Les réfugiés syriens hésitent-ils réellement à s’installer au Canada?

L’Organisation des Nations unies (ONU) a envoyé 41 000 textos à des candidats syriens pour les informer de la possibilité d’émigrer au Canada. Seuls 1 801 d’entre eux ont exprimé leur volonté de sauter le pas — soit 4,4 % du total.

Photo: Kutluhan Cucel/Getty Images
Photo: Kutluhan Cucel/Getty Images

PolitiqueC’est avec une drôle de patate chaude que John McCallum, le ministre fédéral de l’Immigration, a jonglé cette semaine. À coups de démentis et de mots rassurants, il s’est évertué à garantir à la population que les réfugiés syriens voulaient bel et bien faire du Canada leur havre de paix.

Trois mois après la promesse de Justin Trudeau d’accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici le 1er janvier 2016 — le délai a depuis été étendu au mois de février —, un doute s’est installé quant à la volonté des réfugiés eux-mêmes de venir au Canada. En cause: la publication de chiffres inquiétants par le ministère fédéral de l’Immigration.

Selon celui-ci, l’Organisation des Nations unies (ONU) a envoyé pas moins de 41 000 textos à des candidats syriens pour les informer de la possibilité d’émigrer au Canada avant le 31 décembre. Seuls 3 049 de ces derniers ont accepté de rencontrer des représentants des Nations unies pour une entrevue et, finalement, 1 801 d’entre eux ont exprimé leur volonté de sauter le pas — soit 4,4 % du total des personnes contactées.

Pourquoi un si faible taux de réponse positive de la part des réfugiés? Y a-t-il un problème avec le Canada?

Voilà, en essence, les questions auxquelles le ministre McCallum a dû faire face. «Beaucoup d’entre eux sont morts en tentant de rejoindre l’Europe, alors l’idée selon laquelle ils ne veulent pas venir au Canada relève de la folie», a-t-il rétorqué pour tordre le cou aux rumeurs naissantes.

Celui qui a déjà occupé le poste de ministre dans les cabinets de Jean Chrétien et de Paul Martin a une autre théorie. «Parfois [l’ONU] n’a pas le bon numéro et certains réfugiés n’ont pas de téléphone.»

Une hypothèse en partie accréditée par les faits. Une fois les plus de 41 000 textos envoyés, l’ONU a directement appelé les Syriens concernés pour s’enquérir de leur intérêt. Une manœuvre qui lui a permis de déterminer que seulement 28 000 des numéros de téléphone qu’elle avait en sa possession étaient encore en service.

Malgré tout, le gigantesque écart entre ces trois dizaines de milliers de personnes rejointes et les 3 049 qui ont répondu à l’appel reste frappant.

«Cela ne signifie pas que ces gens n’aiment pas le Canada ou que l’option canadienne n’est pas valable», a déclaré Furio de Angelis, le représentant au Canada du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, au Ottawa Citizen.

Selon lui, les réfugiés cherchent à mettre «leurs œufs dans le plus de paniers possible», dans le but, notamment, de démarrer une nouvelle vie avec leur famille élargie dans un seul et même endroit.

«En raison de leur culture et de leur société, les familles sont très liées entre elles. Une famille peut être composée d’un père, d’une mère et d’enfants, mais ils ne prendront pas une décision aussi radicale sans consulter la famille élargie. Et cela peut prendre un certain temps et peut demander un peu plus de réflexion pour évaluer les différentes options.»

Dans cet esprit, a expliqué M. de Angelis, la décision des autorités canadiennes de reporter à février la date limite pour l’accueil des 25 000 réfugiés n’est pas seulement un soulagement pour les différents paliers de gouvernement — la ministre québécoise de l’Immigration, Kathleen Weil, a dit avoir «senti soudainement la pression baisser» —, elle est aussi une bonne nouvelle pour les réfugiés eux-mêmes, qui se sont ainsi vu donner un «délai plus réaliste» pour prendre une décision.

Cette ironie de l’histoire a été validée par le ministère de l’Immigration, qui a souligné que beaucoup de réfugiés ne sont pas disposés à se déplacer si vite. Les candidatures auraient même commencé à s’empiler dès le moment où les réfugiés ont vu la fenêtre de temps pour émigrer allongée jusqu’en février.

