Les Québécois sont-ils allergiques aux diplômes?

(Chers internautes: voici ma chronique du numéro courant de L’actualité, qui complète le texte sur le même sujet publié cet été, sous le titre: Anti-Intellos les Québécois? Wô Menute!)

Allez-vous me trouver crédible si je vous dis que vous n’êtes pas nuls ? Oui, vous, chers lecteurs. Je pose la question car je nous trouve, Québécois, traversant une période d’autocritique telle que, parfois, je me demande si c’est bien la peine de nous lever le matin.

Certes, il y a les nids-de-poule. Certes, il y a les ponts et les échangeurs qui croulent. Certes, il y a les urgences qui débordent. Certes, il y a le CHUM. Ou plutôt, il n’y en a toujours pas. Je m’arrête sinon je retourne me coucher.

Bon, un certain nombre de choses vont mal. Mais est-il nécessaire d’en rajouter ? Dans la tiédeur de l’été, par exemple, a ressurgi la rengaine selon laquelle les Québécois estiment que « réfléchir et faire état par des mots de sa réflexion », « c’est enculer des mouches » — dixit notre dramaturge favori, Wajdi Mouawad. Et d’enchaîner le chroniqueur Marc Cassivi dans La Presse qu’au Québec « il vaut mieux, non seulement ne pas faire étalage de son érudition, mais masquer sa curiosité intellectuelle ».

J’avais déjà traité de la question sur le blogue, en juillet, ici. Ce qui a suscité un abondant courrier. Je reprends, puis ajoute quelques arguments dans ce texte-ci, publié dans la version imprimée du magazine.

Le filon anti-intellectuel est bien présent parmi nous, c’est indéniable. Un de nos grands intellectuels, Gérard Bouchard, en avait diagnostiqué la cause: cela vient du parti pris historique de l’élite québécoise pour la France et sa culture et de celui du peuple québécois pour les États-Unis et sa culture. Ce grand écart a nourri le mépris de la basse ville pour la haute ville et le dédain de la haute pour la basse. Il a fallu attendre la fin du dernier siècle pour opérer une réconciliation entre la francité et l’américanité québécoise.

Mais doit-on en tirer la conclusion que le Québécois moyen est intrinsèquement réfractaire aux idées, à la curiosité intellectuelle ? Que ceux qui ont fait des études ou lisent des livres autres que de recettes doivent se cacher ou s’excuser ?

Vous serez un certain nombre à dire que le Québec du XXIe siècle s’éloigne de cette caricature, plus fidèle à la réalité des années 1960. Car si c’était vrai, L’actualité, avec ses longues entrevues, n’existerait tout simplement pas. Oui, le niveau d’éducation, de lecture, ont augmenté. Mais je dirai que, même au temps de Soirée canadienne, la vue d’un diplôme ou d’un graphique ne provoquait pas d’évanouissement dans la plèbe.

Vous êtes-vous demandé pourquoi René Lévesque était devenu populaire ? Parce qu’à la fin des années 50, il avait une craie à la main et expliquait des trucs compliqués, à la télé, sur un tableau noir. N’aurait-il pas dû être rejeté dans le Saint-Laurent par la foule  ignare et indignée ?

Vous êtes vous demandé pourquoi les Québécois n’ont jamais aimé Jean Chrétien mais, de 1968 à 1980, ont massivement voté pour Pierre Trudeau, présenté comme un grand intellectuel ? N’aurions-nous pas dû avoir la réaction inverse ? S’identifier au p’tit gars de Shawinigan et recracher le prof de droit hautain qu’était Trudeau ?

Pourquoi l’inconnu qu’était Robert Bourassa a-t-il été choisi chef du Parti libéral en 1970, puis élu premier ministre ? Parce qu’il était amuseur public ? Non. Parce qu’il était économiste, formé à Londres. C’était le cœur du message libéral. Un message payant chez l’électeur moyen.

Pourquoi l’arrivée de Jacques Parizeau au Parti québécois, juste avant, a-t-elle été un gain majeur pour le jeune parti ? Parce que Parizeau avait inventé la poutine? Non. Parce qu’il était professeur aux HEC et avait un diplôme de la London School of Economics.

J’ai travaillé pour la personnalité politique récente la plus populaire au Québec— Lucien Bouchard. Il ne cachait nullement son statut de lecteur vorace, d’amant de Proust (ce fut le sujet d’un épisode de Surprise sur-prise,) ni la présence de la collection complète des livres de La Pléiade dans son bureau.

