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États-Unis : les républicains balayent le Congrès. Et alors ?

À l’issue des élections de mi-mandat, le président Barack Obama et la majorité républicaine fraîchement élue au Congrès font face à deux choix : poursuivre (voire amplifier) l’obstructionnisme entre le président démocrate et les républicains tel que Washington le connaît depuis 2010… ou chercher à coopérer pour surmonter les blocages qui paralysent le système politique américain.

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Photo : AFP/Getty Images

À l’issue des élections de mi-mandat du 4 novembre, le président Barack Obama et la majorité républicaine fraîchement élue au Congrès font face à deux choix : poursuivre, voire amplifier, l’obstructionnisme entre le président démocrate et les républicains tel que Washington le connaît depuis 2010… ou chercher à coopérer pour surmonter les blocages qui paralysent le système politique américain.
Politique

La reconduction du statu quo ?

Dans le premier cas, le président pourrait donner le ton avant même l’entrée en fonction du nouveau Congrès, en janvier prochain, en signant un décret présidentiel majeur sur l’immigration.

Il outrepasserait la branche législative pour forcer la légalisation d’immigrants qui se trouvent présentement aux États-Unis de façon clandestine.

Les ponts, déjà extrêmement fragiles entre les deux partis dans la capitale nationale, seraient alors carrément dynamités. Les républicains répondraient en utilisant les nouveaux pouvoirs accompagnant leur majorité sénatoriale — la présidence de comités du Sénat, notamment, et la possibilité de forcer des membres de la branche exécutive — presque exclusivement pour attaquer, embarrasser et freiner l’administration Obama.

La tension politique actuellement observée à Washington pourrait alors rétrospectivement apparaître comme bien bénigne.

Un espoir d’avancées ?

Cela dit, une deuxième avenue est envisageable.

Les républicains pourraient profiter de leur contrôle des deux chambres du Congrès pour faire adopter des projets de loi majeurs qui, jusqu’à maintenant, disparaissaient au Sénat, lorsque la majorité démocrate refusait de les faire passer à un vote.

Dans certains cas, il est probable qu’un certain nombre de démocrates se rallieraient à la législation républicaine.

Si tel était le cas, le président Obama devrait alors décider de signer ou d’opposer son véto à cette législation — une dynamique différente de celle d’aujourd’hui, où il reste largement au-dessus de la mêlée en critiquant le Congrès pour ne rien lui acheminer.

Des réformes fiscales et certains changements à la réforme du président sur l’assurance santé (surnommée Obamacare), incluant l’abolition d’une taxe impopulaire sur l’équipement médical, pourraient également voir le jour.

Pour ce faire, le GOP (pour Grand Old Party, soit l’autre nom du Parti républicain) devrait néanmoins surmonter de réelles divisions idéologiques au sein de son propre camp — des divisions qui pourraient facilement s’exacerber avec cette nouvelle majorité.

En attendant 2016

Loin d’être sans importance, les deux dernières années de la présidence Obama pourraient être révélatrices.

Pour Obama, il s’agit de l’occasion ultime de promulguer au moins une mesure bipartisane majeure, un accomplissement manquant cruellement à sa présidence. Pour les républicains, c’est l’occasion de démontrer à la population américaine que le parti est prêt à gouverner.

Il est toujours probable que la paralysie à Washington perdure, du moins jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle administration et d’un nouveau Congrès, en 2017.

La possibilité de voir certaines avancées, même modestes, surmonter cette paralysie ne doit cependant pas être rejetée d’emblée.

* * *

À propos de l’auteur

Rafael Jacob (@RafJacobest chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, qui compte une trentaine de chercheurs en résidence et plus de 100 chercheurs associés issus de pays et de disciplines divers et qui comprend quatre observatoires (États-Unis, Géopolitique, Missions de paix et opérations humanitaires et Moyen-Orient et Afrique du Nord). On peut la suivre sur Twitter : @RDandurand.

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7 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Le monde est prêt pour un troisième Bush et la poursuite de leur mission: Dérèglementer le plus possible, diaboliser les interventions des États et assurer la croissance de ceux qui sont déjà en haut de la pyramide des possédants….

Pour cela, rien de tel que de grassement financer la chaine FOX NEWS et les radios-poubelles.

Et si notre civilisation ne survivait pas aux catastrophes climatiques, nous pourrons, au moins, savourer le fait que notre ÉLITE mondiale…ce « FAMOUS » dixième de 1% (ceux et celles qui représentent le summun de l’espèce humaine) pourra être sauvé….

En effet le prix du billet « aller simple » pour l’espace risque d’être assez salé !!!! (: -)

Je me permet de prendre la balle au bond. Vous parlez du fameux 1%, savez-vous où se situe ce 1% pour le Québec? Ici, le 1%, ce sont ceux qui gagnent plus de 187,000$ Oui, 187,000$, pas 10 millions, pas un million, pas 500,000$, même pas 200,000$ On compte qui parmi ce 1%, beaucoup de médecins et je serais tenté de croire beaucoup d’artiste et d’animateurs de Radio-Canada, donc pas beaucoup de la méchante droite capitaliste…

Si nous attendons de percevoir le danger de la concentration de la richesse que lorsqu’il se manifestera chez nous…. dernier bastion (encore ? social-démocrate), alors il sera VRAIMENT trop tard pour réagir !!!!

Il n’est pas ici question pour nous de récolter des millions en impôts plus progressifs chez NOS ultra-riches…. mais bien de combattre une inéquité sociale grandissante dans nos pays développés…. Une tendance lourde de conséquence…

( Voir: LES MILLIARDAIRES: Comment les ultra-riches nuisent à l’économie. Par Linda McQuaid et Neil Brook.)

Ou encore: LE PRIX DE L’INÉGALITÉ » par Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie

C’est pourquoi dans notre société égalitaire où on est les plus taxés, les plus imposés et les plus tariffés, on va demander aux maudist riches qui osent avoir un revenu familiale de 75,000$ de payer 20$ par jour leur garderie en CPE! Vive l’égalité dans la pauvreté!

’équité a le dos large…. Parlons-nous, ici d’équité à POSSÉDER ou d’équité dans l’effort à contribuer ???

De plus si vous privez légèrement un ménage qui ont des revenus élevés, leur épargne ou leur consommation discrétionnaire n’en sera que très partiellement affecté, alors que si vous le faites pour celui qui gagne moins, il devra diminuer obligatoirement ses achats (même de base) ou son épargne… Donc moins de revenu en taxes à la consommation pour la collectivité et ne relancera pas la croissance économique.

Bien sûr, un impôt réellement progressif pour les plus gros patrimoines ( classe moyenne trés supérieur et classe supérieur de richesse) serait beaucoup plus équitable… Mais le courant dominant ( ou des dominants) RÉPUBLICAIN et » HARPERIEN » pousse dans une autre direction !!!!

« un revenu familiale de 75,000$ de payer 20$ par jour leur garderie en CPE! »

Martin, est- ce volontaire cet énoncé ou une simple erreur…. ??

Le réflecteur a vu juste. Nous irons droit dans le mur, accompagnés de riches républicains, armés et convaincus que le réchauffement de la planète n’est qu’une fable urbaine. Obama n’y pourra rien, malheureusement. Achetez des actions pétrolières car tous les oléoducs seront bel et bien construits…