Par contre, je vais « south of the border ».

Merci encore, RD

Je souscris entièrement à votre analyse.

Cependant, j’aimerais qu’un jour on parle de ces Québécois «pure laine» (vraiment? ils pourraient être surpris!) qui sont encore en 1759, en 1964 (FLQ) ou en 1970 dans leur tête. De ceux qui ont pris soin d’empêcher toute modernisation de la vision qu’ont les francophones des anglophones (les «Anglais»), des Premières Nations (les «BS professionnels criminalisés» etc.), des Québécois de souche non européenne (ex. le célèbre «Retourne dans ton pays» à un Québécois né ici mais qui a la peau noire) et des femmes («le féminisme, la dénatalité, les homosexuels, etc. mettent en péril la survie de la nation québécoise). Je les appelle les bluenecks.

Ces gens servent de caution et d’excuse au xénophobisme des médias anglophones. Combien sont-ils? Ont-ils vraiment la mainmise sur le PQ? Empêchent-ils le Québec d’évoluer? Parfois j’ai l’impression que le discours politique est bloqué au Québec alors que plein de choses importantes se passent, comme les changements climatiques, dont nous ne occupons pas assez, voire pas du tout. Ai-je raison?

Personnellement je suis pas mal tannée de me faire identifier aux bluenecks!

@ Line Merrette # 28

Je suis entièrement d’accord avec votre questionnement. Pour peux qu’un Québécois est nationaliste, il se trouve TOUJOURS un espèce d’agent provocateur fédéraliste qui aura tôt fait de le diaboliser le plus rapidement possible en prenant bien soin de généraliser au maximum ses attaques de façon à englober TOUT le mouvement souverainiste.

Je ne connais pas une seule société sur cette planète qui ne compte pas dans ses rangs quelques dérangés, obsédés par la crainte et la haine ce qu’il ne connait pas de l’étranger quoi.

Mais je tiens pour simpliste et vicieuse les accusations de xénophobie et d’intolérance que les détracteurs de toute velléité souverainiste accolent de facto aux Québécois qui ne professent la foi fédéraliste et qui méritent nécessairement l’excommunication.

Dorénavant, j’exigerai de ceux qui m’accoleront l’épithète de xénophobe ou de d’intolérant qu’ils m’expliquent par des exemples concrets où se situe les tares dont ils m’affligent.

«Les masques à la longue collent à la peau. L’hypocrisie finit par être de bonne foi.»
[Edmond et Jules de Goncourt]