Lorsque je lui ai mis une citation de Sénèque dans son discours inaugural, elle s’est retrouvée dans tous les journaux — et personne ne lui a reproché de l’avoir utilisée. (En fait, j’avais piqué la phrase dans un discours de Claude Béland, présenté devant une assemblée d’administrateurs de Caisses Po-pu-lai-res qui, apparemment, ne lui avaient pas envoyé de tomates au visage.)

Certes, j’aurais pu écrire une chronique sur toutes les manifestations d’anti-intellectualisme au Québec. Il y en a des tonnes. Mais cette chronique avait été écrite souvent, par beaucoup de gens. Celle que vous venez de lire, moi je ne l’avais jamais lue.

 

Et encore : Je sais, je sais, les premiers ministres du Québec ne citent pas toujours Sénèque. Non. J’ai aussi placé Platon dans un discours de Bouchard, Fukuyama et… James T. Kirk (le capitaine de Star Trek) dans un discours de Jacques Parizeau.

 

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Tant qu’elle regardera les détenteurs de doctorats comme des extra-terrestres. Tant qu’elle ne sera pas à même d’estimer la valeur des compétences générales (et non seulement pointues) des docteurs. Tant qu’elle sera incapable de mesurer le potentiel énorme que ces gens pourraient lui apporter. Tant qu’elle persistera à leur fermer ses portes en les confinant au milieu universitaire ou au chômage, notre « société du savoir » sera considérée (avec raison) allergique aux diplômes.

Ce n’est pas tant la frilosité « des Québécois » envers l’érudition qui fait pitié mais plutôt sa frilosité envers les idées « réfractaires ». Combien de tribunes de masse ont fait une place respectable aux sceptiques climatiques? Combien de tribunes ont fait une place à l’école d’économie autrichienne (ou même classique) sans la dénigrer ou la noyer à 4 contre 1 avec des gauchistes? Combien de tribunes critiquent l’interventionnisme du gouvernement plutôt que de le glorifier?

C’est peut-être aussi parce que l’électeur, lucide, a l’intelligence de ne pas vouloir être dirigé par un aussi inculte que lui.

Je crois que vous confondez correlation et lien de cause à effet. Vis inférences sont loin d’être certaines (bien d’autres vertus devancent celles de l’intellect dans le processus de sélection des leaders au Québec). Ce qui est plus avéré, en revanche, c’est que Parizeau, comme chef de l’Opposition, donc avant que vous oeuvriez auprès de lui, avait dû affronter le quolibet de « triomphaliste » qui le discréditait mortellement (les sondages étaient catastrophiques), et qui découlait précisément de sa manière présumée trop « intellectuelle » (synonyme de hautaine dans le peuple) de traiter des dossiers, une manière présumée dénuée de convivialité. Il a réglé ce problème suffisamment pour gagner en 94, mais il ne l’avait pas réglé assez profondément, apparemment, pour garder le lead exclusif du referendum. Ça PRENAIT Bouchard (pas exactement un egg-head dans la perception populaire, nonobstant ses lectures: une image est une réalité virtuelle, pas documentaire).

Les québécois sont-ils allergiques aux diplômes?

En ce qui me concerne, non, je ne pense pas.

Votre billet n’explique pas non plus en quoi ils le seraient.

Un autre pavé jeté dans la mare M. Lisée?

En parlant de René Lévesque et de son tableau noir…
Je me demande souvent s’il ne pourrait se créer un sorte d’entente entre le Canal Savoir et, par exemple, Télé-Québec, qui pourrait diffuser des émissions plus académiques comme Planète Terre. Histoire de proposer ce genre de contenu à un plus grand public. Je suis certain qu’il y aurait preneurs.

En complément. De 1952 à 1985 (les années de mon grand-père, de mon père: j’ai 56 ans), la majorité des québecois (années 50 à 70) n’avait qu’une septième année primaire (et encore ). Qui faisait l’unanimité (pour les pauvres, les peu scolarisés, la classe moyenne et même les intellos.) dans tout le pays du Québec pour la langue parlée qu’il diffusait avec un vocabulaire irréprochable : René Lecavalier. Ajoutez tous les chef-d’oeuvres d’un cinéaste (Pierre Perreault) qui a sillonné et filmé » les gens de paroles » à travers le Québec » profond » dans les années 60 à 80, et les pseudo-intello-anti-intellos-québecois auront peut-être à réfléchir sur leur constat. Les gens possèdent ce que l’environnement (au sens très large) leur a donné. Les pseudo-intello-anti-intellos-québecois pourraient au moins comprendre cela.

