Les Producteurs de lait du Québec nous répondent sur la gestion de l’offre

La gestion de l’offre est certes un modèle qui mérite d’être expliqué et vulgarisé, il est cependant malheureux que l’équipe qui a préparé ce clip n’ait pas poussé un peu plus loin leur recherche. 

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La capsule vidéo ci-dessus sur la gestion de l’offre présente un certain nombre de faits erronés ou qui manquent de nuances importantes.

• La capsule vidéo affirme que le prix des produits laitiers au Canada n’est pas déterminé par le marché et qu’au Québec, le prix du lait est fixé dans le but de couvrir les coûts de production de 50 % des producteurs. Il est vrai que la gestion de l’offre prévoit un mécanisme d’indexation du prix du lait payé au producteur visant à couvrir les coûts de production des 50 % des producteurs les plus efficaces au Canada, pas seulement au Québec. Toutefois, à l’exception du prix du lait de consommation dans certaines provinces, le prix au détail des produits laitiers, comme le fromage, le yogourt, la crème glacée, est non réglementé. Il est fixé à l’épicerie selon le marché, comme pour tous les autres produits. Au Québec, seuls les prix de détail des formats réguliers de lait de consommation sont réglementés, non pas en raison de la gestion de l’offre ni pour couvrir les coûts de production des producteurs, mais plutôt à la demande des transformateurs laitiers et des détaillants. La réglementation du prix aux producteurs n’a aucune incidence sur les producteurs. Par ailleurs, le prix du lait à l’emballage avec capsule, le lait bio, les laits à valeur ajoutée, le lait sans lactose, le lait au chocolat n’est pas réglementé, il est fixé par le marché.

• Pour ce qui est de la comparaison produite par votre équipe entre le prix du lait au Canada et aux États-Unis, je ne sais pas à partir de quelle base elle a été produite,  mais la société Nielsen qui recense les prix réels du lait vendu en épicerie, tous formats confondus, conclut à un écart de prix avec les États-Unis beaucoup moins important que celui  présenté dans la vidéo. De plus, en le comparant avec la Nouvelle-Zélande, un pays qui a déréglementé son secteur laitier et où le prix à la ferme est le plus bas au monde, on constate qu’il est plus élevé qu’au Canada, ce qui montre que le lien entre le prix à la ferme et le prix au consommateur est loin d’être direct.

Je vous soumets cette infographie produite par L’actualité, qui démontrait que l’écart de prix de détail entre le Canada et les États-Unis s’expliquait en bonne partie par la marge du produit au détail, et non par le prix aux producteurs. La gestion de l’offre n’a pas de lien avec les marges des détaillants. Dans les deux graphiques suivants, vous pouvez constater le même phénomène pour le prix du verre de lait au restaurant ou pour le prix du fromage.

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• La capsule affirme que la gestion de l’offre coûterait 554 $ en moyenne par famille. Pour arriver à un tel chiffre, les auteurs de l’étude sur laquelle vos journalistes se basent probablement (ils ne fournissent pas la source) posent l’hypothèse que sans gestion de l’offre, les prix de détail canadiens s’aligneraient intégralement sur le prix américain. Une telle hypothèse résiste difficilement au test de la réalité. Il est de notoriété publique que les prix de détail de nombreux produits alimentaires, de vêtements, de chaussures, d’appareils électroniques, de voitures, de pneus, etc. sont plus chers au Canada, alors que dans la plupart des cas, aucun tarif n’en limite la circulation entre les deux pays. Pourquoi des pneus fabriqués dans Lanaudière se vendent-ils moins cher aux États-Unis qu’ici? Pourquoi un kilo de côtelettes de porc se vend-il moins cher à Phoenix en Arizona (prix vérifié sur Internet) qu’à Montréal, alors que le prix à la production est fixé sur un marché nord-américain et qu’il n’y a aucune barrière entre les deux États? Les réalités du marché canadien et du commerce de détail au Canada sont différentes et expliquent généralement ces écarts de prix qui n’ont rien à voir avec le modèle agricole.