Environ 2 650 réfugiés sont censés poser le pied au Québec d’ici au 31 décembre — un nombre qui s’ajoute aux 1 000 réfugiés déjà accueillis au cours de l’année. Les premiers contingents arriveront à partir du 10 décembre. En 2016, 3 650 autres réfugiés sont attendus dans la province.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

18 commentaires
Les commentaires sont fermés.

3650 syriens au Québec (8 millions d’habitants)

1800 Syriens aux États-Unis (320 millions)

Zéro Syriens en Arabie Saoudite (30 millions)

Pis on a le culot de nous dire qu’on est un petit peuple xéno, replié sur lui-même

100 000 syriens en Allemagne (80 millions d’habitants)
1 000 000 syriens en Arabie Saoudite (30 millions d’habitants)
2 000 000 syriens en Turquie (80 millions d’habitants)

Ils préfère des pays avec plus de bénéfices et argent donner pour eux.

Faudrait leurs dire que nous leurs donnerons plus que ce que l’on verse aux personnes âgées et aux démunies, qu’ils auront des soins de santé, des écoles, de l’aide pour les enfants qui auront des difficultés scolaires, etc., etc, etc.c’est certain qu’il y a aussi des gens ici qui ne pensent peut-être pas comme eux …mais on va s’adapter!

La réalité est beaucoup plus simple que ça. D’après moi, ils savent que le Canada appuie la torture. Ils ont compris également que la grande majorité des canadiens sont des moronts égoïste et grands gaspilleurs de ressources et d’énergie. Mais le pire de tout il croient que Harper est encore au pouvoir!

« ils savent que le Canada appuie la torture » : avez-vous un exemple ?
« la grande majorité des canadiens sont des moronts égoïste » :et à quoi l’ont-ils vu ?
« et grands gaspilleurs de ressources et d’énergie. » : les Syriens fuyant la persécution, la guerre et l’E.I. ont-ils vraiment le temps de s’interroger sur le gaspillage des ressouces et énergie ?

Ce pourrait-il que votre commentaire soit n’importe quoi ?

C’est simple, en lisant les commentaires haineux de certain Canadiens envers les réfugié et même sur les immigrants, cela n’encourage pas ce monde à venir dans un pays ou ils peuvent subir de la discrimination alors que d’autres pays ou la population a exprimer sa volonté de les accueillir

Disons que cette opinion est largement partagée par la planète au grand complet! Personne ne veut d’eux et les photos indiquant ce que leur passage a valu aux « locaux » ont largement de quoi décourager les mieux intentionnés.

Lesquels?
Sur 22 pays arabes, combien en accueillent? Jordanie et Liban. That’s it
Dans les autres pays musulmans? Turquie. That’s it
Dans le reste du monde?? Les Européens de l’Ouest. That’s it
Combien au Japon? Taiwan? Vietnam? Sénégal? Tanzanie? Panama?

La solution de l’énigme est sans doute bien simple: notre climat hivernal doit en décourager plusieurs…

je pense que les raisons avancées par le journaliste semble tenir la route (délai trop court).
Pour être moi meme immigrant (de France) il est vrai aussi que l’idée que l’on a du climat Canadien / Québécois est un peu exagérée et doit en découragée plus d’un …

Ils savent qu’il y a de la neige, mais ils ne savent pas ce que c’est que de vivre dans notre climat, pas plus qu’un Québécois qui n’a jamais visité le désert sait ce que c’est de vivre en Syrie.

Plusieurs commentaires respirent la xénophobie qu’on trouve facilement dans notre pays quoique la majorité des gens sont accueillants. Mais la réponse à la question du « pourquoi » ces gens sont froids à l’idée de venir s’établir au Canada est bien plus simple. Comme pour tous les gens, ils sont très attachés à leur pays et ils espèrent y retourner dès la fin des troubles. Venir au Canada rend le retour en Syrie beaucoup plus aléatoire étant donnée la distance et les difficultés de voyager au-delà d’un océan, contrairement à la situation des pays limitrophes et de l’Europe. L’engagement de venir au Canada est donc beaucoup plus exigeant.

Problème inventé de toutes pièces. Ils préfèrent rester dans la région avec leurs proches et un jour ils espèrent retourner en Syrie. N’importe quel étudiant de première année en psycho ou socio aurait pu vous dire ça.