À propos de la … tulture, certains pensent que c’est comme la confiture : moins tu en a plus tu l’étale. Comme le beurre rare sur la toast.

D’un autre côté, puisqu’on est dans Sénèque, disons que certains ont par rapport à la culture, la même attitude que d’autres ont à leurs richesses.

À ce propos, un jour à l’un qui lui reprochait d’être riche, Sénèque répliqua que la différence entre eux était que pour lui, Sénèque, sa richesse lui appartenait, alors que l’autre appartenait à sa richesse… (C’est dans la vie heureuse).

Peut-être en est-il de même des bribes de culture que nous possédons ? Comme pour la richesse ça dépend beaucoup de ce que nous en faisons.

D’autant que plus le temps passe plus on a l’impression qu’elle ne sert de rien, et qu’elle mourra avec nous.

@ Stéphane Venne,votre commentaire # 4,

Je trouve que votre analyse de l’attitude hautaine, triomphaliste et graduellement un peu plus humble et un peu plus sage de Jacques Parizeau, aux différentes époques, est très juste.

@ Jean François Lisée,

Je crois que la grande majorité des québécois d’antan était plus allergique aux attitudes hautaines et triomphalistes des diplômés plus qu’aux dipômes comme tels; quoi que les diplômes de niveau plus élevé que les leurs titillaient visiblement leur estime d’eux-même, parce qu’alors appuyée, comme on le leur avait enseigné, davantage sur la réussite scolaire que sur la compétence acquise par expérience pratique sur le terrain.

Mon grand-père a vu l’électricité arriver à son village, il avait une douzième année et savait à peine lire et écrire. Il a été bucheron puis charpentier. C’était un homme simple dans un monde compliqué. Durant sa vie Montréal est devenu incompréhensible et remplit de gens qu’il ne comprenait pas: des immigrants de pays dont il ignorait même l’existence, des couleurs de peau qu’il croyait inventé par la télé, des machines si complexes qu’il ne pouvait même pas les allumer.

À 4 ans je lisais mieux que lui. À 12 ans j’étais bilingue, une langue qu’il n’a jamais comprise. Dans ma famille, ma génération a été la première à atteindre le niveau universitaire et, en plus, nous avons étudié des sujets autrefois réservés aux riches: la musique, le théâtre, la philosophie.

Malgré nos différences les valeurs de mon grand-père sont les miennes: l’éducation est, avant tout, un besoin technique. Les poursuites intellectuelles sont un luxe que très peu de gens peuvent se permettre. Et c’est très bien comme ça. Je ne veux rien savoir d’une société intellectuelle, voir européenne: axé sur la théorie et non l’action. C’est notre pragmatisme, très américain, qui nous a donné la société qu’on a aujourd’hui. La devise du Québec devrait être: est-ce que ça marche?

Les accomplissements intellectuels sont, avant tout, des projets d’individus. Les accomplissements pratiques sont le fruit d’une société.

Bonjour,

Et bien, quelle question ? Et surtout essayer d’y répondre tout en évitant la généralisation qui est le lot de beaucoup de québécois ayant une pensée des plus manichéenne. Et pour répondre à cet état de fait, qui de mieux qu’un étranger arrivant ici avec un certain bagage intellectuel qui observe le québécois sous bien de ses coutures ? Tout en ayant eu d’innombrables amis de l’Hexagone beaucoup plus que de québécois, je me permets de me fier à leurs nombreuses constatations sur leurs soi disant cousins d’Amérique. Un d’entre eux, ingénieur de formation prénommé Didier voulait tellement être accepté ici que sa conjointe et lui décidèrent de nommer leur premier fils du prénom de Baptiste en nommant aussi Poutine le Golden Retreiver blond de la petite famille, tout ça dans le but précis de ne jamais être identifié comme un maudit français par l’habitant.