• Quant à l’impact sur le budget des plus démunis, je vous soumets que le lait demeure une des boissons les moins dispendieuses au Canada et donc les plus accessibles au plus démuni surtout quand on met en relation le prix par rapport à l’apport nutritionnel du produit. Les boissons concurrentes ne sont pourtant pas produites sous gestion de l’offre.

• Par ailleurs, la vidéo établit un lien entre la gestion de l’offre et la diminution du nombre de fermes au Canada. Il est vrai que le nombre de fermes laitières au Canada a diminué depuis la mise en place de la gestion de l’offre en 1971. La gestion de l’offre n’a pas été mise en place pour maintenir toutes les fermes laitières en production, mais pour s’assurer qu’une ferme laitière efficace puisse couvrir ses coûts de production avec le prix du marché, sans subventions. De 2002 à 2012, il s’est perdu 27,2 % des fermes laitières au Québec, 30,1 % des fermes laitières au Canada, 36,4 % aux États-Unis, 37,8 % en France et 39,9 % en Australie, des pays sans gestion de l’offre. La diminution du nombre de fermes est une tendance mondiale qui concerne le monde agricole en général, un grand nombre de personnes ayant opté pour un mode de vie plus urbain. Grâce à la gestion de l’offre, les fermes laitières québécoises demeurent des propriétés familiales réparties sur l’ensemble du territoire. La ferme laitière québécoise possède un troupeau moyen de 60 vaches. La taille des troupeaux de l’Ouest américain compte plus de 1 000 vaches. En adoptant le même modèle, le Canada compterait à peine 900 fermes laitières et il ne faudrait que 350 fermes au Québec, au lieu des quelques 800 encore actives aujourd’hui pour produire la même quantité de lait.

La gestion de l’offre est certes un modèle qui mérite d’être expliqué et vulgarisé, il est cependant malheureux que l’équipe qui a préparé ce clip n’ait pas poussé un peu plus loin leur recherche. Voici une série de clips vidéo que nous avons produits dans lesquelles de nombreux intervenants et experts expliquent la gestion de l’offre, ainsi qu’un dépliant explicatif de la gestion de l’offre et une fiche technique expliquant les mécanismes d’établissement des prix du lait.

François Dumontier est conseiller aux relations publiques et gouvernementales chez les Producteurs de lait du Québec

Les commentaires sont fermés.

M. Dumontier,

Le but de nos capsules vidéo «L’actualité 101» est de vulgariser un sujet qui apparaît complexe aux yeux de plusieurs. Dans la foulée des négociations sur le Partenariat transpacifique, nous avons jugé légitime d’aborder la question de la gestion de l’offre. Pour illustrer nos propos, nous aurions pu utiliser les oeufs ou la volaille. Nous avons opté pour le lait. En moins de trois minutes, nous parcourons les grandes lignes de ce vaste sujet. L’objectif est d’inviter nos internautes à s’informer davantage sur la question et de générer des débats, comme vous l’avez fait dans votre lettre.

Ceci étant dit, vous nous accusez de présenter des «faits erronés». Or, nous n’avons relevé dans votre argumentaire aucune erreur de fait de notre part.

Par soucis de transparence, nous avons indiqué, sous chacune de vos critiques, les sources utilisées ainsi que notre démarche journalistique.

La capsule vidéo affirme que le prix des produits laitiers au Canada n’est pas déterminé par le marché et qu’au Québec, le prix du lait est fixé dans le but de couvrir les coûts de production de 50 % des producteurs. Il est vrai que la gestion de l’offre prévoit un mécanisme d’indexation du prix du lait payé au producteur visant à couvrir les coûts de production des 50 % des producteurs les plus efficaces au Canada, pas seulement au Québec. Toutefois, à l’exception du prix du lait de consommation dans certaines provinces, le prix au détail des produits laitiers, comme le fromage, le yogourt, la crème glacée, est non réglementé. Il est fixé à l’épicerie selon le marché, comme pour tous les autres produits. Au Québec, seuls les prix de détail des formats réguliers de lait de consommation sont réglementés, non pas en raison de la gestion de l’offre ni pour couvrir les coûts de production des producteurs, mais plutôt à la demande des transformateurs laitiers et des détaillants. La réglementation du prix aux producteurs n’a aucune incidence sur les producteurs. Par ailleurs, le prix du lait à l’emballage avec capsule, le lait bio, les laits à valeur ajoutée, le lait sans lactose, le lait au chocolat n’est pas réglementé, il est fixé par le marché.