En outre, qui de mieux qu’un cousin de l’Hexagone pour discerner les travers des québécois de souche, ceux que Monsieur Gérard Bouchard nomme les vieilles souches, celles qu’il nous faut brûler dans un mémorable feu de la Saint Jean afin d’accéder à cette modernité du présent ? D’après nos cousins de Marianne, les québécois en très grande majorité ne savent point débattre sur le fond, en vouant subito presto leur interlocuteur aux gémonies. Ne savent même pas que débattre d’idées comme en France ne fait pas de toi un ennemi du simple fait que l’opinion diverge. Voilà le handicap majeur d’une très grande majorité des québécois qui, faute d’arguments, passent tout de suite à des attaques Ad Hominem sur le messager en ayant même pas l’envergure intellectuelle pour répliquer dans un sain débat d’idées.

Bien sûr que beaucoup de québécois, surtout les nationalistes vivent un complexe d’infériorité atavique avec les mots savants en se réfugiant dans le repli sur soi, ce qui est plus sécuritaire pour leur santé mentale. En ne fréquentant que d’autres nationalistes pour éviter d’aller trop à fond dans une réflexion qui devient une muselière sur leurs contradictions qui ne peuvent leur éclater au visage de cette façon.

Finalement, une de mes amis hollandaise dans sa thèse de maîtrise essayait de démontrer que dans tout le Canada, les Canadiens qui s’identifiaient le plus aux Américains étaient bien sûr tous les nationalistes québécois, ne leur en déplaise. Ayant étudié en communication, je me permets d’affirmer que pour mieux identifier une culture, quoi de mieux que d’observer toutes les stratégies publicitaires qui visent le clientélisme de cette endroit tel que le Québec. C’est pas fort ! Tellement que lors des Mondiaux de la PUB, jamais une forme de publicité s’adressant aux québécois n’y fut admise, ces Mondiaux de la PUB se tiennent annuellement ! Quoi en penser ? En conclusion, un clin d’oeil pour Pepsi Cola qui, au niveau mondial, détrône la suprématie de Coca Cola seulement qu’au Québec assurément. Et pourquoi ? La canette et les bouteilles de Pepsi sont bleues bien sûr. Tout comme la Labatt Bleue trôna longtemps de façon implacable dans le Québec profond….. Bien sûr, cette géniale publicité de Labatt du temps : On est six millions, faut se parler y est un brin pour quelque chose…. Au plaisir, John Bull.

Un bel exemple de mépris haute-ville ,basse-ville est la prise de position de Denis De Belleval dans le dossier de l’amphithéâtre et de l’entente avec Québécor.

Cet aristo de la haute-ville de Québec clame que ce n’est pas parce qu’un projet (rêve) est porté par le peuple et qu’il a 80% d’appuie que ce projet doit se réaliser.

Donc cet aristo-techno-intello, aurait été prêt à tout faire déraper et briser le rêve juste pour avoir raison sur Québecor et Labaume. Et parce qu’il semble détester le sport ,en particulier, le hockey.

C’est à Québec la réalité basse-ville,haute-ville et ça demeure fascinant de voir et de vivre cette différence entre les gens.

Plus les gens vieillissent, plus ils se confortent dans des croyances non-prouvées, des idéologies conservatrices rassurantes, le conformisme béat sinon gâteux, jusqu’à celles des r’ligions et de leurs édens promis après la mort.

Pourtant, rien dans le très vaste univers ne permet de confirmer l’existence de la vie spirituelle, d’un djeu qui pense, bien au contraire. Faut-il en conclure à la lâcheté face à la réalité ?

Ainsi, même les diplômes ne sont pas un gage de réelle érudition, particulièrement à cause de la nécessaire spécialisation dans un monde de la tête très remplie et très productive en un seul domaine, au lieu de la tête dite bien faite, celle consistant de la capacité fondamentale de raisonnement logique alliée au courage face aux froides, irrémédiables conclusions obtenues.

En plus, on en est à un état de fixation des connaissances datant des années 1950-1970, l’absolutisme dans tous les domaines, les livres de nos bibliothèques publiques et privées étalant encore la science officielle d’une autre époque. Il n’y a qu’un petit pas à franchir pour justifier de prendre pour pertinentes les ‘écritures’ d’il y a 1400 ans, 16-1900 ans, et encore plus loin en arrière, aux temps de la grande noirceur, de l’ignorance totale des humains.

Que penser du vent de conservatisme dans le ROC et aux Zétâts, là où la vogue créationniste représente la renonciation du discours scientifique, le retour au modèle hiérarchique de la société, à »la loi et l’ordre » sous l’arbitraire des riches et puissants ?

Que penser de l’idéologie ‘relativiste’ donnant droit à chacun de penser, de voir et d’agir à sa manière, peu importe les connaissances les plus actuelles ?

Que penser du relâchement à l’américaine de toutes les règles de bienséance, de savoir-vivre, soit de soigner et cultiver son apparence, ses manières et son langage ?

Oui, il y a abêtissement et dénigrement de l’érudition dans le monde, la culture intellectuelle étant remplacée par l’argent et la consommation outrancière. Le résultat de cette tendance est obligatoirement et malheureusement un affaiblissement de la Raison, le seul caractère distinguant l’espèce humaine des autres espèces animales.

@ Jean François Côté (# 14):

« Donc cet aristo-techno-intello, aurait été prêt à tout faire déraper et briser le rêve juste pour avoir raison sur Québecor et Labaume. » (sic)

Surtout que le dit « rêve » est payé par les AUTRES et que pour le réaliser, le Parti québécois a MUSELÉ tout le peuple québécois!

BRAVO à Monsieur De Belleval! Un Québécois qui se tient DEBOUT devant la grosse machine de l’Empire Québécor et de leur bouffon Labaume!

Bonjour,

Encore une fois, quelle question ? Les québécois sont ils allergiques aux diplômes ? Et bien, quoique ne possédant pas la vérité infuse, je n’y crois pas. Mais malheureusement, quel infime pourcentage de québécois savent ce qu’est vraiment un diplôme ou plus exactement la différence entre ceux ci et cette ultime différence entre les Alma Mater. En sachant exactement les différences entre un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat pour ensuite poursuivre en études post doctorales. Aussi cette différence entre un mémoire de maîtrise et une thèse de doctorat que le doctorant se doit de faire valider par des pairs. Et comme nous disons dans le joual de la nation : Faut que ça se tienne !

En effet, je me souviens fort bien d’une chronique de l’ami Pierre Foglia il y a de cela quatre ou cinq ans alors que l’imparable chroniqueur du fond de sa retraite de Saint Armand pondit un texte à faire rougir de honte certains citoyens québécois, tellement que je pris tristement la peine de le découper et de le ranger quelque part dans la filière. En quelques mots, Pierre Foglia, non pas tonitruant mais bel et bien pédagogue énonçait preuves à l’appui que plus de 55 % des québécois qui sont des analphabètes de niveau un plus un autre pourcentage de niveau deux sont incapables de comprendre la chronique minimaliste que celui ci écrivait et d’en dégager un sens, soit par la totale incompréhension d’un texte court et poutant minimaliste. Incapables de s’en faire une tête et de dégager une perspective. Cela fut pour moi totalement ahurissant.

En outre, il faut bien se le dire, exactement aujourd’hui comme dans le bon vieux temps où tous ceux qui goûtèrent ou bien eurent le privilège d’avoir fait leurs Humanités, ceux ci se réfugiaient illico dans leur Tour d’Ivoire en se coupant totalement de la plèbe qui cogite et se nourrit de Gros Populisme tout en bas du spectre, un lieu rassembleur malheureusement ici dans la belle province.

D’ailleurs, il en est de même en ces jours d’aujourd’hui où l’élite universitaire, faute de pouvoir échanger avec la très grande majorité de la populace québécoise, qui eux se contentent de leur pain noir en prenant constamment des vessies pour des lanternes, en viennent à se réfugier eux aussi dans une chasse gardée qui devient leur Tour d’Ivoire, les universitaires surtout ceux du 3 ème cycle sont contraints par force de l’évidence à se partager entre eux seulement les salons feutrés du Haut Savoir.

Finalement, un irascible communicateur bien connu au Québec affirmait haut et fort il y a de cela quelques années qu’une vingtaine d’individus au Québec moulent entièrement la pensée de la populace québécoise au grand complet. Bien sûr, en évitant de les nommer dans mon cas pour respecter l’intégrité de chacun d’entre eux. Et pour la plupart, ce ne sont pas des intellectuels, rassurez vous ! Car tous les intellectuels qui se respectent bien lovés dans leur Tour D’ivoire ne perdront pas la face entre eux à s’abaisser dans le Gros Populisme qui sied bien à la très grande majorité des québécois. Que voulez vous ? Tout comme ce brillant intellectuel que fut Monsieur Jean Chrétien qui eut cette humilité de s’astreindre au populisme, le seul moyen au Québec de rejoindre le dénominateur commun….. Au plaisir, John Bull.