Vous confirmez que le prix du lait est fixé dans le but de couvrir les coûts de production de 50 % des producteurs, tel qu’il est mentionné dans la vidéo. Vous apportez par ailleurs des précisions intéressantes quant à la fixation du prix des produits laitiers, comme le fromage ou le yogourt. Le sujet principal de cette vidéo reste cependant la gestion de l’offre (le lait n’en est que l’illustration), et non les produits laitiers.

Pour ce qui est de la comparaison produite par votre équipe entre le prix du lait au Canada et aux États-Unis, je ne sais pas à partir de quelle base elle a été produite, mais la société Nielsen qui recense les prix réels du lait vendu en épicerie, tous formats confondus, conclut à un écart de prix avec les États-Unis beaucoup moins important que celui présenté dans la vidéo. De plus, en le comparant avec la Nouvelle-Zélande, un pays qui a déréglementé son secteur laitier et où le prix à la ferme est le plus bas au monde, on constate qu’il est plus élevé qu’au Canada, ce qui montre que le lien entre le prix à la ferme et le prix au consommateur est loin d’être direct.

Le prix du litre de lait canadien s’établissait à 2,33 $ en novembre 2015, selon les plus récentes données de Statistique Canada (http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/econ153a-fra.htm). Comme le prix du lait américain est déterminé par le marché, il fluctue dans le temps et selon le lieu. Pour illustrer cette différence, nous avons décidé de présenter un exemple concret. En naviguant sur le site de la chaîne de supermarchés Hannaford, à Plattsburgh (tout près de la frontière canadienne), nous remarquons que le litre de lait s’établissait à 1,39 $ US en décembre 2015. Avec le taux de change actuel, il se chiffre à 1,94 $ CAN. En d’autres termes, même avec un très faible dollars canadien (71 cents US lors du calcul), nous pouvons conclure que le prix du lait canadien est plus élevé que celui du lait américain.

Je vous soumets cette infographie produite par L’actualité, qui démontrait que l’écart de prix de détail entre le Canada et les États-Unis s’expliquait en bonne partie par la marge du produit au détail, et non par le prix aux producteurs. La gestion de l’offre n’a pas de lien avec les marges des détaillants. Dans les deux graphiques suivants, vous pouvez constater le même phénomène pour le prix du verre de lait au restaurant ou pour le prix du fromage.

C’est une information complémentaire importante. Merci de nous la soumettre.

La capsule affirme que la gestion de l’offre coûterait 554 $ en moyenne par famille. Pour arriver à un tel chiffre, les auteurs de l’étude sur laquelle vos journalistes se basent probablement (ils ne fournissent pas la source) posent l’hypothèse que sans gestion de l’offre, les prix de détail canadiens s’aligneraient intégralement sur le prix américain. Une telle hypothèse résiste difficilement au test de la réalité. Il est de notoriété publique que les prix de détail de nombreux produits alimentaires, de vêtements, de chaussures, d’appareils électroniques, de voitures, de pneus, etc. sont plus chers au Canada, alors que dans la plupart des cas, aucun tarif n’en limite la circulation entre les deux pays. Pourquoi des pneus fabriqués dans Lanaudière se vendent-ils moins cher aux États-Unis qu’ici? Pourquoi un kilo de côtelettes de porc se vend-il moins cher à Phoenix en Arizona (prix vérifié sur Internet) qu’à Montréal, alors que le prix à la production est fixé sur un marché nord-américain et qu’il n’y a aucune barrière entre les deux États? Les réalités du marché canadien et du commerce de détail au Canada sont différentes et expliquent généralement ces écarts de prix qui n’ont rien à voir avec le modèle agricole.