Je pense que les Québécois en toute circonstance n’apprécie pas les gens qui veulent péter plus haut que le trou. Pendant longtemps les intellectuels ont tenu a l’écart du débat publique les non diplômés. Au lieu de valoriser les capacités intellectuelles des individus il ne valorisaient que les diplomes. C’est encore comme ¸a dans les universités. Si on voulait vraiment démocratiser l’acc`s au savoir apr`s un secondaire 5 on éliminerait les crit`res d’admission et donnerait la possibilité a tous d’acquérir des connaissances et de se soumettre aux évaluations. En blocant l,acc`s au savoir de gens qui tr`s souvent en savent bien plus long que ceux qui n’ont fait qu,étudier on se prive collectivement de développer et de reconnaitre bien des talents. Mais en ce qui concerne des poste de représentation des compétences intellectuels en débats et articulation pour soutenir des allocutions qui soient crédibles on exigent des qualités et non des diplômes.
Vous voulez mettre la clef dans la porte du parti québécois? Facile vous n’avez qu’à nommer Duceppe comme chef du parti. Inculte, impopulaire et inarticulé donc incapable de soutenir des positions sans tomber dans la vulgarité et le ridicule en ne respectant pas ses interlocuteurs. Il s,est discrédité en dénigrant Jack, et s,est mis dehors par le fait même. Peut importe le flambeau qu’il porte il saura l’éteindre. Il l’a déjà fait il ne pourra s’empêcher le refera certainement. IL faut être capable d’assumer la réussite comme la défaite pour assumer les fonctions de chefs de parti. Il n’a vraiment pas l’élocution, les qualités intellectuelles pour influencer un débat et faire passer des positions. Pas plus que la colonne vertébral ni l’étoffe d’un chef.

françois 1

C’est le parti libéral qui est au pouvoir.

Je ne sais pas si vous êtes de Montréal mais elle a beaucoup reçu.Maintenant c’est au tour de Québec,de plus Snider,Péladeau ,Angélil vont produire des spectacles dans la capitale nationale et tout ce que produit Québecor rassemble les Québécois.

C’est mieux que de tenter de les diviser…

De Belleval par snobisme ne veut pas du retour des Nordiques. Évidemment il ne le dira jamais.Ce qui m’a fait plaisir est que ce soit le peuple (basse ville) qui ait triomphé d’un aristo.

Une attitude intellectuelle, c’est aussi une attitude critique. Et cette attitude critique doit aussi s’intéresser aux structures, aux formes, pas seulement aux propos véhiculés.

Quand je constate que la publicité-bannière de cette page diffuse des annonces de West-jet et que l’on mélange les mots «affaires», «Montréal» et «Toronto», je remarque que l’on utilise un penseur nationaliste pour attirer des lecteurs québécois dans un cadre très canadien. Quel est le message ici? La structure de l’information sa normalisation du cadre canadien qui provincialise le Québec ou les mots de Jean-François Lisée?

Une posture intellectuelle, c’est aussi refuser et dénoncer les compromissions. Or il semble qu’on les tolère, voire qu’on les encourage. Combien d’indépendantiste lisent «La Presse» ou «L’Actualité» ou même écrivent dedans?

Est-ce normal de lire un texte sur le rapport des Québécois avec le savoir et que cet investissement de notre esprit soit « pollué » par l’environnement publicitaire? Au moment même ou j’écris ces lignes, on loue, sur cette page «un véhicule Ford» on caractérise la chose «comme une expérience unique», n’est-ce pas en environnement médiatique orwellien? Il n’y a pas d’usine de Ford au Québec, on ne produit pas de pétrole, n’est-ce donc pas incongru, incohérent, absurde?

Les lecteurs de Lisée ne devraient-ils pas, par simple consistance intellectuelle faire le lien entre cette manifestation de colonialisme économique et les véritables clients de ce blog, les annonceurs? Si au moins on nous proposait, nous qui sommes ici intéressés par la situation du Québec, des produits québécois…

Que dire des bannières médiatiques au bas de la pages des autres produits de «Rogers»? «MoneySense», «Macleans», «CityNews», bel environnement canadien, n’est-ce pas6

Le rapport avec le propos de Jean-François Lisée? On a beau aimer les diplômes, même «l’élite intellectuelle» ou du moins les classes scolarisées tombent dans les pièges d’un subordination à des intérêts corporatifs contraires à l’intérêt populaire.

Parfois, c’est une publicité de gaz métro qui encadre la chronique de Lisée. Et on laisse faire, sans dénoncer l’incongruité de la situation, alors que l’on lit un blogueur qui dans «Une gauche efficace» encourageait un Québec vert et qui articulerait sa croissance en se servant de l’hydroélectricité comme d’un important levier, en rejetant les énergies fossiles. Un blogueur qui s’insurge contre le colonialisme économique doit-il en fréquenter les relents, fussent-ils numériques?

À voir les traces de ce colonialisme, pensons par exemple à la une récente dudit magazine (parlant de Legault, «sommes-nous prêts pour lui»), nous pouvons croire que le Québec a beau aimer les diplômes, il n’est pas encore assez brillant.

Si le Québec aime les diplômes, alors que les diplômés soient de plus en plus nombreux à dénoncer ces incohérences que je pointe.

Le seul problème avec cette liste d’illustres personnages est que ces derniers ont sans exception gagné leurs titres de noblesse à l’étranger, pour ainsi dire. Parizeau (Fac de droit de Paris, London School of Economics), Bourassa (Oxford, Harvard) et Trudeau (Harvard, London School of Economics) ont fait leurs études à l’étranger, de même que Gérard Bouchard (Université de Paris). Lucien Bouchard a fait son droit et son barreau au Québec, mais verra sa carrière politique prendre son envol en tant qu’ambassadeur du Canada en France sous Brian Mulroney. René Lévesque ne complètera jamais de diplôme universitaire, mais c’est en tant que correspondant de guerre qu’il accomplira sa marque à l’étranger, avant de revenir trôner auréolé de gloire à Radio-Canada.

L’intellectualisme maison, made in Quebec, serait-il toujours suspect? Ne serait-il acceptable que lorsqu’entériné par des institutions étrangères? Il y a un trouble profond derrière cette question… Avons-nous, en tant que peuple, la confiance de croire en la crédibilité, la solidité intellectuelle de nos maisons d’enseignements et de nos diplômés?

Je me considère comme un gars très typique – classe moyenne éduquée, à la seule différence que je lis beaucoup plus de livres (sur la politiques, sur l’histoire ou simplement des romans) que mon entourage eux aussi classe moyenne éduquée. Et bien je suis toujours surpris à quel point les gens me passent des commentaires sur le fait que »je connais donc ben des affaires bizarres » sur le monde.

Je trouve que le Québécois moyen a une culture générale sans doute bien supérieure à l’Américain moyen, mais je sens/pense que nous avons un certain retard par rapport aux Européens du nord et aux Ontariens.

Ce n’est pas une critique envers le Québec, mais un simple constat que nous sommes, commes les États-Unis, un peuple adolescent avec un grand potentiel pas encore tout à fait défini.

@ Jean-François Lisée

Je suis très curieux: quelle est cette citation de James T. Kirk que vous avez placé dans un discours de Jacques Parizeau ?

L’article est intéressant mais biaisé. Les personnes que l’on décrits comme étant des intellectuels ici, n’étais pas perçus comme tel par la population. Surtout pas René Lévesque. Parizeau comme un économiste. Bouchard comme un homme d’affaire au franc-parlé. Trudeau, un peu plus avouons-le. Et Bourassa aussi, grâce à ses lunette et à son allure de nerds.
Mais est-ce que quelqu’un a déjà entendu son voisin parler d’ un de ces personnages en des termes du genre « Ah, oui, René Lévesque, ce grand intellectuel. » Vraiment, restons honnête. La masse aime les intellos du moment qu’elle ne les perçois pas comme tel. Elle préfère de très très loin les excellents vulgarisateurs que les excellents intellectuels.

Je crois que ce qui est rejeté de la part de plusieurs québécois, c’est le mépris.

Entre autre un sentiment de supériorité qui est dégagé de la part de certains intellectuels. Ce genre de supériorité qui a été exprimé par Bouchard envers Khadir il n’y a pas si longtemps avec son « C’est la cour du roi Piétaud ». Il y a aussi cette notion de dictature bienveillante qui a été véhiculée dans certains milieux.