• Quant à l’impact sur le budget des plus démunis, je vous soumets que le lait demeure une des boissons les moins dispendieuses au Canada et donc les plus accessibles au plus démuni surtout quand on met en relation le prix par rapport à l’apport nutritionnel du produit. Les boissons concurrentes ne sont pourtant pas produites sous gestion de l’offre.

L’étude sur l’effet du prix du lait canadien pour les moins nantis à laquelle nous faisons référence a été produite par des chercheurs de l’Université du Manitoba (la source a été ajoutée depuis dans la vidéo). Cette étude (http://news.umanitoba.ca/canadas-dairy-and-poultry-pricing-hurts-the-poor/) a d’ailleurs été citée par l’ancien chroniqueur affaires de L’actualité, Pierre Duhamel, dans l’un de ses billets de blogue (http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/les-pieges-de-la-gestion-de-loffre/). Vous êtes totalement en droit de réfuter cette étude. De notre côté, nous avons jugé qu’elle est suffisamment crédible et indépendante pour l’inclure dans notre vidéo. Nous laissons le soin à nos internautes d’en juger.

Par ailleurs, la vidéo établit un lien entre la gestion de l’offre et la diminution du nombre de fermes au Canada. Il est vrai que le nombre de fermes laitières au Canada a diminué depuis la mise en place de la gestion de l’offre en 1971. La gestion de l’offre n’a pas été mise en place pour maintenir toutes les fermes laitières en production, mais pour s’assurer qu’une ferme laitière efficace puisse couvrir ses coûts de production avec le prix du marché, sans subventions. De 2002 à 2012, il s’est perdu 27,2 % des fermes laitières au Québec, 30,1 % des fermes laitières au Canada, 36,4 % aux États-Unis, 37,8 % en France et 39,9 % en Australie, des pays sans gestion de l’offre. La diminution du nombre de fermes est une tendance mondiale qui concerne le monde agricole en général, un grand nombre de personnes ayant opté pour un mode de vie plus urbain. Grâce à la gestion de l’offre, les fermes laitières québécoises demeurent des propriétés familiales réparties sur l’ensemble du territoire. La ferme laitière québécoise possède un troupeau moyen de 60 vaches. La taille des troupeaux de l’Ouest américain compte plus de 1 000 vaches. En adoptant le même modèle, le Canada compterait à peine 900 fermes laitières et il ne faudrait que 350 fermes au Québec, au lieu des quelques 800 encore actives aujourd’hui pour produire la même quantité de lait.

Pour bien expliquer le mécanisme de gestion de l’offre, il importe de mentionner le nombre de fermes laitières et leur répartition sur le territoire canadien. Le système de gestion de l’offre a été mis en place au début des années 1970 par la Commission canadienne du lait (CCL), qui elle-même a été constituée en 1966. En 1970, le Canada comptait 122 194 fermes laitières, selon le Centre canadien d’information laitière (http://www5.agr.gc.ca/resources/prod/doc/dairy/pdf/idf_profile_fr.pdf). En 2015, ce nombre est passé à 11 683 (http://www.dairyinfo.gc.ca/index_f.php?s1=dff-fcil&s2=farm-ferme&s3=nb). Parmi elles, 5 766 sont situées au Québec. Il ne s’agit pas d’une critique, mais de faits.

C’est d’ailleurs ce que nous nous efforçons de constamment présenter : des faits. En soumettant le pour (garantir des revenus stables aux producteurs) et le contre (le prix plus élevé du lait), nous pensons exposer les deux côtés de la médaille en ce qui a trait à la gestion de l’offre.

Mathilde Roy et Catherine Marineau-Dufresne
Journalistes à L’actualité

Merci de votre réponse. Je vais donc préciser davantage ce que j’identifie comme étant des erreurs de faits.

1) Comme premier élément d’information sur la gestion de l’offre, vous affirmez que le prix du lait, des œufs et de la volaille au Canada ne sont pas établis en fonction du marché:

C’est en bonne partie faux. Il y a certes, au niveau canadien, des mécanismes qui interagissent dans l’établissement du prix à la ferme, ce qui est, oui, un objectif visé par la gestion de l’offre. Toutefois, vos auditeurs, les consommateurs, n’achètent pas les aliments à la ferme, ils les achètent dans les commerces de détail, notamment à l’épicerie. Les prix finaux que les consommateurs paient pour le lait, les produits laitiers (qui sont tous produits avec le même lait de la ferme produit dans le système de gestion de l’offre), les œufs et la volaille sont établis par le détaillant, selon le marché, comme vous le dites, variant d’une épicerie à l’autre, d’une semaine à l’autre. Souvent même, le lait, les œufs ou certains produits laitiers comme le beurre sont utilisés comme « lost leader » par les chaînes d’épicerie. C’est-à-dire que les commerçants les offrent en rabais, en les vendant en deçà du coût de production. Il y a une exception au Québec dans le cas du prix de détail de certains formats de lait, une exception qui n’a cependant strictement rien à voir avec la gestion de l’offre, qui est un système canadien. J’y reviens dans le paragraphe suivant.

2) Vous affirmez que le prix du lait est fixé par la Régie des marchés agricoles dans le but de couvrir les coûts de production de 50 % des producteurs:

C’est vrai qu’au Québec seulement, le prix de certains formats de lait est réglementé par la Régie. Ce qui est faux, c’est que cette réglementation ne vise pas à couvrir les coûts de production des producteurs, ce qui est fait au niveau canadien pour le prix à la ferme seulement. La Régie établit le prix au détail à la demande des transformateurs laitiers et des détaillants dans le but de couvrir leurs coûts à eux. Le prix du lait à la ferme n’est qu’un élément pris en considération parmi d’autres dans l’établissement de ce prix. Cette réglementation n’a strictement rien à voir avec la gestion de l’offre. Elle est maintenue à la demande des transformateurs laitiers, des détaillants et des associations de consommateurs dans le but de protéger les petites laiteries (transformateurs) régionales ou locales et les petits détaillants indépendants qui, sans elle, seraient éliminés par la concurrence. Elle vise aussi à rendre accessible le lait en petits formats à des prix raisonnables, partout sur le territoire, à ceux qui sont seuls ou encore aux personnes âgées. Surtout, contrairement à votre affirmation, cette réglementation n’a aucune incidence sur les producteurs de lait.

Il est vrai que beaucoup de mythes circulent sur ces questions, mais les faits que je vous soumets sont des informations facilement vérifiables sur des sites officiels. Par exemple, ici, le rapport de la Régie à la suite d’une consultation sur la pertinence de maintenir la réglementation du prix de détail explique clairement ce que j’écris plus haut :
http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/fileadmin/DocuCentre/Decision/2015/10699.pdf
http://www.cdc-ccl.gc.ca/CDC/index-fra.php?id=3809

Je pourrais aussi aborder d’autres éléments, comme votre affirmation selon laquelle les tarifs douaniers dans les produits laitiers expliquent pourquoi il n’y a pas de lait américain sur nos tablettes. Dans les faits, nous importons actuellement, en toute franchise de douanes, de 8 à 10 % de nos besoins de produits laitiers et de volailles, et ce, sans tenir compte des accès concédés dans l’AECG et dans le PTP qui augmenteront de façon significative ces pourcentages. Les Américains, eux, importent moins de 3 % de leurs besoins en produits laitiers. En réalité, notre marché est bien plus ouvert que celui de nos concurrents. Depuis l’entrée en vigueur de l’ALÉNA en 1994, les exportations totales de produits laitiers américains au Canada ont augmenté de 408 % en tonnage pour atteindre 156 763 tonnes en 2014. Cela représente 78 % de toutes les importations canadiennes de produits laitiers.
http://www.dairyinfo.gc.ca/index_f.php?s1=dff-fcil&s2=imp-exp&s3=bal

Pour le reste, je parle surtout de manque de nuances importantes. Je remercie donc l’Actualité d’avoir publié ma réponse. Comme vous le dites, les lecteurs et auditeurs jugeront.

François Dumontier, Les Producteurs de lait du Québec