C’est une chose d’être un intellectuel. Ça en est une autre de se drapper dans cet intellectualité en croyant qu’elle nous prémunie d’être dans l’erreur.

Pourquoi Lévesque a été populaire? Sa culture plus proche du peuple? Hum, pas sûr… Une seule raison au fond, et très profondément significative: il a été le seul (avant lui et encore après lui) à ne pas avoir de fortune, à ne pas être un millionnaire.
Sa fortune, plus proche du peuple?

@ daniel leclerc,pas mal d’accord avec vous ,sauf que dans le cas de lulu,il me semble que vous confonder instruction et intellectualisme un petit avocat de st-benloin-du-trou-de-pet ,même instruit,n’en demeure pas moins un petit avocat de province et pour le dire simplement juste assez instruit pour être le thuriféraire des pétrolières,mais pas assez pour faire l’analyse de leur impact sur la société,on est plutôt loin de la philosophie des lumières,dans ce cas bien précis on pourrait plutôt parler de 2 watts,lol

m.lisée le canabec n’est pas et ne sera jamais l’europe,l,afrique ou encore l’amérique latine,ici, point de philosophe ou encore moins de poête ou d’écrivain,ici, des entrepreneux magoulleux déguiser en richissime mécène,des avocats provincialistes réactionnaires ou encore des imams de l’institut économique.dur ,dur la réalité.

@ F. Brosseau (# 22):

« Je trouve que le Québécois moyen a une culture générale sans doute bien supérieure à l’Américain moyen… » (sic)

En avez-vous la preuve Monsieur Brosseau?

Avez-vous oublié qu’il y a près de 1 Million d’analphabètes au Québec?

Allez lire ceci avant de nous instruire de vos impressions qui n’ont aucun fondement:

http://www.ledevoir.com/societe/education/330606/l-analphabetisme-au-quebec-un-fleau-pour-toute-la-societe

P.S.: Ça vient tout droit du très sérieux « Devoir »!

François 1#29:

« @ F. Brosseau (# 22):

“Je trouve que le Québécois moyen a une culture générale sans doute bien supérieure à l’Américain moyen…” (sic)

En avez-vous la preuve Monsieur Brosseau? »

Et vous M. François 1?

++++++++++++++++++++++++++

« Avez-vous oublié qu’il y a près de 1 Million d’analphabètes au Québec? »

Allez lire ceci avant de nous instruire de vos impressions qui n’ont aucun fondement: »
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Comme j’ai écris il y a quelques heures que vous nous avez habitué à la désinformation et en plus à l’omission pour protéger vos croyances et défendre votre dogme libertarien, anti-Québécois et pro fédéraliste. Prouvez-nous qu’il y a un million d’analphabètes au Québec, même si selon vous sa viens du très sérieux Devoir. Un analphabète ne sait pas lire M. François et je crois que vous le savez.

Maintenant vu que moi je n’ai rien affirmé, prouvez-nous donc que les américains chéris des libertariens comme vous ont un meilleure performance que les Québécois qui se classent environ au quatrième rang loin devant les USA avec les test PISA.
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Selon votre lien:
« «Plus l’écart entre les riches et les pauvres est grand, plus il y a une concentration des richesses et plus le taux d’analphabétisme est élevé, relève Maryse Perreault. En comparaison, les États-Unis comptent 53 % de niveau 1 ou 2, »

53% oui 53% aux USA M. François 1, c’est 11% de plus qu’au Québec selon votre référence.

Donc M. F. Brosseau # 22 a bien raison. dans sa perception.

Si vous avez lu l’article du Devoir M. François 1, dites vous que l’analphabétisme fonctionnel est quelqu’un qui sait lire les mots mais qui n’en comprends pas le sens.

Un diplôme est utile s’il fait profiter l’ensemble de la collectivité ? Si la personne développe son jugement et sait trier le vrai, du faux , de l’improbable, c’est tant mieux !Si le diplôme sert à gonfler l’égo, il est probable que le jugement sera en option et que les oeuvres de philanthropie seront peu profitables et même nuisibles sans que cela ne paraissent trop car les chercheurs de preuves sont lents à découvrir qu’une miniature parcelle de vérité !